Archives mensuelles : juin 2022

Régis @25

Marcelle, la pintade, dans un carré d'herbe devant une grillette de square Le 10 mai, j’ai été alertée sur un réseau social local par le message d’une voisine indiquant avoir vu une pintade dans le square en bas. Une pintade, en plein Paris ? Fort heureusement, elle avait joint pour preuve une photo.
J’ai sitôt envoyé un texto à Falbala, le jardin partagé qui occupe le square. J’avais fait une copie d’écran du texte, sans la photo. Mon interlocutrice m’a appelée dans la minute, hilare, me précisant que nous n’étions pas le 1er avril. Je lui ai envoyé la photo. Nous avons ricané quelques minutes et nous sommes donné rendez-vous dans le quart d’heure au jardin, elle avec sa caisse à chat et des gants, moi des gants.
Nous avions dans l’idée d’attraper la pintade pour l’emmener chez le vétérinaire d’à-côté qui saurait quoi faire. Une autre jardinière, présente dans le jardin, nous en a fort intelligemment dissuadées. Nous avons cherché la pintade et l’avons trouvée sous une haie. Elle avait l’air en forme. J’ai appelé le 3975, plateforme d’appel de la Ville de paris. On m’a indiqué la procédure : « Un animal vivant errant = police nationale ».
Notre square à l’habitude des descentes de police qui, d’ordinaire, n’y cherche pas des pintades. Nous avons d’emblée renoncé à cette solution considérant que l’animal n’était pas dangereux et avait plus besoin de sauvegarde que de panier à salade. J’ai alors fait un microbillet Twitter qui n’a eu aucun effet, et contacté une amie qui pouvait avoir la bonne info (elle l’avait !) et m’orienter sur le service idoine de la Ville. De coups d’aiguille en coups de fil, il a été question que la Ferme de Paris vienne chercher l’animal.
Le temps que cela se fasse, Falbala lui apportait à manger et à boire deux fois par jour (bouillie de flocons d’avoine le matin ; maïs le soir), la choyant comme il se doit, en prime lui donnant un nom, Marcelle. Quarante-huit heures, patatras ! La voisine qui avait repéré Marcelle nous informe que le chat du square que l’on sait bagarreur et vindicatif avait attaqué notre protégée ! Puis Marcelle a réapparu. Puis la ferme n’en a pas voulu, ni l’École vétérinaire, ni… ni… ni… Des voisins s’en sont mêlés ; mon gardien a été sollicité à maintes reprises ; des agents de la Ville « seraient » (conditionnel) passés…
Pendant ce temps, Falbala s’est occupée de Marcelle, ravie de sa compagnie, jusqu’à un triste matin où elle est montée au paradis des Pintades. L’histoire finit mal. Elle restera gravée dans la mémoire du quartier. Merci Marcelle d’être passée par chez nous. Tu nous as ravis.

Note. Vous trouverez sur ce fil twitter (accès sans besoin d’un compte) des photos et une petite vidéo.

