J’avais publié un premier billet, puis un second, où, semble-t-il, je faisais montre d’un certain optimisme quant à la manière dont le gouvernement libéral et sa majorité à l’Assemblée abordent la question des franchises médicales. Jusqu’à présent, le maintien du plafond à 100 euros (deux fois 50 euros, très exactement) garantissait aux malades en ALD ou ayant des affections chroniques une stabilité dans leurs dépenses de santé obligatoires. Un nouveau projet vient se porter en faux, et douloureusement.
Il est en effet question cette fois de doubler le plafond, le passant à 200 euros par an. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que les premiers concernés vont être les malades « gros consommateurs » de soins ; quelle horreur, ce mot, « gros consommateurs » ! Eh bien, pas pour le gouvernement, qui les cible explicitement dans son projet de réforme puisque le doublement de la franchise les concerne directement, ce que revendique la ministre de la Santé.
« Pour financer l’accès de tous et partout aux soins, nous devons être plus rigoureux avec la surconsommation de soins et demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement ».
J’ai entendu qu’en moyenne, il en coûtera 47 euros de plus par ans aux patients « gros consommateurs » ; comme j’ai déjà atteint le plafond de 100 euros, je pense que ce sera plus pour moi.