Archives mensuelles : novembre 2012

Voiture @3

Permis de conduireUn de mes neveux vit en Suisse et suit une formation pour obtenir son permis de conduire. Il a déjà loupé deux fois l’examen de conduite et s’inquiète de la suite. En effet, s’il le rate une troisième fois, il devra passer un test psychotechnique incluant un entretien avec un psychologue afin d’être autorisé à retenter l’examen. Il y a une graduation des conséquences jusqu’à cinq échecs.
Je me suis du coup demandé s’il y avait de tels tests psychotechniques en France ? Eh oui… en cas de permis annulé, décision qui ne peut être prise que par un juge ou un préfet pour des motifs bien définis. Mais que font les psychologues ? Il y a pourtant là un vrai créneau !

Résistance @4

François HollandeLe « mariage pour tous » et la revendication de la « clause de conscience » par certains maires de France (36.000 communes, ça peut faire beaucoup de grandes gueules même si la fonction connaît une « crise des vocations », à l’instar de… passons) pourraient avoir un dénouement heureux. Je ne parle bien sûr pas de la volte-face de notre président, qui semble n’avoir intégré de la cause LGBT que l’idée de naviguer à voile et vapeur selon le sens du vent. Je remarque au contraire que nos bons maires « réfractaires » sont en train de réhabiliter, mine de rien, et sans le dire (ils n’ont pas les mots pour, question de culture politique), la désobéissance civile comme mode d’action politique.
Alors, bien sûr, le mobile ne me convient guère, mais la méthode ! Ô belle méthode : désobéir à la loi pour un mobile politique revendiqué. La définition est courte mais c’est bien de cela dont il s’agit. À leur suite, on pourrait proclamer l’heure de la désobéissance venue et penser nos actions sous cette forme. On nous refuse l’égalité des droits ? Très bien. Tous les couples mariés refusent les réductions fiscales qui leur sont accordées au titre du mariage et les redistribuent aux célibataires de tous les sexes et toutes les orientations sexuelles au cri de « Gardarem lou célibat ! ». D’accord ?

Hétéronomie @2

Regards, numéro 25À la suite de…
De Rousseau à nos jours
« C’est, sous des formes toujours changeantes, le vieux dilemme de la réforme et de la révolution. L’autre pôle, qui se surajoute au premier, sépare la recherche de l’auto-organisation et la tentation du recours à l’État, on aurait dit naguère de l’étatisme et de l’autogestion. Adaptation ou subversion d’un côté ; autonomie ou hétéronomie de l’autre… »
Critique de Roger Martelli dans Regards, magazine en ligne, n°25, octobre 2012, de Jacques Julliard, Les gauches françaises. 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire, Flammarion, 2012.

Bigleuse @21

Je me suis acheté une bouilloire « premier prix », 9,90 euros. Après quelques mois d’utilisation, elle s’est mise à ne plus s’arrêter quand l’eau était chaude… Je l’ai rapportée au SAV, ai obtenu sans difficulté son remplacement, et ai décidé d’investir dans une bouilloire en laquelle j’aurais confiance.
Je me suis alors fait un peu embobiner par la vendeuse en toute connaissance de cause. Il m’arrive parfois de faire mes achats sans avoir comparé les prix et les modèles et de succomber à l’envie d’avoir tout de suite l’objet désiré quitte à le payer plus cher et à faire confiance à un vendeur… Je sais ; ce n’est pas bien. Et je vous sens déçus de constater que je ne suis pas tout le temps exemplaire.
Passons.
Ma nouvelle bouilloire valait 44,90 euros. Pour le prix, elle est magnifique et semble fiable. Par acquit de conscience (il m’en restait un peu !), je lis la doc : « Avertissements. Cet appareil n’est pas prévu pour être utilisé par des personnes (y compris les enfants) dont les capacités physiques, sensorielles ou mentales sont réduites (…) » Bigre !! Ne vais-je donc pas pouvoir utiliser cette bouilloire et devoir la rapporter au SAV pour défaut d’information ? Je continue « (…) sauf si elles ont pu bénéficier par une personne responsable de leur sécurité d’une surveillance ou d’instructions préalables à l’utilisation de l’appareil. » Ouf ! Me voilà sauve, si bien sûr Isabelle a la bonté de venir me donner les « instructions préalables » ou s’il y a une candidate à ma surveillance.
Attention ! Je suis rebelle. Et je me suis d’ailleurs légèrement brûlée en voulant tester la chaleur extérieure de la bouilloire ! Cela ne s’invente pas.

