Bééé @18

J’ai eu le privilège de rencontrer une grosse mitre (terme emprunté à Hugo) de la communication numérique, le genre Diafoirus (Molière, cette fois ; merci Frédéric) dont le discours m’a portée à quitter son bureau au bout de dix minutes, considérant que nos conceptions de la communication numérique et de son accessibilité n’étaient pas conciliables. Je ne vous en dis pas plus, j’ai une certaine obligation de réserve à respecter mais je voulais ce billet car ce rendez-vous m’amène à une réflexion sur le lien politique entre ce que l’on considère être la fonction d’un site Internet et le monde dans lequel on souhaite vivre. À toute chose, malheur est bon.
La version 1 de mon site Internet a été mise en ligne par une amie en 1998, à une époque où l’on se connectait avec des modems 56k et une vitesse de navigation qui ferait pleurer les internautes d’aujourd’hui. Les sites étaient très légers. Peu d’images. Quelques .gif animés pour faire joli. Des textes mis en forme a minima. Mais quel bonheur ! Internet ouvrait sur une quantité infinie d’informations.
À l’époque, les sites étaient fabriqués par des informaticiens qui écrivaient du code et mettaient les informations « en dur » : pas de bases de données ; le texte des articles était directement saisi au milieu du code HTML. Pour corriger une faute d’orthographe, il fallait faire les yeux doux à son webmasteur, seul capable d’accéder au code. Petit à petit, il a été possible d’intervenir directement grâce à des outils de plus en plus grand-public. Ça a été la folie ! Tout le monde avait sa page perso ou son site, moi le mien.
On ne se posait pas la question de l’accessibilité notamment visuelle ; les techniciens étaient aux manettes et leur objectif principal était de mettre de l’information à disposition, pas de produire des sites « vendeurs ». Quand les particuliers se sont emparés de l’Internet, cela s’est un peu dégradé, chacun y allant de sa mise en couleur plus ou moins lisible. Et plus la technique s’est développée (CMS, Flash, etc.), moins les sites ont été lisibles, les communicants prenant le pas sur les techniciens.
Sans rien maîtriser de la technique, ils se sont approprié Internet au profit des entreprises, des commerces et des administrations, rivalisant d’approches visuelles qui privilégient la forme sur le fond. Les pages perso ont disparu. Les blogues sont de plus en plus éphémères. Les informations sont désormais concentrées sur des sites commerciaux, médias ou administratifs où l’image (fixe ou animée) domine. Le but n’est plus d’informer ; il est de faire voir qu’on est le plus beau.
Juste un exemple, que je n’emprunte pas à la grosse mitre de l’autre jour mais à une autre, du même genre. Il avait été fait remarquer à un infographiste professionnel que les logos handicap sont bleus, pour des raisons de lisibilité démontrée. Sauf que lui les préférait verts sur sa maquette, le bleu tranchant avec sa vision du beau. Le beau était plus important que l’information et son accès.
À quoi sert un site Internet ? À donner des informations accessibles à tous, ou à être plus beau que les autres sites au péril de l’accessibilité ? N’est-ce pas finalement l’ordre du monde qui est ici résumé, un monde qui oppose le beau ou fonctionnel, parce qu’il ne s’agit pas d’esthétique mais de concours de grosses quéquettes ? Je suis persuadée que l’on peut faire un site répondant aux normes RGAA en proposant à tous une navigation agréable à partir du moment où l’on ne considère pas l’accessibilité à toutes les informations par tous comme une contrainte, mais comme un défi.
Cela requiert un peu de créativité et d’intelligence… Et ainsi va l’ordre du monde : ceux qui défendent le plus beau sont en fait dans la reproduction grégaire de ce monde qui les fait se croire beau (gratification contre service rendu à l’ordre) à défaut d’être créatifs et intelligents. C’est tellement plus facile d’être dans l’imitation d’un modèle que dans la création d’un autre monde, en l’espèce inclusif et respectueux des personnes.
Dois-je en conclure par cette question, montre-moi ton site et je te dirai qui tu es ? Voici le mien. Verdict ?

