Archives mensuelles : avril 2015

Bééé @9

Au ciné...Ça y est, on y est allé. Pour l’aventure, c’était l’aventure.
L’avantage avec une salle remplie de gamins, c’est que quand Petit Mouton béééait à ses copaiiiiins, ça passait inaperçu (ou presque). Il a aussi eu pas mal peur, avec tous les rebondissements où les copaiiiiiins sont en mauvaise posture. Notre Cécylou aussi a eu peur, mais tous les deux se sont consolés en se serrant dans les bras et en croisant les pattes pour que tout se termine bien. Et tout finit bien, chouette !
Bref, cinoche avec popcorn, un grand bonheur ! C’étaiiiiit suuuuper…

Miam ! @8

Code SpipJe vous parle beaucoup de judo et de ceinture noire mais j’ai d’autres satisfactions fortes dans la vie. Si si ! La dernière en date, après quatre attaques de hackers entre décembre 2014 et janvier 2015, est d’avoir reconstruit de toutes pièces mon site Internet et de le développer encore un peu chaque jour. Installation d’un affichage aléatoire par-ci, développement d’une nouvelle rubrique par là, création d’un « objet » de type « inclure »… Mon dernier exploit !
Je dois tout cela à Pierre, mon-Pierre, que je chéris bien au-delà de nos partages numériques. Nous avons commencé à travailler ensemble dans l’espace numérique d’un centre social de l’arrondissement : j’avais un site Internet à refaire ; il avait besoin d’aide pour accueillir des particuliers qui cherchaient une initiation à l’ordinateur. Notre échange de savoir était né. La suite est faite de code, bien sûr, mais aussi de crêpes de ma-Jeanine, de soutien dans nos projets militants communs ou respectifs, de partage anarcho-affectif (un concept rare), de moments volés au temps qui file, de tendresse aussi, de beaucoup de tendresse. Que serait une boucle Spip sans tendresse ? Mon site l’ignore.
Pierre a ainsi refait mon site en Spip (en 2008), m’expliquant des choses, de-ci, de-là. Au fil du temps, des bogues, des ajouts de contenu et hacks, Pierre m’a appris à coder, me permettant de créer seule le site miroir de mes Feuillets (en cours de reconstruction), de développer mon site actuel jusqu’à créer ce premier « objet » de type « inclure ». Pas grand-chose ? Sans doute pour les spécialistes mais pour moi, c’est un peu comme le Nage no Kata : un truc inconcevable à une époque de ma vie qui devient une réalité grâce à l’échange, l’amitié et le partage.
Merci Pierre. C’est mon tour désormais de faire les crêpes. Je le prends !

Hétéronomie @9

Michel Lallement, "L’Age du faire. Hacking, travail, anarchie" L’équipe de La grande table reçoit Michel Lallement sociologue, auteur de L’Age du faire. Hacking, travail, anarchie dans une émission intitulée Hacking : le pouvoir de la bidouille. Intervention de Loïc Blondiaux au sujet des hackerspaces : « J’ai quand même une crainte, c’est que ce monde reste quand même, même s’il y a des liens avec des mouvements du type Occupy, à distance, et à très bonne distance, du monde politique traditionnel. Tout se passe comme si il y avait un vrai antagonisme, une vraie hétéronomie entre ces deux mondes. Le monde politique traditionnel est fondé sur la représentation, il est fondé sur le statut. Ces espaces numériques sont fondés au contraire sur la contribution, sur la collaboration, sur l’évitement du conflit et sur le consensus. Comment peut-on imaginer qu’à terme se produise une hybridation entre le monde politique et ce monde des valeurs politiques du numérique et comment imaginer, à voir nos élus aujourd’hui, tels qu’ils sont et tels qu’ils fonctionnent, qu’ils soient contaminés un jour par cette logique du consensus ? »

