Archives mensuelles : janvier 2013

Thalasso-« thérapie » @8

J’ai dû faire, cet automne, pas mal de séances de kiné pour redonner à mon bras gauche du judoka toute sa vitalité. Mon kiné étant réfractaire à la carte Vitale, j’ai envoyé mes feuilles de soin papier à la Sécurité sociale. Il est en effet impossible à Paris désormais (et ailleurs ?) de déposer ses feuilles de soin papier dans le Centre le plus proche : il faut absolument les poster (ce qui augmente, de fait, la franchise).
Ce nouveau service nous a été « vendu » lors de sa mise en place sur fond d’efficacité, « Vous serez remboursé plus vite »… Je n’ai pourtant jamais bien vu la différence avec « avant » mais pourquoi pas… Ayant posté mes feuilles de soin mi-décembre, je me suis inquiétée mi-janvier de leur non-remboursement (il y en a pour près de 400 euros).
Voici la réponse que j’ai obtenue :

    « En réponse à votre demande du 22.01.2013 et après vérification, je vous informe que le paiement de vos feuilles de soins n’est pas effectué à ce jour.
    « Nos délais de traitement, pour ce type de feuille de soins, sont en moyenne de huit à dix semaines. Je vous invite, à patienter et à nous contacter à nouveau, si besoin, une fois ce délai de traitement écoulé. »

« Huit à dix semaines »… Ça fait deux mois, ça ? À ce stade, ce n’est plus de la rapidité, mais de la vélocité pure !

Colère @6

Dans le dernier numéro de Philosophie magazine, je lis le Questionnaire de Socrate variante du questionnaire de Proust inventée par le mensuel. Ce mois-ci, sous le titre de La bienfaisante, c’est Brigitte Fossey (qui sort un livre) qui est interrogée.
Il me semble faire référence à deux réponses que je vous cite avec les questions correspondantes :

    « — Le lieu qui se rapproche pour vous le plus de la cité idéale ?
    — Noisy-le-Grand. J’ai visité cette cité en rencontrant l’association ADT Quart Monde et je l’ai trouvée extrêmement épanouie. Les plus démunis pratiquent la musique, la peinture, la littérature, la poésie. Fantastique.
    (…)
    — Le combat dont vous être le plus fière ?
    — Le combat que je mène dans le secret. »

Ce texte m’a mise en colère. J’y lis une telle condescendance chez cette femme faisant son beurre d’une publicité détournée en posant sa vanité en bienveillance. Son évocation du « secret » donne l’impression que non contente de se mettre en avant avec des accents de dame patronnesse, elle se pose comme si elle ne voulait pas profiter de son bon cœur alors qu’elle étale ses « bonnes actions » quelques lignes plus haut. Je l’ai lu comme l’espoir que le télescopage permettra de déjouer sa fausse pudeur de bienfaitrice anonyme.
Quel mépris dans son discours. Au plus proche de la « cité idéale » selon elle, il ne semble pas nécessaire de remettre en cause la pauvreté. Non, l’essentiel est de s’extasier sur ce truc « fantastique ». Il est tellement incroyable que les « plus démunis » aient des activités culturelles. C’est fou, ce ne sont pas que des consommateurs de produits formatés de l’industrie culturelle, passivement vautrés devant leur télé. Il faut bien aller à Noisy-le-Grand pour constater que les plus démunis ne passent pas tout leur temps à grogner en reniflant, ou pousser des onomatopées, mais peuvent parler, voire lire et ont une sensibilité si épanouissante. Je ne sais pas comment ils « pratiquent la littérature », mais on sent bien l’ébahissement de l’actrice quant aux ressources de ces sauvages qu’elle découvre grâce à une association associant la proche banlieue parisienne au « Quart monde » et qui ont des activités si proches de celles que les gens civilisés peuvent avoir dans le 7e arrondissement.
Bienfaisante ? Je n’y aurais pas pensé.

