Salade @20

Après des mois, les travaux de façade chez moi semblent approcher de la fin…
Le mois dernier, j’ai cru qu’ils étaient finis mais non. En effet, habitant au deuxième étage dans un immeuble de huit, mon balcon s’est trouvé progressivement recouvert de morceaux d’isolant, de ciment, de plâtre ou encore de peinture.
Le mois dernier donc, un ouvrier s’est installé sur mon balcon pour tout nettoyer après avoir fini de repeindre les murs épaissis. Je m’étais alors réjoui pensant que cette fois-ci les travaux étaient finis. Le semaine s’est passée tranquillement quand soudain, les chutes d’isolant, de plâtre, de peinture et de ciment ont repris de plus belle. Et histoire de bien insister, un nouvel ouvrier est venu recouvrir la belle peinture encore fraîche sous une nouvelle couche de ciment.
A ce stade, il est important de signaler que le garde-corps de mon balcon avait déjà été remplacé mais il était finalement tellement recouvert de plâtre, ciment et peinture… qu’il a fallu en mettre un nouveau… Du coup, comme il y a également beaucoup de traces de ciment sur les fenêtres qui viennent aussi d’être changées, je crains le pire…

Décroissance @75

Un panneau solaire portatif est suspendu à l'interieur de ma fenêtre au dessus d'une plante d'intérieur; Le soleil brille.J’avais mis sur un réseau social l’annonce suivante.

« Bonjour, Je suis à la recherche de solutions énergie solaire sur appuis de fenêtres. Il ne s’agit pas de faire des économies, juste de ne pas gaspiller l’énergie solaire et ne pas utiliser inutilement le courant à la prise. »

Après plusieurs semaines, j’ai eu cette réponse.

« Il n’y a pas – pour l’heure – de solutions technologiques qui soient « écologiquement correct » et surtout efficaces ! J’en ai en test plusieurs « made in china » à la maison … Mettez plutôt des balconnières avec des plantes mellifères. »

Je ne sais trop pourquoi mais la dernière phrase me met mal à l’aise. Me conseiller des « balconnières de fleurs mellifères », je trouve que ça fait un peu « montrez vos nichons fertiles, madame, plutôt que de vous mêler technologie »… Il faut dire que la personne qui me répond est un homme ; serais-je trop sensible à la suffisance machiste ? En tout cas, il semble que son message ait déclenché une réaction riche en testostérone. Un homme lui répond.

« là encore, foin des imprécations; définissez ce qu’est une solution technologique écologiquement correcte. Définissez d’abord ce qu’est une solution technologique? la charrue inventée il y a plusieurs millénaires ? »

Et hop ! Sitôt mon premier interlocuteur est piqué (par l’abeille ?)

« Quelles « imprécations » ???
« Auriez-vous un problème avec le français (La langue hein ? pas « l’gars » :-)) )
« Concernant l’étymologie vous confondez Technique & Technologie !(modifié) »

Si d’aucuns doutaient du caractère brûlant de l’écologie au quotidien… Quoi qu’il en soit, il me fallait faire une réponse. La voici.

« Votre allusion à mon balcon fécond est surprenante… Je ne souhaitais pas déclencher des échanges si… électriques ? Avec les conseils d’un ami électricien, je suis désormais autosuffisante pour l’éclairage et la recharge téléphone et tablette. C’est sans doute dérisoire au vu de l’investissement mais ça me va. Je cherche désormais des solutions pour les appareils en 12V ; je trouverai. »

Encore merci à Vincent, Hétéronaute, pour ses conseils si avisés que j’espère bien encore faire diminuer ma consommation électrique (qui a perdu en douze mois 300 kWh après changement de mon frigo, de mon congélo et un éclairage solaire permanent). Vincent m’a conseillée dans l’achat de deux nouveaux panneaux. Ils sont en phase de test. Je vous en dis plus aux confins de l’été.

