Archives mensuelles : novembre 2019

Apéro @16

Une semaine où je n’étais pas à mon bureau mais en formation dans un autre quartier, j’ai fréquenté plusieurs jours de suite un restaurant administratif. Le détail des plats, salades, desserts y est indiqué. Deux fois, un dessert maison me tentait mais à chaque fois il y avait de l’alcool. La première fois, c’était du cognac, la seconde du kirsch.
C’était des recettes pouvant très bien se passer d’une goutte d’alcool. Cela me semble problématique à plusieurs titres : des personnes n’aiment pas l’alcool, des personnes ne supportent physiquement pas l’alcool, des personnes ont besoin d’être éloignées de l’alcool en raison de tendance addictive, des personnes ne veulent pas consommer d’alcool en raison de convictions personnelles… Il n’y a pas pléthore de desserts, je trouve donc que c’est une bien mauvaise décision dans un restaurant destiné à des agents et dont l’employeur devrait intervenir pour faire cesser ces pratiques. C’est une question de santé publique et de responsabilité vis-à-vis des salariés.

Noël @41

Je suis très déçue par mon fournisseur d’énergie. Je comptais bien avoir ma prime de Noël, comme l’année dernière où, après un prélèvement abusif suite à une erreur d’échéancier, j’avais bénéficié d’un « geste commercial » de 30 euros, mais je crains n’avoir aucun argument pour réclamer cette année alors que tout avait si bien commencé… À échéance du relevé de mon compteur, je reçois un « calendrier de paiement » (je suis mensualisée) qui porte mon échéance à 87 euros mensuels là où elle est d’ordinaire de 24,79 euros. Mon sang ne fait qu’un tour. Je me connecte à mon compte client, trifouille et trouve finalement le relevé fait qui apparaît en grisé à l’endroit où je pourrais saisir moi-même un relevé.
Je compare le chiffre avec le précédent, trouvé sur ma facture. Il fait apparaître une consommation de 2474 kW/h contre 549 kW/h les six mois précédents. Caddie se shoote au 220 en mon absence ? Il dément. J’appelle mon gardien. Il vient m’aider à faire le relevé : 51944 ; soit une consommation de 590 kW/h ; c’est plus raisonnable (même si je cherche la cause de ces 41 kW/h supplémentaires…) J’appelle ; après quelques tergiversations d’usage, ma bonne foi est reconnue et mon échéancier repasse à 25 euros. Je dois recevoir un courrier de confirmation.
J’attire l’attention de mon interlocutrice sur le fait que nous sommes le 31 octobre, et que le premier prélèvement est indiqué au 6 novembre alors que le montant de mon « chèque énergie » n’est pas épuisé. Si mon fournisseur d’électricité fait ce prélèvement, c’en est fait de lui et j’exigeais des réparations, prélever un indu étant parfaitement illégal. La dame est désorientée ; son ordinateur lui dit qu’il n’y aura pas de prélèvement ; mon échéancier dit le contraire ; et l’expérience me pousse à le croire. C’est donc sans une certaine impatience que j’attends le 6 novembre et là ; patatras ! Aucun prélèvement ! Mon fournisseur ne s’est pas mis hors la loi et je perds tout argument pour ma prime de Noël. Mais qui va payer mes chocolats ?
— Tu ferais bien d’en manger moins…
Caddie ! Ne me dis pas que tu es partie prenante à cette conjuration ?
— Va pas me traiter !
D’accord, Caddie. Mais quand même, mes chocolats

Va chez l‘gynéco @39

Lundi matin, en raison d’une grève à Radio France, pas d’émission de radio. J’utilise donc ma tablette pour zapper un peu pendant le petit-déjeuner et je tombe sur Valérie Pecresse, la présidente de la Région Île-de-France. Elle parle de l’égalité femme-homme en vantant son bilan sur le sujet à la tête de la région. L’émission touche à sa fin et en dernier mot, elle se dit favorable à un congé de paternité obligatoire pour les hommes de façon à réduire l’inégalité de traitement que le congé de maternité produit pour les femmes. Cela fait un moment que je pense que ce serait une bonne mesure et je souris d’avoir un point d’accord avec V. Pecresse.
L’émission va donc se terminer sur cet avis mais ç’aurait été trop beau car, dans un ultime souffle, presque sur le générique, elle glisse : « Bien sûr, il ne serait pas de la même durée. ». Fin de l’émission.
Mais bon sang mais c’est bien sûr !