Métro @9

Métro, boulot, dodoAvec l’attirail attelle et béquilles, prendre les transports en commun est une vraie gageure. J’ai été contrainte de me déplacer pour le travail, les rendez-vous médicaux, etc. C’est épuisant.
Beaucoup de personnes m’ont conseillé de prendre le bus plutôt que le métro et ses nombreux escaliers. C’est vrai que les nombreuses marches rendent les parcours compliqués. Toutefois, le bus n’est pas si simple.
Dans le métro comme dans le bus, la plupart des personnes réagissent gentiment en me faisant de la place, voire en me cédant une place, etc. Une seule fois, je me suis retrouvée dans un autobus bondé que j’ai dû traverser pour trouver une place, un vrai périple.
Le gros souci reste cependant de pouvoir caser ma jambe raide en étant assise dans le bus, car de nombreuses places ne le permettent pas facilement. Il faut se mettre de travers, quitte à avoir un peu mal au dos, ou laisser le pied dépasser en redoublant de vigilance pour éviter une bousculade.
Cette – longue – expérience ne peut que me réjouir de pouvoir retrouver l’usage « normal » de mon genou prochainement, tant il est compliqué de se déplacer avec un handicap léger. De quoi apprécier d’autant plus les capacités de mobilité.

Pédé ! @6

Une amie déjiste, très croyante, évoquait l’autre jour sa difficulté à affronter dans sa paroisse et dans des débats auxquels elle est invitée, les clichés et l’homophobie qui sous-tendent le discours « antimariage » de certains responsables catholiques. Elle saturait et a écrit : « Ça fait peur et ça fait mal, quand ça se passe « à la maison » »
Et c’est vrai que les arguments contre ce à quoi l’on croit au plus profond de soi sont toujours plus douloureux quand ils arrivent jusque « chez nous ». Ainsi, quand Civitas a violenté le Piss Christ d’Andres Serrano à Avignon ou tenté de perturber les représentations de Golgotha Picnic, j’ai agi en militante de l’Obervatoire de la liberté de création, avec sérénité. Mais quand j’ai trouvé un tract de Civitas dans ma boîte aux lettres il y a quelques jours, alors là ! Cela m’a autrement fait c… Non, je ne le dis pas comme ça. Quoique, si. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Ils sont venus jusque chez moi et d’un coup, je me suis sentie personnellement attaquée.

Mariage @16

François Hollande Je lis dans la presse les propos du président de la République : « La loi s’applique pour tous dans le respect néanmoins de la liberté de conscience » à propos de la possibilité pour les maires de déléguer la célébration d’un mariage à un de leurs adjoints quand ils le souhaitent (notamment quand ils ne sont pas disponibles !) Cette liberté est évoquée pour le mariage de couple d’homosexuels. Même, François Hollande va plus loin : « Les maires sont des représentants de l’État et ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer. Mais des possibilités de délégation [d’un maire à ses adjoints NDLR] existent, elles peuvent être élargies. » (cf. Libération, 20 novembre 2012).
Petit exercice : remplaçons homosexuels par Noirs, musulmans, juifs, Asiatiques, Maghrébins… Qu’entends-je ? C’est du racisme ? De la discrimination ? C’est une justification qui repose sur une différence des individus et il n’est pas acceptable de considérer que la loi puisse être appliquée dans des conditions différentes selon le bon vouloir individuel d’un maire : les uns mariés par le maire, les autres mariés par un adjoint pour les seules raisons de ce qu’ils sont. N’est-ce pas légitimer des pratiques que nous combattons ? Certains se sont battus pour que les Pacs donnent lieu à une célébration dans la salle des mariages, ils vont y aller… sans le maire s’il ne supporte pas l’idée de voir des homos dans cette salle, pardon, il en aura la « liberté de conscience… »

Lesbienne @6

L’invisibilité lesbienne, dans la société comme au sein de la communauté homosexuelle, n’est pas à démontrer. Mais depuis quelques semaines, mes Alertes Google et autres recherches pour la revue de presse de Media-g.net me donnent chaque jour quelques ressources sur « lesbien », « lesbienne ». Enfin, on nous voit ?
Hormis l’élection aux USA de la première sénatrice « ouvertement lesbienne » (un article recensé), il est systématiquement question de PMA et d’homoparentalité. On n’est pas décidément pas sorties de l’auberge (entendre de la maternité) !

