Archives de l’auteur : Cécyle

Bigleuse @130

J’ai récemment eu un rendez-vous avec le responsable d’une administration. Je savais que certains de ses collaborateurs seraient présents, sans savoir lesquels. J’avais déjà rencontré les uns et les autres mais sans forcément leur parler beaucoup, et sans qu’ils ne m’aient été présentés. Eux, par contre, me connaissaient bien.
J’ai facilement reconnu la personne avec qui j’avais rendez-vous ; les deux autres personnes présentes, par contre, ne se sont pas présentées considérant que l’on se connaissait. C’est là un usage social habituel et, même si ma déficience visuelle était le sujet, je conçois qu’il n’est pas aisé de dire « Bonjour Cécyle, c’est XXX » à quelqu’un censé le savoir ; la suite dit combien je le mesure.
Sur ces deux collaborateurs, l’un m’était totalement étranger et la posture orale de l’autre m’a fait penser à celle d’un chef. Je me suis fiée à mon intuition et ai pensé au plus gradé de mes interlocuteurs habituels. L’entretien était bien engagé et le responsable a appelé son collaborateur par son prénom ; ce n’était pas la personne à qui je pensais. Son interpellation a été fugace et je n’ai pas la certitude d’avoir bien entendu.
Ce n’était pas grave pour l’entretien lui-même mais plutôt pour sa suite, considérant que j’ignore qui était là, donc qui je peux remercier de la qualité de cet entretien, hormis mon interlocuteur principal et à qui je peux demander des compléments d’information. Je me trouve ainsi bien embêtée, ne souhaitant froisser personne. Pourquoi alors n’ai-je pas demandé quand j’y étais « Mais t’es qui, toi ? »
J’avoue, je ne sais pas faire, surtout quand une heure de discussion a passé et que ce serait dire mon erreur. Si vous avez des suggestions sur comment demander à quelqu’un qui il est alors que je le connais, je suis preneuse !

Bééé @21

Nous discutons volontiers avec mon kiné. Il est intelligent et blagueur, c’est agréable. Ce matin, je lui raconte comment un voisin, alors que nous prenions l’ascenseur ensemble, a défendu d’emblée le port du masque avec un argument… charmant ?
— Ce que je sais, c’est que quand je mets un préservatif, je n’ai pas de risque de MST…
Trois phrases plus tard, il précisait que c’était également un bon moyen contraceptif et nous nous sommes quittés sur le trottoir alors que je lui suggérais de s’en mettre un sur la tête pour se prémunir du covid, précisant qu’un modèle lubrifié ne serait sans doute pas nécessaire. Mon kiné était aussi sidéré que moi quant à la fatuité nécessaire pour avancer ce genre d’argument dans un ascenseur à l’encontre d’une voisine que l’on ne connaît pas tant.
Sur le mode du second degré, nous engageons alors une série de répliques visant à dénoncer le fait que je ne fais aucun effort pour me conformer à la norme sociale. Je précise que mon kiné, en plus de mesurer l’impact de mon albinisme et de ma déficience visuelle sur mon rapport au monde, sait que je suis lesbienne. Je le précise car, lors de cet échange, il lance :
— Il faut rentrer dans le moule !
Sitôt, en m’excusant, je lui fais remarquer que sa réplique à mon encontre ne manque pas de saveur… Il a bafouillé puis éclaté de rire, cherchant quelque chose à répondre avant d’être sauvé par un patient le réclamant à l’autre bout du cabinet. À son retour, nous avons parlé d’autre chose. C’était mieux ainsi mais j’en ris encore.

