Archives mensuelles : février 2019

Caprice @7

Les publicités pour les prestations de ménage dans le métro m’inspirent décidément l’envie d’un grand coup de propre sur les murs carrelés des stations. La dernière en date à m’avoir agacée a comme slogan « Ménagez-vous, réservez-nous ! » avec en argument de vente « Ménage sans engagement, même au dernier moment ! »
Il s’agit bien de se ménager, et pas de ménager les personnels de ménage. L’argument peut s’entendre de deux façons : il est possible de demander une prestation de ménage au dernier moment ou il n’y a pas d’engagement jusqu’au dernier moment, donc il est possible de se désister jusqu’au bout (si c’est mis en avant, c’est donc sans frais, car sinon, cela n’a rien d’exceptionnel). Dans un cas comme dans l’autre, le client est roi et le personnel de ménage est un larbin, à la merci d’ordres ou de contre-ordres capricieux.
Je suis toujours choquée de cette manière si méprisante de présenter les prestations de service, en particulier de ménage, bien connues pour être essentiellement le travail de ménagère. Un petit tour dans une application et c’est la vie d’une employée, mal payée et mal considérée, qui doit changer pour se rendre chez le client quand ça l’arrange et ne plus y être quand cela le dérange.
Le petit personnel n’habite plus dans les chambres de bonne d’où il peut être tiré selon le bon vouloir du maître, il est quelque part, peu importe que ce soit loin, tant qu’il peut être à disposition. Le clic a remplacé le cordon de sonnette. L’exploitation reste à portée de main du détenteur de l’argent, ça, ça n’a pas changé au fil des siècles.

Bigleuse @98

J’ai été confrontée deux fois en une semaine à des soucis majeurs d’accessibilité sur des produits numériques, soucis qui ont des implications politiques et économiques non négligeables.
Le premier concerne un livre numérique que j’ai voulu acheter en ligne sur le site d’une librairie situé dans l’Hexagone avec l’idée d’arrêter d’engrosser les Gafa. J’ai acheté le livre et ai tenté de le lire. « Tenté » ? Ladite librairie oblige à se servir de sa propre appli que je n’ai pas réussi à utiliser : accès aux menus particulièrement difficile ; obligation de reparamétrer à chaque ouverture de l’appli ; pages qui se tournent à l’endroit, à l’envers, en général par deux…
J’ai contacté le service client qui a été assez réactif, pour me confirmer que l’appli fonctionnait parfaitement et que le fichier n’était pas endommagé. Sans doute, mais chez moi, ça ne fonctionnait pas. J’ai demandé le remboursement, conditions générales de ventes à l’appui. J’ai dû hausser le ton (j’ai bien senti que c’était ma compétence de lectrice bigleuse qui était en cause) mais ai obtenu le remboursement, par « geste commercial », les CGV ne s’appliquant pas au livre numérique. Et pourquoi ? Parce que je peux le lire en une nuit ou commencer sa lecture et ne plus en vouloir ? Je suppose. C’est pareil avec un livre papier, ce me semble ; et les iBook, tout numériques qu’ils sont, permettent d’espionner le lecteur et de voir que les pages se tournent deux par deux dans le mauvais sens. Non ? Quoi qu’il en soit, j’ai dû acheter le livre via l’Apple store pour pouvoir le lire.
Le second souci concerne un logiciel qui héberge un dictionnaire également hexagonal. Renseignement pris (plusieurs mails étalés sur une bonne quinzaine de jours, super réactivité !), on peut grossir ses notices mais pas ses menus. J’ai demandé à pouvoir le tester 24 heures. Impossible me dit le service commercial : la version Mac est vendue via l’Apple store. Mais pourquoi ? Juste pour faire un cadeau aux Gafa ? C’est bien la première fois que je dois passer par là pour acheter un logiciel.
Au final, dans les deux cas, je suis confrontée à des produits numériques qui ne devraient pas poser de problèmes d’accessibilité visuelle considérant que le numérique autorise des paramètres d’accessibilité jamais égalés. Il s’agit juste que les programmeurs et leurs commanditaires y pensent. Je remarque également qu’alors que je souhaitais privilégier des achats locaux, ces deux entreprises m’obligent à consommer Gafa, faute d’accessibilité pour la première, par stratégie commerciale pour la seconde. De là à conclure que ces deux entreprises locales font le lit de la mondialisation qui les étouffe, il n’y a qu’un pas… que je franchis volontiers.
Voilà une preuve supplémentaire que les éditeurs et libraires français ne me touchent plus du tout dans leur rengaine à pleurer misère. Je le vis en tant qu’autrice, et en tant que lectrice. Ça fait beaucoup !

