Adolescentes et sport, le grand décrochage

J’ai écrit ce texte pour le bulletin mensuel de la FSGT Paris de mars 2026. Ce bulletin est disponible en ligne sur un lecteur non accessible. Vous pourrez au moins lire sereinement ma contribution !

Une étude menée par la MGEN s’intéresse aux causes structurelles qui portent une adolescente sur deux à arrêter sa pratique sportive. La raison première renvoie aux évolutions physiologiques liées à la puberté : la poitrine et les règles, bien sûr, et leur lot de douleurs, d’inconfort, de prise de poids ponctuels (ou non), de crainte des « fuites » tant les jeunes filles apprennent souvent à leurs dépens que les règles ne sont pas bleues comme l’indiquent les publicités.
Les autres raisons invoquées (hormis celle de la compatibilité entre l’activité en club avec le collège et le lycée qui touche aussi les garçons) en découlent : la pression sociale et ses nombreuses injonctions à la féminité, à la beauté ; les tenues sportives « inconfortables et sexualisées » ; une moindre appétence pour la compétition.
En conclure, comme le fait la MGEN, qu’il faut orienter les jeunes filles « vers une pratique moins compétitive et plus physiologique », n’est-ce pas un renoncement face au sexisme ambiant ? Les filles ne sont pas « naturellement » rétives à la compétition ; ce sont bien des processus culturels et sociaux qui les mènent à cela, ceux qui associent la douceur à la féminité et la force à la masculinité.
Il est tout à fait possible d’adapter la compétition, l’enseignement, la pratique sportive pour y inclure les contraintes physiologiques et les aspirations librement choisies pour toutes et tous ; il est d’ailleurs à parier que de nombreux garçons seront ravis de trouver alors dans le sport un espace où ils pourront résister à l’injonction viriliste, retrouver le plaisir de jouer.
On peut aussi imaginer, dans ce contexte, que la pratique handi-valide se développe grâce à ces pratiques sportives inclusives non genrées qui visent le bien-être, l’épanouissement, bien loin de la violence qui se développe sur tous les terrains, comme l’indique cette fois une étude menée à l’université de Montpellier.
Cécyle Jung, Paris sud judo

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