Pamplemousse

Dès le début des traitements, j’ai demandé à mon médecin hospitalier et aux infirmières de spécialité ce que je devais manger ou pas. Mon médecin hospitalier a été surpris par la question ; l’infirmière de recherche clinique m’a orientée vers la nutritionniste du service. Elle m’a indiqué que je mangeais ce que je voulais/pouvais, en augmentant les protéines animales tout en diminuant au maximum les graisses et les sucres ; et que j’évite jus de pamplemousse et curcuma.
Les deux m’ont un peu manqué car j’adore les currys et je mange volontiers des pamplemousses quand c’est la saison. Je ne bois jamais de jus industriel et j’avais pris des infos m’indiquant que ce qui contraint un traitement médical est la partie blanche du pamplemousse et non pas la pulpe. Pendant 18 mois, je me suis véritablement astreinte à ces interdictions mais, quand j’ai pu reprendre une alimentation normale (ou presque) après l’autogreffe, je me suis accordé la pulpe d’un pamplemousse dans la semaine où je ne prenais pas mon traitement (cycle de vingt-huit jours avec sept jours d’interruption ; ça m’a rappelé ma jeunesse).
J’avais trouvé un article du Vidal me l’autorisant, article que j’ai soumis aux pharmaciennes qui animaient un atelier d’éducation thérapeutique du patient ; elles étaient dubitatives et m’avaient promis une réponse que je n’ai jamais eue.
Récemment, dans le cadre d’une rencontre avec une infirmière clinicienne, j’ai eu l’occasion de poser de nouveau la question et ses bonnes relations avec la diététicienne m’ont permis d’apprendre qu’une fois sortie des traitements initiaux par perfusion, on n’interdit plus aux patients des boissons toniques ou aux agrumes car on sait que la quantité de ce qui pourrait être toxique est très limitée. Quant au fruit lui-même, si on ne mange que la pulpe, les effets délétères sont également très limités, voire nuls.
J’en ai été rassuré. Je continue donc à manger des pamplemousses une fois par semaine et j’ai eu le plaisir de boire un Schweppes la semaine dernière. J’ai oublié de demander ce qu’il en était de la confiture aux agrumes, celle que je fais ou celle que j’achète… Trop tard ! Je suis en réponse complète stringente ; ma consommation n’a donc pas été dommageable. Ouf !
Quant au curcuma… L’avis de l’Anses concerne les compléments alimentaires mais, comme on ne sait jamais quelle dose est acceptable… Mon estomac reste de toute façon très fragile et je fais confiance à mon corps pour me dire si j’ai le droit ou pas de manger un curry. Cela lui arrive d’en avoir envie. J’obéis.