À table ! @59

Samedi 9 novembre 2019, soir du deuxième jour où je n’avais pas envie de rentrer chez moi (ici). Il est 21 h 35. J’ai mangé une soupe, une petite salade assaisonnée aux moules au vinaigre, un yaourt. J’attrape une pomme. Je découvre qu’elle est abîmée. J’étudie les trois pommes dans le panier. Elles le sont toutes. Je râle. J’attrape un couteau d’office, je cherche une boîte en plastique, la boîte en métal où je range le gingembre confit et c’est parti ! J’épluche, une couche de pommes, un peu de gingembre en petits morceaux, une couche de pomme… Un fond d’eau. Micro-onde.
J’envoie un message à Isabelle : « Mes pommes sont toutes pourries ; compote au micro-onde. » Puis un second « J’imagine que le peintre les aurait jetées. » Jeter quatre pommes abîmées ? Aucune circonstance ne l’autorise, ce d’autant moins que les sauver en compote en dépit des circonstances a séché mes larmes du soir. Je résiste. Yuki !

Anniv’ @40

Depuis l’an dernier, pour mon anniversaire, un supermarché dont j’ai la carte de fidélité m’offre un cadeau. Il y a un mois pour aller prendre un produit bien particulier et passer en caisse avec le bon pour se le voir offrir. L’an dernier, c’était un gâteau de la marque de distributeur au rayon surgelé. J’avais cherché à l’occasion mais ne l’avait pas trouvé en magasin.
Cette année, il m’est proposé également un gâteau surgelé ou une bougie d’intérieure. Comme je ne veux pas m’intoxiquer avec la bougie, j’opte pour le gâteau. Pour l’instant, je l’ai cherché dans celui où je vais le plus fréquemment et puis dans d’autres à proximité, en vain. Dans le premier, j’ai au moins trouvé la référence mais avec un autre parfum (je n’en ai pas le choix). Dans tous, il semble que cette recette précise n’est même pas proposée.
Si j’ai le temps, je le chercherais dans un autre magasin… Au moins, pour l’instant, on peut dire que c’est un cadeau qui ne coûte pas cher au commerçant.

Agit-prop’ @27

À suivre le blogue depuis des années, vous savez désormais que j’ai un lourd passé militant (beaucoup est ici, ou ). J’ai commencé jeune à lire des écrits politiques, à accompagner papa dans des meetings, à participer à des manifs (la première à Avignon en juillet 1969), à faire la campagne municipale pour maman en 1977, à organiser des grèves dans mon lycée… Même ma prof de piano me portait à l’action politique : son appartement était sur un parcours de manifs et, au vu de mon peu d’intérêt pour l’instrument, on les regardait passer et elle me lisait et m’expliquait les banderoles.
Très tôt aussi, mon action politique a été marquée par la désobéissance civile et la non-violence. J’ai raté Plogoff (trop loin de la maison) mais j’ai passé un mois à occuper le plateau du Larzac en août 1980 : barbouillage de camions militaires, occupation d’un champ de tir en plein exercice (la trouille de ma vie !), blocage d’une voie ferrée, perçage de la nationale au marteau-piqueur pour faire une adduction d’eau… action qui m’a valu un passage à la gendarmerie de Millau. J’en garde un souvenir diffus, celui d’avoir résisté à donner mon identité et d’un gendarme me disant que ma mère ne viendrait pas me chercher. Merci maman ! J’ai pu retourner sur le plateau continuer l’occupation.
Depuis, une sorte d’ange gardien me protège : je n’ai jamais été contrôlée ni arrêtée ni matraquée ces quarante dernières années ; cela a parfois été à deux doigts, comme avenue René Coty en 1993 où l’ami enchaîné à moi s’est fait rouer de coups pendant qu’un garde-mobile me prenait dans ses bras en s’excusant pour me déposer fort civilement plus loin. Encore dernièrement, j’ai réussi à sortir d’une manifestation avant d’y être piégée. Un ange gardien, et un peu d’expérience sans doute.
Je ne m’en plains pas ; je n’ai pas besoin d’un casier judiciaire, de quelques cicatrices ou d’un œil en moins pour faire valoir mes états de services militants. Mais je sais que la confrontation directe avec les forces de l’ordre peut arriver, et je m’y suis toujours préparée : j’ai le téléphone d’un avocat dans mes contacts ; mes amis me savent en manif (où, quand, avec qui) et j’envoie régulièrement des bulletins de santé ; et je n’ai pas encore lu la Bible dont je réserve la lecture à une situation carcérale. Et je fais bien de m’y préparer !
L’objet de ce billet était « À 82 ans, j’irai en prison ! » ; voilà donc où je voulais en venir. Il me reste encore vingt-cinq ans d’activisme pénard et après, je penserai très fort à Jane Fonda et à son indomptable détermination ! Je remarque que jusqu’à la fin du siècle dernier, je n’avais peur de rien et prenais pas mal de risques. Puis, petit à petit, j’ai commencé à avoir peur des forces de l’ordre, de leurs violences de plus en plus systématiques, de leur renoncement à toute forme de discernement.
Aujourd’hui, je sens que la niaque revient, sans doute encouragée par les jeunes activistes pour le climat dont l’énergie est contagieuse. Je commence à reprendre un peu de risques, à fréquenter des actions qui peuvent me mener en prison ou à l’hôpital. À choisir, je préfère la prison même si je sais l’épreuve plus rude que ce que les bonnes gens racontent. Ce sera donc la prison, à 82 ans ; comme j’ai également prévu de fumer de nouveau à 80 ans, je sens que je me prépare un cinquième âge terrible !