Corps @30

Radio d'un genou pendant une infiltration. On voit bien l'aiguille entré jusqu'au centre de l'articulation.À la suite de l’épisode rhumatologue, j’ai consulté un médecin du sport chaudement recommandé par Sarah. Après un certain nombre de tests sur mon genou et avoir visionné radios et IRM et posé moult questions, il a considéré que mon genou avait besoin de trois infiltrations d’acide hyaluronique dont la première assortie de cortisone. J’ai un peu attendu avant de me décider et suis retournée le voir avec Sarah, convaincue qu’il allait pratiquer ces injections. Que nenni ! Elles devaient être faites sous contrôle radiologique.
Je me suis enquis d’un radiologue, découvrant très vite que cet acte non pris en charge par la Sécurité sociale (et pourtant recommandé par elle) allait me coûter un bras, 850 euros environ entre le produit et les trois injections non remboursées, dépassement d’honoraires en prime. On peut considérer que ce n’est pas si cher pour un genou ; mais je n’aime pas engraisser la médecine de ville qui oublie le serment d’Hippocrate.
Une pharmacie discount et une demande de prise en charge à l’hôpital plus tard, ma facture s’est élevée à 60 euros tout compris, ce qui est plus raisonnable avec un délai d’à peine trois semaines supplémentaires. En pleine pandémie, c’est particulièrement remarquable. Me fallait-il quand même « payer » un peu pour cela, en chair et en os, si je puis dire ?
Sans doute. La première injection a été faite par une jeune interne qui, je dois l’avouer, a failli se prendre une grosse baffe quand, les larmes aux yeux et les sanglots dans la voix, mes abdominaux de judoka, par geste réflexe, m’ont remise en position assise et mon poing s’est serré avant que je ne réalise à quelle extrémité la douleur me menait, ma conscience me rallongeant sitôt. Je m’en suis excusée lors de la seconde injection, que le médecin sénior a pratiquée devant elle avec plus de rapidité et une douleur moins intense et plus fugace ; à la première, je n’étais guère en état d’avoir un propos aimable.
Pour la troisième injection, pratiquée par une autre radiologue, elle a dit « c’est fini » avant que je n’aie le temps de me dire qu’il se passait quelque chose du côté de mon genou. Mon kiné m’avait prévenue que la qualité du geste conditionnait le ressenti du patient et je sais qu’un geste, il faut du temps pour l’apprendre. Mon genou a fait sa part. Si d’autres pouvaient prendre le relais, ça me ferait plaisir ! Merci.

 

Canette @38

Cinq bouteilles de produit cosmétiques. Ils sont décrits dans le billet.Au moment de troquer ma bouteille de shampoing vide (Dessange) contre une pleine (Cien), j’ai cru un instant m’être trompée de produit en l’achetant : le flacon, jaune prononcé, ressemble plus par sa couleur à du lait solaire bronzant. J’ai dû sortir de ma salle de bains peu éclairée et chausser des lunettes pour vérifier, les mentions de la marque (Cien, en blanc sur jaune) et « Nature’s Beauty » (je viens juste de voir l’apostrophe) en marron sur jaune étant nettement plus lisibles que la mention shampoing en rouge police fine et plus petite sur fond jaune.
Intriguée, j’ai regardé les autres produits que j’avais sous la main. La bouteille de shampoing vide d’abord ; c’est encore une fois la marque qui est la plus lisible, puis les « atouts » du produit « Anti-désèchement » (la mention « nutri-extrême » m’est peu lisible verticalement) ; quant au fait qu’il s’agit de shampoing, je dois chercher pour le trouver. Pour mon lait pour le corps, « Nourrissant » est écrit plus gros que « Lait Corps », et le logo de la marque reste le plus visible. Pour ma crème de jour, la marque est très lisible et si « crème visage jour » est plus gros que les allégations nourrissantes, le jaune sur blanc me la rend totalement illisible. Enfin, pour le spray d’eau de mer, j’ai cherché longtemps. La marque est omniprésente, les qualités santé aussi, l’eau de mer apparaît en écriture incurvée avec un « 100 % » dont la force masque le texte autour !
Je racontais cela à Isabelle qui m’a fait remarquer que les cosmétiques sont choisis pour leur marque et leurs supposés effets beauté ou santé. Je les choisis pour leur objet principal (laver les cheveux, laver le corps, hydrater la peau, laver le nez) et pour leur prix. Je suis décidément perdue pour la consommation du tape à l’œil ! J’en suis ravie.

