Archives mensuelles : février 2015

Réclamation @59

PièceQuand une marque propose un produit avec un supplément gratuit, vous vous dites comme moi que logiquement ledit produit est le même prix que sa version sans le supplément gratuit ? Il y a des chances, comme on vous l’a appris en maths à l’école.
Mais, le marketing et le capitalisme marchand ne comptent pas comme nous. Je m’en méfie, ayant déjà constaté cela, mais lorsque j’ai payé plus cher un produit avec une partie gratuite, j’ai contesté. L’employé m’a expliqué plusieurs fois que le prix n’était pas le même parce que ce ne devait pas être le même produit (même si la seule différence était le bonus « offert ») ou la même promotion (inexistante en l’espèce pour le produit de base). Il avait intégré la logique et devant mon incompréhension de ces subtilités commerciales a sollicité du caissier mon remboursement complet.
Il m’avait donné le choix. Ne serait-ce que par refus de ce genre de pratique, j’ai demandé à être remboursée. Je n’aime pas l’idée que l’on tente de me blouser ainsi.

Caprice @3

SolairesJe suis passée chez l’opticien pour me trouver une paire de solaires « d’hiver », celles que j’ai actuellement ayant des verres polarisés nº 3 très confortables mais trop noirs quand je veux me protéger d’un ciel d’hiver un peu lumineux. Il s’agit donc d’une paire de dépannage que je vais utiliser trois mois par an. Je les souhaite moins galbées pour être moins encombrantes mais assez couvrantes pour que je ne regarde pas en dessous.
Mon opticien, très vite, renonce à trouver le bon modèle dans les paires en magasin. Il déniche mes solaires actuelles dans un catalogue, des verres polarisés nº 2 qu’il fera faire sur mesure, avec le galbe… 480 euros. Oups ! Ce n’était pas mon budget pour des solaires d’appoint. Je repars. Une heure plus tard, l’opticien me rappelle. Pas de verres polarisés en nº 2. La facture baisse à 220 euros. Toujours trop cher, surtout sans le confort de la polarisation.
Je me décide alors à passer dans un magasin de sport. Le choix est faible. Je ne trouve pas mon bonheur. Quelques jours plus tard, je fais le tour des opticiens près de chez Isabelle qui habite un quartier « populaire ». Nous croisons des paires entre 70 euros et 396 euros, sans verres polarisants ni forme adaptée aux exigences de mon nystagmus. Je lâche l’affaire quand Isabelle suggère d’aller à Monoprix dont nous ressortons cinq minutes plus tard avec une paire à 20 euros (pardon, 19,99 euros) ! Les verres sont de piètre qualité mais iront bien pour ce que je veux en faire. La paire est plate et rentre dans ma poche. La forme va presque bien. À ce prix-là, je m’adapte !

Adieux… @17

Tomatier est un suuuuper copaiiiin. Mais en pluuuuus, il fait des bééééébééééés !!!!
Ils sont venuuuuus rendre visiiiite à la baaande. On a jouéééé au foooooot, puis ils sooooont paaaartis nager en voyaaaaage à Estomac, comme cousiiiin belge à qui ils vooooont faire coucouuuuu.
Bravooooooo Tomatier et les tomateaux !!!

Petit Mouton et les bébés de Tomatier

Cliché @7

Inter-LGBT suicideJ’ai un peu tourné en rond avant de faire ce billet, en ai parlé autour de moi, demandé des avis… J’avais besoin de réfléchir. Cette campagne contre le suicide chez les homos initiée par l’Inter-LGBT m’a mise mal à l’aise. Le suicide n’est pas un sujet qui me gêne, vous l’aurez remarqué, mais cette campagne me pose problème.
Il y a d’abord le décalage entre l’affiche « garçon » et l’affiche « fille » : d’un côté un « bon mot », de l’autre rien de censément drôle, comme si le « bon mot » était venu tout seul et qu’il avait fallu faire une affiche pour les filles sans que l’on n’ait trouvé le slogan ad hoc. Sexisme ? Allez ! Tout de suite les grands mots ! J’en suis désolée, mais à force de constater que la communauté LGBT pense d’abord G avant de décliner LBT, certaines conclusions viennent toutes seules. Conclusion hâtive ? Qu’on me le démontre.
Il y a ensuite ce « bon mot » : ce ne serait donc pas « un truc de pédés » de « se jeter du 6ème (sic) étage » ? Voilà une expression homophobe par valorisation de la virilité que l’on peut bien sûr détourner de son objet. J’aime bien les mécanismes identitaires d’appropriation de l’injure et suis volontiers une gouine. Mais là, franchement ? Le suicide serait-il un acte « viril » ? Autrement dit, se suicide-t-on pour prouver sa virilité ? Bigre.
Il y a enfin le choix du pistolet pour les filles. Je ne crois pas que les armes à feu sont le premier moyen utilisé par les femmes pour se suicider ; et l’on sait aussi que rater son suicide est bien un truc de meuf (je m’adapte au style, vous aurez remarqué). Cette affiche s’adresse donc à qui ? Aux seules  cowgirls who get the blues ? Et les femm alors ?
Le suicide est le résultat d’une souffrance personnelle incontrôlable. Même si tous les moyens sont bons pour en parler et faire de la prévention, notamment chez les populations plus touchées que les autres, je trouve cette campagne ratée. Elle est finalement vite passée à la trappe… cela explique sans doute cela.

