Archives mensuelles : décembre 2021

Peur @16

Lumière indiquant une issue de secours.Sur mon palier, la lumière de secours qui guide vers l’escalier (issue de secours) est face à ma porte d’entrée. Celle-ci éclaire suffisamment bien à mon goût pour que je n’aie pas besoin d’allumer la lumière, ni quand je sors de chez moi et attends l’ascenseur, ni quand j’arrive chez moi et dois ouvrir ma porte.
Il n’est ainsi pas rare, surtout quand j’attends l’ascenseur, qu’un voisin arrive. Quand j’entends une porte palière s’ouvrir, je prends les devants et allume. Mais quand une personne sort de l’ascenseur que j’ai appelé, je n’ai pas moyen de savoir qu’elle arrive. Cela provoque invariablement sursauts et cris ; j’en suis à chaque fois désolée, m’en excuse mais n’arrive pas à me résoudre à allumer.
Faut-il que j’y travaille ?

Exposer @23

Une brochette de valide qui enttourrent deux fauteil roulants (vide)J’ai découvert sur Twitter l’information selon laquelle un musée de Colmar s’est vu offrir deux fauteuils roulants par le Rotary Club, « une aide précieuse destinée à faciliter les visites des personnes handicapées, visuelles ou physiques ». Pour la directrice de l’établissement « ce don permet de poursuivre les efforts entrepris par le musée pour l’accueil des personnes à mobilité réduite sans impacter le budget consacré à l’achat d’œuvres d’art ». Je suis tellement interloquée que j’ai du mal à argumenter. Je vais essayer au cas où le caractère indécent et tendancieux de l’affaire vous échappe.
En moins de 30 secondes, j’ai trouvé sur le Net un fauteuil à 135 euros, livraison gratuite. Ce n’est pas un modèle de compète mais comme il s’agit de véhiculer des personnes à l’intérieur d’un musée sur une courte durée, il est parfait. Les deux sur la photo de l’article des DNA d’ailleurs lui ressemblent. Cela fait donc 270 euros pour deux fauteuils. On remarque le montant exorbitant de la chose… dont l’achat pourrait grever l’achat d’œuvre d’art ?
Au-delà de l’absurdité flagrante de cet argument au vu du montant cité, je remarque que madame la directrice de musée considère qu’il y aurait une concurrence budgétaire entre l’achat d’œuvres et leur accessibilité. Mais ma p’tite dame, si vous achetez des œuvres pour les laisser dans leur caisse — car ça coûte la muséographie et l’entretien des œuvres afin d’y donner accès —, cela sert à quoi d’acheter des œuvres ? On le sent bien, c’est le fait que les visiteurs soient handicapés qui chiffonne cette dame ; car oui, exposer une œuvre pour un coût habituel d’exposition, c’est normal ; mais exposer une œuvre de manière à ce que les PMR y aient accès, alors là ! Il y en a 3500 exposées au musée Unterlinden ; le coût supplémentaire pour l’accueil des PMR avec l’achat de deux fauteuils est donc de 0,0771 euro ; la gabegie (même sans amortissement sur cinq ans) !
Ceci établi, je m’interroge également sur l’utilité de ces fauteuils pour faciliter la visite des déficients visuels. Je suis sûre que Sarah serait ravie de me coller dans un fauteuil quand nous allons au musée pour pouvoir jouer aux autotamponneuses et piquer des sprints sur les parquets ; mais je ne suis pas certaine que faire plaisir à Sarah soit la motivation première de la directrice de ce musée. Quelle est-elle alors ? Éviter qu’ils soient autonomes, les contraindre de regarder les œuvres assis alors qu’elles sont exposées pour être vues debout (bah oui, ma p’tite dame, 80 % des handicapés visuels voient quelque chose !), les empêcher de se déplacer comme bon leur semble ? Il est vrai qu’un handicapé en liberté, c’est terrible !
Je m’arrête là, je vais devenir vulgaire alors même que c’est votre validisme, madame la directrice, qui l’est : vulgaire donc indigne de votre mission de diffusion de l’art.

