Cuisine @33

Il n’est pas rare que je note des sujets de billets et que je me rende compte à l’usage que je n’ai pas grand-chose à dire. Alors je les supprime de ma liste. Mais, pour cette fois, je tiens à mon billet : je râle trop contre les applis illisibles et notamment celle de la RATP pour ne pas saluer et applaudir quand enfin celle-ci devient lisible parce qu’elle s’adapte à la taille des caractères que j’ai choisie sur Petit 6 !
Je salue donc, applaudit, et fais remarquer dans un message à la RATP que je reçois désormais les notifications en double (bogue réparé depuis) et que le plan des stations, très pratique pour se repérer, a disparu. Et la RATP me répond. Elle n’a pas de solutions mais note ; c’est déjà ça. Et mon billet est terminé. Il est toujours plus court de féliciter que de râler ; je le regrette bien. Alors j’ajoute un autre sujet de félicitations : l’affichage numérique sur les portes de quai de la 4 en cours de mécanisation est un petit bonheur de lisibilité.
Décidément, la RATP ! Seriez-vous en train de vous améliorer pour de vrai ? Chiche !

Exposer @17

En ce mois d’août, j’ai visité Citéco, la cité de l’économie. L’hôtel Gaillard est situé place du Général Catroux, que je connais, car il est dans mon périmètre de compétence professionnelle et mon bus préféré y passe. C’est un étrange bâtiment, conçu selon les souhaits de son propriétaire. Il a été racheté par la Banque de France et a longtemps été une succursale. Cette année, il a accueilli cette fameuse cité.
Un musée de l’économie ? Il y a de quoi être intrigué et… sceptique.
Pourtant, quelle réussite ! Certes, je m’intéresse à l’économie et connais assez bien les bases de la matière. Pour autant, j’y aurais passé bien plus d’heures que je ne suis restée (car j’avais un rendez-vous dont j’ai appris dans le bus qu’il tombait à l’eau). J’y retournerai.
Pourquoi ? Il y a d’abord un bâtiment étonnant très bien restauré. Extérieurement et intérieurement, la mise en valeur patrimoniale a été pleinement prise en compte. Le lieu vaut le détour. Ensuite, pour le fond, il y a un travail pédagogique remarquable avec beaucoup de moyens variés d’approche. Panneaux, films, jeux. Les supports interactifs sont nombreux et pertinents avec des intervenants de grande qualité. Si les courants idéologiques qui sous-tendent des choix économiques ne sont pas toujours frontalement exposés, la diversité des approches est évoquée et les choix néolibéraux interrogés. Et il y a de nombreux médiateurs, disponibles et sympathiques, pour accompagner les visiteurs qui le souhaitent.
La visite se termine par la salle des coffres. Elle est impressionnante, avec ses douves et son système de grilles et de portes renforcées et, à l’époque de son utilisation en tant que telle, un pont se rétractant lorsque l’employé fermait la salle.
À ce moment de ma visite, l’émotion a pris le dessus. Je m’y attendais, car je connais ce lieu pour y être venue il y a plus de vingt ans. Mes parents travaillaient à la Banque de France et après le décès de ma mère, j’avais accompagné mon père à leur coffre, dans cette salle. Il s’était présenté et l’employé avait accepté que nous assistions à la fermeture de la salle et la rétractation du pont. Les douves étaient alors pleines d’eau, ce qui n’est pas le cas en ce moment, car l’humidité n’est pas compatible avec la conservation préventive des pièces et billets exposée dans la salle. De ce passage à la banque, il me reste des souvenirs et cette visite a ravivé des émotions qui y sont liées. Pour cela aussi, j’y retournerai.

