Bééé @20

Un troupeau de moutons passe dans le parc de La Courneuve début avril 2021.Après le dimanche et ses lapins, Helgant a croisé pour le lundi de Pâques… des moutons et des agneaux. Un beau troupeau en pleine transhumance ! Nous sommes restés à distance et Helgant n’a pas bronché en regardant passer les copains des Mouton.
Bien sûr quand le chien de berger a aboyé, il a répondu. Il fallait qu’il se montre à la hauteur de sa vocation manquée de gardien de troupeau.
C’était vraiment un week-end thématique. Les Mouton demandent où étaient les poules !Un troupeau de moutons passe dans le parc de La Courneuve début avril 2021.

Canette @37

Mon panier de récupa : des crevettes, trois paquets de tortellinis aux champignons et un kilo d’orange en piteux étatJe suis allée récupérer un panier d’invendus dans un Monop’, petite supérette qui fait du dépannage à l’enseigne de Monoprix, les supermarchés haut de gamme à Paris. Ces magasins sont un peu chers pour moi, mais les produits sont bons et les invendus sont à l’avenant : des paniers bien garnis, avec de la variété et de la qualité, le tout avec un accueil client agréable. Fallait-il une exception pour confirmer cette règle ? C’est en tout cas la première fois que j’ai le sentiment d’être mal reçue à raison de mon handicap visuel dans cette enseigne.
Quand je suis arrivée, canne blanche en main, à 17 h 20 (la collecte était de 17 heures à 17 h 30), aucun panier n’était prêt. L’homme qui semblait être le gérant a indiqué à sa caissière, « C’est chaud, on n’a rien. » Et le voilà parti dans les rayons. Pendant ce temps, un autre client panier de récup est arrivé. Il n’y avait aucun chaland à la caisse. J’en ai profité pour demander à la caissière si je pouvais avoir deux litres de lait demi-écrémé, en brique de marque Monoprix. J’avais regardé sur le site pour savoir ce que je voulais et repéré ce produit à 0,89 euro.
Sitôt, la dame m’indique qu’elle ne connaît pas le magasin mais me précède vers le fond et me propose une bouteille de lait d’une marque que je sais chère. Je lui redemande la brique Monoprix, etc. Elle me propose alors une bouteille. Je demande le prix. Elle essaie de trouver la bonne étiquette et annonce 1,70 euro.
— C’est cher pour un litre de lait !
— Ce n’est peut-être pas la bonne étiquette. Vous en voulez combien ?
— Deux litres, selon le prix.
Nous arrivons à la caisse. Je blague en indiquant à la dame que si elle n’arrive pas à trouver le prix, qu’elle imagine ce que ça donne pour moi.
— Je fais ce que je peux, c’est compliqué, je ne suis là que depuis huit jours ! Je fais le maximum pour vous aider, mais c’est compliqué pour moi.
J’apprécie d’emblée l’argument ; je ne lis rien des étiquettes, ai du mal à trouver les produits dans un magasin que je ne connais pas, et c’est pour la caissière que c’est compliqué ! Quant au fait qu’elle a l’obligeance de m’aider, rien ne l’y oblige, bien sûr ; je la remercie donc chaleureusement. Elle le répète plusieurs fois, au cas où je n’aie pas bien compris le sens de son propos. Pour ce qui est de mon lait, elle demande de l’aide au gérant pour avoir le prix que sa caisse ne lui donne pas. Le gérant est agacé ; il est dans sa constitution de paniers.
— C’est la dame, elle veut le prix…
Il scanne la bouteille.
— 1,20 euro.
— C’est trop cher, je ne vais pas le prendre. Le lait vaut moins de 1 euro le litre…
— Pas dans nos magasins, madame !
Je sens beaucoup de mépris dans sa voix. Il trifouille dans les deux sacs en papier qui contiennent les produits des deux paniers, en sort, en remet. Il m’en fourre un dans les mains. À côté de lui, la caissière l’interpelle en brandissant quelque chose.
— Et ça ?
— Laisse tomber.
Je ne saurai jamais ce qui aurait dû être dans mon panier et que ma contestation du prix du lait m’a fait rater. La valeur des produits est respectée, des crevettes, trois paquets de tortellinis aux champignons et un kilo d’orange en piteux état. Par contre, la variété n’y est pas. Quant à la manière dont on m’a parlé, j’avoue, c’est une première. Je n’y retournerai évidemment pas.

Note. J’ai fait un microbillet Twitter à Monoprix qui a eu la bonté de me répondre pour faire amende honorable. C’est suffisamment rare pour être salué. Vous pouvez suivre cet échange sur ce lien.