Bonheur @7

J’ai une amie dont l’amie (vous me suivez ?) a adopté deux chatons en novembre dernier. Cette amie n’avait jamais eu de chats et découvre, avec un plaisir certain, les facéties et modes de vie de ces adorables petits minous (miaou ! Rrrrrr… !) Cette amie est aussi amie avec Isabelle, qui est allée visiter les chats (jusqu’en extrême banlieue !) et s’enquiert régulièrement de leurs découvertes.
Hier, elle a appris qu’un des chatons est monté sur le Tancarville sous l’œil ravi du second qui a profité du mouvement de balancier provoqué par le poids du chat pour jouer avec les chaussettes en mouvement… Et ce matin, voilà-t-y pas qu’il paraîtrait que Petit Mouton (en pension chez Isabelle le temps de sa convalescence) aurait voulu faire comme le chaton (photo à l’appui). Saura-t-il en descendre ? Suspens.
Et Isabelle (forcément) a envoyé cette photo à cette amie qui a des chatons. Celle-ci a répondu que « Junior, le frère de Caddie » avait tenté le même exercice et s’était cassé la figure… Et Ramboo, essaiera-t-il à son tour ? Autre suspens.
Par contre, ce qui est sûr, c’est combien j’aime la folie de mes amies ! Vraiment. Elles me font tant de bien ! Merci.

Bonheur @6

C’est un peu angoissant d’être opéré. J’avais un peu d’appréhension et Cécyle m’avait accompagnée à la clinique. Alors que je rangeais mes affaires, elle me dit « Tiens, il y a quelque chose de bizarre sur ton lit ! » Je me retourne et vois… Petit Mouton ! Si, si, Petit Mouton était sur l’oreiller.
Après avoir traversé une partie de la planète pour être accueilli par Cécyle, il avait traversé une partie de Paris et un bout de banlieue pour me tenir compagnie lors de mon séjour à la clinique.
Quelle surprise ! J’étais touchée. Touchée par la présence de Petit Mouton, par l’attention de Cécyle qui y avait pensé, avait mis Petit Mouton dans un sac à l’intérieur de sa besace, Duck, pour ne pas trahir sa présence, avait attendu le bon moment pour le déposer et par le sourire de Cécyle, celui qu’elle a quand elle est particulièrement émue et heureuse, avec une joie diffuse, une chaleur rayonnante, une intensité qui me touche toujours et me rend immédiatement émue et heureuse.
Petit Mouton a été « l’objet transitionnel » essentiel pendant ce séjour, le soir, la nuit, les jours sans visite, isolée dans une chambre avec vue sur la neige ralentissant toute la vie au dehors.
Merci Cécyle.

Manque @2

Je fais très attention à ce que je mange. Très peu de graisses. Des fruits et des légumes. Des protéines végétales plutôt qu’animales. Côté sucres, c’est plus dur à gérer… Mon besoin d’en manger est parfois compulsif, au moment du dessert, parce que c’est bon, parce que le sucre appelle le sucre, parce que… j’ai peur de mourir d’inanition ! Avec la graisse que je stocke autour du ventre, j’ai un peu de marge et pourtant, cette peur est réelle.
Mais qu’est-ce que cela veut dire « mourir d’inanition » ? L’expression n’est pas si courante et tellement ancrée en moi. J’ai demandé à maman si cela lui évoquait quelque chose : la guerre, bien sûr. Et l’après-guerre où l’on invitait les enfants à manger pour grandir, pour prendre des forces, manger des choses « nourrissantes » pour « ne pas mourir d’inanition ». La guerre, toujours et encore. Je suis pourtant née en 1963. La guerre, le rationnement, bien que je ne les aie pas directement vécus, étaient présents dans les esprits et je me souviens par exemple ma grand-mère nous faisant des escalopes à la crème et aux champignons où l’escalope prenait toute l’assiette là où j’aurais préféré plus de crème, et surtout plus de champignons.
Aurais-je peur du manque moi qui n’ai jamais manqué de rien (on parle nourriture, bien sûr) ? Il y a sans doute de ça même si, de plus en plus, j’arrive à ce que mon frigo soit vide et mes placards pas si pleins… Je veux comprendre, en tout cas, car je me rends compte qu’avoir faim n’est pas une sensation si désagréable et que si je perdais trois ou quatre kilos, je ne m’en porterais que mieux. Mais je dois me convaincre que je ne peux pas mourir d’inanition. Alors, je fais des expériences. Mardi dernier, j’ai dû déjeuner de bonne heure (12 heures 30) et je suis allée au judo à 19 heures. J’avais limité ma portion de pâtes à 50 g et mis que trois ingrédients dans mon dessert (une pomme, deux biscuits et deux carrés de chocolat). Et, ô ! surprise, à 20 heures, j’étais toujours en vie. Quel bonheur !