 

Extravagance parisienne @74

Cécyle sur un Vélib' garé en station.Je suis abonnée depuis plusieurs années à Vélib’. Le 24 décembre 2021, je reçois un message étonnant :
« Votre abonnement Vélib’ expire demain.
« Pour continuer à utiliser le service, vous devrez souscrire un abonnement à partir de 25/12/2021 depuis votre compte abonné sur le site ou l’application Vélib’.
« Vos identifiants ne changent pas, vous aurez toujours accès à votre espace abonné et le parcours de souscription est simplifié avec un formulaire d’inscription pré-rempli.
« Pour rappel, la grille tarifaire évolue et entrera en vigueur le 1er août 2021. »
Je cherche à prolonger mon abonnement, qui était auparavant en renouvellement automatique, mais impossible de trouver comment faire.
J’appelle le service client. L’employée vérifie mon compte et m’explique qu’il faut effectuer la même manipulation que pour une nouvelle souscription. Je la remercie, raccroche, essaye et… ça ne marche pas.
Je rappelle. Un autre employé m’explique qu’en raison du changement tarifaire d’août 2021, il n’est pas possible de renouveler son abonnement quand il est en cours. Les indications de sa collègue n’étaient pas justes, je dois effectuer le renouvellement à partir du lendemain après l’heure indiquée d’expiration. Et à partir de là seulement, je pourrai demander un renouvellement tacite.
Pourquoi cette façon de procéder ? D’après ce que je comprends, c’est pour être sûr que tout le monde choisisse son option de préférence en fonction des nouvelles offres. L’argument me paraît mince. Le courriel ne précise rien et les employés ne sont pas tout au fait du sujet. Et j’ai donc attendu l’expiration pour reprendre le même type abonnement. Le numérique, c’est pas mal quand toutes ses potentialités sont exploitées, non ?…

Agit-prop’ @41

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Mes chers compatriolettes !
L’heure est grave : je dois prendre ma part dans l’union ! Mon slogan de campagne sera « Ni noir ni blanc ; soyons tous vaches ! »
— Caddie ! Prés*iiiii*dent ! Caddie ! Priséd*eeee*nt !
— C’pas ça l’union, Copain Mouton !
— C’est quo*iiii* ?
— C’quand on n’garde qu’un candidat.
— Une seule équiiiipe ?
Non, Petit Mouton, un seul joueur.
— C’est pas ouafrigolo !
— Et puis les a*uuuu*tres ? Ils dev*iiii*ennnent quo*iiii* ?
— On leur ouafcroque le ouafos jusqu’à la ouafmœlle !
Non Helgant, je suis pas cannibale ; juste je reste, et les autres me donnent leur voix. Je suis le seul à incarner la France de toutes les couleurs…
— Et s‘rtout l’gouaille nationale !
— Ça se ouafmange ?
— Non, c’est une foooorme d’amooour !
— D’l’amour vache, l’truc qu’rumine à fond et qu’fait d’lait qui caille dès l’sortie du pie.
— Le p*aaaa*pe ?
— Le ouafnichon plutôt !
— T’connais ça Helgant, l’nichon, hein ?!
— C’est quo*iiii* ?
Rien Copain Mouton, on s’égare ; c’est comme un buuuut où les joueurs font cluster dans la surface de réparation. Et c’est pas le sujet ! Vous en pensez quoi de mon slogan ?
— C’t’ressemble à fond !
— Et puiiiis, c’est comme un baloooon de fooot !
Tu crois que ce serait mieux Petit Mouton, « Ni noir ni blanc ; soyons tous ballons ! » ?
— « Ni noiiiiiir ni blaaaaanc ; soyons tous vaaaaachement baaaalloooons ! »
— Hum, y a d’l’idée, mais mon Caddinounet va pas s’faire écraser par les autres qui veulent toujours rebondir, même quand l’sont cuits.
T’as raison, Petit Koala ; je suis un vainqueur !
— Oouep, Caddidounet, t’as vingt cœurs ! Et c’pour ça qu’t’aime !

