Décroissance @57

Je suis allée manifester pour le climat le 8 décembre 2018. Cette manifestation était d’autant plus importante pour moi qu’elle me permettait de dire mon opposition radicale au mouvement des Gilets jaunes à travers la défense d’un projet politique simple, cohérent et alternatif : la transition écologique par une rupture avec la logique libérale. Nous étions vingt-cinq mille ; ils étaient dix mille ; et pourtant, la classe politique et les médias ne parlent que d’eux.
Au-delà du spectacle gratuit de leurs violences qui font de belles images, il me paraît évident que ces manifestations sont si peu insurrectionnelles qu’il est logique que les soutiers de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste leur donnent tant d’importance. Des voitures que l’on brûle, ce sont des voitures neuves qui seront vendues. Des commerces que l’on pille, ce sont des commerces qui feront du réassort. Des agences bancaires que l’on dégrade, ce sont des peintres et des maçons qui ont du travail. Et du mobilier urbain dont on fait des barricades, c’est une ville à reconstruire.
Alors, bien sûr, cela a un coût. Les assurances (donc ma prime) et les pouvoirs publics (donc mes impôts et taxes) paieront une partie de la note. Pour le reste, il va falloir bosser, et bosser encore, certains pour pas grand-chose, d’autres dans des situations de précarité, d’autres encore avec le sourire d’avoir bien gagné leur journée. Les grands gagnants de tout cela seront une fois encore celles et ceux et hen qui détiennent la richesse nationale et mondiale. Peut-être que les autres récolteront quelques miettes, vite mangées par les nécessités de la croissance.
Nous y sommes : la croissance. Produire plus, pour travailler plus, gagner plus et consommer plus. Voilà le mot d’ordre des Gilets jaunes ; en écho, la classe politique et les médias font mine de s’émouvoir des violences et blocages, vont les tolérer jusqu’à lâcher le lest nécessaire pour que chacun rentre à la maison, convaincu d’avoir gagné quelque chose là où le libéralisme est le seul à tirer les marrons du feu, plus coercitif que jamais.
Dans ce contexte, quand je lis le communiqué de Génération·s qui me parle de « convergence des luttes », ou que j’entends France info le dimanche matin interviewer deux manifestantes vertes rhabillées en jaune pour défendre ladite convergence, je suis en colère. Je n’ai rien senti de tel dans la manifestation et le pauvre gars en jaune passé avec sa guitare pour nous chanter les vertus de la croissance n’a eu aucune audience. Je refuse que tout ce beau monde récupère mon engagement : je milite pour la décroissance et la rupture avec le système capitaliste dans la non-violence, parce qu’elle est la seule réponse à la violence du système que répercutent les Gilets jaunes.
À bon entendeur…

Bigleuse @93

  1. Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, marque l’anniversaire du massacre antiféministe de Montréal (ici). Cette année, je vais retrouver Cécyle place du Québec à Paris. Tous les ans y a lieu la commémoration dudit massacre.
    Arrivé un peu en avance sur place, me voici réquisitionné pour tenir un morceau de banderole « Le machisme tue ». Cécyle arrive, prend un bout de banderole à côté de moi et nous entamons notre conversation en attendant le début de la cérémonie…
    À ce stade de mon récit, je rappelle que Cécyle a de très nombreuses qualités. Parmi celles-ci, pour ceux qui ne le savent pas, elle est déficiente visuelle.
    Bref, notre discussion est soudain interrompue par l’une des organisatrices qui nous tend une feuille sur laquelle l’on devine des paroles de chansons écrites plutôt petit. Elle précise que si nous voulons, nous pourrons chanter tout à l’heure. Notre organisatrice, qui connaît Cécyle, se rend compte d’un léger oubli : « Ah ! oui je sais, c’est écrit trop petit pour que tu puisses lire. Tu nous le dis tous les ans mais on a encore oublié. » Petit moment de flottement parce que bon… Et puis pleine de bonne volonté, notre cheffe d’orchestre reprend : « Mais tu devrais mettre des lunettes qui assombrissent pour lire le texte, ce serait mieux. » Mais bon sang mais c’est bien sûr !