Course @24

Le 20 heures de TF1 du 13 janvier 2013 a consacré un reportage à la Grande Odyssée Savoie-Mont Blanc, une course de chiens de traîneaux qui dure 15 jours. On y apprend notamment, images à l’appui, que la santé des chiens est contrôlée par des vétérinaires, à chaque étape mais aussi durant les étapes ; il est dit qu’il est important qu’ils soient protégés et que le règlement est très strict sur la manière dont ils sont traités.
C’est bien, non ? Très bien. Je remarque néanmoins qu’il n’en est pas de même des mushers. Il est vrai que ce sont des personnes, capables de prendre soin d’elles… Et les coureurs du Tour de France ? Ce sont des personnes, aussi, même si l’on peut craindre qu’ils soient sous la pression de leurs entraîneurs, un peu comme les chiens de traîneaux, non ?
Ah ! J’oublie toujours que la société protectrice des animaux a été créée en 1845, trois ans avant l’abolition de l’esclavage… J’adore cet argument !

Bonheur @5

Évoquer auprès de Cécyle le souvenir du plaisir de déguster les truffes concoctées par ma sœur, c’était comme lui lancer un défi.
Cécyle s’est donc lancé dans un atelier truffes. L’après-midi de la confection, elle m’a envoyé une photo illustrant comment la cuisine avec amour permet de produire des merveilles. Il y a une assiette avec des truffes prêtes à être roulées dans la farine, non, pardon dans le cacao, tout en pouvant amener à crier « Oh ! caca » tant elles pourraient donner à croire que… mais, non, nous ne sommes pas coprophages !
Bref, une fois passée cette vision peu ragoûtante, on peut voir la grande boîte de cacao non sucré d’une grande marque de hard discount et la petite boîte d’une marque de magasins sis place de La Madeleine récupérée pour l’occasion.
J’ai reçu la petite boite enrubannée dans du bolduc, accompagnée d’une grosse boite plastique avec d’autres truffes. C’était très joli et surtout délicieusement bon. C’est clair, pour moi, c’est bien meilleur les truffes maison…

Mariage @19

La manifestation contre l’égalité des droits (ou plus exactement contre le mariage entre personnes de même sexe et la reconnaissance légale de l’homoparentalité) qui s’est déroulée le dimanche 13 janvier 2013 a donné lieu à une large couverture médiatique, et ce, en dépit de l’entrée en guerre de la France au Mali.
Sans surprise, « pro » et « anti » ont avancé toujours les mêmes arguments et la presse s’est régalée de trouver des « homos contre le mariage gay » et des « cathos pour le mariage homo ». Sans surprise également, il y a eu aux alentours de 500.000 manifestants dans les rues de Paris, peut-être un peu plus. Sans surprise encore, on a entendu beaucoup de propos difficiles à entendre pour nous, des homophobes disant clairement que l’homosexualité est une perversion, des tenants d’un ordre social réactionnaire expliquant que l’ordre des choses est dans cette famille qu’ils nous présentent comme « naturelle ». Sans surprise toujours, la droite et l’extrême droite se sont alliées aux institutions religieuses, notamment catholiques, pour défendre une société où la discrimination est légitime quand elle est fondée sur une différence considérée comme « normale ». Sans surprise… Et pourtant.
Combien ai-je pu lire de commentaires personnels ou plus institutionnels dénonçant cette presse qui se fait l’écho d’un mouvement de protestation qui rassemble plus de la moitié de la population française ? Combien ai-je pu lire de commentaires personnels ou plus institutionnels semblant découvrir l’existence dans notre pays d’un courant idéologique de droite suffisamment fort pour mobiliser sur l’un des fondements de sa théorie politique ? Combien ai-je pu lire de commentaires personnels ou plus institutionnels renonçant aux valeurs qui fondent notre démocratie en appelant à la censure, à l’interdiction de manifester voire à la violence physique parfois ?
J’en suis affligée. Et je me dois de vous dire quelque chose de difficile à entendre : oui, la droite réactionnaire existe dans notre pays ; et la droite, tous courants confondus, y est majoritaire même si parfois elle perd des élections. Eh oui, vous qui fêtez Noël et vous gavez de galette des Rois, vous ne pouvez plus ignorer que le catholicisme notamment est une force puissante dans notre pays, force qui gouverne jusqu’à votre goût pour la frangipane. Eh oui, les médias cherchent toujours l’info la plus spectaculaire, cette info que justement vous aimez lire tant les analyses économiques de Pascal Canfin (et de quelques autres) vous semblent si ennuyeuses…
Et moi, j’avoue. C’est cela qui me surprend, la surprise de celles et ceux qui semblaient croire que leur pensée et leurs revendications, parce que légitimes, étaient majoritaires. Avoir raison n’est jamais suffisant à l’action politique. Sinon pensez ! on l’aurait déjà faite, la révolution écologique.