Va chez l’gynéco @23

Sécurité socialeHuit jours avant le passage de mon Nage no kata, je me suis coincé une lombaire (en mettant ma culotte debout). Il fallait bien ça, l’exercice était si facile ! Fort heureusement, j’avais rendez-vous chez ma kiné, qui n’a rien pu faire… La lombaire s’est décoincée dans le métro le lendemain et, comme une grande, j’ai fait ce qu’il fallait pour réduire la douleur, et passer mon Nage no en pliant bien les genoux.
Je suis ensuite allée voir mon médecin qui m’a indiqué un autre kiné. J’étais un peu fâchée contre la mienne qui, entre-temps, m’avait rappelée fort tardivement alors que j’avais laissé un message indiquant que j’avais très mal. On ne s’entendait guère. J’ai saisi l’occasion pour partir. Mon médecin a fait un courrier au nouveau kiné pour lui indiquer l’incidence de mon nystagmus sur ma posture, les douleurs cervico-brachiales qui en découlent, et cette lombaire toujours souffreteuse. L’ordonnance allant avec était libellée de telle manière que la codification de l’acte est une belle rémunération (pour un kiné).
Il a lu la lettre, m’a demandé de lui raconter l’épisode lombaire et m’a installée allongée sur le dos avec un pack de chaud sous les reins. Massage de cinq minutes à suivre. Ce sera tout pour aujourd’hui. Il faut dire que le monsieur prend deux patients en même temps. Parfois, la séance est plus complète, étirements, massage… et pack de chaud. Mes lombaires vont mieux, mais le reste de mes douleurs est intact. Je lui en ai parlé. Il dit « oui-oui » mais ne fait rien.
J’avoue que cela me gêne un peu que la sécurité sociale paie mes exercices de micro-sieste 25,43 euros la séance. J’ai hésité un temps à interrompre les soins ; j’attends de me trouver un autre kiné pour ce faire. Cela devient urgent ! À la dernière séance, après qu’il m’ait glissé le pack de chaud sous les reins, je l’ai entendu quitter le cabinet pour revenir dix minutes plus tard. Pas très déontologique, tout ça !

Charité @14

LiberationLibération publie à la mi-avril 2015 un article titré Le sexe bientôt accessible aux handicapés ? À la suite d’une décision de justice, il est consacré aux formations d’assistants sexuels pour les handicapés. On peut comprendre que des personnes handicapées aient envie d’assistants sexuels, rémunérés contre caresses, câlins, masturbations et autres « services sexuels », notamment celles ne pouvant pas elles-mêmes se masturber. La journaliste écrit « les juges ont-ils ouvert la voie à la reconnaissance d’un droit à la sexualité pour les handicapés ».
J’ai bondi, car tout ce texte sous-entend que les handicapés n’ont pas de sexualité et qu’il faudrait forcément permettre la mise en place de professionnels pour leur donner ce « droit » dont ils seraient de fait exclus. J’ai été atterrée par le postulat même que les handicapés ne pourraient de fait pas rencontrer des partenaires sexuels, handicapés ou non, qui voudraient partager leur intimité, pour quelques heures ou une vie commune.
Avant une quelconque avancée juridique, une évolution des mentalités reste incontournable, même chez les journalistes de Libération.

Villes @4

Cécyle 1972Quand j’étais petite fille, papa était à la guitare, avec quelques autres et quelques instruments, flûte, banjo, percussions, maman, d’autres et moi chantions. La maison n’était pas bleue mais on n’en était pas loin. Dans les « tubes », il y avait une chanson d’Anne Vanderlove que je chante encore : « Mes beaux amours, le sont par la fenêtre »… Cela ne voulait pas dire grand-chose mais j’étais petite, alors, l’amour
Dans la playlist qui accompagne mes journées, j’ai récupéré quelques-unes de ces chansons qui ont marqué mon enfance, dont ce titre impérissable d’Anne Vanderlove. « Mes Beaux amours… le sont par la fenêtre ». Il est passé plusieurs fois (j’écoute ma musique en mode aléatoire uniquement) avant qu’un matin, j’entende les bonnes paroles : « Mes beaux amours ont fait le saut par la fenêtre »
C’est tout de même autre chose ! Quant à savoir pourquoi je n’ai jamais entendu cela, je laisse la question à mes biographes, pour les amuser un peu. Et j’ajoute que je n’avais jamais réussi à trancher entre « Je ne serai jamais ce que je voulais être. » et « Je ne saurais jamais ce que je voulais être. » avant ce billet. C’est « serai »… J’aurais préféré « saurai » !
Allez ! pour la postérité.

Décroissance @35

Bonjouir !Il y a cinq mois, un message a commencé à s’afficher sur l’écran d’ordinateur : niveau faible des piles du clavier. Depuis deux mois, le message est devenu : niveau très faible des piles du clavier. Je ne change toujours pas les piles et le clavier fonctionne bien. J’attends qu’il ne réponde plus. Sus aux incitations au gaspillage énergétique !