Et puisque l’on rigole aujourd’hui…

Question @4

Yeux albinosJ’ai renouvelé mon passeport fin janvier, une opération administrative pleine de surprises, ce d’autant que les locaux de la préfecture de ma mairie, où j’aurais pu trouver du secours, étaient fermés pour travaux. J’ai donc pris rendez-vous à la mairie du 15e, y suis allée une fois en repérage, une fois pour de vrai, les deux avec ma canne blanche, histoire de me simplifier la vie.
Cela a été plus ou moins le cas, ce d’autant qu’à l’heure de mon rendez-vous, l’employée de la préfecture était à dix minutes de sa fin de service quand cela a été mon tour. Elle est allée bavarder plus loin ce qui m’a valu une demie heure d’attente, de multiples changements de guichets pour que la collègue chargée d’autre chose me prenne en charge « quand même », mais « Ce poste ne prend pas les empreintes. », « Je ne peux pas faire la recherche avec celui-là. » ; « Excusez-moi mais on est au retrait ; pourquoi ma collègue ne vous a-t-elle pas prise ? »
Il y a eu aussi cette agente à l’accueil de la mairie qui refusait de m’accompagner jusqu’aux locaux de la préfecture ou d’appeler quelqu’un à la rescousse jusqu’à ce que je m’excuse avec obséquiosité en lui expliquant que je n’étais pas malvoyante rien que pour pourrir sa journée. Cette même agente, confortée par une fonctionnaire de la préfecture, m’a vivement conseillé de faire la photo « chez Orange », « sinon, vous allez perdre votre argent ».
Là, pour 12 euros au lieu de 5 euros en machine, un vendeur très compréhensif a pris le temps de refaire autant de fois la photo pour que j’aie les yeux ouverts et le regard à peu près dans l’axe. Mais c’est compliqué de photographier au flash un albinos et son nystagmus. La fonctionnaire de la préfecture a d’ailleurs bien remarqué que j’avais un peu le regard de travers, espérant que « ça allait passer ». C’est passé mais une question est restée en suspens : qu’est donc que « albinos » comme couleur d’yeux ?
— Mais vous avez les yeux bleus ?
— Tout le monde le dit mais le « Cerfa 12100-02 » indique « albinos » dans les couleurs d’yeux possibles ; or, je suis albinos.
— Ah !
Petit tour des collègues, appel à la chef… J’ai les yeux bleus et personne ne sait ce que serait « albinos » comme couleur. Rouge ? Cela ne concerne que les lapins. Pascale me suggère blanc. Je n’en connais pas. Un courrier au préfet s’impose, vous ne trouvez pas ?
Quoi qu’il en soit, cela m’aurait bien plu d’avoir les yeux albinos, pour une fois que cette part de mon identité était officiellement reconnue. Cela serait pourtant discriminatoire, car cela impliquerait un certificat médical, et pas sûr que je passe facilement les frontières avec des yeux albinos apparaissant bleus. Et puis, Pascale aurait réclamé des yeux polios ; vous imaginez le souk dans les files de priorité aux aéroports ?

Chouette @13

TeleagrandisseurDepuis toujours, mon nom est bien souvent mal prononcé. Je n’ai jamais compris comment les gens en arrivent à cette, hélas trop courante, prononciation. En tous les cas, la généralisation de logiciels non francophones a aggravé la situation en raison de l’absence d’accents. C’est toujours pénible pour moi que mon nom soit écorché.
L’autre jour, dans un laboratoire de prise de sang, l’employée prononce mon nom du premier coup et je la félicite. Elle ajoute alors « Je vais ajouter une note indiquant comment ça se prononce. J’espère que ma collègue va bien le lire. » Et ça a marché. Je me suis alors retournée pour lui faire un signe, un joli moment de connivence. Je n’apprécie pas les prises de sang, mais dans un contexte sympathique, ça passe beaucoup mieux.

