Déo @39

L'image montre le radiateur bain d'huile en fonction.L’hiver dernier, j’ai été contrainte d’acheter un radiateur bain d’huile, ayant manqué être bien malade en raison d’un problème de chauffage dans ma chambre. Me voilà donc avec un appareil électrique et sa « notice d’utilisation » à propos de laquelle je lis sur le carton « Pour vous aider à bien vivre votre achat ».
Euh, certes oui, mais disons qu’il y a des obligations réglementaires à ne pas me fourguer trois lignes en polonais et que c’est un peu légitime de permettre à l’acheteur d’utiliser l’engin sans trop de difficultés. L’argument est donc de ne pas trop se pourrir la vie à acheter leur produit.
L'image montre sur le carton le texte évoqué dans le billet.Remarquez, c’est un peu simpliste : juste « bien vivre », un achat pratique et utile, où on s’en tire pas trop mal à arriver à se chauffer avec un truc chauffant, donc sans une « expérience d’achat », cet apogée de la consommation, cette extase de la carte bancaire, cette acmé du chéquier. À me demander sur le coup si j’ai pris le bon radiateur.

Féminité @11

Je pose devant un arbre du jardin des Tuillerie. Ma couette, bien droite, se détable sur le marron de l'arbre.Depuis quelque temps, j’avais envie d’une couette sur la tête, comme Hoshi, et comme Johnny quand il fait du judo ; j’y associe une idée de force ; peut-être mon côté sumo ? Il n’était pas pour autant question de me laisser pousser les cheveux au-delà de deux ou trois centimètres pour amorcer la mèche. Je m’y suis attelée avant de courir chez Isabelle en lui indiquant bien mon souhait d’une couette tout en gardant mon toupet, bien sûr.
L’opération était délicate. Après plusieurs essais pour isoler la mèche dans une zone d’implantation qui allait bien (qu’elle soit pile au milieu de mon crâne m’importait peu), Isabelle a opté pour une pince à sac de chez Ikea et a joué de la tondeuse sous l’oeil inquiet des Mouton qui préfèrent garder leur laine. Helgant, pour sa part, est allé se cacher au fond de la cuisine craignant une apparition inopinée du toiletteur !
Me voilà donc avec un toupet et une couette, que je fais tenir avec un élastique. J’ai eu peu de réactions dont deux remarquables. Sarah m’a dit que c’est « déroutant », appréciation qui m’a permis de comprendre que cette simple mèche augmente mon étrangeté d’albinobutch, ce qui me plaît beaucoup et me permet d’en jouer. B, qui accueille et prend soin des enfants au judo, me regarde arriver et lance :
— Vous avez changé de coiffure ?
J’en rigole encore.

Extravagance parisienne @73

Aux confins de mon quartier, je passe devant un commerce de bouche. L’enseigne est « Charcutier & Cuisinière ». En dessous, sur le store, je lis « Jeanine & Christiane ». Pourquoi pas charcutière et cuisinière alors ? Est-ce parce que c’est masculin d’être l’artisan qui travaille la viande, c’est un métier, alors que la femme est aux fourneaux comme elle le serait à la maison ? C’est, en tous les cas, étrange de mettre en regard cette répartition genrée.
Je regarde alors la vitrine et lis :
« Planche
Charcuterie
Veggie / Mixte »
La planche de charcuterie veggie ? Voilà qui est mystérieux.
Décidément, Jeanine & Christiane sont pleines de surprises.