 

Savoir @21

Mon défi d’accéder à une grande école a échoué au niveau de l’admissibillité. Je suis déçue et frustrée de ne pas pouvoir défendre mon expérience et ma carrière à l’oral devant le jury. Pour autant, j’ai été soulagée d’avoir le résultat, car, quel qu’il soit, cela devenait pesant de l’attendre et la fin de l’incertitude était bienvenue. J’ai donc trié et rangé les documents mis de côté pour préparer les cinq oraux qui potentiellement m’attendaient.
J’aurai mes notes pour me permettre de mieux comprendre ce qui n’a pas marché. Pour autant, comme j’ai pu le dire à des amis, « J’ai aimé ce jury. » Ce jury qui a choisi les sujets des écrits a mis en avant la protection des données de connexion, l’égalité femmes-hommes, l’importance des corps intermédiaires dans la démocratie, la lutte contre la pauvreté, le prix de l’eau… Tous ces sujets à forte dimension sociale ont confirmé mes motivations en me lançant dans la préparation de ce concours pour défendre une politique attentive aux personnes, à leurs conditions de vie et à leurs libertés individuelles. Je ne le ferai pas comme énarque, mais je le ferai autrement, ailleurs.

Biodiversité @22

En attendant le bus (c’est rare mais ça m’arrive), j’ai vu cette publicité pour une entreprise de livraison de repas à domicile. Le texte : « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Un monde à refaire, Pas (sic) la vaisselle. » J’étais la veille et l’avant-veille place du Châtelet pour soutenir les activistes de Extinction Rébellion (je raconte ici) qui, sous une pluie battante, nous invitent à changer le monde en exigeant :

« La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet.
« La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée.
« L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
« La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable. »

Ils utilisent des toilettes sèches (j’ai testé !), trient leurs déchets (j’ai constaté) et sans doute plein d’autres choses comme toutes les personnes qui savent que changer le monde nécessite que nous engagions chacun une réflexion sur l’impact de nos consommations sur l’épuisement des ressources et l’exploitation des peuples. Et pendant ce temps, des je-ne-sais-quoi vont utiliser un service de livraison de repas à domicile par une société qui exploite les livreurs et souvent aussi les restaurants sur l’argument que ne pas faire la vaisselle (utiliser du jetable) laisse plus de temps pour changer le monde.
Deux jours plutôt, nous mangions dans un restovite avec Isabelle. Quatre de ces livreurs étaient là. Un venait chercher un donut. Oui, un seul donut commandé par Internet et livré à domicile. Les mots me manquent pour qualifier une telle attitude. Et cette question me vient : comment pouvons-nous faire converger les personnes qui se font livrer un donut et celles qui se font saucer place du Châtelet ? Je l’ignore, mais il le faudra pour que le monde change ne serait-ce que parce que aujourd’hui les premiers sont forcément plus nombreux que les seconds.

Rigolo @9

Anecdote du jour. Dans le cadre de mes activités professionnelles, je dispense des formations notamment par l’intermédiaire d’organismes. Depuis juin, je travaille beaucoup pour l’un d’eux ce qui est une . . .

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Extravagance parisienne @54

En plus de mes activités sportives, j’ai comme objectif de marcher au moins une heure par jour. Si j’ai des activités extérieures, c’est assez facile : je prends moins le métro, marchant . . .

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Pauvres chéris @9

Lors de mon séjour à Cambridge, j’avais opté pour un séjour dans une résidence liée à l’école où j’étais inscrite. Le jour de mon arrivée était également . . .

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Jardinage @24

Notre jardin partagé mange son pain noir. Notre présidente, pour des raisons personnelles, annonce qu’elle souhaite renoncer à son mandat depuis dix-huit mois maintenant. Lors d’une première assemblée générale en janvier . . .

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Hoax @13

Jeudi 3 octobre 2019, je suis devant le Journal télévisé de 13 heures de France 2. Je ne connais pas les audiences de ce journal télévisé mais j’ai de plus . . .

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Bigleuse @112

Suite à mes déboires lors d’une visite dans une bibliothèque (ici et ) et mon envoi à la direction des Affaires culturelles d’un . . .

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Savoir @20

J’avais décidé de m’inscrire en septembre pour une semaine à des cours d’anglais à Cambridge dans une « université », en l’occurrence une école privée. Il y a longtemps que je . . .

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