Incyclicité @15

Panneau vélo-piétonsJ’ai toujours pensé que les agents publics avaient un devoir d’exemplarité au-delà même de leur sphère de compétence. C’est le plus souvent le cas et les comportements contraires au civisme sont d’autant plus criants.
C’est ainsi que j’ai croisé sur l’espace partagé (piétons, cyclistes) où je déroule le matin, au niveau de la porte de Vanves, trois véhicules techniques de la Ville (dont un petit camion à plateau), négligemment garés sur l’espace partagé, en quinconque. Les cyclistes, comme les personnes se rendant avec leur poussette de marché aux Restos du cœur, devaient descendre sur la chaussée sans protection aucune, les piétons, plus chanceux, pouvaient se faufiler côté bâtiment, les agents aux couleurs de la direction des Espaces verts venus avec ces véhicules devisant gaiement sur le peu de passage libre.
Il est très fréquent que des véhicules de la Ville (Propreté ou Espaces verts) se garent ainsi tout au long de cette voie verte. C’est souvent pour effectuer des travaux ou du nettoyage… sans rapport avec l’espace partagé. Il est sans doute moins difficile de bloquer la circulation des piétons et des vélos que de réduire la circulation automobile. Ce ne sont finalement que des piétons et des vélos et j’imagine volontiers que personne n’a jamais dit à ces agents que la « circulation douce » était devenue un axe central de la politique de circulation de la Ville.
Allez ! On se console. Leur moteur était éteint. Ouf !

Bonheur @18

Blog Petit Mouton et sa médailleQu’est-ce qu’ooooon est fiiiiier de Petit Scarabée ! Caddie a été suuuuper pour l’aiiiiider. Il a gardééé plein de riiiiiiiiz pour le Nage no kata. Alors aprèèès le succèèèès de Petit Scarabée, on a tooooous eu du riiiiz et moi j’ai euuuu aussiiiii une mééédaille de roi du riiiiz.
J’suis cooooontent.

Juger @5

MamouthQuand j’avais sept ou huit ans, j’ai découvert les premiers supermarchés. Celui où nous allions s’appelait Mamouth. Nous étions au début des années 70. Le modèle commercial « supermarché » était encore nouveau, un peu fascinant par son abondance. Mais, à la maison, on ne s’en laissait déjà pas compter par les mirages de la grande distribution. Maman avait entendu dire qu’un certain pourcentage du prix des articles servait à couvrir les pertes pour vol. Elle avait donc décidé que nous irions au supermarché à l’heure du déjeuner afin d’y manger pour le montant supposé de ce surcoût.
Elle disait que l’on ne pouvait pas être poursuivis pour vol si l’on consommait sur place. Ainsi convaincue de son bon droit, elle prenait du jambon à la coupe, du pain au rayon boulangerie, des fruits, des tomates, un paquet de biscuit, une bouteille d’eau et nous mangions en picorant dans le Caddie. Je crois bien que je n’ai jamais mangé avec aussi peu d’appétit tant j’avais peur que nous nous fassions pincer ! Maman avait beau dire, il me semblait bien que c’était du vol !
J’étais pétrifiée à l’idée d’aller en prison, aussi pétrifiée que quand nous faisions les grapilles élargies aux vergers ou quand maman s’arrêtait à la décharge pour récupérer un meuble, un peu de vaisselle, du bois à brûler ou même des couronnes mortuaires en perle pour donner à une amie plasticienne qui les « recyclait ».
Nous sommes trente-cinq ans plus tard et je découvre dans l’Humanité (ici) que se servir dans une poubelle pour se nourrir est passible de poursuites pour vol. En droit, cela ne m’étonne pas. Mais en fait. Il est vrai que notre si précieuse Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 pose en son article 2 comme « droits naturels et imprescriptibles de l’Homme », la « propriété » aux côtés de la liberté, la sûreté et la résistance à l’oppression. La « résistance à l’oppression » droit naturel et imprescriptible. Bel argument pour justifier ces grapilles, non ? Encore faut-il considérer les supermarchés comme des oppresseurs… Cela se plaide !