« Ni noir ni blanc ; avec moi-Caddie, soyons tous vaches ! »

Frayeur @8

Copie d'un test négatifFin novembre, un lundi après-midi, j’ai eu un appel de mon prof de judo, lui qui ne m’appelle jamais… L’affaire était grave, en effet : il était covid+, une autre prof du club itou. En trois minutes, je suis passée de l’état de la personne qui s’était découvert le matin au réveil une petite douleur en arrière-gorge caractéristique d’un début de rhume au statut de cas contact avec symptôme. À cet instant, je n’ai pas douté une seconde de ma positivité au Covid ; je porte le masque sur le tapis quand je suis prof, mais pas quand je suis élève ; je suis vaccinée bien sûr, et mon prof aussi ; nous aérons le dojo, désinfectons tout… Mais les enfants ne portent pas le masque, et si les deux autres profs du club étaient positifs…
J’ai sitôt appelé mon médecin qui a considéré que le judo était le must du « contact », filé sur ses indications faire un test antigénique et marché le temps du résultat en appelant Johnny en soutien, ne voulant alerter prématurément ni Isabelle ni Sarah. J’ai fait la liste des personnes que j’aurais à prévenir, évalué le contenu de mon réfrigérateur, considéré les rendez-vous que j’aurais à annuler dans les jours à venir… Il s’est passé deux heures entre l’appel de mon prof et le résultat ; une éternité !
Il s’est révélé négatif ! Ouf. J’ai fait deux tests PCR, un à trente-six heures, le second cinq jours plus tard ; les deux étaient négatifs. Re-ouf ! Pendant ce temps, mon rhume a fait son chemin s’aggravant au fil des jours. J’ai fait un nouveau test antigénique après une poussée de fièvre (toujours négatif). J’ai quand même réussi à faire ma troisième dose en dépit d’une extinction de voix et autres symptômes. Je suis toujours malade mais plus sereine ; c’est déjà ça !

À table ! @79

La boîte en plastique qui fait office de bol à soupe, et le plateau pastique du chirachiCela fait quelques années que Isabelle m’invite dans un petit restaurant japonais un peu plus cher que la moyenne mais nettement meilleur ; le poisson est bien travaillé, très varié, les « petites herbes » et autres subtilités gustatives nombreuses. Selon les époques de nos vies respectives, et leurs contraintes, on y va plus ou moins souvent.
Nous n’y étions pas allées (au moins moi) depuis… je ne sais pas ; le premier confinement sans doute. Ce restaurant a toujours pratiqué les plats à emporter, ne serait-ce que parce qu’il ne dispose que d’une petite quinzaine de couverts. Avec la pandémie, il semble qu’il ait intensifié ce mode de vente jusqu’à considérer que les clients consommant sur place ne méritaient pas d’égards particuliers : soupe servie dans une boîte ronde sans son couvercle, salade itou, shirashi posé dans son plateau rectangulaire en plastique prêt à l’emport.
Pour le coup, la nourriture est moins travaillée, plus de jolie présentation (hormis deux fausses herbes en plastique) et plus aucune subtilité gustative. Quant à manger « au restaurant » dans du plastique jetable, outre que c’est très désagréable, cela me choque profondément. Verdict ? C’est moins bon et toujours plus cher ! Donc…
— Boycott !
Oui Caddie, on n’y met plus les roulettes.

