Céliiiiine !

Je ne suis pas fan de Céline Dion, je n’ai aucun titre dans ma playlist. Je connais bien sûr un certain nombre de ses chansons pour les avoir souvent entendues de-ci de-là ; aussi parce que les mélodies et les paroles sont faites pour être facilement mémorisées. Ceci étant, il s’agit bien sûr d’une très grande artiste et la manière dont elle a évoqué dans les médias sa maladie m’a intéressée.
La médiatisation de la maladie par des personnalités est assez essentielle. Cela permet de rendre visibles des pathologies ignorées par le grand public. Cela permet parfois de favoriser des approches antivalidismes quand d’autres, en bonne santé, se permettent des propos assez déplacés. Je fais d’ailleurs une petite parenthèse pour demander à Isabelle Nanty, qui a bien dû sentir le pipi suite à son accident, si son rapport à l’euthanasie a changé après « avoir cru mourir ».
Passons.
Je reviens à Céline Dion. Certains comptes X antivalidistes ont profité de son retour pour indiquer que si tous les malades avaient droit à ce qu’elle peut se payer en soins, les demandes de fin de vie seraient à coup sûr diminuées. J’en suis convaincue.
Il ne s’agit pas bien sûr de jeter l’opprobre sur la star, elle a bien le droit d’avoir les moyens des soins dont elle a besoin. Il s’agit simplement de rappeler au grand public que l’essentiel n’est pas remboursé par la Sécurité sociale ni par la prise en charge de la dépendance. Par ailleurs, ce n’est pas parce que quelqu’un réussit l’exploit de faire ce qu’il n’était pas prédisposé à faire vu son handicap et/ou sa maladie que toutes les personnes concernées doivent en faire autant.
Quant à Céline Dion, elle parle pour elle et ne fait pas semblant de parler pour les autres ; en soi, c’est déjà remarquable. Elle ne cache pas que la prise en charge de sa maladie est favorisée par son statut social et ses moyens financiers. Cela ne l’empêche pas d’avoir une réflexion sur ce qu’elle vit et ce que j’apprécie particulièrement, c’est qu’elle ne parle pas de « combat contre la maladie » se situant ainsi hors du champ de l’adversité.
J’avais évoqué dans un précédent billet combien il m’est désagréable d’entendre dire que l’on « se bat contre la maladie », ou plus exactement, post mortem, que l’on « s’est bien battu ». J’ai ainsi un point commun avec Céline Dion : je vis la relation à la maladie dans la résilience ; « faire quelque chose de ce qui arrive ».
Sur scène, lors de son retour après six ans d’absence, retour que j’espérais heureux pour elle, elle a prononcé ces mots :

« Je vais bien. J’ai appris à vivre avec cette fragilité à force de la côtoyer. Je l’ai apprivoisée et j’ai décidé d’en faire ma force de vivre. »
Céline Dion, Nanterre (France), 12 octobre 2026.

Je vous les confie. Ils sont essentiels.