Annonces @27

L'ex école BrantômeDouble annonce dans le Quartier de l’Horloge situé dans le coeur historique de Paris, à coté du centre Beaubourg. Après la fermeture de l’école maternelle Brantôme pour des raisons de baisse drastique du nombre d’enfants dans l’arrondissement, les habitants du quartier ont d’abord appris que ces locaux allaient être, je cite : « une plateforme d’accueil de jour, et de soins, comprenant 4-5 chambres pour permettre du répit et un meilleur accompagnement » de jeunes mineurs en situation de handicap confiés à la Ville de Paris par les services sociaux (ici). Plus de 4000 de ces enfants sont confiés à la Ville chaque année. Cette installation est prévue dans un an au plus tôt mais plus sûrement dans deux années.
Dans la foulée, nous avons appris que, dans l’intervalle, le lieu accueillera des « femmes enceintes ou sortant de la maternité en situation de vulnérabilité ». Là encore, j’ai appris que ces femmes étaient très nombreuses. Invisibles, elles errent avec leurs enfants dans les salles d’urgences des hôpitaux de la capitale qui leur laisse un espace mais forcément dans des conditions disons très précaires.
Cette double annonce a provoqué l’émoi de certains habitants du quartier en raison, d’une part d’un certain flou sur la définition du projet au moment de son annonce, d’autre part du caractère prétendu tardif de l’annonce. Une réunion d’informations a donc été organisée lundi dernier à la mairie du 3e arrondissement (bientôt mairie des quatre arrondissements réunis).
Toutes les parties prenantes déjà désignées étaient présentes pour expliquer les tenants et aboutissants des deux projets.
La réunion a plutôt mal commencé avec la prise de parole d’une personne de la salle. J’ai compris à ces propos qu’il était propriétaire d’un appartement dans ledit quartier. Le ton tout de suite très haut, il a avancé un certain nombre d’arguments n’ayant aucun rapport les uns avec les autres, accusant Anne Hidalgo d’incompétence. Il n’évoquait finalement jamais les deux projets en eux-mêmes, sous-entendant ainsi que ces projets allaient générer les mêmes types de nuisance.
Cet épisode passé, la réunion d’information a été très intéressante, constructive et a rassuré certains habitants sur ce qui les attendait. J’ai tout de même repéré un électeur du RN qui s’est exclamé quand il s’agissait de répondre à la question « d’où viennent les femmes qui seront accueillies ? » : « on sait très bien d’où viennent ces femmes puisque les Françaises ne font plus d’enfants. » et une adepte du complot autocentré qui a posé la question suivante : « mais pourquoi ces genres de projet sont tous localisés dans le Quartier de l’Horloge ? ». Mais oui… Pourquoi ?

