Une tornade. Une inondation. Un incendie de forêt. Une canicule. Une tempête. Séparément ou conjointement… Ces situations, de plus en plus fréquentes et surtout extrêmes, nous devons chacun les affronter, nous en accommoder, vivre avec. Nous pouvons aussi agir individuellement ou collectivement pour espérer inverser la tendance. Mais avant d’en venir là, leur couverture média évoque très souvent la guerre. Pourtant, la guerre, ce n’est pas ça ; et, si je pense à l’Ukraine ou à Gaza, je dirais qu’on en est bien loin !
Il est vrai que le président de la République, qui ne semble être en mesure d’agir qu’en tant que chef des armées, aime bien utiliser la guerre et tout le vocabulaire associé. Souvenons-nous, le réarmement démographique ! Un tout petit exemple. La guerre, donc ; laquelle ? Il est vrai que, lorsque l’on voit des pompiers affronter des feux démesurés, que l’on voit ces personnes évacuées (quelques jours, tout de même), qui se définissent comme des réfugiées, cela évoque la guerre. Mais ce n’est pas la guerre.
Pour qu’il y ait une guerre, il faut qu’il y ait des belligérants, un ennemi, une force étrangère (ou intérieure pour les guerres civiles), des bombes, des destructions, des morts, beaucoup de morts. La guerre est souvent très prévisible, même si l’endroit où la bombe va frapper ne l’est pas. La guerre, c’est une violence organisée entre êtres humains. La guerre porte en elle-même une revendication : un territoire, un honneur bafoué, une volonté d’influence, un changement de régime politique, l’acquisition de richesses ou de marchés…
Doit-on donc analyser le réchauffement climatique comme une guerre ? Une guerre contre qui ? Contre les « éléments » ? Contre l’ultralibéralisme et ses suppôts qui nous portent à toujours plus consommer, à détruire les richesses, appauvrir la terre, exploiter les peuples ? Si c’est cela, je veux bien être en guerre ; je le suis déjà, un peu, très modestement.
Malheureusement, je ne crois pas que celles et ceux qui se revendiquent de la guerre à la fin de cet été aient cette idée-là en tête. Plus certainement, ils veulent évoquer leur courage, leur mérite, leur dévouement ; tant de choses qui n’ont pas besoin de la guerre pour être saluées, honorées. Est-il ainsi nécessaire de dramatiser en évoquant la guerre ? Je ne crois pas.