Archives mensuelles : mai 2022

Anniv’ @52

Du chocolat, des oeufs, un moule...Non, le blog n’a pas encore repris, mais il y a des impératifs incontournables. Pour respecter la réserve électorale, nous n’avons pas fait de photos avec qui que ce soit de la bande, afin de ne pas influencer le vote, mais nous ne pouvions pas laisser passer l’anniversaire de ma ménagère, un moment qui m’émeut toujours…
— Bref, on t’fête un super joyeux anniv’ !
— Trèèèèèèèès bonziiiiiiversaaaaaaaaire notre Cécylou d’amouuuuuuuuur !
— Ou*iiiiiiii*, heur*eeeeeeee*ux z*iiiiiiii*versaire !
— Ouafanniv’ !
Et le reste, ce sera devant le gâteau. On retourne en campagne.

Cuisine @39

Affiche électorale de Olivia Polski ; sa photo, et les mentions habituelles (présentation, partenaires, etc.)Mes camarades, mes camaradettes,
Ma grande conscience politique, mon immense sens des responsabilités, ma remarquable finesse d’analyse, mon extraordinaire esprit de clairvoyance, mon incroyable sensibilité, mon exceptionnelle capacité de maîtrise…
— Sûr qu’il l’parle pas d’lui.
— Laaaaa maîtriiiiise de Caddie ?!!!
— C’est exceptionn*eeeeeee*ll*eeeeee*ment ab*eeeee*nte qu’*iiiii*l veut dire.
— Aaaaaah ! Lààààà, ouiiii !
— C’qu’est sûr qu’pour l’modestie, c’est bien d’mon Caddinounet qu’il l’parle.
Mais, je n’ai pas fini !
— On a bien capté l’début.
Bon, bien, donc, je voulais dire qu’après d’intenses réflexions, j’ai pris une décision sage mais déchirante, proportionnée mais difficile, juste mais…
— Bien capté c’point là aussi.
Le blogue va être un temps suspendu.
— C’est duuuuuuuuur
— Sn*iiiiiiii*ff…
— On va r’venir, pour sûr l’Mouton !
Nous devons soutenir les engagements militants politiques de ma ménagère albinos et soutenir la Principalate du repos dont elle a encore besoin… surtout qu’elle soutient ma ménagère, ce qui n’est pas toujours de tout repos. Je suis indispensable et accepte ce sacrifice qui n’en est pas un, tant est fort mon amour pour ma ménagère et la Principalate. Enfin, moi et vous, bien sûr.
— L’est attachée hors classe, mais c’t vrai qu’Classette, c’est pas l’classe.
— Ouiiiiiii, on soutiiiiient !!! On les aiiiiiime !
— C’t’l’engagement de toute l’bande ! Tout l’monde derrière l’cheffes d’bande qu’on a*iiiii*me.
— Ouafoui ! Ouafengagement ! Ouafrepos ! Ouafamour !
— Et du f*ooooo*t !
— Exact, ç’va ensemble.
Le blogue reprendra après cette période de réserve électorale, réserve énergétique, pour que la bande puisse pendant ce temps-là dépenser sans compter en amour, foooot et tasse de thé.
— On vous les aime l’Hétéronautes. Ç’va pas durer bien longtemps.
— A trèèèèèèès bientôôôôt !
— Ouiiiii bient*ôôôô*t !
— Ouafbisous !

Exposer @27

Le chantier de destruction de la fontaine dont je parle dans le billetLa place de Catalogne à Paris, depuis sa création, accueillait en son centre une œuvre du sculpteur polonais Shamaï Haber, soit une planche à eau inclinée. J’aimais beaucoup cette œuvre, surtout quand il y avait de l’eau. Depuis une dizaine d’années, le mécanisme, complexe, était hors service et la Ville, qui en avait fait commande, n’a jamais fait le nécessaire pour que cela fonctionne. On m’a raconté que les malfaçons avaient été légion au moment de la construction et que les problèmes venaient de là.
Récemment, la Ville a décidé de transformer la place en « forêt urbaine ». Je trouve que c’est un beau projet mais je me suis inquiétée pour la fontaine. Lors de réunions de concertation et diverses rencontres, j’ai demandé ce qu’il en était ; chacun restait évasif, invoquant « un blocage » de la part des ayants droits (les ingrats !), négligeant parfois le droit moral.
À l’occasion d’un article du Parisien, j’ai fait un microbillet Twitter. Puis un second. Un troisième (avec un belle vidéo). Toujours pas de réponse. J’avais également posé la question via le site de la Ville le 6 avril. Enfin, ce 13 mai (mon jour de chance), la réponse est venue :

