Archives mensuelles : octobre 2021

À table ! @78

Des carottes cuites en rondelles dans une boîte en plastiqueJ’ai un problème de carottes, et pour une fois, il n’est pas directement question de prix … quoique. Le sujet peut sembler dérisoire, mais comme j’en mange deux kilos par semaine, il a son importance.
Je les mange soit crues, rarement râpées, plutôt en morceaux, soit cuites. Je les cuis le plus souvent à l’eau en utilisant le principe de la marmite norvégienne. Bien sûr, je ne jette plus l’eau de cuisson ; je l’assaisonne pour la manger en bouillon (gingembre frais, miso ou cube or, un champignon si j’ai). Depuis toujours, j’en cuis une bonne quantité, de quoi faire trois parts ; cela s’est toujours conservé jusqu’à cinq jours dans une boîte au réfrigérateur.
Depuis quelque temps, je remarque que passé deux jours, mes carottes cuites « tournent » ; un dépôt humide un peu gélatineux se forme avec parfois des traces blanchâtres ; elles ne sentent pas très bon et ont mauvais goût ; je dois donc les jeter. Cela arrivait parfois mais là, c’est devenu systématique au point que je n’en cuis plus que pour deux fois, si je suis sûre de les manger dans les deux jours. C’est tout de même moins pratique, et plus énergivore.
Que se passe-t-il ? J’achète mes carottes en sacs de un ou deux kilos, le moins cher possible, bien sûr. Leur conservation crue au frais est de moins en moins longue : souvent, leur peau se macule de taches noires ou, plus curieusement, elles se désintègrent de l’intérieur, se transformant en eau. Je ne sais pas grand-chose de la culture des carottes mais j’imagine qu’elles sont « forcées » et gonflées à l’eau, peut-être aussi sur les chaînes de conditionnement. Elles ont un côté plus sucré, sont très orange à l’œil, et sont à l’évidence riches en eau.
J’en conclus donc que ces carottes, issues de l’agriculture intensive, sont de mauvaise qualité. Va-t-il falloir que je me résolve à les acheter plus cher, bio, par exemple ? Celles-ci sont dans nos magasins parisiens jusqu’à trois voire quatre fois plus chères que les carottes conventionnelles les moins chères. Je ne suis tellement pas sûre que ce soit une garantie de qualité que je peine à m’en convaincre. Et Caddie ? Il réfléchit.

Paris @68

Un troittoir assez étroit, à un carrefour, avec un poteau pile dans la diagonale empêchant tout passagePendant les quarante-cinq jours que j’ai passés en fauteuil roulant, et le mois qui a suivi où j’ai continué à sortir en fauteuil de moins en moins au fur et à mesure de la récupération de la motricité de ma cheville, j’ai signalé un certain nombre d’« anomalies » (c’est le terme de la Ville) entravant la circulation fauteuil via l’application Dans ma rue. J’ai remarqué un accueil toujours rapide et bienveillant des agents au bout de l’appli ce qui n’est pas l’habitude de la DVD sur des questions ne touchant pas à la mobilité PMR.
On voit mon fauteuil avec ma jambe dans le platre coincé par un poteau au milieu du trottoir.J’ai notamment signalé ce carrefour où un panneau de sens interdit entravait le passage d’un fauteuil sur le trottoir, signalant également l’absence de plaque de rue. J’avais eu un échange par mail, mon interlocuteur s’inquiétant de pouvoir trouver une solution. J’avais suggéré l’accrochage du panneau sur le bâtiment… trois mois plus tard, j’ai été avertie que l’anomalie avait été résolue. Je suis allée voir et ô ! miracle : le panneau a été déplacé et collé au bâtiment, et la plaque de rue installée.
Le même carrefour, le poteau a été collé contre le pur libérant ainsi le passage.Pour une fois, je suis très fière d’avoir « contribué à l’amélioration de l’espace public », comme le disent les mails de Dans ma rue et je remercie chaleureusement les services de la Ville d’avoir agi avec zèle et intelligence. M’est avis que cette amélioration-là, durable, va faciliter le passage à beaucoup. Cela m’encourage à poursuivre mes signalements et à ne pas laisser décourager par des réponses à deux balles, ou hors délais ; globalement l’appli permet vraiment d’améliorer les choses ; Parisiennes, Parisiens, servez-vous-en !
— Tu oublies un truc !
Quoi Caddie ? Ah ! oui. Je demande depuis trois ans par des canaux différents que l’appli soit conforme RGAA avec des polices proportionnelles. Emmanuel Grégoire m’a promis sur Twitter « d’y travailler » il y a quelques jours ; ai-je un espoir ? Quel suspense monsieur le maire adjoint !

