M’sieur, M’dame @16

Je suis au rayon vrac d’un supermarché. J’ai de la chance, ce que je cherche est à hauteur d’yeux. Je m’applique à verser un peu de maïs à pop corn dans un sac en papier. J’entends un homme derrière moi qui m’interpelle.
— Ah ! c’est bon pour la prostate les graines de courge.
Je me tourne à demi. Il doit avoir dans les 70 ans. Il attend ma réponse.
— Je n’ai pas de prostate.
Il doit faire partie de cette moult gent qui associe ma coupe de cheveux au genre masculin. Il ne se démonte pas.
— Mais, pour votre mari.
— Je n’ai pas de mari.
— Bah ! vous pouvez en acheter un. C’est pratique un mari. Ça fait des travaux.
— Je n’ai pas besoin de mari pour faire des travaux ; j’ai une perceuse.
Il repart sans dire au revoir. Je ne peux pas vous dire sa tête. Croyez bien que je le regrette.

Métro @26

Métro, boulot, dodoEn janvier, en période de grève déjà bien avancée, j’ai eu à prendre la ligne 1, automatisée. J’étais debout là où il y a des soufflets, à côté des sièges remplis. Je n’avais que trois stations.
Entre la seconde et la troisième station, je vois qu’un homme proche de moi se lève et me demande « Vous voulez vous asseoir ? » Je lui réponds que non, je vais descendre.
Alors que je me dirige vers la sortie, je lui redis merci. Il me dit, penaud, « Je suis désolé, je ne vous avais pas vue avant. »
Il avait dans les 35 ans. Avec mon manteau Saint-James et mes mèches grises, il m’a identifiée comme une femme à laquelle on laisse sa place. Je suis donc passée dans la catégorie des dames. Cela me fait plutôt sourire.

Incyclicité @33

Je rentre (à pied) un soir autour de 22 heures. Il y a très peu de circulation. Je remontre une longue rue à une voie entrecoupée de nombreuses petites transversales utilisées principalement par les riverains. À chacune, je marque l’arrêt. À la troisième, je remarque un véhicule qui s’avance au ralenti sur ma gauche alors que j’ai un pied sur la chaussée. Je m’arrête néanmoins et, sans remonter sur le trottoir car une voiture est garée à ma gauche, je m’installe sur la première lame du passage piéton, les deux pieds côte à côte, prête à le laisser passer. Je préfère être vivante plutôt que de l’obliger à respecter le Code de la route.
Il avance encore et pile… au milieu du passage piéton. Traverser m’oblige à le contourner, par l’avant ou par l’arrière. Je ne bouge donc pas. Dix ou vingt secondes, pas plus et il fait une marche arrière pour dégager le passage. Je traverse. Quand je suis sur l’autre trottoir, vitre ouverte, il m’apostrophe :
— Vous n’avez rien d’autre à faire que d’embêter les gens !
Ce n’est pas faux, surtout en ce qui concerne les automobilistes, mais quand même… Je me retourne, ouvre les bras, indiquant qu’il s’est arrêté au milieu du passage piéton.
— Je me suis arrêté parce que vous avez posé le pied sur la chaussée.
Six points, mon gars ; j’avais le pied sur le passage bien avant que le nez de ta voiture ne s’y pointe… Je n’en dis rien et reprends ma route, sans faire ce commentaire. Il est tard, je ne suis pas en position de force.
— Vous êtes née pour faire chier le monde, vous !
Il part alors, assez fort, dans une diatribe dont j’ai oublié les termes, mais de plus en plus insultante. Je regrette parfois de ne pas avoir toujours ma canne blanche en main ; ou un sifflet avec un carnet à souche ! Si au moins je lisais les numéros des taxis… Tant pis.

Galère @7

Jeudi matin, je rentre de ma séance de sport quotidienne vers 9 h 30. En entrant dans mon appartement, tout semble en ordre mais après avoir posé mon sac de . . .

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Colère @15

Le crash du Boeing 737 abattu par un missile iranien a donné lieu à un long reportage sur FranceTV Info le vendredi 10 janvier dernier. Ce n’est que le . . .

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Hétéronomie @30

Dans l’émission de La suite dans les idées « Vers un nouvel usage du monde ? Une histoire environnementale des idées », le philosophe Pierre Charbonnier évoque son essai . . .

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Année @14

Je suis une grande adepte de l’appli DMR (ici) et je réjouissais, depuis mi-décembre, d’envoyer par ce biais mes vœux aux agentes et agents de la propreté . . .

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Souvenirs @16

Suite à la lecture du billet d’Isabelle sur la maltraitance d’un lapin parisien mort et abandonné sur le trottoir (ici), je partage une anecdote assez marquante concernant un autre . . .

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Objectivement @50

Le jour de l’An est toujours l’occasion de poser des résolutions, ce que je fais peu tant je pose des résolutions toute l’année autant que le besoin s’en fait sentir. Je . . .

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Adieux @41

En ce début janvier, alors que Cécyle et moi marchons dans la rue, je vois une cage pour hamster ou lapin sur le trottoir. Elle est posée devant la porte d’un . . .

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