Canette @40

Un paquet de rivola, face arrière, avec mention du poids.Je suis une mangeuse de bonbons sans sucre. J’en mangeais déjà quand je fumais (dans une autre vie), pour me rafraîchir l’haleine, comme disent les publicités. Pour arrêter de fumer, en plus des cure-dents, les bonbons m’ont aidée. J’alterne entre plusieurs sortes, notamment entre des bonbons à la menthe et aux fruits de marque distributeur ; mais mes préférés restent les Ricola eucalyptus, sans sucre toujours.
Ces derniers mois, j’ai eu du mal à en trouver en sachet ; on en trouve en petites boîtes en carton mais je les trouve moins bons. Isabelle, qui fréquente une enseigne mieux achalandée que les miennes, me fournit. Ce matin, dans une enseigne de grande distribution, j’en ai vu. Le paquet avait changé de look, et le prix m’a sauté aux yeux : 2,29 euros. J’ai examiné le paquet et lu 70 g. Pas 100 g ?
Je suis allée voir les paquets de bonbons de marque distributeur, tous à 100 g avec un prix de 1,99 euro. J’en ai donc conclu que Ricola avait réduit la quantité sans baisser le prix, une pratique commerciale courante. J’ai sitôt appelé Isabelle pour lui dire de ne plus m’en acheter. Rentrée chez moi avec l’intention de faire un billet, je vérifie qu’il m’en reste un paquet ; c’est le cas ; ancien emballage ; poids, 70 g.
C’est donc tout à fait abusivement que j’ai imputé à cette marque une pratique commerciale trompeuse ; cela me permet par contre de prendre conscience du prix exorbitant de ces bonbons. Je m’en passerai.

Paris @70

Je fréquente globalement assez peu mes voisins. J’ai déjà eu des voisins devenus des amis, mais c’est plus l’exception que la règle. Je suis parfois proche des membres du conseil syndical, dont j’ai fait partie dans un précédent immeuble et dans l’actuel.
Toutefois, depuis que j’ai adopté Helgant, j’ai bien plus de discussions avec mon voisinage. Il est admiré et apprécié. Plus encore, l’été dernier, alors que je m’étais organisée avec des amis pour le nourrissage. J’avais laissé ma clé à la voisine qui adore Helgant au cas où… (fuite ou autres problèmes matériels).
Elle est passée plusieurs fois pour vérifier que tout allait bien, arroser les plantes et même nourrir les poissons. On s’envoie de temps en temps des textos, on papote quand on se croise et elle a toujours une caresse pour Helgant qui le lui rend bien l’affectation qu’elle lui porte (même s’il est toujours assez intéressé par ses sacs où elle transporte de la nourriture pour les chats qu’elle nourrit en plus des siens chez des voisins du quartier).
Grâce à lui, mon rapport à plusieurs voisins a changé. Il est décidément très fort. Ouafmerci Helgant !

Bigleuse @133

Canne blanche d'appui avec une sonette de patinette sous la poignéeDans le cadre de ma revue du Web pour Genespoir, j’ai croisé cet article qui lie les mots « résilience » et « handicap ». Quelle bonne idée ! Comment imaginer, en effet, « faire quelque chose de ce qui arrive » (ma définition préférée de la résilience) sans accepter ce qui arrive, le nommer, avoir conscience que l’on ne peut y échapper et qu’il va falloir s’adapter ? Les valides gagneraient également quelque chose à penser le handicap ainsi, et non pas à être « 64 % [… à] estime[r] que le handicap est un obstacle au bonheur et à une vie épanouie » et à associer le handicap à une « souffrance » [Enquête CNCDH 2021].
Il est vrai que toute personne handicapée qui place son adaptation dans une démarche de résilience va très vite comprendre que le problème, ce n’est pas son handicap, mais la société validiste. C’est sans doute là où le bât blesse, avec cette nouvelle question à propos de la manière dont la société privilégie l’assistance plutôt que de permettre l’autonomie via l’accessibilité, remarquable : « (…) celui que l’on plaint (ou que l’on « sauve ») devient immédiatement inférieur ». J’ignore si vous mesurez la portée de cette équation ; je la vis chaque instant.