Note. Pour la petite histoire, je compile dans un fichier mes sujets de billets. Pour celui-ci, j’avais écrit « Lecture produits d’entretien » en lieu et place de « produits cosmétiques » ; tout est dit.

Canette @37

Mon panier de récupa : des crevettes, trois paquets de tortellinis aux champignons et un kilo d’orange en piteux étatJe suis allée récupérer un panier d’invendus dans un Monop’, petite supérette qui fait du dépannage à l’enseigne de Monoprix, les supermarchés haut de gamme à Paris. Ces magasins sont un peu chers pour moi, mais les produits sont bons et les invendus sont à l’avenant : des paniers bien garnis, avec de la variété et de la qualité, le tout avec un accueil client agréable. Fallait-il une exception pour confirmer cette règle ? C’est en tout cas la première fois que j’ai le sentiment d’être mal reçue à raison de mon handicap visuel dans cette enseigne.
Quand je suis arrivée, canne blanche en main, à 17 h 20 (la collecte était de 17 heures à 17 h 30), aucun panier n’était prêt. L’homme qui semblait être le gérant a indiqué à sa caissière, « C’est chaud, on n’a rien. » Et le voilà parti dans les rayons. Pendant ce temps, un autre client panier de récup est arrivé. Il n’y avait aucun chaland à la caisse. J’en ai profité pour demander à la caissière si je pouvais avoir deux litres de lait demi-écrémé, en brique de marque Monoprix. J’avais regardé sur le site pour savoir ce que je voulais et repéré ce produit à 0,89 euro.
Sitôt, la dame m’indique qu’elle ne connaît pas le magasin mais me précède vers le fond et me propose une bouteille de lait d’une marque que je sais chère. Je lui redemande la brique Monoprix, etc. Elle me propose alors une bouteille. Je demande le prix. Elle essaie de trouver la bonne étiquette et annonce 1,70 euro.
— C’est cher pour un litre de lait !
— Ce n’est peut-être pas la bonne étiquette. Vous en voulez combien ?
— Deux litres, selon le prix.
Nous arrivons à la caisse. Je blague en indiquant à la dame que si elle n’arrive pas à trouver le prix, qu’elle imagine ce que ça donne pour moi.
— Je fais ce que je peux, c’est compliqué, je ne suis là que depuis huit jours ! Je fais le maximum pour vous aider, mais c’est compliqué pour moi.
J’apprécie d’emblée l’argument ; je ne lis rien des étiquettes, ai du mal à trouver les produits dans un magasin que je ne connais pas, et c’est pour la caissière que c’est compliqué ! Quant au fait qu’elle a l’obligeance de m’aider, rien ne l’y oblige, bien sûr ; je la remercie donc chaleureusement. Elle le répète plusieurs fois, au cas où je n’aie pas bien compris le sens de son propos. Pour ce qui est de mon lait, elle demande de l’aide au gérant pour avoir le prix que sa caisse ne lui donne pas. Le gérant est agacé ; il est dans sa constitution de paniers.
— C’est la dame, elle veut le prix…
Il scanne la bouteille.
— 1,20 euro.
— C’est trop cher, je ne vais pas le prendre. Le lait vaut moins de 1 euro le litre…
— Pas dans nos magasins, madame !
Je sens beaucoup de mépris dans sa voix. Il trifouille dans les deux sacs en papier qui contiennent les produits des deux paniers, en sort, en remet. Il m’en fourre un dans les mains. À côté de lui, la caissière l’interpelle en brandissant quelque chose.
— Et ça ?
— Laisse tomber.
Je ne saurai jamais ce qui aurait dû être dans mon panier et que ma contestation du prix du lait m’a fait rater. La valeur des produits est respectée, des crevettes, trois paquets de tortellinis aux champignons et un kilo d’orange en piteux état. Par contre, la variété n’y est pas. Quant à la manière dont on m’a parlé, j’avoue, c’est une première. Je n’y retournerai évidemment pas.

