Archives mensuelles : décembre 2016

Écrivaine @26

Piste-roseJ’avais oublié ce que c’était que l’effervescence à l’approche d’une publication ; je l’avais pourtant vécue onze fois et demie, le demi pour la publication avortée de Piste rose qui est donc réédité aujourd’hui, en version papier et numérique par les éditions Homoromance.
Pour la petite histoire, depuis la création de ma page Facebook, l’option « messages » était désactivée considérant qu’il est facile de me contacter via mon site. Et, allez savoir pourquoi, je l’ai activée mi-novembre. Quelques jours ont passé et mon premier message par ce canal a été celui d’Homoromance me demandant si j’avais des manuscrits disponibles.
J’avais eu, ces dix-huit derniers mois, deux autres contacts avec de jeunes maisons d’édition. J’étais sur mes gardes, mes interlocutrices se révélant, les deux fois, aussi incompétentes que sans beaucoup de respect du travail d’autrui, en l’occurrence le mien. Et là, il y a eu comme un miracle, un ton avenant, la marque d’un respect ontologique de l’œuvre et du travail de l’auteur, une réelle connaissance des tenants et aboutissants de l’édition, un vrai professionnalisme.
Les choses sont allées assez vite et il a fallu que le contrat soit signé pour que je réalise vraiment que j’avais un manuscrit, certes prêt, mais à envoyer tout de même, des corrections à travailler, des photos à faire, des interviews auxquelles je devais répondre, du contenu à produire pour mon site. Ouh là là ! Et moi qui devais partir en vacances avec Petit Mouton et les poissons.
L’effervescence.
Vingt-quatre heures ont suffi à ce que je prenne mes marques, retrouve mes outils de travail et mes réflexes d’écrivaine désormais aguerrie et que je savoure cette attente du livre, papier et manuscrit, des premières réactions…
Que je savoure.
Cela fait partie des choses que je travaille depuis quelques années. Parfois, j’oublie le temps d’une mauvaise nuit où les questions sont plus fortes que le plaisir. Je vais dérouler. Je repose le pied sur un tatami. Je prends le chou à Isabelle et à Sarah. Je mange une bonne dose de chocolat. La Lune me fait un signe.
Je savoure.

Hétéronomie @13

Les nouveaux chemins de la connaissancePour lancer la discussion avec Adèle Van Reeth sur son dernier livre, Apocalypse du politique, Vincent Delecroix en lit un extrait du premier chapitre :
« Depuis un moment, on s’inquiète beaucoup des rapports entre politique et religion. (…) le théologico-politique ne se réduit pas à la nature d’un régime. Le théologico-politique, ce n’est pas, ou ce n’est pas que, la théocratie. Ce l’est même rarement. La dimension la plus simple, non seulement la plus visible, mais paradoxalement la moins inquiétante pour nos certitudes, dans la mesure où il est aisé de rapporter un facteur exogène à nos sociétés et nos structures politiques sécularisées. Les positions y sont claires, frontales comme sur un champ de bataille. Il y a eux et nous, il y a la démocratie et la théocratie, les progressistes et les rétrogrades, les Lumières et l’obscurantisme. Il y a la liberté et l’asservissement, l’autonomie et l’hétéronomie. Ce n’est pas de l’intérieur dans ce cas que nos structures socio-politiques sont travaillées. Elles sont attaquées et, certes heureusement, elles se défendent. Mais le théologico-politique, ce n’est pas que cela. »

Déo @20

Orange BigOn a l’habitude en Hétéronomie que les publicitaires nous prennent pour des cruches autant que vous savez combien le globish peut m’agacer. Quand les deux se mélangent, cela donne le comble de l’absurde publicitaire avec cette publicité d’un FAI qui propose d’« Offrir le plus Big* des Noël… », avec une majuscule à « Big », bien sûr, tellement c’est plus grand ainsi ; et un astérisque qui renvoie à la traduction de « Big », « Big = grand ».
On peut s’interroger sur le fait de savoir pourquoi, passé en français, « Big » perd sa majuscule. On peut s’interroger aussi sur le fait de savoir pourquoi ce FAI a éprouvé le besoin de traduire un terme qui ne pose a priori pas de problème de traduction au vu de son utilisation publicitaire, commerciale, voire culturelle ; une crainte que Big Brother ne donne la fessée ?
Qui sait ? En tout cas, l’astérisque ôte à ce « Big » tout caractère opératoire et la publicité en devient totalement ridicule. Elle n’avait pas besoin de ça ? Sans doute.

