Archives mensuelles : septembre 2012

Gamine @9

Isabelle m’envoie souvent des articles sur des sujets qui nous intéressent, ou qui nous amusent, nous surprennent, ouvrent le débat… Ces derniers jours, elle m’a ainsi envoyé plusieurs articles sur les Femen, qui débarquent à Paris, à la Goutte d’or, qui plus est.
Et cette vidéo.

Ma première réaction est de me dire qu’avec mon bidon de 50 ans et mes nichons qui tombent (si si, j’avoue), j’ai peu de chances d’être acceptée dans le groupe. Mais ce n’est pas l’essentiel (quoi que, mes nichons, mon bidon… passons).
Ce qui me surprend, c’est le silence des organisations féministes dont je reçois les informations. Se sentent-elles dépassées par la méthode ? Ont-elles comme moi… ? Non, ce n’est pas la question. J’ai dit. Alors… Alors ?
Et moi, j’en pense quoi ?
Je suis dubitative. Je suis amusée aussi parce qu’elles utilisent les méthodes de certains groupes « trans-queer » (pour faire simple) qui sont très fâchés contre les féministes abolitionnistes, ce qu’elles semblent être. J’attends donc de voir ce que cela va donner… et je multiplie les abdos ; les nichons, c’est mort. Mais le bidon…
Et vous, vous en pensez quoi ? Pas de mes bidon-nichons, bien sûr, mais des Femen ? C’est une vraie question ! Je compte donc sur vos réponses.

Hétéronomie @1

"Le service public" de Jacques ChevallierJ’inaugure un nouveau titre de billet avec une simple idée : reproduire les textes où il est question d’hétéronomie, ce mot choisit pour évoquer notre vie dans la société où nous sommes. J’ai déjà entendu le mot à deux reprises lors d’écoute de balados. Cette fois, c’était écrit et j’ai donc opté pour une reprise sans autres remarques d’extrait où le terme est employé… et que vivent les commentaires !
« Alors que la rhétorique de l’« intérêt général » évoque l’idée de pouvoir et présuppose une certaine liberté de jugement, de parole et d’action, qui explique sa localisation aux niveaux les plus élevés de l’État (gouvernants, hauts fonctionnaires), le service public renvoie à l’idée très générale selon laquelle l’appartenance au public implique l’effacement derrière la fonction, c’est-à-dire de faire passer ses intérêts propres (individuels et collectifs) derrière ceux du public, dont on est tenu de satisfaire les besoins et les aspirations ; le service public postule un statut d’hétéronomie, inhérente à ce que Duguit appelait la « loi du service ». »

Décroissance @17

Le point vertSur un pot de yaourt d’une grande marque, je vois deux rectangles informatifs l’un à côté de l’autre. L’un – bien, visible, sur fond vert — porte le pictogramme évoquant le recyclage avec la mention « Pensez au tri ! », l’autre – en plus petit, peu aisé à lire, sur fond gris — montre une poubelle et précise : « opercule, papier et pot plastique à jeter ». Or, une fois enlevés ces trois éléments, il ne reste… rien, donc rien à trier !
Quelqu’un me souffle qu’il s’agit peut-être d’une démarche éducative. Toutefois, on en arrive à une aberration par l’utilisation d’impératifs contradictoires : « pensez à trier » et « jeter ». C’est un des moyens les plus pervers d’éduquer, car l’utilisation de ces impératifs incompatibles engendre perplexité, difficulté, voire incapacité à agir, et génère un manque de confiance en soi (a-t-on bien compris ce que l’on nous demande puisqu’on ne le comprend pas ?) ou en l’autre (mais comment croire à quelqu’un qui nous demande des actions impossibles à réaliser conjointement ?) « L’impératif » d’éducation mène donc à une impasse. Sans doute, là aussi le tri — des informations — serait nécessaire.