 

Élections @34

En juin dernier, lors des élections, le soir du premier tour, il faisait bon. Je n’avais alors pas remarqué qu’il me manquait mon coupe-vent que quelqu’un avait dû mettre dans un coin lors du réaménagement des tables pour le dépouillement. J’ai attendu le week-end suivant pour le récupérer, ayant conclu dans la semaine qu’il ne pouvait qu’être resté à l’école.
Retournant dans la grande salle accueillant le bureau de vote, je m’aperçois alors que je n’avais pas fait attention avant aux dizaines de vêtements d’enfants accrochés à des patères ou posés sur des bancs (les photos ne donnent qu’une petite idée de l’ensemble). Heureusement, j’ai facilement pu identifier et récupérer mon bien. Il est resté dans mon sac toute la journée pour ne pas être gentiment remis avec les autres. Et il m’a d’ailleurs servi le soir même.Les images montrent l'intérieur de la salle accueillant le bureau de vote avec des vêtements accrochés à des patères.

Extravagance parisienne @72

Copie d'écran du return mail m'indiquant que je n'ai plus accès à mon adresse.Certains titres du blogue ont leur histoire ; « Extravagance parisienne » en fait partie. Je croyais en avoir fini avec ce responsable associatif, considérant que je n’étais pas allée à son émission et n’avais par répondu à son mail. La contemption la plus imbécile est malheureusement collante, à un point que je n’imaginais pas…
Depuis quatre semaines, mon adresse mail cy@cyjung.com est bloquée en émission par Gmail qui m’indique que je n’ai pas l’autorisation d’utiliser cette adresse où je centralise mes boîtes (pas par conviction, juste parce que c’est ce qu’il y a de plus lisible pour moi … si vous avez une autre option ?) J’ai bien sûr vérifié ma configuration smtp, fait de nombreux tests notamment en changeant d’adresse IP, demandé à l’hébergeur de mon site de vérifier de son côté… Rien à faire, les mails ne partent pas depuis Gmail alors qu’ils fonctionnent en webmail ou depuis une appli de messagerie.
À l’occasion de ces tests, j’ai remarqué qu’un mail envoyé via une appli de messagerie apparaissait sur ma tablette comme envoyé par quelqu’un d’autre que moi ; en l’espèce le malotru qui confond la déficience visuelle avec une extravagance parisienne ! Cette manière de se réinviter dans ma messagerie était assez déconcertante. J’ai cherché pourquoi et fini par trouver que le répertoire associé à l’appli de messagerie de la tablette considère mon adresse pro comme adresse pro d’une dizaine de fiches, dont celle susdésignée. Un signe de la bêtise organisée ?
On a désenvoûté tout ça avec Petit Koala en faisant un peu de ménage et conclut que Gmail considère sans doute mon adresse pro comme un spam, aussi parce que l’appli répertoire lui fait prendre des vessies pour des lanternes. Reste à savoir comment je vais pouvoir la réutiliser hors appli de messagerie. Suspens !