Bigleuse @136

Affiche électorale de Olivia Polski ; sa photo, et les mentions habituelles (présentation, partenaires, etc.)Me voilà de retour sur le blogue. Quel plaisir ! Je suis chez moi, assise derrière mon ordinateur, un café, ma musique et rien d’autres à faire qu’un billet ! Écrire, en sécurité, en sérénité.
Je résume.
Du 14 mai au 20 juin, j’ai dirigé une campagne électorale à Paris. J’étais tranquille, mon agenda calé au rythme que j’aime bien, judo, permanence pour le médiateur, sandwich du mardi avec Isabelle, balade du dimanche avec Sarah, kiné le vendredi, commissions avec Caddie, sorties avec des amis… et paf ! après l’hommage à Olga Bancic et une discussion chaleureuse, j’ai vécu six semaines en immersion totale en Hétéronomie. Dur dur.
Je reviendrai sur ces six semaines qui m’ont été une grande source de joies et de satisfactions. Je ne peux pas dire que j’ai souffert, au sens clinique du terme ; mais cela a été difficile, très difficile, pénible parfois, de vivre H24 dans ce monde où être une femme déficiente visuelle lesbienne de presque 60 ans reste un combat permanent contre le normativisme et la collusion ordinaire avec l’ordre établi.
La fierté que je ressens aujourd’hui, en plus de la joie, est à l’aune de ce que j’ai affronté, un peu comme dans Le Salaire de la peur quand on arrive au bout de la route : je l’ai fait ; j’ai su faire ; plus que jamais, je me suis adaptée dans des conditions extrêmes ; pride ! Vous souriez à me lire, avec un petit quelque chose comme « Mais ce n’était quand même pas si terrible ? » Quand même… Si le vous pensez alors que vous m’avez côtoyée ces six semaines, c’est que vous n’avez rien compris. Tant pis pour vous, je ne prendrai pas le temps de tout réexpliquer.
Merci Olivia Polski de m’avoir permis de faire cela en m’accordant d’emblée ta confiance en dépit de mon incompressible Unheimliche. Merci à Isabelle, à Sarah, à Johnny, à la bande de Caddie et de Petit Mouton de m’avoir protégée et soutenue. Merci aux militants de la circonscription 7511 qui m’ont fait don de leur affection ; je n’ai pas besoin de les nommer, ils se reconnaîtront. J’aurai aussi l’occasion de remercier maman qui ne cesse jamais de me donner les moyens de ma liberté.
J’ai néanmoins un regret : je n’ai pas croisé le joli minois que chaque campagne électorale d’ordinaire m’offre. Je le regrette. La peur se consume si bien dans la jouissance. Ce sera pour une autre fois.

 

Agit-prop’ @46

On me voit de dos, le cahier d'émargement gros caractère posé devant mmoi.C’est fini !
— Fiiiiiniiii ?
Oui, fini, fini de chez fini. On récupère ma ménagère albinos.
— On v*aaaaaaaaa* po*uuuuuuu*voir se rep*oooooo*ser…
— Aller tous les ouafjours en ouaforêt !
— Faiiiiire des gâââââââteauuuux.
— Co*uuuuuuu*per les ch*eeeeeeeee*veux.
— Ouafnon ! Pas la ouaftondeuse !
— Vous rigolez l’zamis ? Vous croyez qu’l’ménagère d’Caddie va s’reposer ? Déjà, elle a fait c’t’truc encore plus chouette qu’l’campagne.
— Pourtant, c’est ouafchouette la ouafcampagne !
— T’as raison Helgant, mais c’t’pas l’même.
En tout cas, elle n’est pas près de lever le pied. Elle a fait un super exploit et comme on la connaît, mon exceptionnelle ménagère, elle ne va pas vouloir s’arrêter là.
— C’est elleeeeee la mééééééédaille d’ooooor de France FSGT ?
— Non, l’champion, c’st son Johnny !
— Elle a faaaaait quoiiiii alooooors ?
Un exploit : elle a tenu un cahier d’émargement dans un bureau de vote parisien avec une chouette présidente de bureau, Cécile Bossavie !
— B*eeeeeee*n, e*uuuuu*h, elle a p*uuuuu* l*iiiiiii*re ?
Ne traite pas ma ménagère de bigleuse. Le problème, ce n’est pas elle, c’est le cahier ! Alors, elle a fait imprimer par la Ville un gros cahier d’émargement.
— Av*eeeeee*c des gr*ooooo*s c*aaaaaa*r*aaaaaa*ctères !
— C’est quoi un ouafgros ouafcaractère ?
C’est la différence entre un bâtonnet pour te laver les dents et un os pour t’occuper la journée.
— Qu’est-ce que c’est ouafchouette !
Je mets les photos pour que les Hétéronautes apprécient aussi cet événement. On n’oublie pas la description en texte alternatif, et on vous dit à bientôt pour suivre les aventures de notre ménagère !

Le bureau de vote, avec trois assesseurs dont notre ménagère albios, et Cécile Bossavie, présidente, derrière l'urne.