Le 7 juillet dernier, j’ai reçu une lettre d’information de la Ville de Paris qui retraçait les cent premiers jours du mandat d’Emmanuel Grégoire avec, notamment, un article « Social et solidarités : Paris dévoile ses mesures pour tous les Parisiens ». Je l’ai lu. C’était le premier jour de la troisième canicule 2026 ; il était encore tôt mais mon sang a bouillu (sic) ! Je n’ai pas pu faire autrement que de répondre alors que j’avais en projet d’aller m’acheter des glaces.
Tant pis. J’aurai encore plus chaud !
Et je vous dirai, bien sûr, si j’ai une réponse.
Monsieur le maire,
Je suis abasourdie.
En tête de votre plan Social et Solidarité, une très jolie photo avec un enfant noir en fauteuil roulant accompagné d’un enfant blanc qui lui donne de l’eau. C’est magnifique ! Mais que proposez-vous à cet enfant handicapé ? Une AESH, puis un accès à la MDPH et une « place » sous-entendu en établissement médico-social, et…
Et ?
Est-ce cela votre conception de l’inclusion, de l’égalité des droits entre les personnes handicapées et les personnes valides ? Savez-vous que les personnes handicapées sont les premières victimes des discriminations ? Le paragraphe sur le sujet n’en fait pas mention. Et que proposez-vous ? Un logement accessible ? Un emploi en milieu ordinaire avec un contrat et un salaire de droit commun ? Un accès à la ville, aux trottoirs, aux bâtiments publics, aux transports, au sport, à la culture, à la vie, en quelque sorte…?
Ce qui fait cruellement défaut, dans ce plan, c’est le mot accessibilité, universelle pour ne pas oublier que les PSH ne sont pas toutes des UFR. Le mot, et les actions concrètes qui vont avec ; relisez votre programme municipal, il y en a déjà une bonne liste, même si elle n’était pas suffisante.
Moi, ce que j’aimerais, monsieur le maire, c’est que cet enfant dans son fauteuil roulant puisse se servir de l’eau tout seul ; qu’il n’ait pas besoin d’un futur homme blanc pour boire (la photo prend ici une sale tournure). Ce que j’aimerais, monsieur le maire, c’est que vous preniez la mesure des conditions de vie de la population handicapée à Paris. Ce que j’aimerais, monsieur le maire, c’est que vous sortiez du déni validiste qui imprègne chacune des lignes de ce programme.
Déni validiste ? Dans le code source de la page, la description de l’image est celle-ci :Le handicap a disparu, gommé à l’usage des lecteurs d’écran ; sacré symbole !
Ce que j’aimerais…
J’aimerais pouvoir vous soutenir pendant ce mandat.
J’aimerais.
Je vous dispense bien sûr d’une réponse convenue. Je publierai pour ma part cette lettre sur mon blogue.
Très bonne journée
Cécyle Jung
Écrivaine
Membre du CDCA 4e collège
Médaille de bronze de la Ville de Paris au titre de mon action pour l’accessibilité
Représentante bénévole du Médiateur de la Ville de Paris
Volontaire de Paris
Inscrite au fichier Reflex, PSH-DV
NB. Pas d’adresse mail sur paris.fr pour madame Azadeh Akrami-Castanon ; autre camouflage (camouflé) du handicap ?