Intox @5

Magazine de la santéLe « Allô docteur » du 7 avril dernier était consacré à l’inceste. Sur le plateau, un homme témoigne à visage couvert. L’émotion est palpable. Ce qu’il nous dit me semble essentiel, courageux et je suis contente qu’une telle souffrance puisse être exprimée, partagée, comprise.
Face à lui, deux « spécialistes » assurent les réponses aux textos des téléspectateurs. Ce sont deux femmes, une médecin, l’autre responsable d’une association. Elles se disputent très vite la parole et transforment leur réponse en sentences, je dirais même en « revendication ».
— Je suis obèse ; est-ce que c’est un signe d’inceste ?
— Mais bien sûr ! Beaucoup d’obèses sont des victimes d’inceste, la majorité !
J’ai une pensée émue pour les personnes obèses qui regarde cette émission.
— Je n’ai de relations sexuelles qu’avec des hommes de l’âge de mon père. Ai-je été victime d’inceste ?
— C’est possible, en effet, mais ne croyez pas que vous désirez votre père qui aurait abusé de vous. Vous êtes la victime. C’est son emprise qui s’exprime dans votre vie sentimentale.
Comment peut-on passer ainsi du conditionnel à l’indicatif ? De la même manière que l’on transforme tous les obèses en victimes quasi obligatoires d’inceste.
« Allô docteur » m’avait habituée à plus de sérieux dans le recrutement de ses invités. Je comprends, je sais, que l’inceste est un sujet difficile, que toute agression sexuelle détruit une vie, une vie qui peut aussi se reconstruire. Le déni de ces violences criminelles est souvent tel qu’il faut lui opposer une certaine violence militante ; je le comprends aussi. Mais ces deux femmes sont allées au-delà. C’était comme s’il n’était finalement pas possible de ne pas avoir été victime, comme si chacun de nous enfouissait forcément quelque chose…
Les victimes de violences sexuelles incestueuses ne méritent ni le silence, ni cette étrange banalisation. Elles méritent la justice, le respect. Je n’ai rien vu de tel dans cette émission, hormis cet homme, qui témoignait. Merci.

Vérité syndicale @16

Conseils de quartierJ’ai assisté récemment à une conférence sur les conseils de quartier à Paris. Un des intervenants est un adjoint en mairie d’arrondissement. Il pointe un des problèmes qui peuvent se poser à moyen et long terme : la notabilisation. Il s’inquiète de la mainmise de certains habitants, notamment via des associations, sur les projets. Cela pourrait bloquer le fonctionnement démocratique en empêchant le renouvellement des participants.
C’est effectivement un des risques que l’on peut craindre. Des habitants peuvent manipuler ces institutions au bénéfice de leurs propres intérêts. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’incite à me méfier de la démocratisions participative où les plus aisés, les plus éduqués, qui disposent de plus de temps et peuvent s’organiser vont prendre l’ascendant.
C’est bien aussi le risque, cette fois bien avéré, avec la démocratie représentative. Le renouvellement et la mixité sociale ne sont pas au rendez-vous et l’intérêt général parfois oublié. Sans surprise, l’adjoint au maire n’en a absolument pas parlé…

Charlie @7

direct matin 19 avril 2015Direct Matin du 17 avril 2015, après avoir titré en une « Tolérance zéro face au racisme », titre l’article consacré aux mesures prises par le gouvernement pour « se donner les moyens pour mieux lutter contre des actes haineux encore trop présents » suite aux attentats de janvier « l’État dit non au racisme ».
Mon sang ne fait pas même un tour : quid du racisme d’État ?
Qui peut ignorer que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie sont des systèmes de domination largement entretenus par l’État pour que l’ordre règne, l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste, donc, un ordre où la richesse de quelques-uns est le produit de l’exploitation organisée du plus grand nombre sur fond de nivellement des cultures, des savoirs et des langues ? Pas celles et ceux qui en profitent, j’imagine. Et celles et ceux qui en sont les victimes, vous, moi ?
Pouvons-nous ignorer la ségrégation spatiale, les discriminations économiques et sociales, les stigmatisations religieuses et culturelles, le déni de l’histoire, l’exploitation en ricochet des pauvres du Sud par les pauvres du Nord eux-mêmes exploités, l’appauvrissement organisé, le contrôle des populations, des moyens de communication, l’étayage de la société de consommation, grenier à blé des grands bourgeois de ce monde, sur l’encouragement des stéréotypes, etc. ?
Autrement dit, si l’État veut éradiquer le racisme, il doit d’abord éradiquer l’ordre économique mondial, voire s’éradiquer lui-même. C’est dit un peu court, j’en conviens. Mais en dehors de la remise en cause de l’ordre lui-même, comment espérer faire reculer les manifestations de haine qui le fonde ? Par l’égalité des droits ? Si elle avait fait reculer le racisme, l’antisémitisme et le sexisme, cela se saurait. Et l’homophobie ? Rêvez, braves LGBT procréateurs ! Dieu ne vous le rendra pas.