Biodiversité @18

J’ai vu l’oiseau qui fait « taoc taec taoc », par séries de trois.
Je l’entends chaque fois que je passe au lever du jour à côté de son arbre. Un peu plus loin, sur la descente de la passerelle, il y a un arbre où le ramdam est impressionnant. Et ça gazouille ! Et ça gazouille ! Plus loin encore, il y a les haies qui abritent les Pioupiou qui accompagnent parfois ma course. Trois cents mètres de haies touffues… rasées il y a quelques semaines.
Où sont les Pioupiou ? Je ne sais pas. Je ne les entends plus. On a rasé leur habitat, sans relogement, pour sûr, sans décision d’un juge. De la pure inquisition spéciste ! Ils me manquent. Ce matin encore, j’ai entendu quelques-uns de leur chant, un peu plus loin vers le mur SNCF. J’espère qu’ils vont bien.
Sur le retour, au point de triangulation, il y avait une Corneille, sur le haut du candélabre. D’autres fois, il y a une Mouette, voyageuse. Ce matin, c’était la Corneille. On s’est saluées, bien sûr, et je lui ai dit.
— Tu sais, Corneille. J’ai vu l’oiseau qui fait « taoc taec taoc », par séries de trois. Il était sur la pelouse. Il a fait « taoc taec taoc ». J’ai tourné la tête, ralenti. Il a sautillé à côté de moi, dans l’herbe. Je lui répondais « taoc taec taoc » et lui toujours « taoc taec taoc », « taoc taec taoc ». Et puis hop ! il a volé jusqu’à son arbre. C’est incroyable ! Je l’ai vu.
— Croa croa !
Nous étions d’accord. Le soleil pouvait percer les nuages. Cette journée serait belle.
J’ai vu l’oiseau qui fait « taoc taec taoc », par séries de trois. Incroyable !

Note. Je cherche à apprendre le chant des oiseaux, in situ. Si vous connaissez quelque chose sur Paris, je prends.

Ailleurs @35

Mobilisation exceptionnelle des Gilets jaunes : des milliers de personnes ce samedi dans les rues de Paris. Pour se démarquer des usurpateurs et autres récupérateurs ayant sévi ces derniers temps, tous et toutes portent une couronne de boutons d’or . . .

Continuer la lecture. . .

Noël @39

Vous savez, chers Hétéronautes, que Noël n’est pas en odeur de sainteté en Hétéronomie… sauf si Frédéric se transforme en Petit Jésus le 24 décembre . . .

Continuer la lecture. . .

Corps @22

Le dépassement de ma phobie de l’eau a été si important que c’est une référence, consciente ou non, dans ma vie. Surtout, quand j’essaie de dépasser mes . . .

Continuer la lecture. . .

Bigleuse @92

Je participe depuis l’année dernière à une « enquête accessibilité » organisée par la RATP. Cela me prend du temps, mais j’espérais que cela ferait avancer les choses. Il semble que non. J’ai . . .

Continuer la lecture. . .

Corps @21

Longtemps, j’ai eu une phobie des étendues d’eau. J’avais appris à nager jeune, mais pour des raisons familiales personnelles, j’ai développé une phobie : une peur panique dès que je n’avais . . .

Continuer la lecture. . .

Écrivaine @39

Le 12 novembre dernier, je trouve un avis de recommandé dans ma boîte. J’étais là. Le facteur n’a pas sonné. Je râle. Je n’aime pas les recommandés, surtout quand je dois attendre vingt-quatre heures pour en connaître le contenu. . . .

Continuer la lecture. . .

Cuisine @32

— Youpiiiiiiiiiiiii ! — *Oooooooo*h ! Ou*iiiiiiiii*, c’est chou*eeeeeee*tte ! — C’st’vrai, c’st’cool. Y a un nouveau dans l’bande d’Hétéronautes. — Enfin, nouveau… il était déjà venu incognito. — Yep ! . . .

Continuer la lecture. . .