À table ! @52

Composition du produit Red Bull

Dimanche dernier, séance de sport. Habituellement, le dimanche est consacré à la grasse matinée mais n’ayant pu me rendre à la salle de sport la veille, j’optais pour une séance de rattrapage.
Une fois mon devoir accompli, je m’apprête à partir. Ma salle étant en sous-sol, il faut emprunter un grand escalier en verre (un peu impressionnant à la descente) pour entrer comme pour sortir. Là, au milieu de l’escalier, deux jeunes filles inconnues semblent me barrer la route. Je lève la tête et elles me demandent si j’ai fini ma séance. Je leur réponds que oui un peu genre « d’ailleurs je m’en vais ». Et là, l’une d’elles propose de m’offrir un Red Bull pour récupérer. Je les regarde dans les yeux (pas facile : elles en ont quatre, j’en ai deux) et je comprends qu’elles sont en pleine opération publicitaire. Je leur réponds que non. Comme un sésame, elles s’écartent alors pour me laisser passer mais avant d’atteindre le haut de l’escalier, elles m’interrogent : « pourquoi n’en voulez-vous pas ? ». Je leur lance sobrement que je ne prends pas ce genre de truc. Elles me rétorquent gentiment qu’elles comprennent parfaitement. Dans ma tête, je pense « mais je me fous de ta compréhension qui par ailleurs ne va rien changer au fait que tu vas aller distribuer ton produit chimique à tous les gens en bas dans la salle. »
Une fois rentré chez moi, je me suis senti un peu en colère. Voilà des années que je me passe à 95 % d’aliments transformés, que je boycotte les produits industriels et leurs distributeurs, que je ne me procure que des aliments bio pour 98 % d’entre eux, la plupart bruts, qui garantissent des revenus et un mode de vie décents à leurs producteurs, que je n’achète plus de viande et que j’ai banni les boissons type soda (sauf un Schweppes de temps en temps l’été, j’avoue) et voilà qu’en sortant du sport, l’un des piliers de mon bien-être au quotidien, on vient me proposer en embuscade la boisson industrielle chimique hyper calorique tsunami sucré par excellence !
Ma prochaine mission est toute trouvée : faire en sorte que ma salle de sport n’autorise plus ce genre de démarchage !

Décroissance @61

Je suis depuis quelque temps le blogue « Je fais ma transition » qui propose un « éco-geste » par jour. J’y retrouve beaucoup de mes comportements quotidiens (et ça fait du bien de ne pas se sentir seule face à la société de consommation irraisonnée) ; et je glane au passage des idées que je n’avais pas eues. Il y a cet article « Réutiliser la chaleur », ici, qui m’a renvoyée à mon enfance : bon nombre des astuces proposées étaient notre quotidien à la maison et sont restées des gestes automatiques pour moi : mettre un couvercle sur les casseroles, baisser le feu quand cela bout, ou finir de mijoter sur feu éteint. J’ai fait suivre cet article à maman qui me confirme cuisiner ainsi, et réutiliser en prime ses restes pour faire des soupes.
À l’époque, on économisait parce que nous préférions dépenser l’argent ailleurs qu’en cuisine. Cela valait aussi pour les dépenses de lumière, chauffage et eau. C’est sans doute pour cela que vivre en mode décroissance ne me pose pas tant de problèmes ; j’ai appris enfant à vivre ainsi. Jeune adulte, j’ai un peu succombé à quelques luxes (eau à gogo, chauffage…) mais les appartements que j’ai occupés m’ont vite remise sur le chemin du contrôle de mes dépenses, chaussettes en laine et écharpe autour du cou.
J’ajoute aux suggestions de cet article décongeler les crêpes, les tranches de pain, de gâteau ou de cake en les posant sur le couvercle d’une casserole où quelque chose cuit voire simplement au soleil, sortir les ingrédients d’un plat du frigo deux heures avant de cuisiner pour les amener à température ambiante (10° à 25° de gagnés selon les saisons) ou encore le chauffage en urgence de l’aquarium de Patton (). La lecture de cet article me porte néanmoins à surveiller un peu plus mes casseroles (j’ai tendance à laisser bouillir mes soupes, ce qui n’est pas bon non plus pour leurs qualités nutritionnelles) et à me réconcilier avec le minuteur. Je vais tenter également d’arrêter le four plus tôt quand je suis sûre du temps de cuisson.
Reste les « marmites norvégiennes » : j’ignore où et quand mais je sais en avoir vu en fonctionnement. Maman me parle du Larzac. Je ne pense pas. Mais qui sait ? Quoi qu’il en soit, la technique à grand renfort de couettes et laines risque d’être compliquée à mettre en œuvre dans ma cuisine, trop petite. Se pose aussi la question de la manipulation d’une casserole d’eau bouillante qui m’est délicate. Je vais commencer par mettre au four éteint mes préparations pour mieux conserver leur chaleur ; je peux aussi leur tricoter un petit pull. Et j’irai faire un tour au tout à dix balles voir si je peux faire un assemblage pratique et sécure pour moi.
Encore merci Dominique Clerc pour votre blogue ! Je me régale.