Courage @4

Depuis deux jours, je n’ai plus envie de rentrer chez moi. C’est une sensation rare, dure, ce d’autant que ce « chez moi » est certes mon appartement, mais c’est aussi un peu moi, mon intimité, qui me sont étrangères. C’est comme si je ne m’appartenais plus ; comme si je vivais en automate en attendant de me retrouver ; je fais les choses de la vie mais ce n’est pas moi qui agis et, quand je me remets en mode moi, je pleure. Je ne m’attendais pas à cela ce d’autant que les événements qui me mènent là m’étaient initialement une fête et, qu’en fin de compte, tout cela est objectivement bien dérisoire. Je vous raconte.
J’attendais avec impatience que mon bailleur change mes fenêtres (l’opération a duré trois ans et demi) afin de rénover ma cuisine, comme je l’avais fait avec ma salle de bains (). Le sol partait en bouillie, le robinet et l’évier étaient hors d’usage, la peinture et les carrelages muraux n’en pouvaient plus, l’espace libéré par le ballon demeurait béant, l’électricité manquait de sécurité… Dès les fenêtres posées, j’ai mandé l’entreprise qui avait fait ma salle de bains, et le peintre. J’ai signé les devis, attendant avec impatience une date de travaux. Elle a été fixée au 4 novembre pour une durée de quinze jours.
La semaine précédente, j’ai déménagé ma cuisine dans ma pièce unique, installant au mieux pour avoir accès au minimum pour grignoter, travailler et dormir. J’ai réservé le canapé chez Isabelle les jours de judo et une place à table chez ma voisine, chez Danielle. J’étais prête. Mais déjà, je n’étais pas très bien. Je perdais tous mes repères, mes gestes automatiques ; et ma déficience visuelle, d’un coup, me pesait. Mais ça allait, j’étais encore chez moi. Et puis la déferlante est arrivée : du matériel et des matériaux pour refaire intégralement une cuisine ont investi l’espace que je leur avais libéré et un peu plus… de ces « un peu plus » qui foutent tout en l’air, parce que le fauteuil ne peut plus bouger pour libérer le petit coin de table devant la télé, parce que la théière n’est plus accessible, parce que je dois enjamber une machine à laver pour faire pipi la nuit…
Qu’importe ! On s’arrange avec le plombier ; il sait ma déficience visuelle et fait très attention. Et puis, je pars chez Isabelle. Quand je reviens trois jours plus tard, en soirée, le peintre a rajouté ses affaires mais tout est rangé au mieux ; avec des « un peu plus » qui s’accumulent. Je pars tôt le lendemain et reviens vers midi ; pour découvrir un carnage ! Par nécessité, une bibliothèque a été vidée un peu partout pour être déplacée, une porte démontée bloque l’accès à mon bureau… Je manque de m’effondrer mais résiste ; les deux ouvriers sont blagueurs ; on s’arrange encore mais le soir même, je me sens incapable de rentrer. Il le faut bien. Ils ont tout rangé. La porte est remise en place, la bibliothèque aussi avec une partie de son contenu. J’avais dit que je m’occuperais des livres.
Le jour d’après, nouveau revers. Le peintre m’informe par message avoir mis le chauffage et déplacé la télé qui était justement posée sur un radiateur. Pour cela, il a viré d’autres choses, les mettant là où cela lui était possible, détruisant mon espace manger. C’est donc bien dérisoire tout cela, une bibliothèque vidée et posée en vrac un peu partout, une porte mise là, le chauffage allumé, la télé déplacée… Tout est réversible. Tout est là ; rien n’a disparu. Reste à le trouver. Et même cela, c’est dérisoire ! Mais cela a agi comme un détonateur. Je suis perdue, égarée et pas parce que je ne retrouve pas mes affaires mais parce qu’elles ont été déplacées comme si cela se faisait, parce que le chauffage a été allumé car, c’est connu, tout le monde allume son chauffage au mois de novembre.
Ben pas moi. Et ma bibliothèque, ce sont mes livres qui sont dedans, mes contrats, mes notes de droit d’auteur, les quelques autres livres que je garde, et que tout ça, c’est toute ma vie d’écriture. Et le chauffage n’a pas besoin d’être allumé pour qu’il fasse 20° chez moi ; il fait 20° sans et l’idée que quelqu’un puisse décider à ma place d’une dépense ne m’est pas acceptable. Et me piquer au passage le pauvre mètre carré d’intimité que je m’étais fabriqué arrive comme une cerise sur le gâteau !
C’est comme ça ; c’est idiot ? Peut-être mais à Isabelle qui me demandait si j’avais besoin d’aide, j’ai répondu que j’avais juste besoin que l’on me rende mon intimité ; car même quand je suis en mode refuge chez elle, je la perds aussi en dépit de la chaleur de son accueil. Où que je sois, je ne suis plus à moi. Mais ce n’est rien, tout ça. Pas d’incendie. Pas d’inondation. Et c’est moi qui paie pour ces travaux que j’ai décidés. Chez ma voisine, il y avait une cousine dont le mari était mort et qui a été virée par sa belle-famille, avec juste ses papiers et un sac de voyage. Elle a dormi à la rue avant d’être recueillie chez les uns les autres. Mais de quoi je me plains ?
De rien. Juste je suis dépossédée de moi-même de mon plein gré. Et c’est insupportable. Serais-je si fragile ? Il semble. Et plus j’y pense, moins j’ai envie d’y renoncer.