Bigleuse @111

Ce billet fait suite à mon billet « Bigleuse @110 », ici. Il est essentiel de le lire pour comprendre celui-ci.
Je voulais revenir sur cette visite dans cette bibliothèque où j’allais pour la première fois pour deux raisons :
* Parce que le microbillet de Marguerite m’a profondément blessée en ce qu’il me fait porter la responsabilité des conséquences sociales de ma déficience visuelle là où c’est le manque de formation à l’inclusion qui est la cause directe de ce qu’il s’est passé (je rappelle que j’ai interpellé sur Twitter Marguerite où je vais d’habitude en blaguant pour leur suggérer d’aller former leurs collègues de cette autre bibliothèque). Je n’en peux plus que les personnes, des fonctionnaires de la Ville, ignorent qu’un déficient visuel a besoin d’informations précises et qu’avant de devoir « expliquer clairement ses besoins », encore faudrait-il qu’il existât des interlocuteurs qui seraient en capacité de les entendre.
Je n’aurai pas d’excuses, pour ce microbillet que je ne considère pas comme maladroit, mais comme validiste, inacceptable de la part d’une bibliothèque qui se targue, je cite, c’est cocasse, d’avoir « été formée à recevoir des personnes mal-voyantes et non-voyantes ». Je pourrais aligner plusieurs exemples au sein de cette bibliothèque où la formation ne s’est pas sentie, mais est-ce utile ? Cela m’amène à la deuxième raison de ce second billet.
* Quand j’ai parlé de cette histoire à une amie que j’ai vue le jour de l’échange de microbillets, elle m’a dit « Ah ! Twitter. » En effet, Twitter… D’aucuns accusent les réseaux sociaux d’envenimer les relations sociales et je crois que j’en ai là un bel exemple. J’ai aussi succombé au « ton Twitter » avec mon « Vous me conseillez quoi, l’immolation ? » J’aurais pu le dire à l’oral, mais l’effet n’aurait forcément pas été le même.
Si Twitter n’avait pas existé, je n’aurais d’ailleurs pas fait le premier microbillet à Marguerite ; j’en aurais peut-être blagué avec ceux des bibliothécaires avec qui je blague à la réouverture. Mais peut-être aurais-je alors oublié. Il m’en arrive dès que je quitte mon domicile des histoires comme ça, plus ou moins prononcées. Celle-ci était pas mal, dans le genre ; mais j’aurais pu m’asseoir dessus, comme le plus souvent. Le sentiment d’abandon et d’impuissance est si prégnant, dans sa répétition, si excluant… Vous comprenez pourquoi parfois j’ai l’impression de ne pas être de ce monde, celui de la suprématie valide ?
Faire mon microbillet, et encaisser la réponse qui m’a été faite, puis les suivantes, m’ont permis d’exprimer cela mais au final, qu’est-ce que j’y gagne ? De la colère ? Un plus fort sentiment d’exclusion ? L’envie de pleurer et d’aller vivre sur l’île de Robinson Albinoé ? Oui, tout ça, car j’ai l’intime conviction que ces échanges, et les billets qui font échos, ne serviront à rien, que les Bibliothèques de la Ville continueront à se considérer comme accessibles parce qu’elles mettent à disposition des fichiers Daisy, parce que le validisme, à l’instar du sexisme, du racisme et de l’homophobie, est un des systèmes d’oppression qui font tourner l’ordre qui nous gouverne.
Oh là là ! Encore des gros mots. Je sais, les pauvres agents de la Ville ne sont pas coupables de leur propre oppression ni de la mienne. Mais ne pourraient-ils pas, de temps en temps, se considérer comme responsables de leur propre humanité ? Je ne demande rien de plus, juste qu’on me parle, que l’on me dise « à gauche », « à droite », « tout droit », « Venez, je vous accompagne » voire « Ne faites pas chier, je bosse » ; est-ce si compliqué ? Il semble. Alors, monsieur Nordman, s’il faut une formation de x heures pour apprendre aux agents de la Ville que les déficients visuels ont besoin d’une information sonore avec des adverbes signifiants, faites-la ! Déjà vous pouvez faire circuler ces consignes (moins de vingt lignes à lire) ou ces vidéos, c’est gratis pour le contribuable. Quand tous ces gens seront vieux avec une DMLA, une cataracte et j’en passe, ils vous remercieront.
Quant à savoir si je tenterai d’autres fois de témoigner de ce genre de situation envers des interlocuteurs que je croyais acquis à la cause de l’inclusion, blessée comme je suis, je vais laisser passer un peu de temps ce d’autant que ma réputation d’emmerdeuse est définitive. Quoi d’autre que mon envie d’emmerder le monde pourrait en effet justifier de si longs billets ?
Je vous laisse deviner.

Princesse @10

Affiche de la protection WC Protect avec une illustration d’une jeune fille jeune et jolie assises sur les toilettesUn après-midi de début août sur une plage ensoleillée de Royan, au . . .

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Bigleuse @110

Imaginez la scène. Vous allez dans une bibliothèque de la Ville que vous ne connaissez pas. D’abord, utiliser le GPS. Une fois devant la porte, il faut se déplacer . . .

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Paris @54

Le 20 avril 2019, la RATP a connu un big bang de son réseau de bus. Des lignes ont été modifiées, avec des changements de parcours, des raccourcissements ou des prolongements. Environ un mois après, j’ai découvert qu’une ligne . . .

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Corps @24

La deuxième canicule de l’été après celle de juin, avec les records battus, a marqué nos corps et nos esprits. Il était bien difficile de parler d’autre . . .

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Indignés @12

— Tu regardes quoi Petit Koala ? — Un c’d’trucs à vomir, c’est pas des incivilités, c’est bien pire qu’pire ! — Quoi ? — Regarde. — . . .

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Frayeur @7

Pour la première fois de ma vie, je suis entrée dans un appartement où avait eu lieu un incendie quelques heures plus tôt (pas chez moi ni . . .

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Commémoration @20

Marilyn Monroe est décédée dans la nuit du 4 au 5 août 1962, il y a donc tout juste 57 ans. Assez jeune déjà, j’étais fasciné par cette actrice aux . . .

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