Note. Ceci étant, c’est quand même invraisemblable qu’en 2021 je sois en position de me réjouir aussi sincèrement qu’un trottoir soit libre de tout passage à Paris. Cela devrait être la norme, sans que je n’aie besoin d’y contribuer ; comme il devrait être inutile de multiplier les potelets et autres croix de Saint-André pour éviter que les véhicules motorisés bloquent le passage. Qu’est-ce qu’il est ringard le monde dans lequel on vit !

Vérité syndicale @40

J’évoque avec quelqu’un les différents emplois que j’ai exercés de nuit : surveillance, livraison de journaux, écoute téléphonique… La personne tique. Elle me demande si je travaille dans la police. Je ne comprends pas bien.
Puis, ça fait tilt : ah ! les écoutes téléphoniques ! J’explique alors que je parlais d’écoute téléphonique d’assistance, pas de leurs pendants d’interception plus ou moins légale de conversations. Il s’agissait des quelques semaines où j’ai été écoutante à Sida Info Service.

Adieux @44

Facsimilé de la page décrite à la fin du billet.Chacun sait mon intérêt pour la chose politique, notamment au niveau local. Je viens pourtant d’apprendre le nom de ma députée, neuf mois après sa prise de fonction, le 14 janvier 2021. Il n’y a pourtant pas eu d’élections législatives en janvier ? Wikipédia me rappelle fort à propos que, par contre, celle que je pensais ma députée, Marielle de Sarnez, est décédée. J’en conclus que Maud Gatel était sa suppléante et que, prise par l’émotion, le troisième confinement et l’encombrement des terrasses, elle se présente enfin à ses électeurs dans un document de huit pages que j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres.
Il ne s’agit bien sûr pas d’un document électoral car je crois bien que l’utilisation du bleu blanc rouge est interdite dans les documents électoraux (en liseré sur les pages intérieures du document) mais j’imagine que la perspective de nouvelles législatives en mai 2022 pousse néanmoins madame Gatel à se faire connaître de ses électeurs avant que ses dépenses de campagnes ne soient prises en compte. C’est légitime mais je trouve que cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe (à moins que je n’aie raté un précédent tract, bien sûr).
Peut-être est-ce parce que je n’ai d’emblée visuellement pas accès au contenu de son huit pages, particulièrement illisible (petites polices, titres en grisé tout majuscule sans contraste) ? Je dégaine mon scan et regarde un peu en quoi madame Gatel peut proclamer en page de garde être « Avec vous » (donc moi). Un édito, la défense de l’Europe, la sécurité… ah ! c’est bien, ça, la sécurité, avec deux photos de commissariat (la circonscription couvre deux arrondissements), ça va plaire à mes voisins… Un point sur les associations puis une page « À votre rencontre », qui se décline en « Soutenir nos entreprises » et « Faire vivre la mémoire », photos de monuments aux morts à l’appui ; chapeau bas ; capitaliste ou mort, quel choix !
Et ce n’est pas la seule allusion à la mort. Marielle de Sarnez ? Je n’y vois aucune référence ; par contre, le point « Notre circonscription » est illustré par la tour de la Charité sise au milieu… du cimetière du Montparnasse ! Il fallait oser. Craindrait-elle que la fonction fût létale ? Rassurez-vous, madame, même si la mort nous est inévitable, la fonction de député n’y mène pas forcément directement sauf si vous enchaînez trop de mandats, bien sûr ! Je me dois donc de vous faire une promesse, pour vous éviter cela : pour vous, je ne voterai pas. Rassurée ?

Incyclicité @39

Les infractions de cyclistes m’affligent de plus en plus, et sont dangereuses, pour eux et pour les autres (parfois leurs propres enfants à l’avant dans des vélos cargos, bien exposés aux traversées de carrefours avec feux tricolores non respectés). Circulant à vélo, j’ai eu plus peur de crétins à vélo roulant à fond en brûlant un feu rouge que des conducteurs de véhicules motorisés. Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet de ce n’importe quoi du quotidien.
Mais, outre l’irrespect manifeste du code de la route et du respect des piétons, le comportement aberrant de certains n’a pas de limites. Rouler avec une seule main sur le guidon n’est pas rare, souvent pour consulter son portable dans l’autre. L’autre matin, un cycliste à Vélib’ m’a soufflée : il roulait avec une main, l’autre étant… avec son bras dans un plâtre. Heureusement, je n’étais pas sur sa route.