Note. J’ai fait un microbillet Twitter à Monoprix qui a eu la bonté de me répondre pour faire amende honorable. C’est suffisamment rare pour être salué. Vous pouvez suivre cet échange sur ce lien.

Intox @13

Je suis allée en consultation pour un bilan orthoptique à l’hôpital Necker et j’avoue avoir été choquée par les conditions de travail du service d’ophtalmologie installé dans des préfabriqués trop petits depuis un certain temps (voire un temps certain). Alors que nous devons tous faire attention à respecter deux mètres de distance sans nous rassembler à plus de six dans un espace clos, soignants, personnels administratifs et patients sont entassés les uns sur les autres : vingt-cinq personnes dans la salle d’attente dont la moitié d’enfants, jusqu’à huit personnes dans les salles d’examen de quelques mètres carrés que j’ai visitées (j’en ai fait quatre différentes en deux heures), des salles d’attente improvisées dans les couloirs déjà étroits, etc.
J’ai eu l’impression que tout le monde portait bien son masque et la désinfection des appareils était permanente. Je ne me suis pourtant pas sentie en sécurité face au covid même si je suis vaccinée ; je n’y ai passé que deux heures mais les personnels, eux, y passent leurs journées. J’avais entendu d’une oreille que le covid était devenu la première maladie nosocomiale ; ma seconde oreille a vérifié l’info qui semble fausse ; c’est rassurant ; ou presque. Je dois retourner voir l’ophtalmo à Necker. Je ferai bien attention.

Biodiversité @26

Depuis le début de l’année, la Ville de Paris propose aux Parisiens d’être Volontaire de Paris dans la continuité des différentes missions de Volontaire qui ont trouvé tout leur sens pendant le premier confinement. J’étais déjà Volontaire du climat sans avoir l’impression de faire quelque chose. Là, des formations en ligne sont proposées et l’aspirant Volontaire doit en suivre plusieurs et mener des missions pour être reconnu tel.
J’ai, dans ce cadre, suivi une formation Ecorcair : il s’agit de collecter des écorces de platane au début du printemps pour qu’elles soient analysées et établir une carte de la pollution parisienne. Le détail est sur ce site.
Les débuts ont été difficiles, la Ville de Paris peinant à considérer que ses citoyens handicapés sont des citoyens : formation et documents non accessibles, manque d’information pour me permettre de participer. Les chercheurs (des chercheuses en l’espèce) de l’Institut physique du globe ne s’en sont pas effrayé à partir du moment où je leur ai indiqué ma présence, cherchant volontiers avec moi le moyen que je participe. Mon interlocutrice a accepté que je procède autrement qu’avec le formulaire papier et m’a fourni les outils pour que je repère les arbres (un lien direct sur l’open data plutôt qu’une carte de localisation des arbres).
J’ai sollicité une jeune amie, chercheuse également, et habituée des prélèvements, pour un première collecte afin d’être sûre de maîtriser l’exercice et de pouvoir le reproduire dans un endroit que je connais bien, l’avenue du général Leclerc. Je dois avouer que c’était compliqué ; j’ai fait un gros travail préparatoire pour localiser mes arbres cible, ai pris des photos pour aider la localisation et assurer que je ne m’étais pas trompée d’arbre, mesurer le tronc, trouver la localisation dans mon téléphone, prélever l’écorce dans les règles, dicter mes notes, les retranscrire, expliciter les photos… On sent bien que je m’ennuie un peu !
Au final, j’ai pu ramener dix-sept échantillons pour deux collectes, avec un échange surréaliste avec un SDF, un autre plus citoyen avec une vieille dame et un contact très agréable avec une chercheuse de l’IGP. Elle n’a pas eu l’air de considérer ma contribution comme dérisoire et m’a permis tout simplement d’assurer une part de l’action citoyenne, à ma mesure. Elle ne m’a jamais donné l’impression que je lui prenais indûment du temps. En résumé, elle m’a fait confiance, déficience visuelle comprise. Que du bonheur !
Merci.