Chouette ! @29

Voyage— Vacaaaaaaaances !
— Yep, not’Cécylou et Isabelle partent un peu loin de Paris. C’est cool, elles en ont besoin.
— On v*aaaaaa* g*aaaaaa*rder la ma*iiiiii*son !
— Maiiiiiiis qui va donneeeeeeeer à mangeeeeeeeeer aux copaiiiiiiins poissoooooooooons ?…
— Pas d’inquiétude les Mouton, Isabelle a tout prévu.
— A*aaaaaa*h ? Ils paaaaaartent aussi voire la mèèèèèère, euuuuuuuh la meeeeer ?
— No, y aura d’l’visite. Des amies vont v’nir leur donner.
— Ouuuuuuf ! Dis, tu croies qu’elles jouuuuuent au fooooot ?
— T’as raison Petit Mouton, y a d’vraies questions dans la vie. Si y a pas foooooot, on f’ra fête à la courgette.
— Ouiiiiii ! Ou*iiiiii* ! Tu sais paaaaaarler aux Mouton.

Arc-en-ciel @12

Centre LGBTJe soutiens depuis des années le Centre LGBT Paris-ÎdF en participant régulièrement au Vendredi des Femmes et à d’autres activités, en manifestant à ses côtés, en donnant quelques sous parfois, en choisissant d’y boire mon café quand je suis dans le quartier… Il y a deux ans, j’y ai adhéré sans l’intention d’en faire plus et, finalement, de fil en aiguille, j’en suis venue à proposer mes services pour des tâches de soutier que j’aime bien. Agir dans l’ombre, pour le plaisir d’agir, et valoriser l’action individuelle et collective. C’est ma posture préférée.
Le Centre a ses règles de fonctionnement. Pour avoir les clés de l’action que l’on souhaite y mener, il convient de devenir volontaire, au sens statutaire du terme : se former, apprendre à connaître le Centre, être « validé » dans cette fonction. Ma connaissance du Centre ne faisait de doute à personne mais j’ai choisi de suivre la formation dans la mesure de ma disponibilité. C’était intéressant et je vais tâcher de rattraper les sessions que je n’ai pu suivre.
Et la validation ?
J’ai eu un entretien très officiel avec Flora Bolter, coprésidente du Centre, et Jean-Marc, responsable de l’Accueil. Je n’étais pas inquiète, plutôt émue. Je ne l’ai pas appréhendé comme une « formalité », souhaitant que cet entretien dise mon attachement au Centre. J’en suis ressortie un peu plus émue, et très fière. J’ai signé la Charte des volontaires (écrite trop petite pour que je la lise, vous savez, l‘instant de la victoire !) avec la sensation d’entrer dans un chouette giron.
Je suis volontaire du Centre LGBT Paris-ÎdF, plus de vingt ans après Isabelle qui a été trésorière de ce Centre (qui s’appelait alors CGL) dans les années 90. Je suis fière. J’ai passé mes randoris quelques jours plus tôt. Je suis fière. J’ai créé un site Web pour publier mes Fragments d’un discours politique. Je suis fière. Je viens de signer un contrat pour la réédition de Piste rose chez Homoromance éditions. Je suis fière. Je n’arrête pas d’être fière, finalement ? Oui, c’est si bon !

Agit-prop’ @17

Grand banquet Les initiatives visant à critiquer le « cirque électoral » me sont plutôt sympathiques. Pour autant, elles se doivent d’être constructives pour avoir une quelconque crédibilité et ne pas sombrer dans la débilité. Récemment, une affichette sur une poubelle à verre dans ma rue a réussi à atteindre un ridicule consommé.
Contre les nantis à la cuillère en argent dans la bouche, voici la proposition d’un grand banquet… pour « saborder les élections présidentielles ». Diantre, rien que ça ! C’est sûr qu’une telle proposition ne peut que remettre en cause tout le système électoral pas moins ! « Si vous avez l’un de ces objets, n’hésitez pas », mais à quoi ? on ne sait. Sans doute à les apporter. Il n’y a pas l’ombre d’une quelconque esquisse d’embryon de tentative d’organisation, ni d’ailleurs aucun contact, comme ça, pas de risque de pouvoir être accusé de tirer la nappe à soi. Au moins, le cirque m’a fait rire, mais pas comme c’était attendu par ces rebelles du couvert.

