Bêtise crasse

Une allée pavée de dalles en béton, 1,5 m de large. À droite, le mur d'un immeuble et la porte en métal d'un local poubelle, au dessus le plancher d'un balcon, à gauche la végétation d'un square déborde d'un muret. Au milieu du passage, deux parpaings. Au fond, une autre porte de local poubelle. On devine un espace un peu plus large.Lors d’une visite de terrain avec des élus de mon arrondissement, il a été question d’un passage le long de nos immeubles, côté square. Il a été conçu pour donner accès au local poubelle de deux cages d’escalier. Depuis quelque temps, les poubelles sont sorties par le hall côté rue. Ce passage n’a donc plus aucune fonction si ce n’est de mener dans un petit renfoncement, tout au fond, très prisé des jeunes gens qui cherchent un endroit discret pour se retrouver.
Un des deux locataires dont l’appartement avec porte-fenêtre donne sur ce passage se plaint de la présence de ces jeunes gens qui font du bruit, notamment la nuit, même si le square est fermé ; ils entrent alors par la porte du local poubelle censément verrouillée. Le locataire demande la fermeture de ce passage qui ne sert à rien. Au milieu, il a installé deux parpaings afin de limiter la circulation des deux roues.
Lors de notre visite, j’ai pu enjamber ces deux parpaings tout à fait visibles. Une des élues présentes fait remarquer au locataire que cela gêne la circulation des personnes en situation de handicap. Je lui réponds sitôt que l’amicale de locataires, que je représente, vient de valider l’accessibilité déficients visuels.
Elle insiste, arguant que les fauteuils roulants ne pourront pas passer. On pourrait saluer sa remarque, signe que notre équipe municipale dispose désormais d’un élu en fauteuil roulant qui doit faire un gros travail de sensibilisation. Pour autant, elle est particulièrement absurde au vu de la configuration des lieux et de l’inutilité effective de ce passage.
Je lui explique alors que, en dépit des dégâts causés par les accidents de deux-roues, les rixes et la consommation de certaines substances neurotoxiques, aucun des jeunes gens vivant désormais en fauteuil roulant n’est jamais venu jusqu’ici, comme si la leçon avait suffi. J’ajoute que, si elle souhaite parler d’accessibilité, j’ai quelques sujets pour elle.
J’ignore si quelqu’un lui a fait un signe ou si elle a compris d’elle-même l’absurdité de sa remarque mais, alors qu’elle allait commencer une autre phrase, elle s’est subitement tue. Dommage !