Anniv’ @47

Les Mouton, Petit Agneau et Petit Koala découvrent Kito Katoka.— C’eeeeeeeeeest le trébonziiiiiversaire de Frédéric !
— Al*oooooo*rs on est obl*iiiii*gé de lu*iiii* d*ooooo*nner son c*aaaa*deau ?
— Ouais, c’est l’idée d’l’anniv’ !
— Cooooooomment on vaaaa s’en paaaaaasser ???
— On veut le reeeeeelire et reeeeeelire et reeeeeelire et reeeeeelire…
— Faut pas vous inquiéter. Je vais trouver une autre Kito pour l’Frédo, les commissions, c’est mon rayon !
— Y a plus*iiiii*eurs Kito ?
— Nan, c’la même ! Mais ell’est dans d’aut’livres.
— Elle est siiiiii choouuuuuette !
— Gardez ce livre, je file chez le libraire en trouver un autre pour Frédéric.
— Ooooooh ! Meeeerciiii Caddie.
— T’es un pote mon Caddienounet.
— All*eeeee*z, venez ! On va retr*oooooo*uver n*oooooo*tre Kito !

Féminité @9

Lundi dernier, je me suis rendu au bureau de poste pour récupérer un colis. Juste avant mon tour, je voyais et entendais la dame au guichet à côté du mien. Elle expédiais colis et lettres et en était à l’étape du choix des timbres. Elles voulaient de beaux timbres, la postière sortait alors ses cahiers de collections. La cliente en avait déjà choisis un certain nombre mais il en manquait encore deux. La postière lui en proposa alors un timbre à l’effigie de Camille Saint-Saëns (par ici) et un autre représentant Simone de Beauvoir. Pas de réponse. La postière répète sa proposition et la dame accepte celui de Saint-Saëns. La postière insiste : « Et un avec Simone de Beauvoir ?
– Non ! Pas Simone de Beauvoir !
 »
Bon, la petite histoire ne dit pas pourquoi « pas Simone de Beauvoir » mais ma grande Histoire à moi en sait plus sur cette dernière que sur Camille Saint-Saëns (dont je ne nie pas le talent pour autant).

Intox @13

Je suis allée en consultation pour un bilan orthoptique à l’hôpital Necker et j’avoue avoir été choquée par les conditions de travail du service d’ophtalmologie installé dans des préfabriqués trop petits depuis un certain temps (voire un temps certain). Alors que nous devons tous faire attention à respecter deux mètres de distance sans nous rassembler à plus de six dans un espace clos, soignants, personnels administratifs et patients sont entassés les uns sur les autres : vingt-cinq personnes dans la salle d’attente dont la moitié d’enfants, jusqu’à huit personnes dans les salles d’examen de quelques mètres carrés que j’ai visitées (j’en ai fait quatre différentes en deux heures), des salles d’attente improvisées dans les couloirs déjà étroits, etc.
J’ai eu l’impression que tout le monde portait bien son masque et la désinfection des appareils était permanente. Je ne me suis pourtant pas sentie en sécurité face au covid même si je suis vaccinée ; je n’y ai passé que deux heures mais les personnels, eux, y passent leurs journées. J’avais entendu d’une oreille que le covid était devenu la première maladie nosocomiale ; ma seconde oreille a vérifié l’info qui semble fausse ; c’est rassurant ; ou presque. Je dois retourner voir l’ophtalmo à Necker. Je ferai bien attention.

Aïe ! @35

Le magnifique chien Helgant se frotte le dos dans l'herbe.Grâce à notre voiture, même avec la limite de 10 km, Helgant et moi pouvons aller marcher dans un parc, à défaut de forêt, plus lointaine. Ce dimanche de Pâques, j’y étais avec une amie. Je lui explique que je vais mettre la longe à Helgant. On peut la lâcher par terre et si besoin marcher dessus pour l’arrêter. Je le fais en forêt, car cela permet de lui laisser de la marge sans le laisser libre. Je crains qu’il n’ait peur et ne coure trop loin.
Bref, au moment où je mets la longe, passe un lapin. Helgant file avant que je n’ai pu faire quoique ce soit. Il n’a pas chopé le lapin qui n’était pas un lapereau de trois jours donc a vu arriver le chien pas bien habitué à courir.
Je rappelle Helgant. Il revient, mais repart avant que je n’aie pu l’arrêter voir un autre chien. Heureusement, ce n’était que pour le saluer gentiment. J’ai donc pris la poignée de la longe, l’autre solution pour arrêter toute fuite en avant. Celle qui a été mise en œuvre quand il a vu d’autres lapins.
Merci Helgant pour ma crédibilité ! Les Mouton en rigolent encore.