 

Voiture @4

Les médias nous vantent les ressources des technologies et la révolution qu’elles induisent dans le rapport à l’espace : plans par satellites, géolocalisation… Nous sommes nombreux à avoir déjà utilisé des outils et logiciels pour préparer un itinéraire.
Les politiques nous vantent les mérites des petites entreprises et les enjeux de la compétitivité qui induisent des besoins d’investissement.
L’autre jour, nous étions un matin une centaine dans deux autocars pour nous rendre à une cérémonie religieuse d’adieux dans la grande banlieue parisienne. L’après-midi, nous étions une vingtaine dans un des deux cars pour nous rendre à la cérémonie d’hommages de la crémation.
Le matin, le trajet a commencé par un gymkhana incompréhensible pour simplement prendre la bonne direction. Arrivés à la bien petite ville où nous nous rendions, nous avons visité une cité d’habitation, l’autre bout de la ville, le centre-ville pour enfin pouvoir descendre des cars, quasiment à l’heure du début de la cérémonie, et devoir marcher plusieurs minutes afin d’être à l’église. Tout cela en rentrant et ressortant de la ville trois fois, avec la sollicitation de passants, le passage aller-retour par un petit pont charmant, pas franchement autorisés aux cars, la découverte qu’il n’y avait qu’un seul GPS, avec un programme de circulation pour voitures individuelles, pour les deux cars, dans celui de derrière, et qui n’a été branché qu’à la troisième entrée dans la ville.
On pourrait se dire que le chauffeur reprenant la route pour nous l’après-midi aurait mieux préparé sa mission. Il avait bien sorti sa carte, mais pour un trajet devant normalement passer par la porte de Bercy, nous avons emprunté à l’aller la sortie de Paris par porte de Pantin et effectué en une heure et quart ce qui dans les mêmes conditions de trafic devait prendre une demi-heure environ. C’est d’ailleurs seulement par la connaissance du secteur par des passages et grâce au GPS du portable de l’un d’eux que nous sommes arrivés à bon port, avec un quart d’heure de retard. Le retour nous a valu de passer par porte de Bagnolet pour sortir du périphérique par la porte d’Asnières…
Arguments des chauffeurs : « C’est pas notre faute si on n’est pas équipé. »
Pour une commande passée plus de trois jours avant et en sachant quelles étaient les raisons de ces déplacements, on peut être étonnés de ces détours aberrants, sans compter les litres de combustible brûlés inutilement et le temps de conduite rallongé.
Bref, si la fameuse reprise passe par certains, on n’est pas prêt d’y arriver. Il faudrait dire au kéké en marinière qu’il doit expliquer à certaines comment investir et être compétitives, car ils risquent de ne pas trouver eux-mêmes le chemin.