Déo @41

L'image montre le distributeur à pizza 24 heures sur 24.En ce mois de juillet 2021, j’ai passé du temps en Normandie. Il y a eu comme un peu partout en France beaucoup de pluie et j’ai parfois limité mes déplacements. Dans le village à côté de mon gîte, j’ai découvert un distributeur à pizza 24h/24, 7j/7, que j’ai testé.
Un peu de choix de pizza, un prix modique, une attente assez courte, une odeur de four chaud et dans la fente indiquée par la flèche est sorti mon déjeuner. Le résultat était un peu moins gras et plus goûtu que ce que je ne craignais. Reste que c’était une expérience à limiter aux vacances.
Cela reste une aventure bien modeste, à l’image de moments tranquilles avec Helgant. Et la seule incursion hors de ma cuisine pendant trois semaines, un peu de fantaisie en somme.

Pucer @58

Scan d'un morceau du courrier, avec mon nom et le numéro de donateur.Le plus souvent possible, je consulte des médecins, fais mes examens et reçois des soins dans des structures publiques, mutualistes ou relevant de fondations reconnues d’utilité publique ; il n’y a pas de dépassement d’honoraires et l’état d’esprit correspond mieux à ma conception de la santé. Dans ma liste d’établissements de type à proximité de chez moi, il y a l’Institut Arthur Vernes, fondation reconnue d’utilité publique.
Il y a quelques jours, je reçois un courrier postal à cet en-tête. Y a-t-il eu un problème (administratif ou médical) avec une consultation récente ? J’ouvre. Il s’agit d’un appel aux dons, nominatif avec un « numéro de donateur ». Je ne me souviens pas avoir donné mon accord pour recevoir ce genre de courrier ; et je suis surprise que cet Institut tape dans son fichier de patients pour se constituer un vivier de donateurs.
On peut considérer que, comme je bénéficie de soins gratuits et de qualité, je suis légitime à donner un petit quelque chose à Noël. Mais c’est la sécurité sociale et ma mutuelle qui paient les soins, pas l’Institut. Il a des frais ? Bien sûr. Moi aussi. Mais surtout, cette confusion entre un fichier patients et un fichier donateurs me pose un problème. Vous avez dit RGPD ? Je vais creuser.

Bigleuse @134

Une photo de moi, à 6 ans, devant un gateau. Je souris largement.Un soir de la semaine, je reçois un texto de ma cousine avec une vieille photo, rephotographiée au téléphone avec d’autres. Je ne connais pas cette photo. Si ma cousine me l’envoie, je suppose qu’y figure elle, moi, sa mère, la mienne… ? Je ne sais pas. Je lui pose la question. Elle me répond sitôt que c’est moi, à 6 ans, en train de manger un gâteau.
Le lendemain, je télécharge la photo sur mon ordinateur. Je grossis l’image. Non seulement je ne me reconnais pas sur la photo mais en plus, je n’arrive pas à imaginer que c’est moi. J’en suis terrifiée. Je sais bien que je ne reconnais pas les gens, que dans mon album j’ai demandé à maman de tout légender car je ne savais pas trop qui sont mon père, ma mère, mon frère, moi et d’autres mais…
Je le sais.
Cela me peine, pourtant. Beaucoup.
Et vous qui faites la lippe ou me considérez comme bégueule car je n’ai pas la bonté de vous reconnaître, ça vous inspire quoi ?

Aïe ! @40

L'image montre la confection des charcutiers dans l'église.En promenade dans le quartier des Halles en bonne compagnie, je rentre dans l’église Saint-Eustache. Dans une des niches proches de l’entrée, un étrange objet attire notre attention. Il s’agit d’un montage constitué de « pièces décoratives en pâte sèche et pastillage ». Au sommet se trouve un cochon, sur les plateaux inférieurs, on voit des tranches de pâté en croûte, des saucissons et autres charcuteries. Une indication évoque une messe des charcutiers. Une affichette précise qu’il s’agit d’une réalisation de l’école nationale supérieure de la charcuterie qui l’a offerte à la paroisse à l’occasion d’une messe.
Quel kitsch ! Et cette croix en fond. C’est sûr qu’il s’agit bien de cochons sacrifiés : ils ont donné leur vie pour les hommes, mais eux ne l’ont pas choisi par amour. Saint-Porcelet, martyr.