Un article du Parisien du 4 avril 2026 évoque des violences faites aux enfants par leurs parents eux-mêmes, pas de ces violences qui indignent mais de ces violences éducatives tellement ordinaires… Elles s’appliquent à des enfants en général de 3 ans à 6 ans. Quand ils refusent d’obéir à leurs parents, ceux-ci les menacent d’appeler la « police des enfants ». Parfois, la menace suffit. Quand elle ne suffit pas, les parents s’exécutent (le père, le plus souvent, joue caché le rôle de la police). Les enfants, terrorisés, obéissent. Certains parents poussent la violence jusqu’à publier des vidéos sur Internet pour se gausser collectivement de la terreur de leur progéniture.
Cela me rappelle une anecdote…
C’était il y a très longtemps ; j’étais dans un supermarché avec ma grand-mère et ma mère. Quand je dis très longtemps, ça doit faire au moins une trentaine d’années. Ma grand-mère était déjà assez âgée et, si elle tenait debout, c’était grâce au chariot de supermarché. À un moment, un enfant de 5 ans ou 6 ans est arrivé au volant d’un autre chariot poursuivi par une dame qui devait être sa grand-mère. Il a percuté notre chariot et Mamy a failli tomber. J’ai sitôt fait les gros yeux et indiqué à cet enfant que ma grand-mère était fragile et que s’il revenait à la charge, il aurait affaire à moi. J’ai toujours su parler aux enfants… Il est parti, assez effrayé, je dois le dire, sa grand-mère, s’excusant platement, sur les talons.
Quelques minutes plus tard, j’étais dans une allée et j’ai entendu la grand-mère interpeller le garnement.
— Je t’avais bien dit qu’il y avait la police. Si tu ne m’écoutes pas, je l’appelle !
Je m’étais dit ce jour-là que j’avais peut-être rendu service à cette grand-mère dépassée par ce garçon sur lequel elle ne savait pas faire preuve d’autorité. Cela m’avait quand même gêné de passer pour la police alors que je ne faisais que lui dire qu’il avait dépassé une limite (sans doute de manière peu subtile).
L’article du Parisien indique que les parents se refilent la recette à la sortie de l’école. Ce n’est donc pas marginal. Ce sont sans doute les mêmes parents qui vont hurler sur les violences éducatives de certains professionnels de l’animation. Ils ont raison de le faire. Mais peut-être qu’ils feraient mieux de s’interroger en même temps sur leur propre violence à l’égard de leurs enfants et des conséquences que cela peut avoir sur leur comportement et leur développement affectif.