Archives mensuelles : décembre 2012

Réclamation @33

Les réclamations, cela ne marche pas à tous les coups !
J’ai voulu faire une surprise à Isabelle et, le jour de la livraison, le colis n’y était pas. J’ai écrit ce courrier au magasin de VPC.

    « Bonjour,
    « J’ai offert un petit cadeau à une amie actuellement en convalescence. Il devait être livré à son relais colis hier à 16 heures. J’avais pris soin de pouvoir l’accompagner eu égard à son état de santé. À 16 h 40, le colis n’y était pas (aucune livraison le matin nous a-t-on dit) et, de retour chez moi, je trouve un mail expédié à 18 h 13 m’indiquant le colis livré.
    « Je suis très contrariée par ce retard qui ne m’a pas été signalé, ce d’autant que je ne pourrai retourner aider cette amie qui ne peut rien porter avant vendredi. Pour 5,90 euros [Les frais de port NDCy] j’aurais espéré au moins une bonne information et des excuses pour ce retard. Il n’en est rien. Bravo pour l’esprit… de Noël ?
    « Cordialement. »

L’argument tendancieux allait-il porter ?
Voici la réponse…

    « Vous me faites part de votre déception de ne pas avoir reçu votre colis à la date annoncée.
    « Je vous présente toutes mes excuses.
    « Il arrive, en période de forte activité, que certains colis n’arrivent pas dans les délais prévus.
    « Je vous ocnfirme (sic) que le colis est à votre disposition au point relais pendant 10 jours.
    « Merci de votre confiance et de votre patience. »

Et moi qui espérais le remboursement de mes frais de port… Foutue magie de Noël !

Grand homme @15

Karl MarxPour les fêtes de fin d’année, je reçois de mon employeur des chèques cadeaux, certains étant estampillés « Culture », car ils ne permettent que d’acheter des livres, des CD, des DVD, bref des « produits culturels ».
Je me suis demandé comment j’allais les dépenser et j’ai repensé à une bonne critique lue dans Regards. Il s’agit d’une bande dessinée présentant Le Capital de Marx, avec une approche considérée comme simple sans être simpliste.
Acheter une bédé avec des chèques cadeaux valables uniquement dans des grandes chaînes de vente, symboles des industries culturelles, rien de révolutionnaire, mais le pied de nez me fait plaisir et Cécyle en rigole encore !

Bééé @3

Dans mon jeune temps (ça commence très très mal !), une manifestation était l’occasion de se retrouver entre militants aguerris et occasionnels, notamment les jours précédents, pour choisir ensemble affiches et banderoles, répéter et imprimer les chants et slogans… On ricanait, on faisait de la surenchère, on buvait des coups, on mangeait des choses trop grasses et trop sucrées, on se rencontrait… on s’aimait… Autrement dit, on était acteurs de nos engagements, et on les partageait au-delà de la simple proximité de bitume.
Les temps changent et désormais, si vous voulez participer à une manif avec votre affichette à vous que vous avez faite, vous allez sur « Affiches pour tous ! » et hop ! Le tour est joué. Pas besoin de réfléchir. Pas besoin de partager. Vous êtes prêts à manifester.
Pas besoin de réfléchir ? Pas besoin de partager ? Quel dommage ! Heureusement, j’ai pu participer à l’atelier « pancartes et slogans » des « Croyants pour l’égalité » avec repas camerounais à la mission populaire évangélique la Maison verte une semaine avant la manif du 16 décembre dernier. Ouf ! Il reste quelques endroits où je me sens à mon âge !