« En réponse à votre message et après consultation du service concerné, l’aménagement de la Place de la Catalogne vise à créer une véritable forêt urbaine au centre d’une place apaisée.
« La fontaine intitulée « Le creuset du temps », qui présentait des dysfonctionnements récurrents depuis les années 1990, doit être démontée mais un mur commémoratif sera réalisé afin de conserver une trace de l’œuvre de Shamaï Haber sur la Place, en accord avec Madame Béatrice Haber, ayant-droit de l’artiste.
« En outre, le démontage de l’œuvre sera l’occasion d’en recycler une partie des matériaux constitutifs, sur place (grilles) ou sur d’autres aménagements de voirie (blocs granit). »

J’aime beaucoup la notion de « recyclage des matériaux constitutifs » de l’œuvre ; on devrait demander un amendement à la loi de 2016 dans l’article 2 « diffusion », l’obligation de recycler les œuvres d’art détruites !

Galère @18

Copie d'écran d'un mail. Liste de produits absent de ma commande, leur prix est barré et remplacé par 0Quand je me suis cassé la cheville, j’ai eu besoin de me faire livrer mes courses. J’avais opté pour Carrefour, je vous renvoie sur ce billet. À l’usage, c’est aussi pratique que compliqué.
* L’appli est totalement inutilisable pour moi ; le site n’est pas facile à utiliser ; il me faut un grand écran. Faire mes commandes me prend donc du temps, ce d’autant que je cherche les meilleurs prix, les promos, et que je mange plus de fruits et légumes que de produits transformés.
* Il faut jongler avec les produits indisponibles, qui sont légion. Et en fin de compte, il y a plein de choses que je ne trouve pas, ou qui n’existent pas à des prix acceptables (les fruits et légumes notamment).
* Je dois avoir un minimum de commande de 50 euros. Ce n’est rien, 50 euros ; pour moi, c’est beaucoup en une seule fois même avec les produits pour la maison, la toilette, un peu d’épicerie. Heureusement ma voisine consomme des sodas et de l’eau en plastique. Ça m’aide (qu’est-ce que ça coûte cher ces choses-là !)
* Quand je « gagne » un bon d’achat (c’est arrivé deux fois), c’est la croix et la bannière pour en récupérer le code (appel au service conso, multiplication des mails…) et pas simple à entrer sur le site.
* Une fois la commande passée et le créneau de livraison trouvé (pas si facile pour éviter de faire bosser des gars en dehors d’horaires civilisés, soit du lundi au vendredi de 8 heures à 18 heures dans la conception que j’en ai), les choses s’arrangent. La livraison est le plus souvent dans le créneau demandé, et en cas de souci (produits manquants, abîmés, moyennement frais, etc.) le remboursement, sur déclaration simple, est rapide.
J’en suis donc globalement satisfaite (j’aime bien les laitages Carrefour, très bons et pas chers… quand ils sont disponibles, bien sûr) ; mais les contraintes restent fortes ; surtout en cas de gros bogue, comme ce mardi 10 mai : un texto m’informe à 7 heures qu’une partie de ma livraison est indisponible : tout le frais, soit des laitages, des fruits et des légumes ; elle est annoncée en retard (alors que bien sûr, j’ai un rendez-vous ce jour-là).
J’ai donc appelé le service commercial et suis tombée sur un homme : charmant, gentil, clair dans ses explications (il est désolé pour le frais et si je ne suis pas là hors du créneau, ma commande me sera remboursée). Ses réponses ne m’arrangent pas ; mais que peut-il répondre d’autre ? Il n’est pas possible dans ce genre de cas de décaler la livraison pour avoir le frais et un créneau plus sûr. Dommage. Je lui en fais la suggestion. Il promet de transmettre.
Ceci étant, je remarque à l’usage que les femmes sont plus empathiques quand je fais état de problèmes d’accessibilité, de contraintes liées à ma déficience visuelle, d’embarras de ne pas disposer des produits commandés (de première nécessité, pour moi) et de devoir activer un plan B. J’y vois là l’expression de la vision genrée des tâches : elles savent en quoi faire ses commissions pèse sur le quotidien et les conséquences d’un défaut d’approvisionnement. Les hommes, eux, ils s’en tapent, leur femme s’en occupe.
Quant au handicap, il est évident que cela leur passe au-dessus de la tête ! Mes interlocutrices, quand je leur parle de ce que ça implique me posent des questions, font des suggestions parfois… Eux, que dalle. Ce n’est pas grand-chose l’empathie ; mais ça fait toujours plaisir quand on est en galère. Est-ce que ça s’apprend à l’école du service commercial ? En apparence, sans doute ; mais le « petit quelque chose » qui fait la différence n’y est pas.