Adieux @38

En passant à la bibliothèque, je suis tombée sur un livre consacré à l’affaire Grégory. J’avais déjà évoqué en Hétéronomie mon intérêt pour ce fait divers qui a marqué ma jeunesse. En lisant cet ouvrage, écrit, fort mal, par une journaliste, j’ai découvert de nouveaux éléments intéressants.
Je savais déjà combien le meurtre a été l’objet d’enjeux qui le dépassaient largement, notamment liés au traitement médiatique fou. Aujourd’hui, j’ai aussi mieux compris ce que j’avais vaguement vu concernant la « concurrence » gendarmerie / police. Plus encore, le livre évoque les tensions politiques qui ont joué, par avocats interposés, selon leurs convictions et leur proximité partisanes respectives. Vers la fin de ma lecture, une nouvelle décision de justice est revenue sur une audition majeure de 1984.
Au-delà des histoires de famille, secrets, jalousies, revanches… déjà particulièrement riches, c’est un tableau très large qui se dessine. Les imbrications et influences entre des éléments très divers, proches ou éloignés, permettent à mon sens de réfléchir une fois de plus sur la distance à essayer de prendre vis-à-vis des événements, quels que soient leur taille et leurs protagonistes. J’ai réservé à la bibliothèque d’autres livres sur l’affaire.

Incyclicité @31

Frédéric nous a parlé récemment de ses soucis de locataire confronté à des mictions dans son ascenseur (ici). J’aime bien le sujet. Dans mon immeuble, nous sommes face au même type de désagrément ; j’avais d’ailleurs fait un billet sous un autre angle () dont je reprends l’illustration, parlante (à défaut d’être odorante) ; et un autre, évoquant le moyen de savoir qui fait quoi (lala).
Chez moi, ce sont « les jeunes » qui sont montrés du doigt. On leur doit certainement les canettes, les pipes à eau et les emballages de kebab. Mais l’urine… Je pense plutôt que ce sont des chiens que mes voisins évitent de sortir, ou qui cherchent à discréditer les fameux « jeunes » (qui n’ont pas besoin de ça). J’avoue avoir été tentée par le test génétique, pour les disculper surtout.
Je ne m’y suis jamais employée, aussi parce que je ne fais pas une affaire de cette malpropreté même si je prends tous les jours l’escalier. Quand mes voisins m’en parlent, j’argue que les flaques sont petites, trop petites pour un adulte qui urine normalement, et souvent placées exactement sur les mêmes marches, ce qu’un humain ne chercherait pas. Autre argument : elles surviennent les jours de grande pluie ou grand froid.
Ceci étant, je ne considère pas les chiens comme responsables mais bien leurs maîtres qui cachent leurs mauvaises manières derrière ces « jeunes ». J’ai d’ailleurs remarqué que depuis que ces derniers n’occupent plus les escaliers (certains sont en prison, d’autres interdits d’arrondissement), les petites flaques d’urine sont moins fréquentes, sans être totalement absentes. Serait-ce à dire que c’est plus difficile de faire pisser son chien dans l’escalier quand il n’y a personne pour servir de coupable ?
J’ignore si c’est là une question de dignité ; c’est en tout cas l’expression d’une belle hypocrisie !