Paris @69

Helgant en pension fait connaissance d'autres chiens.Helgant ayant toujours peu envie, voire ayant peur, de se promener dans le quartier et le besoin de continuer à apprendre à se connaître tous les deux étant toujours fort, j’ai rencontré à plusieurs reprises une éducatrice canine. Nous avons d’abord marché en forêt, où Helgant se sent bien. Une fois, elle est venue avec sa chienne, une bergère allemande, bien tranquille. Helgant l’a suivie sans qu’il y ait la moindre anicroche entre eux.
Un des soucis avec nos descentes quotidiennes pour ses besoins est que Helgant a pris les quelques mètres devant l’immeuble comme une extension de son domicile et donc d’un territoire à défendre, le moindre chien s’y aventurant subissant des reproches aboyés et Helgant ne voulant plus s’aventurer au-delà. Sachant cela, l’éducatrice est venue devant chez moi avec sa chienne. Quand nous sommes sorties, la chienne était assise dans le périmètre du territoire de Helgant. Il l’a juste salué sans un son, acceptant d’emblée sa présence.
Nous avons ensuite cheminé. S’il y a parfois eu des blocages, réglés à coup de friandises, nous avons pu refaire le tour du pâté de maisons, un trajet effectué la dernière fois il y a des mois. Helgant a suivi la chienne, qui elle-même suit en toute confiance sa maîtresse.
Nous avons même croisé plus loin un vieux chien que Helgant acceptait jusqu’à ce qu’il annexe la voie publique et s’y insurge des passages de concurrents à quatre pattes. Le pauvre chien était tremblant et ne comprenait pas pourquoi Helgant ne lui aboyait pas dessus.
Depuis cette séance, Helgant recommence à effectuer le tour du pâté de maisons, ce qui nous dégourdit les jambes et permet de ne pas seulement effectuer des aller-retour de quelques mètres dans ma rue, assez bruyante, donc désagréable et source de peurs soudaines. Helgant a même redécouvert les points très intéressants où il est susceptible de trouver de la pâtée pour chats que des riverains déposent à même le sol. C’est une très bonne motivation.
D’ailleurs, l’autre jour, je revenais avec lui de chez le toiletteur où je le dépose quelques fois par an. Je n’ai tout d’abord pas compris pourquoi il ne prenait pas le chemin le plus rapide, jusqu’à le voir foncer truffe au sol sur les spots de dépose.
Je ne suis pas favorable à ces déposes sauvages de nourriture, ayant participé dans une autre vie à la verbalisation de leurs auteurs. Car cela favorise la remontée des rats en surface. Mais, là, je dois reconnaître que c’est une indéniable moyen de faciliter les sorties pour le « tour de pâtées de maisons ». Je ne pousserai pas jusqu’à remercier ces personnes, mais Helgant n’hésite pas : ouafmerci !

Anniv’ @50

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Mes chers comptriolettes !
En ce jour historique où l’on commémore la victoire de Basarab Ier Întemeietorul, à la bataille de Posada…
— C’est quiiii ?
Pardon, nous célébrons donc le sacre du roi Lothaire…
— T’es s*ûûûû* cand*iiii*dat Caddie ?
Ben je crois… quoi que, je me suis trompé de calendrier ! Nous pleurons donc l’exclusion du camarade Léon Trotski du parti communiste soviétique…
— C’est triiiiste !
— C’st pas certain Petit Mouton…
Je m’embrouille encore. Alors que l’on enterre le Général de Gaulle…
— T’crois qu’y’a un rapport ?
Avec quoi ?
— Le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee mon Caddiedounet !
— Avec le ouafgâteau pour ma ouafmaîtresse !
Oui ! C’est ça qu’on fête ! Merci. J’ai retrouvé la bonne note. Avec cette campagne, je dois tout savoir ; j’ai des papiers partout ! Remarquez, si on a enterré le Général le 12 c’est qu’il est mort…
— Le 9, mon Caddidounet, d’la même année. D’où ma question : t’crois en l’réincarnation ?
— C’est quoiiii ?
C’est quand t’es mort, ton âme cherche un corps où habiter.
— C’est quo*iiii* la m*ooooo*rt ?
— Comme ouafmoi quand on m’a ouafcoupé les ouafcoucougnettes, j’ai dû ouaftrouver un ouafrefuge ?
— Pareil !
— On a couuuupé le Général ?
Mais non, il est juste mort trois jours avant que notre Isabelle ne vienne au monde. Ça change tout à ma campagne ! Faut que je me désiste en sa faveur si elle est le Général ! C’est historique !
— Elle sera présideeeente !
— Ça peut, si t’l’monde sait qu’elle est l’Général. C’t’un sacré pédigré !
Un gateau maison— On va lui ouafcouper les ouafcoucougnettes ?
— Elle en a p*aaaa*s !
— Ça alors ? Je ouafcroyais. Elle est si ouaffortiche !
— Ç’doit être l’âme d’Général.
Ça va être dur de s’en remettre… Recentrons-nous (si vous me passez l’expression) ; on commence par le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee et on voit après pour la candidature quand on aura consolidé la filiation.
— Vive le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee !