Brosse @42

Je porte les cheveux très courts. Isabelle me fait le plaisir (elle me sauve du coiffeur) de me les tondre régulièrement sous l’œil attendri des Mouton qui, eux, gardent toute leur laine, été comme hiver. J’ai racheté une tondeuse il y a quelques mois, la mienne tirant plus les cheveux qu’autre chose. Cet accès de modernité a gagné Isabelle il y a une quinzaine de jours : elle s’est enquise d’un peignoir de coiffeur et d’une cape de coupe.
Jusqu’à présent, nous utilisions une cape de marathon après avoir découpé la capuche. Ce n’était pas terrible et Isabelle a sacrifié un tee-shirt qui fait ramasse-cheveux, le plus compliqué, finalement, pour les coupes maison, étant la gestion de la matière coupée. Avec ces deux nouveaux accessoires, j’ai moins été inondée de cheveux, même si un rouleau de col crêpe manque encore à l’appel.
Je ne sais pas si c’est l’émotion, mais en cours de tonte, Isabelle a lâché la tondeuse. Elle a volé au milieu du salon. Elle l’a reprise et a continué sa coupe, se rendant compte un peu tard que le réglage avait changé sous le choc, passant de n°3 à n°1. C’est court ! J’avoue que j’aime beaucoup, je ne vois pas mes cheveux, juste un reflet. En quelques jours, ils sont redevenus doux au toucher.
J’ai remarqué pourtant que les réactions sont nombreuses, souvent sous forme de boutade. Une femme avec les cheveux ras, albinos qui plus est, cela se remarque et choque. J’ai aussi des compliments, comme hier soir en rentrant assez tard d’un voisin en train de picoler sous mes fenêtres. On a les fans que l’on peut !

Vérité syndicale @29

Je suis au supermarché. Pendant quelques jours, des bons d’achat ont été donnés aux clients permettant de bénéficier de 5 euros de crédit sur la carte de fidélité du magasin pour 30 euros d’achats. Il y a un délai limité et il faut acheter pour ce montant en une seule fois.
Quelques jours plus tard, j’entends un client parlant à un employé. Il est un peu agacé qu’il faille payer les 30 euros en une fois alors que ce pourrait être un montant atteint en plusieurs fois. Il répète sur un ton moqueur « Ils n’y ont pas pensé. » estimant que les responsables du magasin sont donc des idiots qui n’ont pas envisagé qu’il serait possible de prendre en compte un cumul d’achats. Il en est persuadé et on sent qu’il juge que c’est une bêtise commise par des sombres crétins.
Je ne suis pas intervenue pour lui dire que je pensais que ce n’était pas du tout par bêtise, mais bien par calcul. Ils y ont bien pensé et justement se sont arrangés pour que ce ne soit pas possible. C’est sans doute plus valorisant pour ce client de penser qu’il est plus malin que les responsables plutôt que d’envisager qu’ils sont bien plus malins en pensant que les clients sont assez idiots pour s’astreindre à dépenser 30 euros en une fois. Que le client se croit plus intelligent que les autres, c’est un des ressorts du commerce. Et ça marche.

Arc-en-ciel @15

Pendant mon court séjour à Berlin (trois nuits), j’ai beaucoup circulé en bus. Le deuxième jour, alors que le bus venait juste de fermer ses portes et était encore à l’arrêt, une femme toque à la porte côté chauffeur. Le bus part sans lui ouvrir. J’étais suffisamment près de cette porte pour constater que la femme laissée sur le carreau portait un voile. Coïncidence ?
Le lendemain, rebelote. Le bus est à son arrêt, la porte se ferme, s’ouvre, se referme, s’ouvre, se referme, s’ouvre enfin ; une femme et une jeune fille montent. La femme porte un voile. La prise de bec (en allemand) avec la machiniste (très blonde) est violente. La femme et la jeune fille vont s’asseoir au fond du bus. La machiniste éteint son moteur. On reste là cinq grosses minutes.
J’interroge maman. Elle m’explique que la femme portant le voile essayait d’ouvrir la porte avec le bouton ad hoc pendant que la machiniste s’énervait sur le bouton à sa disposition pour la fermer. À l’évidence, la machiniste ne souhaitait pas que cette femme monte dans son bus. Elle a fort heureusement perdu la partie mais semblait trop ébranlée pour repartir tout de suite. Aucun passager n’est intervenu. Maman m’a assuré avoir fait les très gros yeux à la machiniste. Je n’en doute pas.
Deux jours. Deux incidents racistes. Ça fait beaucoup, non, pour un pays qui se targue d’accueillir à bras ouverts les réfugiés ? Je n’en ai jamais constaté avec une telle fréquence à Paris. Mais, qui sait ? La France est aussi un pays raciste, je n’ai aucun doute là-dessus.

Chouette ! @39

Email en anglais prétextant une convocation à la Police pour tenter de soutirer de l'argent au destinataire.Brume sur Paris juste avant l’aube. Ruelles sombres et désertes à l’heure où les . . .

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Vroum @23

France infoLa veille du week-end de Pentecôte, France TV Info aborde la question de l’affluence sur les routes, avec cette annonce : « Ce week-end sur les routes, soyez prudents. Renforcement des contrôles routiers. » Je l’ai entendu une fois, surprise ; convaincue . . .

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Bigleuse @105

Samedi 15 juin 2019, je suis passée place de la République voir ce qu’il en était de la Nuit du handicap après que Isabelle m’ait envoyé une affiche. J’étais confiante. J’imaginais . . .

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Bééé @17

– On a une nouv*eeeeeeeee*lle copa*iiiiiii*ne. – Elle est graaaaaande, foooooorte et touuuuuuute poiluuuuuue. – Yep et super chouette, la cop’ Nénette ! – D’aille*uuuuuuuuuuuu*rs, Isabelle et . . .

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Délice @8

Je suis allée, début juin, passer quatre jours à Berlin. Je voulais y aller en train de nuit plutôt qu’en avion. La liaison ferroviaire directe n’existe plus. Il faut faire au . . .

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Bonheur @35

Il y a trois ans, j’ai acheté deux grandes plantes dans une échoppe du Marché aux fleurs. Au moment de partir, le tenancier m’offre un pot avec un petit fraisier . . .

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Savoir @18

Je suis sur la 11, assise sur un strapontin. À République, montent un jeune homme et une jeune femme. Ils restent debout devant moi. Lui parle vite et fort. Il est . . .

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