Écrivaine @14

Chacun sait que les éditeurs sont les piliers de la chaîne du livre, toujours plus dévoués à la cause littéraire, n’hésitant pas à tout sacrifier pour son développement. Tout ! Oui, tout, les auteurs compris.
J’ai toujours du mal à évoquer cette question, craignant que vous, lecteurs, y lisiez de l’aigreur de ma part et du dépit. J’essaie de ne pas être aigrie ni dépitée mais à force d’être maltraitée, ma coupe est de plus en plus pleine. Et j’ai de moins en moins envie de passer sous silence les manières de celles et ceux qui vous font croire que le livre que vous avez entre les mains a été édité au double péril de leur patrimoine et de l’hystérie des auteurs, ces « bad girls and boys » qui, chacun sait, sont caractériels par nature.
Je dis souvent que les éditeurs LGBT, par exemple, ont le mérite d’avoir un catalogue constant… et j’oublie de vous dire que c’est aussi parce que je fais jouer les clauses de mes contrats, lettres recommandées à l’appui, qui imposent des réimpressions sous peine que je récupère mes droits (entendre que le contrat d’édition soit caduc). Et pour cette fois, je n’oublierai pas de vous dire que vingt-cinq pages du livre ont sauté (suite à une réduction de la police), pour rendre l’objet plus léger à l’expédition, bien sûr. Mais il va vous falloir de bonnes lunettes pour le lire. Ah ! Le bel objet livre sacrifié sur l’autel de la rentabilité à courte vue. Car ne croyez pas qu’il s’agit là d’une simple mesure de « rationalisation économique » : vous paierez le livre trois euros de plus.
Oui, les maisons d’édition sont des entreprises dont la vocation première est de faire du profit. Cela ne me choque pas ; ce qui me gène, c’est le discours « culturel » « engagé » qui camoufle la logique de profit, un discours si éloigné de pratiques qui font que souvent l’auteur (celui qui écrit le texte, mine de rien) est celui sur lequel on se sert en premier. Un autre de mes éditeurs, par exemple, vient de s’offrir deux mois de trésorerie en reportant l’envoi des droits 2011 à ses auteurs (il en revendique près de deux milles) de début juillet à début septembre… en ne joignant pas de chèque quand ces droits sont inférieurs à 15 euros. La règle est nouvelle, et totalement illégale, suffisamment d’ailleurs pour que je puisse réclamer ce chèque en faisant un courrier : 0,55 euro de frais supplémentaires pour moi (et pour l’éditeur ensuite), sur les 11,35 euros que je dois toucher.
L’éditeur compte sur le fait que je ne réclame pas. Mai je vais évidemment réclamer. Qu’est-ce que j’ai donc à vouloir encaisser mes 11,35 euros ? Pour le principe ? C’est bien la preuve que je suis caractérielle, non ? Autant que n’importe quel travailleur qui veut juste être payé pour son travail, avec un minimum de respect de celui-ci. Juste ça. Est-ce trop demander ? Il semble que oui. Et j’en suis triste, profondément triste. Demain, je serai en colère. C’est ma seule arme contre l’aigreur et le dépit. Hajime !

Note : Merci au site Alu d’avoir relayé mon édito de juin dernier. Cela m’a touchée.

Décroissance @16

Vous prendrez bien encore une petite paire ?!L’autre jour, je vais chez l’opticien, car une branche de mes lunettes de soleil était cassée. La vendeuse me dit qu’elle va demander si ce modèle se fait toujours et donc si une pièce de rechange est disponible. Elle continue en précisant que mes dernières lunettes datant de l’an dernier, si j’ai toujours l’ordonnance de l’ophtalmologue, je peux en refaire une paire avant décembre prochain. Elle précise que les prescriptions sont valables trois ans et que ma mutuelle participe à une paire par an. Elle ajoute alors qu’il serait dommage de leur faire cadeau de cette participation, genre « ce serait gâcher ». Je n’ai pas répondu que c’est en suivant ce principe que l’on arrive à des primes d’assurance maladie plus élevées.
Plusieurs jours plus tard, j’ai récupéré les lunettes avec juste une branche neuve sans être de nouveau poussée à la consommation. Peut-être avait-elle vu que je ne partageais pas… ses vues.

Brosse @16

Il est parfois tout à fait inutile de faire des commentaires, quand on a le sentiment que les faits se suffisent à eux-mêmes… Je remplis un formulaire pour faire partie d’un panel et récupérer des bons d’achat (ci-contre).
« Mr » / « Mme » / « Mlle » ; je coche « Mme », bien sûr, et raye « Mlle » avec la mention « La case en trop ! ».
Plus bas…
« Vous êtes ?
« Le chef de famille (homme) » / « La maîtresse de maison (femme) »
Du jamais vu !
Et bien sûr, je raye « La maîtresse de maison » et inscrit « Le chef de famille » ; je ne pouvais pas faire moins.

Course @22

La course du Château, quand j'étais jeune et belle !

