Nuage @6

La Vie en Hétéronomie aime bien les feuilletons. Celui qui émaille mon été parisien a commencé dans la joie avec ce billet. La joie n’a pas disparu (Caddie ne le permettrait pas !) mais un malotru a un peu gâché la fête. Voilà l’histoire telle que je l’ai écrite le 19 juillet à Isabelle afin de recueillir son avis.

« Tu sais que je vais plusieurs fois par semaine faire du sport au square W, à l’endroit où il y a les appareils de gym et un ponton en bois confortable pour des exercices. J’y ai croisé à plusieurs reprises un homme (pas jeune) qui y fait son sport en posant ses affaires sur le ponton et utilise l’installation d’assemblage de cordes dans l’espace enfants qui le jouxte. Cet homme arrive avec un appareil qui diffuse de la musique techno (je ne peux pas te dire quel genre). Cette musique m’a gênée plusieurs fois sans que je n’intervienne, ne voyant personne à proximité.
« Ce matin, des jardiniers étaient présents ; je leur avais signalé un appareil de gym cassé et dangereux ; ils étaient dessus pour le mettre hors service. L’homme est arrivé vers 8 heures 15. Il s’est installé à cinq mètres de moi (le ponton fait une trentaine de mètres). Il a allumé sa musique, certes pas fort, mais les basses étaient très audibles.
« J’ai interrompu mes exercices pour aller lui parler, lui demandant poliment s’il pouvait arrêter sa musique considérant que je souhaitais faire mon sport en silence. Il l’a tout de suite pris de haut, m’indiquant que l’espace est public et que si ça ne me plaît pas, je n’avais qu’à aller ailleurs. Le ton n’était pas aimable. J’ai insisté, arguant que c’est interdit d’écouter de la musique dans un square, ajoutant que s’il ne l’éteignait pas, j’allais prévenir les jardiniers. Il m’a invitée à le faire en rigolant.
« Je suis donc allée voir le jardinier toujours près de l’elliptique cassé. Il a très vite compris la situation, et est venu à contrecœur parler à cet homme, me faisant comprendre qu’il ne pouvait pas grand-chose. Ils se sont salués. Ils se connaissaient. Le jardinier lui a indiqué que sa musique me gênait, l’homme a rigolé, comme quoi « on ne peut pas satisfaire tout le monde » ; le jardinier n’a pas insisté bavardant d’autre chose avec lui.
« Je suis restée un petit quart d’heure encore. En partant, j’ai fait le tour du square pour retrouver le jardinier qui m’a affirmé qu’écouter de la musique dans un square n’est pas interdit et, je cite, que « tant qu’il n’y a pas d’agression, on ne peut rien faire ». Je lui ai demandé s’il me suggérait de mettre un coup de pied dans l’appareil diffusant de la musique afin que l’autre m’en colle une ? Il a ri. Je lui ai indiqué que s’il ne prévenait pas la DPSP, je le ferais. Cela l’a contrarié un peu. Il m’a répondu que c’était signalé au chef… Nous nous sommes quittés bons amis. Je l’ai senti avant tout impuissant et peu téméraire.
« En rentrant, j’ai regardé le règlement des parcs et jardins. Je lis.

« 10 – Bruit et nuisances sonores « Sont interdits les bruits gênants par leur intensité, leur durée, leur fréquence ou leur caractère agressif, en particulier ceux produits par les instruments de musique et de percussion et par la diffusion de musique amplifiée, sauf dérogation. »

« Il me semble qu’il y a « diffusion de musique amplifiée ».
« Cet homme, par son caractère même, dispose-t-il d’une « dérogation » ? »

Isabelle n’avait bien sûr pas la réponse à cette dernière question. Elle m’a par contre invitée à en parler aux inspecteurs de sécurité de la Ville que je vois patrouiller le matin dans le secteur. Je n’ai pas eu l’opportunité de le faire mais je les ai vus intervenir auprès de cet homme une dizaine de jours plus tard. La conversation (que je n’ai pas entendue) a un peu duré.
Et après ?
Les deux fois suivantes où j’étais là en même temps que cet homme, il faisait toujours sa gym en musique, mais plus fort !
Misère…

À table ! @43

La poulette au chocolat ?!Lors de mon séjour en Lozère puis en Ardèche, j’ai eu plusieurs fois un menu avec fromage. À deux reprises, j’ai vu arriver le plateau de fromages, sur ma table. Pas de service, c’était à moi de choisir et découper à ma guise les fromages souhaités.
J’avoue avoir été surprise de cette présentation pour moi assez inhabituelle. Parfois, il y avait les fromages de tous genres et de la faisselle sur le plateau, à choisir ou à prendre ensemble.
Outre la qualité de l’accueil et la prodigalité, la qualité des produits était aussi au rendez-vous. De quoi bien se restaurer après des heures de marche. De la générosité comme la fameuse cuisine de Cy Jung !