Décroissance @77

Page du site montrant le stock dans le magasin où les produits ne sont pas car ils ont été placés en entrepôt pendant la saison basse.En suivant scrupuleusement la procédure décrite par Isabelle, j’ai réussi à sortir les lampes de leur « hibernage », après une tentative avortée de récupération un samedi (trop de monde), et une seconde réussie le lundi suivant. Je suis donc désormais à la tête d’une armée de quatre lampes de camping rechargeables que complète la lampe solaire (la première), une seconde couplée à un panneau et une batterie achetée au printemps avec un autre panneau sur les conseils de Vincent, le panneau solaire du ventilo, et deux batteries externes pour téléphones et tablettes. Tout ça ?
J’ai constaté que j’étais en surproduction électrique avec mes trois panneaux solaires. La petite batterie externe se charge en une journée et recharge mon téléphone et le casque la nuit. La grosse batterie externe installée dans la cuisine et la batterie-panneau-lampe (tout intégré), mettent une bonne semaine à se charger mais y recharger des lampes de camping passe inaperçu dans leur temps de charge. Quand elles sont pleines, la tablette en profite mais il faut attendre longtemps pour renouveler l’opération. Quant à la lampe solaire, elle ne tient pas la charge très longtemps.
J’en ai conclu que les panneaux sont idéals pour charger des petites batteries, par exemple celles de lampes de camping ou celle équivalente à une charge et demie de téléphone. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de compléter mon équipement ajoutant à celle dans mon coin-salon, suffisante le soir pour manger et lire sur la tablette rétroéclairée et à celle dans la salle de bains qui est parfaite pour ma toilette, une dans la cuisine et une dernière près de mon lit ; me voici désormais parée ! Ce n’est pas sûr que ma facture baissera en euros, mais grâce à Linky, je constate sur quinze jours que ma consommation a baissé de 7,8 % ; ce n’est pas significatif, quinze jours… je surveille.

Réclamation @84

Facsimilé d'un bordereau de recommandéJe ne sais pas si c’est un sentiment personnel, expression de ma lassitude, ou si c’est dans l’air du temps mais je trouve que le commerce fonctionne de moins en moins bien. Le discours commercial est là ; l’usage oblige à réclamer en permanence. Je ne parle même pas de l’accessibilité qui n’existe nulle part. Je ne pointe que les manquements les plus flagrants, sur ce blogue ou sur Twitter ; c’est épuisant surtout quand cela se répète après signalement.
Je m’en tiens sur ce billet au commerce, et aux pratiques commerciales. Ces deux derniers mois, j’ai dû faire des réclamations musclées :
* auprès de la SNCF ; j’ai voulu acheter un billet par téléphone ; cela a pris une heure et demie, deux interlocuteurs, une carte de réduction inutile payée plein pot en dépit d’un bon d’achat… l’affaire est en cours de réclamation ;
* auprès de mon fournisseur Internet Bouygues Telecom qui fait des promesses de remise commerciale pour incident et qui ne les applique pas ; ma première réclamation a porté ses fruits ; il faut que je m’occupe de la seconde ;
* auprès de UPS qui perd les colis et se moque de ses clients ; après l’incident de juin, une autre livraison en septembre a été aussi épique ;
* auprès de Carrefour qui annonce sur son site des gains à des loteries sans envoyer des codes valides pour en bénéficier ; je les ai récupérés mais c’est compliqué à utiliser.
Entre deux, heureusement que Caddie retrouve les terminus ! Ça me met du baume au cœur.

Déo @38

Page du site montrant le stock dans le magasin où les produits ne sont pas car ils ont été placés en entrepôt pendant la saison basse.Alors que je me rendais à proximité d’un magasin d’articles de sports et loisirs, j’avais proposé à Cécyle de me dire si elle avait besoin de quelque chose. Elle m’avait donné deux références de lampes de camping rechargeables. J’étais donc passé voir, mais ne les avait pas trouvées.
En sortant, je l’en informe. Elle me répond qu’elle en a vu en stock sur le site, qu’il est donc possible de commander en « click & collect ». J’y retourne et sollicite un vendeur. Il réfléchit et me dit, l’air un peu résigné, qu’il lui semble comprendre ce qui arrive : elles doivent être en « hibernage » (c’est le mot que j’ai compris). Nous vérifions en rayon. Il m’explique que les produits moins vendus l’hiver sont envoyés dans un entrepôt. Ils restent dans le stock du magasin sans y être (en magasin). Par conséquent, si on commande en « click & collect », la commande sera annulée.
Il me donne la solution : il faut effectuer une commande comme si on se faisait livrer, mais on peut choisir d’être livré chez soi ou dans un magasin et y retirer les produits. Les livraisons sont constituées à partir des fameux entrepôts.
Il s’agit donc de « cliquer et collecter », mais sans opter pour le « click & collect ». Facile ! Et l’hibernage ? Joli mot, croisement entre hivernage et hibernation. Et si les stocks indiqués sur le site pouvaient aussi aller se blottir au chaud dans un entrepôt, histoire de ne pas embrouiller la clientèle, ce ne serait pas joli aussi ?