Extravagance parisienne @2

Choisir comme titre « extravagance parisienne » n’est peut-être pas juste, car je ne sais pas si celui dont je vais parler est Parisien. C’est un trait d’humour noir, une façon de détourner la colère que j’ai ressentie à la lecture d’une lettre adressée par un homme hétérosexuel au président de la République, à la ministre de la Santé et au président de l’Établissement français du sang. Je ne critique pas en soi le fait d’adresser cette lettre, c’est sa stricte liberté. En revanche, j’ai été très choquée quand j’en ai eu connaissance, via un réseau social. En effet, cette lettre a été publiée sur un site communautaire homo dont une des fondatrices est le frère du signataire. La dimension publique m’insupporte.
Mais qu’y a-t-il donc dans cette lettre ?… C’est celle d’un donneur de sang régulier qui écrit qu’il va arrêter de donner son sang (là encore son droit le plus strict) tant que les homosexuels masculins seront officiellement exclus du don du sang.
Face aux réactions, il s’est défendu en précisant que c’est une décision purement individuelle de « grève » du don et qu’il pense bien que sa seule attitude n’aura pas d’incidence. Pourtant, il écrit : « J’espère que d’autres s’exprimeront dans le même sens. J’espère que pendant quelques semaines, l’état des stocks vous fera comprendre l’idiotie de votre attitude. »
La ministre de la Santé a annoncé il y a quelques jours qu’elle confirmait l’exclusion des homosexuels masculins du don du sang. C’est contraire à une promesse de campagne de l’actuel président de la République (et hop, encore une qui passe à la trappe). Cette décision est prise en fonction de considérations statistiques quant aux risques de prévalence du VIH et de contamination.
Ce n’est pas purement de l’homophobie, car être lesbienne n’exclut nullement du don, je peux le confirmer.
Qu’il faille ou non les homosexuels masculins du don est un vrai sujet de débat, voire combat, là n’est pas la question.
Ce que je ne peux pas comprendre est la façon d’agir de cet homme. Il y a déjà, en Île-de-France notamment, des besoins non satisfaits. Les personnels hospitaliers se débrouillent comme ils peuvent avec un système de transports des produits sanguins selon les stocks et les besoins. Déjà, peu de personnes donnent régulièrement, aller dans le sens d’en donner moins m’atterre. C’est surtout le manque d’imagination des associations et des journalistes pour défendre « une cause ». J’ai réagi sur le réseau social après quelques minutes de réflexion « Une idée comme ça : mener une action où des gays vont dans les centres de EFS un même jour (ou sur une semaine) et envoient une carte postale avec un même texte au ministère de la Santé ou au Premier ministre pour montrer la masse des dons refusés ? Voir visuellement la quantifier avec du faux sang (cf. les actions d’Act-Up), quantifier la masse des besoins et la masse des refus de x façons sur des sites pour faire parler, etc. Je me dis qu’il y a sans doute des militants et des journalistes qui ont accès à des connaissances des besoins dans ce domaine, des idées et des réseaux pour monter médiatiser une action qui pourrait faire bouger… » Une fois de plus, c’est pathétique.
J’espère qu’il n’y aura pas de baisse des stocks et qu’il n’y en aura pas besoin pour que cet homme se rende compte de « l’idiotie » de son attitude…

Bééé @2

« Nick Cannon donne les détails de sa vie sexuelle avec Mariah Carrey » titre Metro du 14 décembre 2012. Quelle horreur !! Ben oui, c’est dégueulasse de la part de… Nick Cannon ? J’ignore de qui il s’agit. Mariah Carrey… le nom me dit quelque chose mais… ?
Passons. En croisant ce titre, ma première réaction est de me dire, « Il dit ce qu’il veut mais Metro n’est pas obligé de faire une actu avec ! » Car finalement, qui des deux est le plus coupable ? Ce garçon qui règle ses comptes ou ce gratuit qui reprend ses propos pour remplir un bon quart de page ?
Metro va-t-il faire son mea culpa ? Je lis l’article en diagonale. Il ne manque pas de détails « croustillants » à grand renfort de citations, sans l’ombre d’un remords à publier ce dégueulis de star. Beurk !

Noël @15

C’est Noël ! Vous voulez des preuves ?
Ce samedi 22, une dame avait plein de sacs qui m’arrivaient sur les pieds dans le métro avec le logo « Pharmacie Monge » : copieuse !!!
En rentrant chez moi, dans la cour de la cité en face de chez moi, je vois de grandes tentes… Y a de la fête dans l’air… D’ailleurs, mes voisins fêtent ! Elle à son mari : « Ta gueule, tu me fais vraiment chier, etc. » Bon, c’est triché, car contrairement à d’autres voisins qui se manifestent rarement, chez eux, c’est Noël toutes les semaines.
Le café d’en face fête aussi Noël : avec une échelle verte (ce doit être celle du gars qui repeint régulièrement son vélo entièrement en vert), des gars du café ont installé des guirlandes dans l’arbre juste devant avec un chapeau de père Noël doré tout en haut.
En regardant mon ordinateur, voilà que je m’aperçois que j’ai encore fait une commande sur un site Internet sans m’en rendre compte. Bon, c’est juste que Cécyle a mes codes d’accès et le droit d’effectuer des commandes, dont elle me vire le montant exact dans la foulée (souvent, son virement arrive sur mon compte avant le prélèvement du paiement).
Vous voulez encore une preuve ? Je suis sortie sur le balcon et le paillasson n’a pas bougé d’un poil quand je suis rentrée, j’ai même pu m’essuyer les pieds sans qu’il moufte.
Pas de doute, c’est la magie de Noël !

