L’histoire commence début mai ; voici la suite.
Quelques semaines sont passées et nous sommes arrivés à la canicule du mois de juin. Alors que je sortais de chez moi et qu’il faisait depuis plusieurs jours plus de 36° à Paris, j’ai remarqué que le ventilateur de la supérette pulsait de l’air encore plus chaud ! J’ai de nouveau interpellé le ban et l’arrière-ban. Cette fois, mon bailleur m’a indiqué la présence de produits frais dans les frigos et l’impossibilité de les éteindre. Je lui ai fait remarquer que les yaourts étaient très certainement périmés… Sans succès. Étrangement, la ventilation s’est arrêtée.
Pendant ce temps, plusieurs tentatives d’intrusion ont eu lieu, étant entendu qu’une gondole d’alcool était très visible. À l’approche du 14 juillet, notre quartier étant souvent la cible de tirs de mortier, j’ai de nouveau alerté la mairie. Celle-ci a indiqué contacter le commissariat. Le bailleur, lui, a annoncé une saisie-vente pour le 29 juillet à 17 heures.
Pour mon plus grand dépit, nos « délinquants primaires » n’ont pas été foutus d’exploser la vitrine pour que chacun puisse se servir. On ne peut vraiment plus compter sur personne ! J’étais d’autant plus désappointée que j’ai lu ce mois de juillet une biographie de Louise Michel. Je regrette de ne pas avoir été capable de m’en charger moi-même ; c’est sans doute mieux pour moi ; mais pas pour mes convictions personnelles.
J’avais décidé d’être présente à cette vente pour voir comment cela se passe. J’ai reçu quelques heures avant un mail indiquant qu’elle était reportée en septembre pour des questions de procédure. D’après mes infos, d’autres créanciers se sont présentés et l’électricité avait été coupée.
Le surgelé (les photos de la vente montraient que les frigos étaient vides mais pas les congélateurs) va à son tour passer à la poubelle. J’imagine qu’il y a également dans les rayons d’épicerie des denrées qui sont en fin de date. Je comptais sur des soldeurs alimentaires pour limiter le gaspillage. Avec une échéance repoussée d’un mois et demi minimum, c’est peine perdue.
Quand je pense que l’équipe municipale de mon arrondissement s’est fait élire sous l’étiquette écologiste et que personne n’a (à ma connaissance) levé le petit doigt pour sauver toutes ces denrées… Je n’avais déjà pas grand respect pour cette équipe en place depuis deux mandats ; cela ne s’arrange pas. Quant à la manière de gérer les choses par mon bailleur… cela en dit long sur la gestion de son patrimoine, i.e. nos logements.