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Va chez l’gynéco @46

Ancienne feuills de soin papierÀ l’occasion de ma dernière consultation gynéco, j’ai eu un frottis. Je précise que je consulte au sein d’un service hospitalier de l’APHP. Je vous renvoie à ce billet.
Le frottis donc. Une dizaine de jours plus tard, je reçois par voie postale une « note d’honoraires » du praticien qui en fait l’analyse : 35 euros. Fort heureusement, je peux payer en ligne. Ce que je. Cinq jours passent et je reçois, toujours par La Poste, une feuille de soin que je dois envoyer, par La Poste (pas le choix cette fois) au centre de Sécurité sociale. Quelques jours encore et je reçois, par La Poste, on l’aura deviné, le résultat (négatif).
J’ignore pourquoi ces analyses sont externalisées ; pourquoi pas. Je remarque qu’elles ont valu pour le laboratoire trois courriers postaux, et à moi un, soit en écopli un total de 4,24 euros (plus les frais d’enveloppe, papier et manutention). Ce n’est pas rien ! En ce qui me concerne cela double ma participation forfaitaire (elle est de 1 euro pour un examen de laboratoire).
N’y a-t-il pas moyen de numériser tout ça ? Au moins, le laboratoire pourrait économiser 1,04 euro en groupant l’envoi de la feuille de soin et des résultats. Un minimum !

Paris @66

Une corbeille de rue, grise sur pavé grisJe m’essaie de temps à autre à faire des propositions lors de consultations citoyennes en ligne organisées par la Ville de Paris. Je trouve le système un peu hermétique ; je ne sais jamais trop si ces propositions sont lues par les services concernés de la Ville, consultées par d’autres citoyens de Paris, utiles à quelque chose, en somme. J’en doute d’autant qu’il n’est pas si aisé d’avancer des arguments face à des administrations qui ont une maîtrise technique que je n’ai pas, et pas forcément envie (ou le temps) de prendre en compte des propositions qui ont l’air de rien mais qui demeurent essentielles.
Une consultation sur l’espace public et l’esthétique de Paris m’a donné envie de relancer le sujet « corbeille de rue » que j’avais évoqué en 2015 ; ma démarche auprès de l’élu en charge du handicap était restée lettre morte et c’est finalement par l’intermédiaire de Sylvie Lekin, élue de mon arrondissement, que j’avais eu un court échange avec le service concerné qui avait entendu le souci mais n’avait, à l’évidence, pas trouvé de solution.
Voici ma contribution de ce mois de mars 2021.

« Bonjour
« La tendance est au mobilier urbain qui se fond dans le décor. C’est peut-être très joli… je n’en sais rien ; je ne le vois pas. C’est dommage de ne pas voir une corbeille de rue, une fontaine, un banc, un Abribus ; surtout quand on a soif, que l’on est fatigué, que l’on a un papier à jeter ou un bus à prendre. Je suggère donc que le mobilier urbain soit visible par l’utilisation de couleurs contrastées par rapport à l’environnement où il se trouve. Les personnes déficientes visuelles et les Parisiens étourdis peuvent ici faire cause commune.
« Merci. »

Je ne suis pas très optimiste sur le devenir d’une telle proposition, surtout si c’est l’esthétique qui est l’argument tant celle-ci se base sur des canons qui n’interrogent pas le beau en termes d’accessibilité (de visibilité, mais aussi d’usage). J’ai d’ailleurs souvent remarqué que le beau est opposé à l’accessible, par exemple en matière d’objets numériques (site, application, etc.) Cela touche à un ressort fort de l’exclusion, celui qui tend à considérer que le beau n’a rien à faire de l’usage. Pour la Joconde, je ne dis pas ; mais pour une corbeille de rue…