Chouette @46

Un arrêt provisoire du 58. Un poteaux planté dans un socler avec les informations sur la circulation de bus. En fond, la ville.— Caddie a retrouuuvééé le buuuuus !
Plutôt son terminus, les amis !
— Le min*uuuu*s ?
— Non, Copain Mouton, c’t’est pas l’même ! C’l’ter-minus.
Exactement Petit Koala, trois fois le minus. J’ai retrouvé les pantoufles aussi, on avait reçu un avis de disparition inquiétante.
— Caddie trouuuve-touuuut !
— Il ouaftrouve même la ouafballe dans les ouafourrés !
C’est pour ça que je suis candidat ! J’ai la solution à tous les problèmes, bus, pantoufles, balle et commissions ! Les amis, votez pour moi !
— Ça ouiiiii, on voooote ! Viveee la soluuuution !
— C’est quo*iiii* la sol*uuuu*tion ?
— Un liquiiiide !
— Des so*uuu*s ?
— Pour les ouafcroquettes ?
— Vous z’embrouillez les Mouton. Oui, tout’solution est un liquide mais tout liquide n’est pas d’l’argent. Le point d’fusion est à 961,8 °C et même s’l’planète chauffe, on n’en est pas là.
Supprimons l’argent ! « Croquettes gratis et foooot à volonté ! » C’est un bon sloggan, ça, je trouve !
— Et l’amooour, candidat Caddie ? T’as la soluuutioooon ?
— C’est Ouafnous, l’ouafamour !
— Même m*oooo*i ?!
— Même toi, Copain Mouton ! Allez, on z’y va. Y a plus rien à trouver Cadinounet ! T’viens au foooot ?

Pauvres enfants ! @37

Affiche 119 enfant en dangerLes vestiaires, dans mon club de judo, sont constitués de trois espaces à l’intérieur d’une grande pièce, espaces délimités par des cloisons en bois et des rideaux. Il y a deux vestiaires pour les garçons, afin que les groupes d’âge ne s’y croisent pas ; et un pour les filles (elles sont peu nombreuses). Les parents y circulent allègrement, certains enfants ayant besoin de leur aide, d’autres… ? Nous y prêtons toujours attention, sortant gentiment les parents qui n’ont rien à faire là.
Cela a été le cas jeudi dernier. Une maman, qui attendait son fils, était à côté d’un rideau qu’elle avait soulevé, offrant ainsi le spectacle d’une dizaine de gamins en slips à qui tournait la tête par là : des parents, d’autres enfants, des adultes du cours de Aikido… Je lui ai demandé de fermer le rideau, invoquant le droit à l’intimité des enfants. Elle l’a fait, un peu de mauvaise grâce. Une autre maman a appuyé bruyamment ma démarche. Comme nous étions à quarante-huit heures du rapport (sic) Sauvé, j’ai enfoncé le clou (celui laissé vacant par le Christ, bien sûr).
Je vous passe les détails de la conversation, mais j’ai expliqué que tous les adultes intervenant dans le club se voient contrôler leur casier judiciaire (et ce bien avant que ce ne soit une obligation légale) et, à la remarque d’une maman sur le judo sport de contact, j’ai expliqué que nous n’attrapions que le kimono et que cela faisait une sacrée différence (si vous en doutez, je vous en fais la démonstration dans l’heure). Sur les cinq parents présents, trois n’ont rien dit, une a approuvé bruyamment, la dernière a fait des petites remarques genre « Franchement, vous en faites trop. »
C’est sans doute la même qui ira pleurer misère s’il arrivait quoi que ce soit à son enfant ; j’imagine aussi qu’elle publie allègrement des photos sur les réseaux sociaux, sans contrôle sur qui les voit. Vous avez dit protection de l’enfance ? Un enfant sur deux est agressé par un membre de sa famille, et 94 % des enfants le sont par des proches. Victime ou témoin, appelez le 119 !