Note. J’ai écrit ce billet alors que la commande n’était pas livrée. Elle l’a été avec 45 minutes de retard et les produits frais y étaient ! Je dois donc à Carrefour 12 euros (moins les bananes qui étaient abîmées). J’ai appelé. Le service compétent devrait m’envoyer un complément de facture. Suspens !

Chouette ! @48

Un téléphone ancienJe suis chez l’ostéopathe. Pour son dernier jour de travail avant plusieurs mois en raison d’une opération, j’ai pris rendez-vous plusieurs semaines avant. Il est excellent, pratique depuis des années et est donc très demandé.
Dans la salle d’attente, j’entends la secrétaire. Elle répond à un appel, je comprends que son interlocutrice est une connaissance du praticien et demande un rendez-vous, mais tout est complet jusqu’à la reprise, mi-août, même pour une urgence. La secrétaire dit à la femme qu’elle voit avec l’ostéopathe et la rappelle, sans grand espoir.
Elle raccroche pour prendre un autre appel. Cette autre interlocutrice annule un rendez-vous le midi.
La secrétaire rappelle la première : tu peux être là à midi ? Tu as vraiment de la chance.
Oh ! que oui. Je confirme, c’est vraiment une chance. Chaque visite me remet, souvent douloureusement, d’aplomb. Les visites chez cet ostéopathe sont une dépense, certes élevée, mais que je ne regrette jamais. Un investissement pour ma santé et mon bien-être.

