Babeth

J’habite dans une petite cité HLM à Paris, cité réputée pour ses trafics en tout genre et ses consommateurs de stupéfiants qui occupent les parkings. La nuit venue, les uns et les autres prennent parfois l’air créant un certain désordre sur la voie publique, désordre alimenté par des consommateurs qui viennent faire leur shopping. Mes voisins se plaignent beaucoup des nuisances que cela occasionne, dans nos parties communes comme aux abords de nos immeubles. Avec l’été et les fortes chaleurs, les récriminations montent d’un cran.
Côté sécurité, ces trafics occasionnent un règlement de compte par an, quelques rixes, des occupations de caves (dont la mienne) et, à ma connaissance, une seule agression majeure d’une locataire a eu lieu ces trente dernières années. Trois cents mètres plus au nord, il y a également un point chaud avec une spécialité d’animation pyrotechnique nocturne. On recense également un autre point chaud 150 m à l’ouest, tourné lui vers un trafic organisé autour du drive grâce a une voie rapide qui mène au périphérique ; et 150 m de l’autre côté, un dernier point chaud, devant un tabac, où se rassemblent des consommateurs à la mine patibulaire.
Il se forme ainsi un cercle de 300 m de diamètre. En son centre, la rumeur publique indique qu’habite là le deuxième personnage de l’État. C’est assez surprenant au vu du quartier mais pas tant que cela quand on connaît Paris où l’ambiance peut radicalement changer d’un pâté de maisons à l’autre. La rumeur peut se révéler fausse, mais quelques constats personnels notamment pendant les grèves contre la réforme scélérate des retraites et les violences urbaines du 29 juin me font penser qu’elle est juste.
Cela m’amène à la conclusion que nos points chauds ne sont pas forcément comme d’aucuns le pensent des lieux majeurs d’insécurité : je me dis que si ce deuxième personnage de l’État est installé à cet endroit, même si ce n’est pas pour y dormir tous les soirs, sans que la police n’ait fait un grand ménage avant son installation, c’est que nos trafics, nos spectacles pyrotechniques, l’occupation bruyante de la voie publique et les mines patibulaires que l’on croise parfois ne portent pas une atteinte majeure à la sécurité publique. Je dormais déjà assez tranquille, je vais pouvoir continuer.

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