Archives mensuelles : octobre 2014

Corps @13

CapucheVous voulez une bonne nouvelle ? Une sacrée s’entend ? Oui ? Ce matin (8 octobre), j’ai réussi à faire cinq pompes dites « de filles » en enclenchant les omoplates avant les bras, donc sans avoir mal au deltoïde !
Incroyable !
Pour dire, j’ai appelé la Cocotte enchantée qui, un peu comme vous, me trouve barrée du Petit Scarabée à sautiller comme une gamine d’avoir fait cinq pompes. Deux ans (avec quelques interruptions) de kiné, deux ans de travail sur ma posture, deux ans de quart d’heure de gym tous les matins, et, depuis début août, de la musculation pour arriver à serrer les omoplates et descendre les épaules.
Et ce matin, cinq pompes sans avoir mal !
J’ai bien senti que je maîtrisais mon geste, enclenchement de l’omoplate, remontée, enclenchement de l’omoplate, remontée… Yes ! J’en suis tout émue. Et demain, je recommence !

Hétéronomie @7

Le bien communExtrait de l’émission radiophonique Le bien commun, animée par Antoine Garapon, recevant Isabelle Ferreras, sociologue et politologue, professeur à l’Université de Louvain autour de la question L’entreprise peut-elle être démocratique ? :

« Ce qu’il faut voir pour pouvoir justement se mettre un tout petit peu en… se donner un peu d’oxygène par rapport à ces marchés financiers et ces hedge funds, c’est que plus les salariés ont en main leur destin au travail si vous voulez, leur vie au travail, les paramètres de leur organisation au travail, plus ils sont productifs. Et donc là vous avez un réservoir aujourd’hui de productivité du travail qui est totalement passé sous silence. On entend énormément de discours sur la souffrance au travail, le stress. Nos médias sont relativement saturés par ce genre de constats. C’est tout à fait approprié, mais c’est approprié surtout de comprendre que ce sont surtout des révélateurs du fait que les individus sont dans des situations d’hétéronomie telles au travail qu’ils sont, en effet, très mal en point. »

Apero @9

Ah, un cola !Je reçois une invitation d’un groupe de filles qui font la promotion du sport lesbien.

« Hello les shortives !!
« Vous pensiez que l’on vous avez (sic) oublié ?! Hé bien, non, on vous propose une soirée le vendredi 17 octobre à partir de 19h30 à l’Okubi, notre petit repère où la bière et le mojito ne sont pas chers ! (…) »

Je dégaine aussitôt mon clavier.

« Bonsoir,
« Me permettez-vous une petite remarque que vous risquez de trouver réac ? Tant pis pour moi, j’ai l’âge.
« Je vous cite : « la bière et le mojito ne sont pas chers ».
« Et l’eau à bulles et les sodas ?
« Faire ainsi la promotion de l’alcool quand on sait combien l’alcoolisme fait des dégâts chez les femmes, toutes lesbiennes et sportives qu’elles peuvent être, me semble relever d’une irresponsabilité coupable.
« Bonne soirée à vous et à bientôt pour un verre soft.
« Cy Jung, écrivaine et judoka »

Quelques jours plus tard…

« Merci Cécyle Jung pour ta remarque que nous comprenons parfaitement mais en fait on s’était davantage attachées au ton du mail qui se voulait festif (ce qui ne s’accommode pas toujours avec le ton de la prévention).
« À l’avenir, nous veillerons donc à ne pas oublier les buveuses d’eau à bulles et de sodas !
« En espérant que tu viendras boire un soft pendant la soirée. »

Ah ! le cliché de l’alcool « unique » festif ! Misère.

À table ! @17

Drapeau suédoisAllant dans un restaurant suédois pour la première fois, Cécyle et moi demandons conseil à la serveuse sur les différents plats. Elle nous indique la composition et les quantités avec un critère : quand les filles optent pour tel choix, cela fait un plat pour elles, mais les garçons commandent quelque chose en plus, car ce n’est pas suffisant pour eux. Ah ! Mince, même chez les Suédois, censés partager les visions avancées de l’éducation comme de lutte contre les préjuges et le sexisme des Scandinaves, on entend ça ! Cela doit être parce que la serveuse était française. Ce n’est qu’un restaurant, mais l’Hétéronaute en nous n’a fait qu’un bond, sans nous retourner l’estomac, ouf ! D’ailleurs, nous avons même pris des desserts, mais il a fallu réclamer, ça ne doit pas être pour les filles le dessert !

