Ultraviolence

Depuis les manifestations du 17 octobre 2026, les médias et les politiques parlent d’ultraviolence, de « hordes de jeunes » (gens) déchaînés qui saccagent et pillent. Je suis abonnée au Parisien, journal de préfecture dont la réputation droitière et racoleuse n’est pas à faire. Les photos et vidéos que j’y vois ne m’évoquent pas de l’ultraviolence, contrairement aux commentaires et au titre des articles. Serais-je insensible à la vue d’un jeune homme qui casse à coup de pied une vitrine ? Non. Mais je ne trouve pas ça « ultraviolent ».
Je vous renvoie à tout ce que notre société compte de sociologues dignes de ce nom, d’avocats, de militants des droits de l’homme pour trouver des analyses que je partage sur les évènements et leur traitement par le pouvoir politique. L’instrumentalisation du désordre est telle que c’est à se demander si les casseurs ne seraient pas payés par le capitalisme pour faire le lit de l’extrême droite. La question est classique.
J’aimerais bien d’ailleurs disposer d’un décompte exact des commerces qui ont été vandalisés. J’ai fait un petit passage boulevard Magenta et j’ai vu deux assureurs, deux banques, un opticien et deux enseignes nationales de téléphonie. Tous les restovites autour de la place de la République semblaient intacts… Ces jeunes gens s’alimentent décidément très mal !
Je ne vais pas plus loin, ma vision est forcément partielle ; et partiale. Je considère en effet que l’ultraviolence est du côté de l’ultralibéralisme, de la société de consommation, de l’exploitation au service de l’enrichissement du plus petit nombre, de la casse des services publics et de l’hôpital… Comment imaginer que le miroir aux alouettes qui fait miroiter aux yeux de la population générale un accès au clinquant ne se brise sous l’effet de la colère ? Les auteurs des violences urbaines ont beaucoup moins de conscience politique que les auteurs des violences économiques et sociales. Le gouvernement et le président de la République nous en donnent un exemple terrifiant.
J’ai remarqué, comme tout le monde, que les médias privés ou publics, hormis quelques résistants (je suis aussi abonnée à l’Humanité), servent la soupe à ce pouvoir pour l’argent, ce pouvoir de l’argent, ce pouvoir toujours l’argent. Tous sont en train de nous vendre l’extrême droite comme solution. Personne n’y croit à cette solution, même pas les électeurs RN croisés au hasard des micros-trottoirs. Ils veulent de l’ordre et du pain ; ils auront du désordre et même pas de la brioche. Ils l’auront voulu. Ils l’auront.
Et moi ?
Je continue à faire ce que je crois devoir faire, à dire ce que je crois devoir dire, à agir là où je pense pouvoir agir. Je vous invite à faire la même chose ; je garde l’espoir que notre aspiration collective à la liberté sera, au moins à terme, la plus forte.

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