 

Intox @10

Sur la table d’un restaurant, je vois Le Parisien et sa une « Tabac – Mais qui a encore envie de fumer ? » Le journal fait un lien direct entre le prix du paquet de cigarettes et la baisse du nombre de fumeurs. Certes, il y a un lien, mais cette une semble résumer la question qu’à « l’envie ». Comme les personnes en surpoids seraient « juste » incapables de ne pas céder à leur envie de sucre, les fumeurs payeraient le prix de leur plaisir d’assouvir une envie. Quid de la dépendance ? Quid des mécanismes de l’addiction ?
Dans la première double page, il y a un comparatif entre ceux qui fument le plus et ceux qui fument le moins : surtout des hommes, surtout des personnes parmi les moins diplômées, etc. Le journal effleure les différences de contextes sociaux sans mettre en question véritablement l’enjeu dans ses aspects sociaux pour le réduire à sa dimension individuelle.
C’est vrai que chacun est le premier maillon de sa responsabilité vis-à-vis de lui-même et des autres, mais le poids constant de ce renvoi à des affects a toujours comme limite de ne pas remettre en question d’autres sujets (les thématiques comme les acteurs). Les gentils aiment leur planète et agissent pour elle, les médiocres se vautrent dans leurs pulsions.
Cette une me renvoie à une discussion, la veille de cette édition, avec une amie. Son sevrage tabagique a été particulièrement difficile tant la nicotine peut être addictive, en soi et selon le terrain différent d’un individu à l’autre. Les effets physiologiques de cet arrêt du tabac ont été particulièrement pénibles et c’est un effort de grande ampleur qui lui a permis de passer le cap de lutter contre l’envie de fumer, au fond pour ne pas souffrir.
La question pourrait être « Tabac – Mais qui a encore envie de donner à fumer ? »

Dixit @13

Je suis dans l’espace boulangerie d’un supermarché où les produits sont en vitrine avec deux personnes qui servent. D’ordinaire, je me sers dans les espaces libre-service ; c’est le seul moyen de choisir sereinement ce que je veux car je peux saisir les produits pour les identifier. Ce n’est pas le cas dans ce supermarché.
Quand j’arrive, il n’y a aucun client. Les deux serveurs s’affairent. Je tourne et retourne pour tenter d’évaluer ce qu’il y a, ce qu’il m’irait. Un homme arrive, puis une femme. Un employé s’adresse à la femme qui répond que le monsieur était avant elle. Et moi ? Qu’importe, je ne sais toujours pas ce que je veux. L’homme ne bouge pas. La femme l’interpelle de nouveau. Il s’avance, achète son pain et repart.
La femme se fait servir à son tour. Personne ne m’a encore rien demandé. J’ai enfin choisi mon pain (je suis là depuis cinq bonnes minutes), ignorant ce qui est derrière les serveurs, me contentant des baguettes mises devant. Le service dure un peu, la dame se plaint du client avant elle.
— Mais vous l’avez vu ? Il ne m’a même pas regardée !
— Vous auriez pu passer…
— Non, il était arrivé avant moi et j’ai de l’éducation…
Et moi ?
Un échange nourri s’en ensuit avec les deux serveurs sur les malotrus qui méprisent leur prochain. Je retiens ma remarque. J’ai un cours de judo qui m’attend.

Note. Je sens la question poindre : mais pourquoi ne demandes-tu pas ?
— Bonjour monsieur. Je voudrais un produit salé ou du pain mais j’ignore quoi. Pouvez-vous me dire ce que vous avez en me disant à quoi ça ressemble (taille, aspect, forme…) et le prix ?
Je vous laisse regarder le nombre de produits salés et pains dans une boulangerie pour vous laisser répondre à la question posée.