Agit-prop’ @45

La fin d'un feu sur la chaussée, sans doute une poubelle ; Je voulais absolument participer au défilé du 1er Mai ; une semaine après la réélection du président ni social ni très démocrate, il me semblait important de défiler aux côtés des organisations syndicales pour pousser à une union des forces de gauche aux législatives. J’avais un peu les pétoches, mon dernier 1er Mai s’étant achevé au milieu des lacrymogènes même si j’avais pu quitter in extremis le cortège avant que les forces de l’ordre ne nassent complètement les manifestants pour mieux les réprimer.
Depuis que je suis ado, je n’ai jamais frappé personne (hormis un gars qui avait fait preuve de violences à l’égard d’une copine en cité U) ni détérioré un bien public (hormis un camion militaire et une route nationale sur le plateau du Larzac en 1980). Par contre, j’ai participé à de très nombreuses manifestations, j’en ai organisé (des autorisées et des plus interlopes) pour défendre mes droits, mes idées, la liberté. Je n’ai jamais reçu un coup de matraque, j’ai inhalé beaucoup de lacrymogènes, j’ai quelques fois été portée à bras de policiers casqués et bottés alors que je refusais d’évacuer un bâtiment public.
Jusqu’à il y a une dizaine d’années, j’estimais que la police était là pour me protéger ; si je respectais les règles, je ne risquais rien. Les manifs sur les retraites (et d’autres) m’ont contrainte à changer d’avis et à désormais chercher systématiquement la protection des services d’ordre de la CGT. Que l’on ne s’y trompe pas ! Ce n’est pas des « casseurs » dont j’ai peur ; mais de la police de mon pays ; celle de Charonne qui ressurgit à chaque mouvement social et politique que les gouvernements ne savent pas gérer autrement que par une répression policière qui instrumentalise la violence de certains mouvements politiques.
Ce 1er Mai 2022 n’a pas échappé à la règle. Je suis passée avec le cortège après les feux et les cassages : je n’ai pas senti de lacrymogènes mais beaucoup de shit ! J’en ai conclu que la police avait des ordres pour que cela ne se passe pas « trop » mal. J’ai vu le reste du fameux « feu de palettes » qui a déclenché tant de passions. J’ai vu la vitrine de l’agence immobilière pleurée par la gent épicière. J’ai vu les Abribus. J’ai fait quelques microbillets Twitter que vous pouvez lire. Et j’ai vu, lu, les « retours médias » de cela mais pas un mot sur la sortie au compte goutte de la place de la Nation, les centaines de policiers en rangs serrés, la démonstration de force d’un pouvoir qui ne sait pas gérer la contestation sociale au point d’en solliciter la violence.
J’ai été fouillée à la sortie de la place de la Nation, si bien d’ailleurs que ma canne blanche qui, repliée, a un air de matraque, n’a pas été trouvée. Je n’ai pas eu peur. J’étais prête à affronter la violence policière avec les méthodes que je connais : s’asseoir, se protéger la tête avec les bras, serrer les dents. Et j’y retournerai. Je ne veux plus avoir peur. Je ne veux plus donner raison à l’autoritarisme d’un ordre public au service du libéralisme en restant chez moi. J’ai le droit de manifester. L’État à l’obligation de me protéger et de protéger ce droit. Peut-être vais-je prendre des coups ? Je m’y prépare.

Brosse @48

Je suis à genou derrière mon partnaire de judo assi et fais un étranglement, okuri-eri-jimeJe reviens sur mon billet où je faisais le récit de mon arrivée à un cours de judo avec un agent d’accueil (de la Ville de Paris) qui pensait que les blondes ne pouvaient pas être professeures de judo. Cette histoire a une suite.
Quand nous sommes repartis à la fin du cours, j’ai rendu les clés des vestiaires et l’agent d’accueil, gentil, me remercie.
— Merci mademoiselle !
— Non, madame.
— Ah ! Excusez-moi [sur un ton genre « Je ne veux pas avoir de soucis avec votre mari. »]
— Non, c’est une dénomination sexiste.
— Je voulais être aimable…
— Eh bien, vous ne l’êtes pas ! Bonne soirée !
Je n’ai pas entendu ce qu’il a dit après, je lui avais déjà tourné le dos pour filer. Le judoka qui est sorti après moi m’a dit qu’il râlait contre ces femmes qui ne savent plus apprécier les compliments.
Je n’ai pas besoin d’expliquer sur ce blogue en quoi ces propos sont sexistes. Ce qui m’embête le plus, c’est que cet homme n’a sans doute pas compris ma réponse et en a certainement été blessé. J’aurais pu prendre le temps de lui expliquer… N’est-ce pas plutôt à la Ville de Paris de le faire ? Elle le fait, je le sais mais il y aura toujours des couillons qui échapperont aux formations et autres actions de sensibilisation. Je n’ai plus qu’à espérer qu’il racontera l’incident à des collègues qui sauront lui expliquer.
Hadaka jime ?
Jamais hors du tatami Caddie, jamais.

Note. Sur la photo (2017), Okuri-eri-jime.

 

Bonheur @53

Helgant assis sur le fauteuil de Cécyle.Chez Cécyle, le fauteuil rouge est un élément important où elle aime à se poser. Il est protégé par des plaids, en excellent état des dizaines d’années après son acquisition.
L’autre jour, Helgant et moi avons rendu visite à Cécyle. Alors que je dégage le fauteuil de mes affaires, pour m’y asseoir, Helgant y monte puis s’y installe. Il n’y a pas à dire, il sait ce qui est bon et confortable.Helgant couché dans le fauteuil de Cécyle.

