Fenêtre @21

Après trois ans et demi de péripéties financières et juridiques, mon bailleur a procédé au changement des fenêtres de notre îlot cet été. Une visite de contrôle de l’architecte a eu lieu fin septembre. Elle n’a pas décelé de malfaçon chez moi. Par contre, à l’occasion de la pose de mes nouveaux stores intérieurs, j’ai constaté que le joint supérieur de la baguette de propreté n’était pas fait. Je l’ai signalé à mon gardien qui a mandé une intervention.
Ce mercredi, je déjeunais tranquillement quand un méchant coup de sonnette me fait sursauter. Devant moi, trois gars en tenue d’ouvrier. L’un s’adresse à moi ; je le reconnais à sa façon de parler, c’est un de mes poseurs de fenêtres, celui qui parle un français précaire là où ses deux compères n’en parlent pas un mot. On se comprend difficilement ; il sait qu’il doit intervenir chez moi mais ignore pourquoi, l’architecte n’ayant pas fait de réserves. Je lui parle de joint ; il traduit et un gars se précipite chez moi, me bousculant, ouvre la fenêtre, cherche, ne trouve pas… J’explique encore. Ils vont chercher un escabeau et reviennent.
Quelques allées et venues plus tard, sans un bonjour, sans excuses, sans un au revoir, le joint semble posé. Un moment, j’ai vu le gars attraper la feuille d’essuie-tout qui me servait de serviette pour nettoyer en haut de la fenêtre. Ils partent. Je finis mon assiette et cherche le rouleau d’essuie-tout pour reprendre une serviette. Il a disparu. Le gars a pensé qu’il s’agissait du sien (ils en utilisaient déjà lors de la pose des fenêtres) et l’a embarqué. J’ai hésité à le poursuivre dans les couloirs. J’ai renoncé parce que lors de l’intervention initiale, c’est ma caisse à outils qui avait été embarquée, à peu près dans les mêmes conditions.
Je l’avais retrouvée sur le palier du troisième, l’avais remontée chez moi pour éviter de me la faire piquer par un voisin indélicat ; j’avais signalé la chose à mon gardien, indiquant que l’ouvrier l’avait certainement prise par inadvertance, son contenu étant sans intérêt pour lui ; mais que quand même, il aurait pu faire attention. Cela a failli mal se finir, le gars ayant compris que je l’accusais de vol, ce qui n’était pas le cas. Je n’ai pas tenté ma chance pour un rouleau d’essuie-tout.

Colère @14

« Agribashing », « L’image des agriculteurs se dégrade »… Depuis quelques semaines, les titres et accroches évoquant la dégradation de l’image des « agriculteurs » se multiplient. Si cette tentative de manipulation desdits « agriculteurs » est grossière, elle n’en est pas moins classique : c’est d’ailleurs le premier pas de la « construction d’une image » ici par l’agro industrie.
Donc « notre image se dégrade », affirment les agriculteurs. Les principaux arguments avancés sont les accusations d’empoisonnement des populations avec les pesticides et fongicides (le dernier en date justement est ici) ou encore les accusations de destruction de la nature, des espèces et d’appauvrissement des sols.
Alors je vais tout de suite rassurer nos pseudos agriculteurs : non, votre image ne se dégrade pas car en fait, il ne s’agit pas d’une image mais de la réalité (l’appauvrissement des terres et des espèces par votre modèle agricole est un fait scientifique, la toxicité des produits que vous utilisez est, ou prouvée pour un grand nombre d’entre eux, ou fortement soupçonnée par les scientifiques pour les autres). L’image, c’est en fait l’image d’Épinal derrière laquelle vous vous cachez depuis des décennies, celle de l’agriculteur proche de la nature qui nourrit sainement la population. L’image, c’est ce que vous essayez de reconstruire à coup de propagandes (elles sont légion en ce moment sur les médias sous couvert de conseils nutritionnels sponsorisés par l’industrie, la grande distribution ou encore les lobbies de la viande, du lait, etc.), de victimisation sur le mode « achetez mes produits pour que je puisse survivre…. » Et quoi ? Tant pis si nous, on en crève ?
Alors non, votre image ne se dégrade pas. C’est juste que l’histoire que vous nous racontiez, que vous vous racontiez, est dépassée par la réalité et que cette dernière, elle ne fait plaisir à personne. Serez-vous capables de rejoindre ceux qui ont déjà choisi de l’affronter ?

Couperet @15

Chaque fois que je cherche un sujet de billet, les médias me le servent sur un plateau, cette fois-ci depuis mon fil Twitter. Le titre, « Une mère et sa fille découvertes mortes dans un appartement du centre-ville de Nîmes », me fait craindre deux nouveaux féminicides. L’événement se passe à Nîmes, ville dans laquelle j’ai des souvenirs. Deux bonnes raisons de lire, ici.
Tout va bien, ou presque : ces deux femmes sont mortes « de cause naturelle » dans des circonstances assez dramatiques pourtant. Elles étaient dans une grande misère économique et sociale. Et le couperet tombe : « La dernière fois qu’elle a été vue vivante, c’était il y a 3 semaines. Elle aurait réclamé à une voisine des pâtes. Cette dernière aurait refusé. »
Ouh là là ! la voisine. Qu’est-ce qu’elle se prend d’un coup ! Mais pourquoi ? Sa tête ne revenait pas au journaliste ? Car franchement, clore ainsi l’article ne revient-il pas à imputer la responsabilité de la mort d’au moins l’une de ces femmes à la voisine ? Et qu’est-ce qu’il en sait, d’ailleurs, notre journaliste, de la manière dont cela a été demandé, de pourquoi la voisine a refusé… Ne peut-il y avoir une bonne raison à refuser un plat de pâtes ?
Il y en a plein, bien sûr. Je n’ose imaginer le sort de la voisine s’il s’était agi de lentilles… Au moins, je gage que les pâtes auront moins de conséquences historiques que les lentilles. Quant à la culpabilité que porte désormais cette voisine, je veux bien me faire nonne le temps de l’en absoudre. Quelles que soient les circonstances exactes de cette affaire, elle ne mérite pas de la porter tant elle n’est forcément pas responsable de cette misère morbide.

 

Aïe ! @30

En bibliothèque municipale, j’ai emprunté des DVD documentaires, notamment historiques. L’un était dans la section « Guerres mondiales » sur la montée au pouvoir d’Adolf Hitler. Les archives présentées sont impressionnantes. . . .

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Décroissance @65

J’ai entendu passer l’info selon laquelle la Française des jeux serait privatisée en novembre 2019 ; c’était à la télé, je crois, et un slogan assez tarte a . . .

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Bonheur @40

Alors que j’avais juré ne plus m’y laisser reprendre, je cède finalement aux milliers de courriers reçus me pressant de mettre fin à l’insoutenable suspense : y a-t-il des fraises . . .

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À table @58

Je rentre du judo. Il est 22 heures bien passées. Je mange debout dans le métro appuyée contre les portes côté voies. Je suis presque à la fin de mon . . .

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Hétéronomie @28

Je suis abonnée depuis des années à Hors-Série, un site né de celui d’Arrêt sur images et qui propose des entretiens filmés. Dans l’un d’eux, intellectuellement très . . .

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Adieux @40

Ma banque m’a fait rire. Non ? Si si… Dans un message sur mon compte en ligne, elle m’informe que les garanties de mon assurance de compte changent « Votre garantie Sports et . . .

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Souvenirs @14

Gros matou avec lunettes de soleilLa semaine dernière, alors que je discutais avec Cécyle (nous parlions « bit » mais ça, c’est une autre histoire ici), une remarque . . .

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