Louis XIV

Yann Arthus Bertrand a installé son studio photo place de la Concorde à Paris dans le cadre de son projet « Vivre ensemble ». Chacun pouvait s’y faire photographier. Sarah souhaitait que l’on y aille pendant cette semaine de vacances de printemps où nous avons écumé les expositions. Je n’avais pas d’avis sur le sujet ; je l’ai suivie.
Nous y sommes passés trois fois tant il y avait du monde. À la troisième tentative, une bénévole a repéré ma canne blanche et nous a fait signe. Nous avons donc pu accéder en mode coupe-fil au studio avec une jeune femme derrière l’appareil photo et Françoise Jacquot qui dirigeait les opérations.
Tout de suite, elle a demandé que je sois seule sur une photo, mettant en scène une posture où la canne blanche se transforme en sceptre : elle est l’accessoire central, visible (revendiquée ?) mais débarrassée de tout stigmate.
— Louis XIV, ça vous parle ?
— Surtout Lully dans le Molière de Mnouchkine.
Nous étions sur la même longueur d’onde.
Plusieurs prises ont été faites (trois m’ont été données). Sarah, qui connaît les outils photo, surveillait les écrans et se régalait de voir ces professionnels travailler. Moi, j’obéissais aux consignes, « plus à droite », « plus à gauche », « plus de face », « la main plus haute »… Et sourire, bien sûr.
Un moment, j’entends Sarah qui me dit de loin :
— Tu peux arrêter de sourire ; ils sont en train de discuter.
Yann Arthus Bertrand venait d’arriver. Quelques minutes plus tard, la séance photo a repris, cette fois guidée conjointement par Françoise Jacquot et Yann Arthus Bertrand. Ils ont pris une dernière photographie, puis Sarah m’a rejointe pour une photographie à deux où elle me prend par l’épaule.
— De l’amour, de l’amour, demandait Yann Arthus Bertrand.
Et nous sommes reparties, après moult remerciements qui s’est terminé, pour moi, par une chaleureuse embrassade. Une heure après, Sarah a pu télécharger les photographies. Très exceptionnellement sur ce blog, j’en mets une en ligne.
Je dois bien avouer que, d’emblée, je n’ai pas compris l’intérêt de cette participation au travail de Yann Arthus Bertrand. L’émotion est montée petit à petit et c’est au fil des heures que j’ai compris que j’avais participé à un projet photographique assez historique dans sa dimension et dans son intention. Pour lui ; et aussi pour moi.
Merci Yann Arthus Bertrand et Françoise Jacquot ; et merci à tous vos collaborateurs sans qui tout cela n’existerait pas.

Je pose, cheveux court et mini couette, foulard bleu-vert, pull noir, pantalon rouge. J'ai gardé mes solaires. Je tiens à bout de bras ma canne de signalement, verticale, comme s'l s'agissait d'un sceptre.
Studio Concorde – Vivre Ensemble

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