Noël @14

C'est Petit sapin !Cécyle et moi avons cédé au rituel des cadeaux en décembre. Si, si, il faut vous l’avouer, après toutes nos défenses de céder au grand capital qui veut nous faire consommer, blabla…
Il est important aussi de préciser, pour être honnête jusqu’au bout, que c’est moi qui ai commencé. C’est donc ma faute. Tout ceci parce que j’avais donné à Cécyle un nettoyant pour le nez au soufre que je n’utilisais pas. Elle a adoré ! Je lui ai donc acheté et emballé dans un papier cadeau un autre truc pour se noyer le nez avec du soufre, pas tout à fait le même, mais il n’y avait pas. Patatras, ce n’était pas vraiment comme elle aimait. Je suis donc allée dans une autre pharmacie pour trouver le même que le premier. Hop ! Un autre cadeau.
Bon, ce n’est pas une surprise, je suis d’accord.
Cécyle m’a fait un vrai cadeau-surprise, qu’elle m’avait commandé via un site de VPC. C’était une vraie surprise, car si elle ne m’avait pas dit que je devais la recevoir, je ne l’aurais jamais su. Mais, ça, c’est un autre billet de Cécyle, à venir. L’important est ce qu’il y a dans le paquet. Je vous sens impatient de savoir à quoi elle a cédé dans une pure pulsion d’achat ! C’est long et souple… Hum, je vous sens accroché. C’est aussi un peu poisseux. Ah !!… Mais, bon, sur ce terrain glissant, je ne suis pas sûre que vous soyez sur la bonne piste. D’ailleurs, j’avais cherché sans arriver à trouver ce qu’elle avait jugé pouvoir me combler.
Allez, voilà, je balance : c’est un tapis antidérapant pour coller sous le paillasson à l’intérieur de chez moi, à la porte du balcon. Elle m’avait vue y effectuer une petite glissade avec mon genou fragile, ce qui m’avait obligée à me flanquer un sac de petits pois surgelés pendant un bon moment afin de calmer une nouvelle douleur (vraiment toute nouvelle, à l’opposé de là où j’ai mal d’habitude !)
Je ne peux pas vous cacher que j’étais sortie pour récupérer une soucoupe pour poser un cadeau qu’elle venait de m’apporter : un petit sapin de Noël.
Ah ! quand même, vous voilà soulagés, un peu de magie de Noël, quand même…

Pucer @13

Un chroniqueur du Magazine de la santé (France 5) du 11 décembre dernier a évoqué les nouvelles règles en matière de transmission numérique de données médicales entre professionnels de santé. L’idée est de faciliter cette communication, pour des soins plus efficaces. Bonne idée ?
L’objection qui lui a été faite était centrée sur la confidentialité de ces données. Il a donc passé cinq minutes à expliquer que les données étaient protégées et que des sanctions étaient possibles. Je n’en doute pas. Par contre, à aucun moment ne lui a été posée la question de l’éviction du patient dans la communication numérique entre professionnels de santé.
Bien sûr, le téléphone existe déjà et j’ignore ce que mon kiné peut dire à mon généraliste. Mais leur communication passe aussi par écrit : un descriptif des symptômes d’un côté ; un bilan de l’autre. Le courrier m’est remis. Il est en général scellé. Et je le décachette, considérant qu’il est de mon droit de savoir ce qu’il se dit. L’un de mes spécialistes, par exemple, dicte ses comptes rendus devant son patient. Il s’arrête pour vérifier que l’on comprend. Et ma confiance en lui est pour le coup totale.
Mais dans le cas de transfert de données numériques directes, ou via un « dossier médical », va-t-on m’en envoyer une copie ? L’un des grands pouvoirs des médecins tient à ce savoir qu’ils ont (ou n’ont pas) et dissimulent souvent derrière un discours abscons. Beaucoup défendent l’idée que le patient ne comprend pas grand-chose — ce qui est vrai — et en réduisent d’autant leur information. Je crains fort que le passage à la communication numérique n’exclue un peu plus le patient : celui qui n’a pas de connexion, celui qui ne comprend pas, celui qui ne sait pas que cette communication existe ; si tant est, bien sûr, qu’il ait accès à ces données.
L’avenir nous dira ce qu’il en est.