Bigleuse @72

Randori lunettesVous avez déjà vu un judoka en solaires ?
Maintenant oui.
Mais quelle drôle d’idée de porter des solaires sur un tatami. N’est-ce pas d’ailleurs interdit ?
Je souffre beaucoup des lumières dans les dojos et les gymnases où les halogènes rivalisent de brillance avec les néons. La lumière agresse mes yeux (photophobie) et crée des illusions d’optique de relief : les parties du sol très éclairées m’apparaissent plus hautes que celles dans l’ombre qui forment des creux. Amusant, non, un tatami bosselé ? J’ai appris à mon cerveau à ne pas en tenir compte mais son premier réflexe est toujours de me faire lever un peu le pied quand j’arrive en zone plus éclairée. Car bien sûr, les solaires, il faut les enlever dès que l’on fait du judo.
Le dojo Awasu où j’ai passé mes randoris est assez bas de plafond. Les lumières y sont d’autant plus agressives et porteuses d’illusion. J’ai pris pour habitude, lors de mes passages (j’y ai passé là mon kata et le jujitsu) de prendre mes solaires avec moi et de ne les enlever qu’au dernier moment afin de me protéger au maximum et m’économiser l’énergie que réclame la gestion de ces lumières.
Pour les randoris, j’avais en outre demandé à Joëlle de m’accompagner sur le tatami. Elle vient d’obtenir son 3e dan (bravo Joëlle !), est pompière volontaire, particulièrement aguerrie à l’assistance aux déficients visuels et d’une grande attention et tendresse. Entre son accompagnement et mes solaires, je me suis économisé beaucoup d’énergie (donc de fatigue) inutile, ce qui m’a permis de me concentrer sur mes combats.
Les lunettes m’ont également permis d’être identifiée par mes futurs partenaires comme bigleuse. Jusqu’à il n’y a pas longtemps, on mettait un « H » à la craie dans le dos du kimono. La pratique a été abandonnée. C’était pourtant pratique mais peut-être discriminatoire. Je ne sais pas. J’avais besoin d’être rassurée sur le fait que mes partenaires connaissent mon handicap (car là, oui, ma déficience visuelle en est un) avec l’espoir que cela leur donnerait l’idée de faire du judo « souple ».
Joëlle a été encore plus loin. Elle a donné à chacun quelques consignes, habituée à ce que l’on travaille ensemble. Cela ne m’a pas épargné la grosse boîte du kagari geiko et j’ai bien senti que cela contraignait un peu mes partenaires impressionnés par ma déficience visuelle, les clubs où valides et bigleux font du judo ensemble étant rares. J’ai pu faire mon judo, c’est l’essentiel.
Encore merci Joëlle ! Prête pour mon 2e dan ?

Objectivement @31

RéveilsUn soir, j’ai simplement touché mon réveil et il s’est mis à n’être qu’une horloge, une simple horloge. La fonction réveil, avec simulation d’aube et chants d’oiseaux, s’est arrêtée pour ne laisser que l’affichage du temps. Il aura tenu huit ans quasiment jour pour jour.
J’ai utilisé le réveil du portable pendant plusieurs nuits. Puis, Cécyle m’ayant incité à en acquérir un autre, après étude, réflexions, virée en magasins, j’ai repris un réveil simulateur d’aube. Les chants d’oiseaux ne sont plus les mêmes.

Adieux… @27

Fidel Castro (à droite) et Che Guevara photographiés par Alberto Korda en 1961. [Wikipedia]

Fidel Castro (à droite) et Che Guevara photographiés par Alberto Korda en 1961. [Wikipedia]

Castro est mort.
J’ai appris la nouvelle au réveil. Cela ne m’a pas attristée mais beaucoup émue.
Serais-je émue par la mort d’un dictateur ?
Poser la question ainsi donne la réponse. Non, j’ai été émue par la mort du père de la révolution cubaine, le résistant à l’impérialisme américain, la figure du mouvement des non-alignés, le fumeur de cigares. Et je suis toujours émue.
Comme j’ai été émue après l’exécution de Kadhafi, ce dictateur qui avait, lui aussi, un temps, incarné un espoir.
Comme j’ai été émue après l’empoisonnement de Arafat (en roulant les « r » comme Leïla Shahid), ce terroriste, qui avait lui aussi incarné l’espoir, celui de l’autodétermination du peuple palestinien à des époques et sous des formes diverses.
Comme j’ai été émue à la mort de Tito, un dictateur qui a su incarner un temps le mouvement des non-alignés.
Ces hommes, tout dictateur ou terroriste qu’ils ont été, ont nourri ma pensée politique, mon engagement, dans ma prime enfance comme dans mon adolescence. Ils ont construit mon espoir, alimenté mes désillusion aussi. Peu me chaut les désillusions. Je garde l’espoir. J’en ai besoin.

Chouette ! @28

Copaiiiiin béééébéééé escargoooootOuiiiiiiii ! Les copa*iiiiii*ns nous ont fa*iiiiiii*t une ch*oooooo*uette s*uuuuuu*rprise… L*eeeeeee*s escarg*oooooo*ts ont fait un b*ééééé*b*éééééé* escargot. Il est suuuuuuuper fooooooooooooot. On va fêêêêêêêter à la courg*eeeeeee*tte.
Et on demanderaaaaaaa aussi à not’ Cécyle commeeeeeeeent on fait les béééééébééééééés.

ouiiiiii-copaiiiin-beeeebeee-escargoooot