Incyclicité @14

0847-cecyleLa Ville de Paris dispose d’un système d’enlèvement des encombrants gratuit et anonyme que l’on peut joindre par téléphone ou Internet. C’est simple, pratique… mais cela n’empêche pas les décharges sauvages de se former, souvent dans les mêmes endroits. Les services de la propreté déposent alors des panneaux mobiles avec mention du service des encombrants et des amendes encourues pour dépôt sauvage d’ordures sur la voie publique. Une ou deux fois l’an, ces panneaux sont doublés de campagnes de sensibilisation.
Rien n’y fait. Certains ignorent toujours l’existence de ce service, ou considèrent que c’est plus simple de déposer leurs encombrants sur le trottoir sans prendre la peine d’un appel ou de quelques minutes sur le Net. Se développe aussi l’idée que quelqu’un dans le besoin récupérera l’objet. Il est vrai que quand on dépose quelque chose de propre et en bon état, c’est souvent récupéré avant le passage des encombrants. Mais pas le reste.
Dans ce contexte, je me demande ce qui a pu motiver des Parisiens souhaitant se débarrasser du sommier et du matelas ci-contre. Ils n’ont à l’évidence pas prévenu les encombrants et ont pris la peine de le monter jusqu’en haut d’une passerelle, bien loin de tout immeuble (il faut traverser au moins une rue, monter la passerelle… et c’est lourd, ces choses-là !) N’est-ce pas la solution la moins pratique ?
En tous les cas, cela fait déjà une semaine que ces objets sont posés là et, comme cette passerelle n’a pas d’adresse postale, impossible pour moi de les signaler par le Net comme je le fais souvent. Je vais devoir faire un mail à une copine au cabinet du maire ; je ne vois que ça ou attendre qu’un jardinier passe par là si tant est que le service de la propreté accepte de monter jusque-là qui est du territoire de la direction des espaces verts. Je sens que ça va être compliqué tout ça !

Note : J’ai eu confirmation qu’il y avait un « conflit de territorialité » ; les deux encombrants ont néanmoins été enlevés moins de 24 heures après mon mail. Ah ! « l’effet cab' ».

Bigleuse @54

Octobre roseLors d’une soirée avec Cécyle, je joue les assistantes d’albinos comme souvent dans ce genre de contexte de foule. Je distribue des papiers reprenant des textes écrits lors d’un atelier d’écriture animé par Cécyle quelques semaines auparavant. Il y a des discussions autour de moi, l’ambiance est joyeuse, je tends les papiers, mais une fille ne le prend pas. Je m’interroge, reste le bras tendu. Il me faut un temps avant de me rendre compte de ce que j’ai oublié : elle est aveugle. Pour passer d’assistante de malvoyante à assistante de non-voyante, j’ai encore du boulot.

Salade @7

LégumesOn aime bien disserter sur le prix des abricots, en Hétéronomie. Et je me caractérise souvent par une défense purement comptable des produits de provenance antisociale achetés en supermarché. Je change de registre…
S’est ouvert à 200 mètres de chez moi un magasin « Naturenville ». De ce que j’ai compris il s’agit d’une vente « directe » (je mets des guillemets tout de même) de producteurs locaux. J’y suis passée un peu perplexe au début mais repérant qui une salade fort jolie à 80 centimes, qui des abricots tout-petits-tout-moches et très bons à 1,50 euro… Au fil de mes visites, j’ai appris à voir ce qui peut être intéressant, par exemple ce jour de fin septembre, la promo du jour (haricots verts à 2,50 euros, chou rouge 1,25 euro), des produits que l’on ne trouve pas ailleurs (betteraves rouges crues à 2,95 euros), des produits de meilleure qualité à prix équivalent (romaine à 0,95 euro, pommes à 1,75 euro, poires à 1,85 euro), et discuter avec la personne à la caisse et négocier deux paquets de blettes un peu fanées pour le prix d’une (1,50 euro l’une).
J’ai donc décidé d’y passer une ou deux fois par semaine, prendre ce qui était intéressant, et n’aller au supermarché qu’ensuite. C’est bon, pas bio, « slow food » et ça fait de jolies photos !