Grand homme @41

L'image est une des illustrations du jeu Travian legends par ses concepteurs.Je participe depuis quelques semaines à un jeu de stratégie en ligne. Mon héros s’appelle, bien sûr, Helgant. C’est un homme et dans mes quelques échanges avec les autres joueurs, je joue le jeu de parler pour lui. Il y a une messagerie en ligne et un site de tchat auquel je participe pour mon alliance.
Ce qui me frappe, c’est que même s’il y a un enjeu de concurrence, de conquête, de guerre, la majorité des joueurs sont sympas, arrangeants, parfois très généreux. Ils sont d’âges variés, allant de jeunes hommes à une bonne partie de pères d’adolescents qui interrompent parfois leur participation aux échanges pour les aider à leurs exercices de maths.
Les joueurs les plus agressifs, qui attaquent les villages des autres pour les détruire, sont parfois appelés « rageux » et peu appréciés. Récemment, un joueur a écrit à tous les membres de l’alliance en mettant en exergue aussi les femmes, comme on dit « Parisiens et Parisiennes ».
Bref, moi qui aime la stratégie, je m’y sens bien. Et Helgant ne se défend pas mal du tout. Un héros, comme Thésée.

Bigleuse @130

J’ai récemment eu un rendez-vous avec le responsable d’une administration. Je savais que certains de ses collaborateurs seraient présents, sans savoir lesquels. J’avais déjà rencontré les uns et les autres mais sans forcément leur parler beaucoup, et sans qu’ils ne m’aient été présentés. Eux, par contre, me connaissaient bien.
J’ai facilement reconnu la personne avec qui j’avais rendez-vous ; les deux autres personnes présentes, par contre, ne se sont pas présentées considérant que l’on se connaissait. C’est là un usage social habituel et, même si ma déficience visuelle était le sujet, je conçois qu’il n’est pas aisé de dire « Bonjour Cécyle, c’est XXX » à quelqu’un censé le savoir ; la suite dit combien je le mesure.
Sur ces deux collaborateurs, l’un m’était totalement étranger et la posture orale de l’autre m’a fait penser à celle d’un chef. Je me suis fiée à mon intuition et ai pensé au plus gradé de mes interlocuteurs habituels. L’entretien était bien engagé et le responsable a appelé son collaborateur par son prénom ; ce n’était pas la personne à qui je pensais. Son interpellation a été fugace et je n’ai pas la certitude d’avoir bien entendu.
Ce n’était pas grave pour l’entretien lui-même mais plutôt pour sa suite, considérant que j’ignore qui était là, donc qui je peux remercier de la qualité de cet entretien, hormis mon interlocuteur principal et à qui je peux demander des compléments d’information. Je me trouve ainsi bien embêtée, ne souhaitant froisser personne. Pourquoi alors n’ai-je pas demandé quand j’y étais « Mais t’es qui, toi ? »
J’avoue, je ne sais pas faire, surtout quand une heure de discussion a passé et que ce serait dire mon erreur. Si vous avez des suggestions sur comment demander à quelqu’un qui il est alors que je le connais, je suis preneuse !

Pucer @55

Vous avez aimé les aventures de Monsieur Flanagane ? (L’épisode précédent, c’est par ici). Alors vous allez aimer les mails des vieux ami·e·s inconnu·e·s.
En effet, en tant que travailleur indépendant, je suis très souvent démarché, notamment par courriels, pour divers produits, prestations ou autres services à destination des entreprises. Certains envois se font très accrocheurs. Illustrations avec deux extraits de mails reçus après plusieurs sollicitations de personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam :
– « Frédéric, comme vous n’avez pas répondu à mes différents messages, peut-être êtes-vous malade ? Recontactez-moi pour me donner de vos nouvelles et me rassurer. »
– « Frédéric, malgré mes relances, vous ne m’avez pas recontactée. Pouvez-vous m’appeler juste pour me confirmer que vous avez bien reçu mon email ? »
Qui ne tente rien n’a rien…