Vérité syndicale @26

Jeudi 7 février avait lieu la deuxième nuit de la Solidarité à Paris (ici). Mission pour les volontaires qui ont fait le choix d’arpenter les rues de Paris jusqu’à 1 heure du matin suivant une méthodologie précise : comptabiliser le nombre de personnes sans abri et recueillir certaines informations. Résultat : 3 622 personnes rencontrées ce soir-là ont passé la nuit dans la rue. Des informations supplémentaires seront connues prochainement, après étude des questionnaires anonymes qui ont pu être complétés à cette occasion.
L’an dernier, ce recensement a permis d’apporter des données réelles bien supérieures aux estimations et de mettre en place, en connaissance de cause, des réponses plus adaptées : plus de lieux spécifiques pour les femmes de plus en plus représentées (12 %), des bagageries…
Mon groupe (4 personnes dont une responsable formée à la prise en charge spécifique de ces populations) a rencontré peu de personnes sans abri, notre zone n’étant pas très « accueillante » : un espace urbain concentrant beaucoup d’administrations dans le centre de Paris, peu touristique et avec peu de commerces. Cela n’a pas été le cas dans d’autres arrondissements où le nombre de citoyens dormant dehors recensés a doublé (ici).
Difficile d’en dire plus si ce n’est la satisfaction d’avoir œuvré de façon pragmatique, mais forcément frustrante, dans une ambiance fraternelle portée plus haut encore par un souci commun d’agir ici et maintenant.

Préférences @4

Je lisais un article du Huffington Post « Pour la Saint-Valentin, des sextoys gays, lesbiens et non-genrés (sic) », intriguée par la notion de godemichés « non genrés ». L’article s’est révélé fort intéressant, le propos de Alice Derock, fondatrice d’un sex-shop en ligne « dédié à la communauté lesbienne » me portant, par la justesse de son propos, à visiter le site en question. Les jouets proposés, à l’œil, font assez envie, et leur présentation révèle une donnée à laquelle j’ai souvent été confrontée : celle de l’évaluation des dimensions de l’objet.
Dans la tête, on peut avoir envie de quelque chose qui comble ; le hic est qu’un godemiché, ce n’est pas dans la tête qu’on le met (non non !) mais plutôt dans le vagin, considérant que celui-ci a volontiers les yeux plus gros que le ventre. Comment choisir ? L’étalon de la mesure du désir vaginal n’est-il pas le doigt ? Eh bien ! voilà que les tailles sont décryptées en nombre de doigts (ici) en même temps que chaque modèle proposé a plusieurs tailles.
Est-ce cela le « non genré » du jouet sexuel, l’idée que deux doigts suffisent a beaucoup de plaisir autant que quatre peuvent être requis, autrement dit que c’est le vagin qui décide et pas l’anatomie de son partenaire ? Il y a ça, et aussi le fait que ces objets oblongs ne sont pas façonnés à l’image des pénis. À l’époque où je fréquentais les sex-shops (tout se perd… mais ma garde-gode est à refaire ; à bonne entendeuse, je peux livrer la date de mon anniversaire…), on parlait de godemiché « réalistic » qui s’opposaient aux premiers modèles en jelly, de couleurs vives et sans gland ni décorations veineuses.
Il semble qu’aujourd’hui ces derniers soient devenus la règle dans les sex-shops de filles et je m’en réjouis. Il y a pourtant une chose qui m’intrigue. Sur ce même site, on trouve des « sextoys pour insémination » () ; je n’y aurais pas pensé mais c’est effectivement plus judicieux qu’une petite cuiller. Je remarque sitôt qu’ils sont très réalistes, ce que le site confirme « Habituellement WetForHer ne met vend aucun sextoy de forme réaliste mais nous ne pouvions pas laisser ce sextoy de côté car il est créé par une lesbienne aux US que nous avons rencontré (sic) et il est destiné aux couples lesbiens pouvant pratiquer l’insémination chez elles. »
Tiens donc. Une lesbienne crée un sextoy pour aider aux inséminations maison (bonne idée) tout en proposant une représentation fidèle du pénis, comme pour faire père celle qui introduira le gode et actionnera la pompe. Quel paradoxe ! La déconstruction du genre, notamment en matière de parentalité, est loin d’être aboutie. Vivent les petites cuillers ! Il y en a aussi de différentes tailles, et matières.

