Je suis toujours choquée quand les médias relatent ce que l’on nomme encore des « faits divers », par l’usage du terme « jeune fille » pour des filles de moins de 15 ans. Cela arrive aussi pour des filles de moins de 10 ans ou juste à la limite. Je n’ai jamais entendu parler de « jeune homme » pour désigner des adolescents, quel que soit leur âge. Mais ce n’est pas l’essentiel de mon émoi.
Qu’ils soient auteurs ou victimes, les filles et les garçons de moins de 15 ans entrent dans une catégorie à part du droit pénal, une catégorie particulièrement protégée, celle des enfants. Et s’ils ont moins de 18 ans, ils relèvent du juge des enfants ou de la cour d’assises des mineurs. Les nommer autrement que comme des enfants revient à les vieillir, i.e. à sexualiser les filles, à augmenter la culpabilité des garçons.
En ce qui concerne les filles, j’ai entendu le médiateur de France Info répondre à une dame qui s’indignait comme moi de cette sexualisation lors d’une affaire récente où une enfant de 11 ans était appelée « jeune fille » sur les ondes. Le médiateur de France info s’est excusé et a proposé à de dire « fillette » ou « collégienne ». Pourquoi pas tout simplement « une enfant » ? Il y a déjà un certain progrès ; je le salue.