Gâchis

Le supermarché en bas de chez moi a fait l’objet d’une expulsion pour loyer impayé. Je n’imaginais pas que cela existât, mais cela. J’ai été informée par une voisine trois jours plus tard. Je me suis alors inquiétée des marchandises qui se trouvaient à l’intérieur : une palette de pommes de terre et des melons jaunes étaient bien en évidence en dépit des dispositifs antieffraction installés par mon bailleur, propriétaire des lieux.
J’ignorais par ailleurs si les frigos avaient été vidés, s’ils étaient encore en fonctionnement… J’ai informé une autre voisine que je sais bénévole dans une association de dons alimentaires. Il me semblait important que ces marchandises soient enlevées pour éviter l’arrivée de rongeurs et autres nuisibles. Tant qu’à faire, autant que quelqu’un en profite.
De fil en aiguille, il a fallu plus de trois semaines pour que ces denrées périssables soient évacuées dans de grands sacs-poubelle sous couvert d’un inventaire établi par commissaire de justice. J’avais fini par écrire à mon bailleur qui ne m’a jamais répondu. J’ai également écrit à la mairie du 14e qui s’est inquiétée de la situation auprès du bailleur. J’ai relancé plusieurs fois cette voisine, notamment en lui donnant le jour et l’heure du nettoyage.
Je regrette que de militants, de nombreuses personnes ne soient pas passées à activistes. Je ne vois pas pourquoi le commissaire de justice n’aurait pas été sensible au fait que ces denrées soient données plutôt que jetées si bien sûr le bailleur lui avait demandé. On peut imaginer aussi une descente de militants au moment où ces denrées ont été jetées… Eh bien non ; tout cela n’a pas été possible. Je n’ai plus qu’à espérer que les deux ouvriers qui se sont chargés du travail auront pris quelques patates pour eux.