 

Grand homme @25

Frédéric évoquait récemment la colère ressentie à l’exploitation du malheur pour susciter, aviver, entretenir des émotions lors de l’incendie de la rue Erlanger. Je suis bien d’accord avec lui. Toutefois, les émotions me prennent aussi en pensant à cet incendie et en voyant des images. Mais pas les témoignages de ceux qui ont vécu ces moments d’horreur, pas les blabla des journalistes devant tel ou tel lieu. Non, les images de la BSPP, brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
Voir ces images me remue, tant par la violence de cet incendie pour les victimes que le courage des pompiers. Penser que des hommes et des femmes sont prêts à intervenir dans ce type de situation, s’y préparant pour aller « au front », les voir, rester sidérée devant ce à quoi ils peuvent être un jour confrontés. C’est leur travail, ils sont payés, ont une reconnaissance embellie par l’attrait de l’uniforme, etc., et alors ? Ces hommes et femmes ont fait le choix de « Sauver ou périr » et l’explosion rue de Trévise a prouvé que le risque mortel est toujours présent.
Au-delà des remerciements, c’est de l’émotion qui m’étreint à penser que des personnes sont prêtes à intervenir à tout moment, le plus rapidement, dans des conditions extrêmes pour sauver quiconque. Quelle que soit la violence de nos sociétés, les tensions, la brutalité de certaines relations sociales, certains sont présents pour vous, pour nous, pour moi, même lors de ce qui est une crainte des plus terribles d’un incendie cueillant dans son sommeil. Si notre foi en l’humanité peut s’effriter, l’engagement des pompiers peut ne pas tout à fait la perdre.

Bigleuse @97

Cela fait plusieurs fois que quelqu’un me conseille d’utiliser Siri, l’assistant de recherche Apple, au motif notamment de ma déficience visuelle. J’y ai toujours rechigné, parce que je n’aime pas le « vocal » même si je dois bien reconnaître que la fonction de lecture à l’écran de Petit 6 m’a souvent dépannée tant les concepteurs d’appli cultivent les petits caractères ; aussi parce que l’idée de parler à une machine me rebute. Mais Petit 6 n’est pas une « machine » ! Avec le temps, il est devenu indispensable à mes déplacements et à une part de ma vie quotidienne dans la sécurité et l’accès à des informations qu’il me procure.
C’est sur la suggestion de Frédéric que j’ai donc fini par activer Siri sans trop savoir à quoi il allait m’être utile. Je suis d’emblée assez bluffée par sa capacité à comprendre les questions simples, pas si simples :
— Dis Siri, dois-je prendre un parapluie ?
— Il ne devrait pas pleuvoir au cours des dix prochains jours.
Il est en outre très lisible en plus d’être vocal. Un pur bonheur d’accessibilité. Il est blagueur aussi, surtout quand on cherche un dialogue plus intime.
— Dis Siri, où puis-je rencontrer une fille ?
— Alors l’une des options à proximité est l’Utopia, rue de l’Ouest. C’est bien ce que vous cherchez ?
— Merci Siri.
— Si je peux vous faire plaisir.
Je l’adore déjà ! Et j’ai découvert très vite qu’il savait aussi m’indiquer le métro le plus proche, idée qui me plaît beaucoup ; quant à un arrêt de bus ; c’est une autre affaire ! Il m’a envoyé hier Outre-Atlantique, ce matin à Meudon. Et quand je lui dis que ce n’est pas ça, il répond :
— C’est ce qui me semblait.
Cela ne va pas me faciliter la vie mais je ne renonce pas. J’imagine que cela dépend de la RATP qu’il trouve le bon arrêt de bus, ou de Plan. Suspens.