Entendu @24

Ce matin (7 août), j’ai été réveillée vers 5 heures 40 par une femme au téléphone en bas de chez moi.
— Il m’a violée, ça fait trois fois qu’il fait ça !
Le temps que j’émerge, elle dit cela plusieurs fois, comme si son interlocuteur (-cutrice ?) ne la croyait pas. Je m’assois dans mon lit, sonnée. Que faire ? Le silence se fait. Je m’interroge. Je n’ai aucun élément pour intervenir. Deux ou trois minutes passent. La voix de la femme.
— Pourquoi tu m’as fait ça ?
Une voix d’homme lui répond. Je ne comprends pas ce qu’il dit.
— Pourquoi tu m’as fait ça ? J’appelle la police.
5 h 41. J’attrape mon portable ; je fais le 17 qui décroche à la deuxième sonnerie. Une femme ; je me présente. J’ai du mal à parler. Ça me fait toujours ça quand je fais le 17. Et je ne suis pas vraiment réveillée.
— Je m’appelle Cécyle Jung, j’habite… dans le 14e. Mes fenêtres donnent sur le … Une femme parlait au téléphone, etc ; je ne l’ai pas vue, juste entendue ; je suis malvoyante.
L’agente que j’ai au bout du fil m’écoute, m’encourage quand ma voix se casse. Elle me dit de patienter, qu’elle va me passer le commissariat local. Je patiente vingt secondes, pas plus. Elle parle au policier en même temps qu’il m’interroge. Je répète l’histoire, que je n’ai rien vu, juste entendu ; je suis malvoyante. Il est pressé. Il n’écoute pas tout. L’agente du 17 n’est plus en ligne. Il parle parfois en même temps que moi pour répéter une partie de ce que je dis, notamment que « elle est malvoyante, malheureusement ». Il me dit qu’une équipe est en route ; je suis le deuxième appel ; un agent va me rappeler.
J’entends un talkie en bas. 5 h 47. Mon téléphone sonne. Un autre policier me demande exactement où je suis (ce que j’avais déjà dit deux fois) en m’indiquant qu’une équipe cherche les personnes. Je lui donne quelques précisions et, de nouveau, il me demande si je les ai vus.
— Je suis déficiente visuelle.
— Vous pouvez les décrire ?
— Juste les voix. Ce que j’ai entendu.
— Vous ne les avez pas vus ?
— Non monsieur, je ne vois pas.
— Ah ?
Vers 6 h 20, j’entends de grands bruits, comme quand on veut forcer une porte ; des bruits de verre ensuite, une fenêtre que l’on casse. Puis des bruits de voix. Le silence revient.
Il est 9 heures quand j’écris ce billet parce que j’en ai besoin pour faire passer l’émotion. Une voiture de police est toujours en bas. Je suppose que l’auteur et sa victime sont identifiés. Je n’en saurai pas plus. J’ai indiqué à la police que je suis prête à témoigner ; j’espère que cette femme portera plainte, qu’elle en aura les moyens. Elle avait une voix plutôt jeune. Une vie de bousillée. Je suis triste. Il faut beaucoup de force pour se tirer d’une situation pareille. J’espère que la police lui dira que deux voisins ont entendu sa plainte, qu’elle n’est pas seule.
Je veux remercier aussi police secours, cette femme qui m’a soutenue lors de mon appel, et les policiers du 14e arrondissement qui ont réagi si vite, et semble-t-il si bien. Je regrette juste qu’ils ne sachent pas plus que le reste de la population qu’un déficient visuel voit mal. Si je dois témoigner, j’essaierai de faire passer le message.

Note. En traversant le pont Notre-Dame, trois jours plus tard, je suis attirée par cette affichette bien protégée dans un plastique. Elle fait écho, sans doute, aux « cadenas d’amour » posés sur le pont par des amoureux qui pensent qu’aimer est enfermer l’autre. La synchronicité me trouble.

Note 2. En rentrant chez moi, j’apprends le nom de l’auteur présumé, un de mes voisins. La femme n’était pas dans la rue mais à une fenêtre en dessous de chez moi. Il va me falloir apprendre à mieux écouter.

Extravagance parisienne @42

Dans une rue pas loin de chez moi, se trouve un magasin dont j’abhorre le principe même. Son enseigne s’appelle « Une fois » avec ne sous-titre « L’art du jetable ». On . . .

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Apéro @14

Je marche beaucoup dans Paris. Qu’il fasse chaud ou non, j’ai très souvent de l’eau sur moi. La question de son transport quand je n’ai pas de sac (j’utilise beaucoup mes . . .

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Ailleurs @32

Dans le fameux gîte des chèvres, je suis arrivée alors qu’il faisait un peu frais en intérieur, surtout après la pluie. Mon hôte m’a invitée à faire . . .

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Écrivaine @36

Je travaille sur ma nouvelle en [e-criture] du mois d’août (ici). Ma phrase :

« Cela fait huit jours qu’elles sont installées à flanc de montagne avec rien d’autre à faire que se reposer, se . . .

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Voiture @19

Lors de ma grande randonnée de l’été, j’étais seule à un gîte dans une ferme. C’était celle où j’ai mangé la production des chèvres. J’étais . . .

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Ailleurs @31

Vous connaissez le tube de l’été ? Dès fin juin, la question revient, inlassablement : « Tu pars en vacances ? » ou pire encore « Tu pars quand-où en vacances ? » Je cherche depuis longtemps la bonne . . .

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Agit-Prop’ @24

Cet été, un clip tourné au Louvre a suscité de nombreux commentaires. Beyonce et Jay-Z, sous leur nom marital de Carters, ont produit une vidéo de plus de six minutes mêlant le musée et des . . .

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