La première fois que j’ai rencontré Anne Hidalgo, c’était en 2014 lors de l’inauguration d’un local électoral où une amie, proche de la future maire de Paris, m’avait invitée. Nous avions devisé un bon moment, je ne sais plus sur quel sujet où nos points de vue convergeaient, sans être tout à fait en accord. J’avais en face de moi une femme convaincue, engagée, espiègle, à l’écoute, charmeuse. J’ai été charmée. En partant, elle m’a embrassée.
Ce baiser sur ma joue est toujours là et, alors qu’elle s’apprête à quitter ses fonctions (j’écris ce billet le samedi 21 mars veille du deuxième tour sans en connaître le résultat), j’ai lu un article dans Le Parisien qui m’a remplie d’émotions. Il me ramène à cette rencontre et a beaucoup d’autres. Je n’ai pas fréquenté la maire ; je l’ai croisée plus ou moins souvent, surtout lors de son premier mandat, celui dont je regrette la fougue, l’imagination, la créativité, l’envie de faire.
On a reproché beaucoup de choses à Anne Hidalgo, avant tout d’être une femme et de mener des projets ambitieux pour Paris. Je n’oublie pas le trou noir de l’accessibilité dans le bilan. Mais je veux à l’instant me souvenir de tout ce qu’elle a impulsé pour Paris, ma ville, et qui a profondément amélioré mon cadre de vie. Son deuxième mandat n’a pas été celui qu’il aurait dû être. Elle en porte évidemment la responsabilité ; celle avant tout d’avoir laissé s’installer des élus et des membres de cabinet qui n’étaient là que pour faire prospérer le clientélisme d’appareil.
Je ne porte pas plus loin l’analyse ; je le ferai peut-être dans un autre billet ; je ne sais pas. Aujourd’hui, je veux me souvenir de la grande maire de Paris qu’a été Anne Hidalgo, et dont l’histoire construira la légende ; j’en suis sûre. Je suis vraiment émue à écrire ces lignes. L’émotion est une si douce compagne. Elle n’enlève rien aux convictions. Elle leur donne juste une indéfectible touche d’humanité.
Madame, si vous le permettez, je vous embrasse.
À bientôt.