Canette @24

Blog poignetJon m’accompagne. Je l’avais mis au poignet droit, portant ma montre à gauche, jusqu’à une réunion où au moment d’écrire à la main, je me suis retrouvée gênée. Porter Jon et écrire sont difficiles du même côté. Je l’ai donc changé de poignet et porte ma montre tantôt à droit tantôt à gauche, car elle ne me gêne pas. Cela aurait-il été conçu par des geeks qui ont oublié qu’on peut écrire à la main ?

Adieux… @15

Cécyle. Fête des jardinsLe 27 septembre dernier, nous avons rendu hommage à ma-Jeanine dans notre jardin partagé en inaugurant une extension de ce jardin et en lui donnant son nom, « Jeanine B ». Carine Petit, maire du 14e, a procédé à cette inauguration en présence d’autres élus, des présidentes du jardin partagé et de l’amicale de locataires. J’ai distribué la parole et ai conclu de quelques mots.
Je n’avais rien préparé. Je savais grosso modo ce que je voulais dire et je n’avais pas envie d’un texte trop écrit. J’ai raconté que nous sommes nombreux, dans le quartier, à nous dire « Tiens, c’est Jeanine ! » quand nous croisons une femme de sa corpulence, habillée un peu large, qui avance avec un petit mouvement de balancier, fort de la sensation que ma-Jeanine est simplement partie en vacances et qu’elle va revenir.
C’est étrange, comme sensation, mais beaucoup de voisins l’évoquent. C’est sans doute lié à la brutalité de sa disparition, au fait qu’il n’y a pas eu de cercueil ni de cérémonie. J’ai alors eu cette phrase :
— Mais Jeanine, elle ne va pas revenir.
M’entendre dire cela ne m’a pas tiré un sanglot, ni cassé la voix. Au contraire même, j’ai ressenti comme un soulagement, comme si le poids de quelque chose s’était envolé. Je ne peux guère en dire plus. Ma-Jeanine me manque mais non, elle ne reviendra pas. Peut-être est-il simplement temps que je la laisse partir… ?
Ma-Jeanine. Va tranquille ! Fais ton chemin. Je te garde dans mon cœur.
La joie. Lanmou. Boudhakarathaï !

Gentil @3

ZorroLe dimanche soir, j’aime bien être chez moi et regarder Murdoch, sur France 3. Cette série est tranquille et les épisodes sont courts. Le lundi matin, je me lève tôt pour aller au judo dans le 19e, avec en prime les joies du métro aux heures de pointe. Je peux ainsi me coucher de bonne heure l’esprit détendu.
Avant Murdoch, sur la même chaîne, il y a Zorro, celui de quand j’étais petite. J’ai toujours une petite émotion de le voir apparaître à l’écran quand j’allume ma télé quelques minutes avant la fin, le temps d’installer mon dîner devant Murdoch et ne pas rater le début. C’est toujours le moment où Zorro affronte les méchants et manque de se faire arrêter. Et ma petite émotion se transforme en la même peur qu’autrefois, peur qu’il ne se fasse attraper, peur que son identité ne soit dévoilée.
Je le sais pourtant que ce ne sera pas le cas et la série n’a pas bien vieilli. Qu’importe ! Ma peur est telle que le plus souvent, je zappe le temps que l’épisode se termine. Serait-ce à dire que je ne me suis pas affranchie de mes peurs de petite fille ? Sachant que j’arrête toujours ma lecture de Bambi (je le tente régulièrement) dès les premiers coups de feu, et n’ai donc jamais réussi à finir le livre, je crois que oui, sur certains sujets, je n’ai guère grandi.
Pire ! Je ne crois pas que j’en ai envie surtout depuis que je connais Petit Mouton. Je sais qu’il est là pour que l’on se tienne la main de peur que Zorro ne se fasse attraper et que Bambi ne meure sous les coups de feu des chasseurs. Merci Petit Mouton ! T’es un vrai copain !