Chouette ! @44

L'image représente le papier apposé sur la porte évoqué dans le billet.Avec les consignes sanitaires, la société de relevé d’eau dans mon immeuble privilégie le moins de contact et incite à afficher ses données de consommation sur la porte de l’appartement un jour donné. C’était avant le cas par défaut quand quelqu’un était absent le jour dit, mais maintenant l’entrée de l’agent dans les appartements est limitée.
Je mets donc un papier sur ma porte avec des chiffres encadrés de « Bonjour » et « Bonne journée ». Cela fait plusieurs fois que c’est le même agent qui passe. Il fait une croix, comme sur les papiers de mes voisins, puis ajoute un « Merci » suivi d’un smiley souriant.
Même si la pandémie a distendu les relations interpersonnelles, il est toujours possible d’ajouter un petit plus dans le quotidien. Je suis contente de ne pas afficher juste quelques chiffres, il est content de l’attention et je m’en réjouis.
Et bonne journée à vous les Hétéronautes !

Bééé @21

Nous discutons volontiers avec mon kiné. Il est intelligent et blagueur, c’est agréable. Ce matin, je lui raconte comment un voisin, alors que nous prenions l’ascenseur ensemble, a défendu d’emblée le port du masque avec un argument… charmant ?
— Ce que je sais, c’est que quand je mets un préservatif, je n’ai pas de risque de MST…
Trois phrases plus tard, il précisait que c’était également un bon moyen contraceptif et nous nous sommes quittés sur le trottoir alors que je lui suggérais de s’en mettre un sur la tête pour se prémunir du covid, précisant qu’un modèle lubrifié ne serait sans doute pas nécessaire. Mon kiné était aussi sidéré que moi quant à la fatuité nécessaire pour avancer ce genre d’argument dans un ascenseur à l’encontre d’une voisine que l’on ne connaît pas tant.
Sur le mode du second degré, nous engageons alors une série de répliques visant à dénoncer le fait que je ne fais aucun effort pour me conformer à la norme sociale. Je précise que mon kiné, en plus de mesurer l’impact de mon albinisme et de ma déficience visuelle sur mon rapport au monde, sait que je suis lesbienne. Je le précise car, lors de cet échange, il lance :
— Il faut rentrer dans le moule !
Sitôt, en m’excusant, je lui fais remarquer que sa réplique à mon encontre ne manque pas de saveur… Il a bafouillé puis éclaté de rire, cherchant quelque chose à répondre avant d’être sauvé par un patient le réclamant à l’autre bout du cabinet. À son retour, nous avons parlé d’autre chose. C’était mieux ainsi mais j’en ris encore.

Corps @30

Radio d'un genou pendant une infiltration. On voit bien l'aiguille entré jusqu'au centre de l'articulation.À la suite de l’épisode rhumatologue, j’ai consulté un médecin du sport chaudement recommandé par Sarah. Après un certain nombre de tests sur mon genou et avoir visionné radios et IRM et posé moult questions, il a considéré que mon genou avait besoin de trois infiltrations d’acide hyaluronique dont la première assortie de cortisone. J’ai un peu attendu avant de me décider et suis retournée le voir avec Sarah, convaincue qu’il allait pratiquer ces injections. Que nenni ! Elles devaient être faites sous contrôle radiologique.
Je me suis enquis d’un radiologue, découvrant très vite que cet acte non pris en charge par la Sécurité sociale (et pourtant recommandé par elle) allait me coûter un bras, 850 euros environ entre le produit et les trois injections non remboursées, dépassement d’honoraires en prime. On peut considérer que ce n’est pas si cher pour un genou ; mais je n’aime pas engraisser la médecine de ville qui oublie le serment d’Hippocrate.
Une pharmacie discount et une demande de prise en charge à l’hôpital plus tard, ma facture s’est élevée à 60 euros tout compris, ce qui est plus raisonnable avec un délai d’à peine trois semaines supplémentaires. En pleine pandémie, c’est particulièrement remarquable. Me fallait-il quand même « payer » un peu pour cela, en chair et en os, si je puis dire ?
Sans doute. La première injection a été faite par une jeune interne qui, je dois l’avouer, a failli se prendre une grosse baffe quand, les larmes aux yeux et les sanglots dans la voix, mes abdominaux de judoka, par geste réflexe, m’ont remise en position assise et mon poing s’est serré avant que je ne réalise à quelle extrémité la douleur me menait, ma conscience me rallongeant sitôt. Je m’en suis excusée lors de la seconde injection, que le médecin sénior a pratiquée devant elle avec plus de rapidité et une douleur moins intense et plus fugace ; à la première, je n’étais guère en état d’avoir un propos aimable.
Pour la troisième injection, pratiquée par une autre radiologue, elle a dit « c’est fini » avant que je n’aie le temps de me dire qu’il se passait quelque chose du côté de mon genou. Mon kiné m’avait prévenue que la qualité du geste conditionnait le ressenti du patient et je sais qu’un geste, il faut du temps pour l’apprendre. Mon genou a fait sa part. Si d’autres pouvaient prendre le relais, ça me ferait plaisir ! Merci.

