Conte de printemps

J’ai, dans ma cuisine, une jardinière qui accueille depuis quelques années un pied de lavande et, au fil des saisons, les plantes aromatiques qui veulent bien y pousser. En septembre 2025, sur un stand de la direction des espaces verts, Sarah a récupéré dans un petit godet deux feuilles de misère. Elle pensait les ramener chez elle mais elle les a plantées dans ma jardinière. Six mois plus tard, la misère occupe 50 % de celle-ci, menaçant tous les jours de tomber sur ma plaque de cuisson ou d’étouffer un pied de basilic qui a résisté à l’hiver.
Sarah a taillé la plante pour la ramener à des proportions plus raisonnables. J’ai mis les morceaux dans un sac kraft avec l’intention de les déposer au jardin partagé si quelqu’un voulait faire des boutures. En m’y rendant, j’ai fait un crochet par le bac à biodéchets installé dans la rue par la Ville. Juste après moi, une dame y déposait des morceaux de végétaux, à l’évidence le produit d’une taille de plantes.
Je lui ai expliqué que j’avais l’intention de déposer mes branches de misère au jardin partagé mais que, si elle avait envie de faire une bouture, je les lui donnais volontiers. Après quelques secondes d’incertitude et un œil jeté sur le contenu du sac, elle a accepté ma proposition et est repartie toute joyeuse avec une nouvelle plante.
J’adore quand la vie fait ce genre de cadeau.