Pauvres enfants ! @15

Dans les débats sur la famille, je note qu’il n’est jamais question d’un sujet qui a pris de l’ampleur depuis quelques années : l’idée de la difficulté à « être parent » (et pas seulement géniteur).
Des « Écoles des parents » à la notion de « fonction parentale », il s’est diffusé l’idée qu’il n’est pas forcément inné « d’être parent ». Un truc du genre « On ne nait pas parent, on le devient », pas seulement quand on donne naissance biologiquement à un enfant, mais en apprenant à éduquer.
Ces idées sont relayées par des collectivités territoriales prenant le relais des incontournables cadeaux de naissance d’un premier enfant comme le fameux J’attends un enfant. Ainsi en est-il quand s’organisent des conférences sur la « fonction parentale », comme récemment par exemple à Vincennes, ou le « soutien à la parentalité » pour reprendre le sous-titre d’un rapport du Centre d’analyse stratégique (institution d’expertise et d’aide à la décision placée auprès du Premier ministre) récemment publié à La documentation française.
Plus encore, dans les polémiques sur les souhaits de certains hommes politiques de condamner les parents pour les infractions de leurs enfants au titre de leur responsabilité délictuelle, voire en suspendant le versement des allocations familiales, le thème des parents dépassés par la façon dont évoluent leurs rejetons a fait florès.
La conclusion logique est qu’il y a des personnes qui « sont capables » d’être parents et d’autres qui ne le sont pas. Pour protéger les enfants, voire la société dans son ensemble, il convient donc de distinguer la filiation biologique de la capacité à éduquer. Le projet de loi de réforme du Code civil pourrait être de distinguer mère et père au sens biologique, sans faire disparaitre ces notions, de « parent par fonction », chacun ayant équitablement la même autorité parentale, plus seulement « déléguée » pour les décisions relevant de l’éducation de l’enfant. Il ne s’agirait pas de singer le duo biologique en permettant qu’il y ait plusieurs parents par fonctions, appelés simplement chacun « parent » sans chercher à les numéroter. Pour Cécyle, il conviendrait même de regrouper les ayant fonction de parents d’un même enfant dans le Conseil de famille, entité légale utilisée dans certains cas.
Par exemple, Plaidounet aura à sa naissance pour mère Cécyle, mais je serai ayant fonction de parent et nous formerions un Conseil de famille. Petit Mouton, son grand-frère, serait ravi !
Un parent par fonction aurait autant d’autorité parentale qu’un parent biologique, qu’il soit déclaré par le ou les parents biologiques ou désigné par un juge. Ce même juge, pourrait décider, comme actuellement, de déchoir un parent biologique dans l’intérêt de l’enfant dans certains cas.
Loin d’être anecdotique, cette solution permettrait de régler bien des situations en dehors des choix affectifs et sexuels des parents.

Bigleuse @24

À propos d’albinisme, j’ai été effarée, dimanche dernier, de constater lors d’une réunion parisienne de Genespoir combien le corps médical ignore tout de cette maladie. Car comme à chacune de nos réunions, une jeune maman, à chaque fois une nouvelle, est venue nous faire le récit des inepties que des médecins lui ont servies : dix-huit mois pour un diagnostic ; un ophtalmo qui prédit son enfant aveugle ; une dermato qui interdit de descendre au sud de la Loire et proscrit toute sortie par beau temps…
Alors, je vous en conjure ! Quand vous allez chez le médecin, n’importe lequel, trouvez l’occasion de lui dire que les albinos sont certes amblyopes mais jamais aveugles, et qu’il est possible de vivre normalement même au soleil du midi ! Je sais, ce n’est pas très facile à caser dans une conversation ! Allez ! Faites-moi plaisir… Car si vous aviez entendu cette maman, et si vous aviez vu son sourire à l’annonce que son enfant pourrait même faire du tricot, je vous promets que vous auriez été, avec moi, en colère d’abord, et très émus ensuite.