Biodiversité @26

Depuis le début de l’année, la Ville de Paris propose aux Parisiens d’être Volontaire de Paris dans la continuité des différentes missions de Volontaire qui ont trouvé tout leur sens pendant le premier confinement. J’étais déjà Volontaire du climat sans avoir l’impression de faire quelque chose. Là, des formations en ligne sont proposées et l’aspirant Volontaire doit en suivre plusieurs et mener des missions pour être reconnu tel.
J’ai, dans ce cadre, suivi une formation Ecorcair : il s’agit de collecter des écorces de platane au début du printemps pour qu’elles soient analysées et établir une carte de la pollution parisienne. Le détail est sur ce site.
Les débuts ont été difficiles, la Ville de Paris peinant à considérer que ses citoyens handicapés sont des citoyens : formation et documents non accessibles, manque d’information pour me permettre de participer. Les chercheurs (des chercheuses en l’espèce) de l’Institut physique du globe ne s’en sont pas effrayé à partir du moment où je leur ai indiqué ma présence, cherchant volontiers avec moi le moyen que je participe. Mon interlocutrice a accepté que je procède autrement qu’avec le formulaire papier et m’a fourni les outils pour que je repère les arbres (un lien direct sur l’open data plutôt qu’une carte de localisation des arbres).
J’ai sollicité une jeune amie, chercheuse également, et habituée des prélèvements, pour un première collecte afin d’être sûre de maîtriser l’exercice et de pouvoir le reproduire dans un endroit que je connais bien, l’avenue du général Leclerc. Je dois avouer que c’était compliqué ; j’ai fait un gros travail préparatoire pour localiser mes arbres cible, ai pris des photos pour aider la localisation et assurer que je ne m’étais pas trompée d’arbre, mesurer le tronc, trouver la localisation dans mon téléphone, prélever l’écorce dans les règles, dicter mes notes, les retranscrire, expliciter les photos… On sent bien que je m’ennuie un peu !
Au final, j’ai pu ramener dix-sept échantillons pour deux collectes, avec un échange surréaliste avec un SDF, un autre plus citoyen avec une vieille dame et un contact très agréable avec une chercheuse de l’IGP. Elle n’a pas eu l’air de considérer ma contribution comme dérisoire et m’a permis tout simplement d’assurer une part de l’action citoyenne, à ma mesure. Elle ne m’a jamais donné l’impression que je lui prenais indûment du temps. En résumé, elle m’a fait confiance, déficience visuelle comprise. Que du bonheur !
Merci.

Chouette ! @43

Cela fait plusieurs années que je fréquente le moins possible Facebook et sa messagerie Messenger. Tous les deux ou trois mois, je me rappelle que ce réseau social existe et je vais voir s’il s’y passe des choses intéressantes (rien à signaler depuis des mois) ou si j’ai reçu un message. Bien m’en a pris ce samedi car quatre messages m’annonçaient le meilleur pour ce week-end dans une gradation de promesses inattendues.
Le premier message était d’une certaine Rina Adalgisa. Juste un lien vers une page Facebook que je ne suis pas allé visiter et une photo de profil sans ambiguïté à base de bikini et de piscine bleue. Simple et efficace.
Le deuxième message était lui envoyé par Ebony Arellano. Le mystère est total car pas de photo de profil. La déclaration laconique et directe constituant l’unique message en est d’autant plus percutante : « Je veux sortir avec toi. Contactez-moi ici. », émoji téléphone, émoji doigt qui pointe vers un lien Facebook.
Le troisième message a franchi un nouveau cap. Toujours pas de photo de profil mais le style direct de Bruce Douglas y était tout à fait adapté au propos : « Site de rencontre, salope coquine. », émoji bikini, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
La quatrième message envoyé par Jeremy Tapia cachait bien son jeu puisque sans photo de profil mais avec un message à la syntaxe non équivoque : « Je suis excitée et j’ai besoin de toi. Tu veux me baiser ? Chambre privée. Cliquez ici. », émoji bikini, émoji aubergine, émoji interdit aux moins de 18 ans, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
J’avoue avoir attendu avec un brin de curiosité un cinquième message qui n’est jamais arrivé. Quelle déception. Emoji qui pleure d’un oeil mais le sourire en coin.

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Pucer @54

Un jour sans télétravail, je quitte mon bureau après 19 heures, nouvelle heure du couvre-feu. Je prépare mon attestation puis range mon portable pour discuter avec un collègue. Et là, d’un coup, je me rends compte que j’ai coché par habitude la case « Animaux de compagnie ». Je ressors donc le téléphone pour refaire une attestation et cocher « Activité professionnelle ».
Je venais de discuter avec Cécyle d’une action de mon employeur visant à favoriser l’accompagnement des agents voulant devenir formateurs de chiens-guides venant travailler avec lesdits chiens pour les habituer aux transports et au bureau. Et j’avais hâte de retrouver Helgant.
Arrivée à la maison, j’ai d’ailleurs ressorti le téléphone pour refaire une attestation, tout en prenant la laisse pour accompagner Helgant faire ses besoins. Je n’ai pas fait d’erreur de case cette fois.