À table @83

L'affiche telle que je la décrit dans le billet.J’ai croisé dans le métro une publicité que j’ai eu du mal à comprendre plus qu’à lire « Fruits et légumes, c’est jamais trop ». On y voit, dans des carrés en mosaïque, des fruits ou des légumes en gros plan, barrés de la mention « Jamais trop + un adjectif » : l’adjectif est souvent un peu « coquin », ou connoté « attribut physique ou psychique plus ou moins sympa ». Au centre de l’affiche, une case de la mosaïque « Les fruits et légumes frais, c’est jamais trop ».
Je n’ai pas bien compris le concept, qui info prise, se décline en plusieurs affiches avec un spot vidéo que chacun appréciera : les images vont trop vite pour que je les décrive aux déficients visuels mais grosso modo, quand on dit « jamais trop mûre », l’affiche montre des figues, le spot vidéo une vieille dame qui danse… Pour « jamais trop ronde », on a une pastèque sur l’affiche, et une modèle gironde dans un atelier d’artiste. Le corps qui se mange, le corps que l’on exhibe à fins publicitaires… Je vous laisse regarder ; c’est peu visible pour moi et ça m’arrange.
Si une affiche m’a arrêtée dans le métro (affiche où il n’y a que des fruits donc, les corps de gens, c’est pour la vidéo), ce sont des problèmes d’orthographe ! C’est une motivation comme une autre.
Je passe sur les adjectifs épicènes et « nature » adjectif qui est invariable. « Jamais trop velu » pour le kiwi ou « délicat » pour le physalis, au masculin les deux, logique. « Jamais trop nue » : une orange, féminin donc. Comme « brillante » pour l’aubergine, « précieuse » pour la fraise, « charnue » pour la poire, « puissante » pour la grenade, « pâle » pour la pèche, « plate » pour une autre pèche… mais alors, pourquoi, plusieurs pommes sont « jamais trop colorée » (féminin singulier) et des fruits rouges « gourmand » (masculin singulier) ? Sur d’autres affiches sur le Net, je vois deux haricots verts « jamais trop fin » (masculin singulier), des figues qui échappent aussi au pluriel… Plus étrange encore, les carottes râpées sont « jamais trop roux » ; pas rousses ? Ça doit être un truc de bonnes sœurs (vous ne connaissez pas la blague ? non ? je ne la ferai pas !)

Note. Je précise que j’ai dû demander de l’aide à Isabelle pour le litchi, les carottes râpées et le physalis.

Brosse @47

Je suis à genou derrière mon partnaire de judo assi et fais un étranglement, okuri-eri-jimeJe croyais (à tort) vous avoir raconté ce cours de judo adultes où j’ai remplacé mon professeur et où la nouvelle a été accueillie par un « Ah ! bon ? » d’un nouveau judoka au club, « Ah ! bon ? » d’un ton si estomaqué que l’agente d’accueil du gymnase a dégainé plus vite que moi un « Ça vous gêne que le prof soit une femme ? » qui a mis l’ambiance. Le gars ne l’a pas emporté au paradis durant le cours ; vous imaginez bien ; le judo est un sport qui permet des petites compensations antisexistes dont je sais me régaler.
Hadaka jime !
Mon spécial, Caddie, en effet.
Je ne vous avais donc pas raconté cet épisode dont une nouvelle version s’est jouée juste avant les vacances. Je remplaçais de nouveau mon professeur. Quand j’arrive au gymnase, deux judokas sont là. L’agent d’accueil, un remplaçant qui ne me connaît pas, me demande si je viens pour l’aïkido, discipline où l’on trouve beaucoup plus de femmes qu’au judo. Un de mes camarades de club, rigolard, lui répond que non, je suis judoka. Sitôt, l’agent d’accueil me lance :
— Le prof n’est pas arrivé !
Sous-entendu, on attend dans le hall tant qu’il n’est pas là.
— Si justement, il est arrivé.
Il se décale pour regarder dehors.
— Non.
— Je vous assure que si, c’est moi.
Que du bonheur (qui ressemble fort à celui que j’exprime dans cet autre billet) !

Note. Sur la photo (2017), Okuri-eri-jime.