Faute toujours de judo (je ne me suis pas ratée !), je cours tous les matins une demi-heure pour garder la forme. Et je croise tous les matins un petit campement de deux à cinq hommes, deux tentes abritées par des arbustes derrière une petite clôture de jardin parisien. À l’heure où je passe, ces hommes sont assis sur le banc devant les tentes et, à chaque fois, m’apostrophent en des propos sexistes qui mettent l’accent sur mon éternel féminin et mon incommensurable beauté ! Et forcément, j’ai envie de sortir les poings.
Il serait parfaitement inutile d’aller discuter tant il doit leur sembler naturel que tout morceau de chair de sexe féminin qui passe est bon pour égayer leur triste journée. Je rêve parfois d’aller leur casser la gueule, ce qui serait tout aussi vain, et plus dangereux encore. Et je songe parfois faire un petit mot à mon maire avec copie au procureur parce que j’en ai ras-la-course-à-pied de démarrer ma journée par une agression verbale sexiste.
Mais je ne peux pas faire ça ! Ce sont à coup sûr des sans-papiers et je ne dénonce pas les sans-papiers (je suis membre de la LDH, quand même !) Question de principe. Mais je dénonce le sexisme ; question de principe aussi (je suis membre d’OLF, tout autant !) Je suis coincée. J’ai donc opté pour la pire des solutions : abandonner le terrain. Un minidétour me permet de mettre une haie entre eux et moi le temps de passer leur campement. J’ignore si les réflexions ont cessé. Au moins, je ne les entends pas.
Pour autant… Que faire ?

Réclamation @31

Service impacté : je confime !Le feuilleton de l’été : L’accès à Internet (épisode 14 – 29 août 2012)

Ça y est ! Le traitement de mon dossier est officiellement clos : dépannage réussi. J’ai enfin obtenu de pouvoir être connectée « normalement ». C’est donc la fin du feuilleton de l’été en décalé. Bon automne !

Décroissance @15

Chouette mes chaussons responsables !La référence au développement durable devient une étiquette collée à tout va avec parfois des conséquentes ridicules. Si, si, même si c’est un sujet sérieux et grave que l’avenir de la planète et le devenir des générations futures, etc., faut pas pousser. Dans l’orbite de ce fameux Dédé, l’adjectif « responsable » se maintien avec une (force de) gravité notable. Ainsi, sur un site comptabilisant des points verts liés à des activités, il est possible d’être récompensé en échangeant ses bons points avec des réductions sur l’achat d’objets tous plus responsables (de quoi ?) les uns que les autres. Mes préférés ? Ce sont les « chaussons responsables ! » De quoi s’acherter une bonne conscience en restant droit dans ses pantoufles…

Décroissance @14

Le Vidourle n'est pas en Italie mais fait de gros dégâts au moindre orage.

J’ai enchaîné mardi 28 août 2012 deux reportages sur France 5 consacrés à des questions environnementales. Le premier, « Chine, la révolution verte », aurait été presque comique (si le sujet n’était pas aussi grave) à tenter de démontrer que la Chine est en pointe dans l’écodéveloppement. Je n’avais pas vu depuis longtemps un tel film de propagande, et je ne comprends pas comment cela a atterri sur une chaîne du service public. Un acte prémonitoire ?
Le second, « Sale temps pour la planète », traitait des incidents climatiques en Italie, toujours plus nombreux, meurtriers, et dévastateurs. Le diagnostic était simple, et connu : abandon des cultures traditionnelles et de l’entretien des territoires qui allaient avec ; bétonnage anarchique du lit des cours d’eau et des zones inondables ; négation de la mémoire du risque au nom de la modernité. Le reportage a pris plusieurs exemples, avec les mêmes causes, les mêmes effets, les mêmes écolos convaincus de la nécessité de penser et vivre autrement, les mêmes élus mal à l’aise, les mêmes gens victimes et prêts à reconstruire au même endroit dès qu’ils auront touché la « prime ».
La boucle est bouclée et j’avoue, je peine à comprendre. On sait que le développement tel que la révolution industrielle l’a conçu produit des effets en chaîne qui nous mènent à notre perte économique, sociale et écologique. On connaît les solutions, ou tout du moins la manière de les trouver : penser autrement. Toutes ces catastrophes, en bout de chaîne, ont un coût de plus en plus élevé. Alors, pourquoi rien ne change ? Pourquoi, au moins individuellement, chacun de nous n’engage-t-il pas la révolution écologique seule capable de nous sauver ? Serions-nous individuellement et collectivement bêtes à ce point ?
Et je repense au reportage sur la Chine. On y voyait des enfants, une bonne cinquantaine en classe, habillés tous pareil, écouter l’une d’eux lire la liste de ce qu’elle fait pour respecter l’environnement, liste en parfaite adéquation avec ce que l’on nous expliquait juste avant. Et la classe applaudit, un autre enfant prend sa place pendant que le reportage insiste sur la nécessité de changer les esprits et de former la jeunesse. Serait-ce à dire que le prix à payer pour sauver la planète, c’est un régime totalitaire de type chinois, méthodes musclées d’embrigadement en prime ?
Au secours !! Faites quelque chose !