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Extravagance parisienne @66

Un tabouret japonais posé au sol dans un couloir de cave.Je suis récemment descendue dans ma cave avec Frédéric pour y chercher des livres pour la signature au Bar’Ouf du 13 juin et déposer une poussette de ma voisine qui ne rentre pas dans la sienne. Arrivée devant la porte, je suis surprise de la grosseur du cadenas… et ma clé ne rentre pas ! Je remarque alors posé juste à côté un tabouret japonais très reconnaissable, et qui m’appartient. On devise un peu avec Frédéric pour arriver à la même conclusion : quelqu’un a ouvert ma cave en brisant le cadenas, sorti le tabouret, et l’a refermée avec son propre cadenas.
Je précise ici que mon immeuble est connu pour ses trafics en tous genres et, d’emblée, sans doute parce que je regarde les séries policières à la télé, j’imagine que ma cave sert d’entrepôt pour… ? Je songe sitôt appeler la police mais commence par mon gardien qui me promet de venir dès le lendemain faire sauter le cadenas en place et m’en poser un autre. Quant à la police, « Elle ne viendra pas pour ça. » J’en discute un peu avec Frédéric et nous sommes d’accord : il est important de la prévenir, des marchandises illicites pouvant être présentes dans ma cave et je ne suis d’emblée pas fan d’une procédure pour recel ou complicité.
Je compose le 17. À mon récit en trois phrases, l’opérateur me passe le commissariat de mon arrondissement qui, après que j’aie donné mon adresse, me répond « Je vous envoie une patrouille. » Trois agents sont là dix minutes plus tard. Ils ne peuvent pas ouvrir la cave à ma place mais partagent mon analyse de la situation. Ils m’invitent à les rappeler si, le lendemain, je trouve dans ma cave des choses qui ne sont pas à moi.
J’espère que les occupants sans titre de ma cave vont récupérer leurs affaires dans la nuit. Il n’en est rien. Au matin, mon gardien fait sauter le cadenas et trouve très vite des petits sachets vides qui pouvaient avoir contenu du shit (je ne sais pas, je n’en ai jamais vu) et conclut que ma cave sert de zone de reconditionnement. Je rappelle la police qui arrive l’heure suivante. Je leur ouvre la cave. Un policier me désigne une petite sacoche en me demandant si elle m’appartient. Ce n’est pas le cas. Après les formalités judiciaires d’usage, il l’ouvre, y trouve un couteau, une balance, d’autres petits sacs vides. Il ramasse ceux éparpillés sur les étagères où sont bien rangées mes affaires (des documents, des livres, et des babioles).
Je ne sais pas quelles suites judiciaires aura cette affaire ; j’ai déposé une préplainte pour effraction et occupation de ma cave. Pour ce qui est des « suites locales », je suis allée discuter avec l’éducateur qui gère notre secteur (je préfère la prévention à la répression). Dans la soirée, une voisine a entendu des gars de chez nous (comme on dit) s’engueuler car l’un n’aurait pas fait son taff et mis les autres dans l’embarras. J’avoue, cela m’amuse beaucoup.