Réclamation @32

Hic !J’ai raconté un souci lors d’une livraison dans un billet précédent. Il y a une suite, car le lendemain, au moment où j’ai voulu ouvrir le pack livré après avoir été oublié, je me suis aperçue que ce n’était pas la boisson que j’avais commandée. Je dois dire que j’aime particulièrement les sodas allégés. Or, au lieu d’un pack d’un de ces produits, je me retrouvais avec la version « normale », donc plus sucrée.
J’appelle donc le magasin et explique la situation. Une employée me répond qu’il conviendrait que je rapporte le pack pour un échange. J’explique que j’ai demandé une livraison justement parce que j’ai des béquilles. Elle s’enquiert : n’y a-t-il personne qui pourrait le faire pour moi (ami, voisin…) ? Non, même si ce n’est pas aussi intime que de prendre la température, il n’y aura personne qui pourra le faire le jour même, peut-être un prochain jour, mais ce n’est pas sûr.
Mon interlocutrice me demande alors des informations inscrites sur mon ticket de caisse et m’informe que le service livraison me recontactera dans l’après-midi.
Un peu plus tard, c’est en fait elle qui me rappelle. Elle a voulu comprendre ce qui s’était passé et a fait des recherches. Avec une grande gentillesse et en me remerciant plusieurs fois de prendre comme je le fais cette mésaventure, elle m’informe qu’elle demandera à un livreur de faire l’échange.
Quelques heures après, c’est bien le cas. Un homme très gentil — qui n’était pas dans le groupe des employés de la veille — fait le nécessaire tout en me demandant ce qu’il y a de différent entre les deux packs.
J’ai eu la très nette impression que de rester calme et réclamer sans le clamer a été fort apprécié.

Métro @8

Métro, boulot, dodoDans son billet « Juger @3 », Isabelle fait référence à un prisonnier qui ne veut pas sortir de sa prison… Et nous, voulons-nous sortir de nos enfermements ? Je ne vais pas réécrire la Servitude volontaire (que je ne crois pas d’ailleurs avoir lue) mais étendre la question au pourquoi restons-nous enfermés dans des schémas, des attitudes qui nous pourrissent très concrètement la vie.
Lundi matin, je vais au judo. Ce lundi-là, je pars tard. Dès Gaïté, la rame est blindée. Pourtant, je suis montée dans la voiture de tête, car j’ai remarqué que sur la 13, les sorties et correspondances des stations importantes sont toutes en queue. Pour voyager dans de meilleures conditions, je décide de prendre la 12 à Montparnasse, quitte à perdre cinq minutes avec cette correspondance supplémentaire. En remontant le quai pour rejoindre ma correspondance, je remarque, comme à chaque fois, que les voyageurs sont agglutinés devant les entrées de la dernière voiture, un peu devant l’avant-dernière, mais jamais plus loin sur le quai.
La rame part avant que j’aie pu rejoindre l’escalier mécanique tant la masse de gens est compacte ; la plupart n’ont pas pu monter, alors qu’en tête, il restait encore un peu d’espace libre… Mais pourquoi tous ces gens restent-ils là, sachant forcément qu’ils ne monteront pas et que s’ils montent, leurs conditions de transport seront abominables ? Ils n’ont peut-être pas le choix de voyager à cette heure précise (quoique, certains le pourraient sans doute ?) mais au moins, ils pourraient aller là où il y a moins de monde.
Et ils pourraient aussi tout casser ! Dans la même journée, sur cinq trajets en métro j’ai eu droit à cette rame archibondée, un « malaise voyageur » qui a « perturbé » (j’ai opté pour un plan B au bout de 20 minutes d’attente) la circulation sur la 10 « dans les deux sens » (trop fort, le voyageur !), un signal s’alarme plus tard sur la 13, des arrêts pour régulation et une circulation ralentie « pour des problèmes de signalisation » sur la 6… J’utilise les transports pour mes activités sportives, associatives, et amicales. Mais si je les utilisais pour aller travailler, je crois que oui, je casserais tout !
Pourquoi personne ne se rebelle contre ces piètres conditions de transport qui sont à l’aune de la violence que l’organisation économique produit à l’encontre des travailleurs ? Je ne sais pas. Je ne comprends pas.