Décroissance @69

À l’occasion d’une réunion publique de Paris Centre en commun, il a été question de l’impact de notre alimentation sur l’environnement, et la nécessité de la faire évoluer. J’ai eu cette pensée blagueuse que j’ai partagée avec Frédéric : « Le riz complet est tellement meilleur qu’un steak grillé ! » C’est affaire de goût personnel, bien sûr, qui me semble poser une question qui va bien au-delà ds l’alimentation : pouvons-nous changer nos comportements si l’on n’y trouve pas plaisir ?
Il y a les méthodes totalitaires, bien sûr, et les cas de force majeure ; sans rien à manger depuis trois jours, je risque fort de me ruer sur du riz complet, une des rares céréales dont je ne suis pas fan et sans doute qu’alors j’y trouverai du plaisir. Mais, dans notre système d’opulence (je parle des pays occidentaux bien sûr), comment trouver du plaisir à manger une plâtrée de truc fade quand juste à côté grille un steak sur un barbecue ? Je sais, beaucoup de personnes ne trouvent aucun plaisir au steak grillé, et l’idée même leur donne la nausée. Mais celles-là, peut-être, n’ont aucun plaisir à marcher 3 km pour faire leurs courses dans un magasin bio et utilisent leur veille 2CV très polluante pour s’y rendre ?
Ce que je dis là est bourré de clichés, bien sûr, et je saurais gré à chacun de ne pas me faire un procès d’intention. L’idée est que ce qui est vertueux (quelle que soit la vertu visée) n’est pas forcément source de plaisir. Comment faire alors pour changer le monde ? Les pouvoirs publics sont sur ce point (quand ils agissent) assez adeptes du bâton (taxes et réglementation) au péril de la politique menée, très souvent. Mais quelle carotte proposer ? Et, a-t-on le temps que chacun y goûte et la trouve bonne face à l’urgence climatique ?
Je n’ai pas de réponse politique à ces questions ; pour une raison que j’ignore, je tire un grand plaisir à manger des invendus, composter, réduire drastiquement ma consommation d’eau, de gaz et d’électricité, dans une forme d’ascétisme de plus en plus prononcée. Je n’en ressens aucune souffrance, aucune frustration ; au contraire, j’en tire une grande fierté. Dois-je pour autant considérer que si cela est possible pour moi, c’est possible pour les autres ? Je ne crois pas. La seule chose qui pourrait me faire renoncer à l’idée que chaque personne est libre de ses choix, c’est la manière dont l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste conditionne chacun dans des choix au service de son seul profit.
Mais ne suis-je pas moi-même conditionnée par…
— Tu n’en sortiras pas !
Tu as raison, Caddie. Je vais me contenter de ma goutte d’eau. On verra bien si elle en croise d’autres.
— Comme les bulletins de vote ?
Oui, Caddie, les 15 et 22 mars prochain, votons ! On verra bien quelle vision du monde gagnera.

Villes @9

Le jeudi 30 janvier dernier avait lieu la troisième « Nuit de la Solidarité » à Paris. Le principe ? Parcourir les rues de la capitale pour comptabiliser les personnes qui allaient passer la nuit dans la rue sans aucune solution de logement et identifier leurs besoins les plus urgents, au-delà du logement bien sûr.
Selon une méthodologie bien établie, mon groupe de bénévoles a arpenté une zone délimitée du 3e arrondissement, près de chez moi.
Beaucoup de rencontres de personnes qui se trouvaient à la rue ce soir-là entre 22 heures et 1 h 30 du matin. Et dans tous les cas des échanges et des gestes qui resteront, comme ceux de l’an dernier (ici), gravés dans ma mémoire.
Evidemment, ce que j’ai pu ressentir est assez secondaire au regard de ce qu’ont exprimé ceux que nous avons croisés : parfois de la lassitude devant ces gens de bonnes volontés qui n’apportaient finalement rien de très concret mais toujours une envie de partager une expérience, une histoire, un geste, une place pour s’assoir sur leur lit de fortune. Bref un moment où pendant quelques minutes, quelques secondes, même une fraction de seconde nos conditions respectives étaient abolies. Un moment infiniment précieux.
Le décompte terminé, je suis rentré me coucher. 3 552 personnes ont, elles, dormi dans la rue (ici).

Décroissance @68

Le magazine Stratégie proposait un article le 29 janvier dernier « Développement durable et culture ; Va-t-on devoir arrêter les vidéos ? » L’article est payant mais le chapeau me suffit : « Face à la croissance pharaonique des vidéos en ligne, des questions se posent quant à la capacité de stockage et aux conséquences écologiques. » Il semble en effet évident à qui connaît (un peu) le fonctionnement d’Internet de considérer que les vidéos sont plus énergivores que le texte accompagné de quelques photos, ou même un simple fichier son.
J’entends déjà des dents grincer au vu de tout ce que je vois passer comme vidéos, notamment sur les réseaux sociaux, pour faire passer des infos qui méritent dix lignes de texte, voire rien du tout. Mais il semble que le pire ne soit pas là : les séries et films en streaming sont aussi en cause, une chose qui m’est encore plus étrangère que ce qui précède. Et que pensez de toutes ces personnes qui filment leur petit-déjeuner (ou autre chose) pour le partager à la terre le moment impérissable où la cuiller à soupe fond dans le bol de céréales trop grasses, trop salées, trop sucrée.
Les vidéos sont bien sûr utiles ; les courtes archives que diffuse l’INA sur Twitter, ou les prises en direct de violences policières et autres faits politiques et sociaux d’importance donnent matière à penser le monde, alerter, agir. Personne n’en doute. Reste tout ce que l’on regarde en continu sur son téléphone portable dans les transports ou du fond de sa baignoire à seule fin de se distraire. Quand je dis « on », c’est pour éviter « d’aucuns », un peu péjoratif. Il ne m’appartient pas de juger des distractions de chacun. Même quand il s’agit de gaspiller les richesses de la planète et participer activement à sa paupérisation ? Même… mais ça démange !

Pauvres enfants ! @33

En passant devant des grilles à Porte Maillot, je vois des panneaux publicitaires pour de nouvelles attractions « Wild immersion ». Il s’agit de film pour une . . .

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Extravagance parisienne @55

Depuis quelques semaines, je remplace le représentant bénévole du médiateur de la Ville de Paris dans un lieu un peu reculé du 15e arrondissement. Le métro le plus proche est . . .

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Souvenirs @17

Dimanche en fin d’après-midi, je vois passer dans mes alertes : « Le chanteur folk Graeme Allright est mort » (ici) Qui connaît encore Graeme Allright aujourd’hui ? . . .

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Pucer @40

Reprendre le métro après neuf semaines de grève, au-delà de la sensation de retrouver un vieil ami tout en me disant que . . .

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Cuisine @34

Salut, c’est Caddie. Je voulais faire un cadeau à ma ménagère albinos pour la Saint-Valentin, le « plan tendre » dont elle rêve. Ça lui ferait du bien d’être . . .

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Pauvres enfants ! @32

J’ai grandi avec des Playmobil. C’était mon jouet préféré. J’en avais des pompiers, des pirates, des cow-boys, des hussards… Avec mon frère, nous avons passé des heures à y jouer. Même . . .

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Couple @13

Je suis allée prendre un verre au 3W Kafé pour soutenir la commission lesbophobie de SOS Homophobie. À cette occasion, un jeu était . . .

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