 

Biodiversité @27

Un brocolisJ’ai passé les quinze premiers jours de ce nouveau confinement au bord de l’océan Atlantique dans une ville balnéaire relativement inaccessible en cette saison.
Près de là où je logeais, il y avait un petit marché ouvert toute l’année et tous les jours (sauf le lundi). J’ai pu y trouver quelques légumes bio mais pas exclusivement. Un peu plus loin, à une vingtaine de minutes en passant par la plage, il y avait un plus grand magasin bio. Côté fruits et légumes, pas trop d’écarts de prix par rapport aux pratiques parisiennes mais il n’en a pas été de même sur les autres produits qui indiquaient un prix bien plus élevé qu’à Paris. L’inverse est plus souvent vrai mais faut-il s’en réjouir ?

Canette @38

Cinq bouteilles de produit cosmétiques. Ils sont décrits dans le billet.Au moment de troquer ma bouteille de shampoing vide (Dessange) contre une pleine (Cien), j’ai cru un instant m’être trompée de produit en l’achetant : le flacon, jaune prononcé, ressemble plus par sa couleur à du lait solaire bronzant. J’ai dû sortir de ma salle de bains peu éclairée et chausser des lunettes pour vérifier, les mentions de la marque (Cien, en blanc sur jaune) et « Nature’s Beauty » (je viens juste de voir l’apostrophe) en marron sur jaune étant nettement plus lisibles que la mention shampoing en rouge police fine et plus petite sur fond jaune.
Intriguée, j’ai regardé les autres produits que j’avais sous la main. La bouteille de shampoing vide d’abord ; c’est encore une fois la marque qui est la plus lisible, puis les « atouts » du produit « Anti-désèchement » (la mention « nutri-extrême » m’est peu lisible verticalement) ; quant au fait qu’il s’agit de shampoing, je dois chercher pour le trouver. Pour mon lait pour le corps, « Nourrissant » est écrit plus gros que « Lait Corps », et le logo de la marque reste le plus visible. Pour ma crème de jour, la marque est très lisible et si « crème visage jour » est plus gros que les allégations nourrissantes, le jaune sur blanc me la rend totalement illisible. Enfin, pour le spray d’eau de mer, j’ai cherché longtemps. La marque est omniprésente, les qualités santé aussi, l’eau de mer apparaît en écriture incurvée avec un « 100 % » dont la force masque le texte autour !
Je racontais cela à Isabelle qui m’a fait remarquer que les cosmétiques sont choisis pour leur marque et leurs supposés effets beauté ou santé. Je les choisis pour leur objet principal (laver les cheveux, laver le corps, hydrater la peau, laver le nez) et pour leur prix. Je suis décidément perdue pour la consommation du tape à l’œil ! J’en suis ravie.

Note. Pour la petite histoire, je compile dans un fichier mes sujets de billets. Pour celui-ci, j’avais écrit « Lecture produits d’entretien » en lieu et place de « produits cosmétiques » ; tout est dit.