Écrivaine @48

Un brocolisJ’ai reçu un message sur ma page Facebook, sans bonjour ni autre chose qu’un texte copier-coller « Découvrez Spoiler l’émission auvergnate sur les écrivains et écrivaines qui viennent raconter des anecdotes sur la littérature. » J’apprécie toujours que l’on me parle aimablement en y mettant les civilités de convenance. La conversation était donc mal engagée même si l’usage de « écrivaine » m’a amadouée. J’ai cliqué sur le lien et suis tombée sur une vidéo où une écrivaine parle de son travail.
J’ai regardé deux minutes puis ai répondu à mon interlocuteur.

« Bonsoir,
« Merci pour ce partage. Je m’interroge. Pourquoi ?
« Bonne fin de soirée »

La réponse n’a pas traîné. J’ai eu droit cette fois à un « Bonsoir » puis…

« Vous êtes écrivaine et c’est une émission avec des écrivaines qui parlent littérature et culture donc peut potentiellement vous plaire. »

Voilà un sujet intéressant. Est-ce que cela m’intéresse d’entendre d’autres écrivaines parler de littérature et de culture ? Il ne me faut pas longtemps pour que la réponse vienne : non, surtout si je ne les connais pas. J’imagine que ma réponse peut choquer tant, dans les mythes autour de l’écriture, l’idée que les écrivains auraient un intérêt particulier naturel aux autres écrivains est très répandue. Mais non, cela ne m’intéresse pas. Par contre, en tant que lectrice, oui, cela peut m’arriver de m’intéresser à ce que des écrivaines et écrivains ont à dire au-delà de leur livre ; mais ce n’est pas si fréquent ; un livre n’a-t-il pas vocation à se suffire à lui-même ?
Ce qui m’amuse, au-delà de l’anecdote et des questions qu’elle soulève c’est que casser les mythes autour de l’écrivaine est l’objet de mon prochain roman rose qui devrait paraître en mai ; si ce n’est pas une opportunité d’aguichage (teasing en anglais), je me demande bien ce que c’est ! Quant à cette conversation sur Facebook, je l’ai close en indiquant à mon interlocuteur que sa vidéo n’étant pas audiodécrite, je ne pouvais m’y intéresser. Je sais, c’est du pur opportunisme anti-validiste ; ça fait du bien, parfois.

Anniv’ @46


– C’est jour d’trébonziversaire. L’premier qu’on l’fête d’not’copain Helgant !
– Tréééééééébonziiiiiiiiversaire !!
– Tr*éééééééé*bonz*iiiiiiii*versaire !!
– Il d’vient senior chez l’copains canins. Mais l’est toujours un peu jeune. Hier, au parc, l’était tellement content qu’il s’est frotté par terre. Juste sur d’la fiente d’oiseau.
– C’est riiiiiiiigoooooloooo !
– *Oooooooo*h ! ou*iiiiiii* ! A faire p*iiiiiii* p*iiiiiii* de rire !
– Les Mouton en rient depuis hier. Helgant est encore comme un chiot dans sa tête. Et un farceur !
– C’est un suuuuuuuuuper copaiiiiin.
– T’*eeee*s un s*uuuuu*per copa*iiiii*n !

Joyeux trébonziversaire Helgant !

Pucer @52

Les nouvelles technologies ne sont pas toujours les alliées de nos libertés même si on a l’impression parfois qu’elles nous facilitent la vie. Il en est ainsi de la biométrie et je crains qu’après les éternuements de circonstances, il ne soit de plus en plus difficile d’échapper aux identifications par nos empreintes (digitales ou autres), nos rétines, notre visage ou nos crottes de nez. Dans ce contexte, le débat s’intensifie aujourd’hui autour de la reconnaissance faciale. On nous vante son efficacité en matière de sécurité publique en doublant avec des arguments de vie quotidienne : plus besoin de papiers, de codes ou autres : on sourit au terminal de paiement et hop ! les courses sont payées.
Avec la généralisation du port du masque, il semble pourtant que le sujet marque le pas. Nous sommes tous des imbéciles aux yeux de certains décideurs mais on est quand même en mesure de comprendre qu’avec un masque sur le nez, cela ne marche pas. On peut tous espérer que cela ne va pas durer mais le temps que ça dure, il faut bien faire progresser ces technologies fructueuses pour les entreprises qui les développent. Sur quel argument ? Les déficients visuels, bien sûr ! N’est-ce pas une population qui serait ravie d’avoir une oreillette qui lui glisse à l’oreille le nom de la personne qui s’approche et s’apprête à dire bonjour ?
Cela le serait, en effet, et j’ai dans mon téléphone intelligent une appli qui fait cela, ou du moins qui le tente. C’est une appli qui dit clairement qu’elle n’est pas au point, et qui compte sur moi pour s’améliorer, je suppose. Je suis médisante bien sûr, c’est pour aider les (pauvres petits) handicapés que ces technologies se développent à grands frais. Un exemple ? Facebook ! Non ? Eh bien si ! Facebook, qui n’est pas spécialement accessible basse vision, ni sur navigateur ni sur appli, vient aujourd’hui au secours des déficients visuels avec ses lunettes connectées. Quel altruisme ! J’en reste baba.

Bonheur @49

Lors du premier confinement, j’ai beaucoup lu au début puis je n’y suis plus arrivée. Pendant des mois, j’avais même du mal à me concentrer et à terminer un court article. Si je n’arrive pas encore facilement à finir un magazine, en ce mois de mars, j’ai retrouvé l’envie, la concentration, l’attention, mais aussi la décontraction me permettant de profiter d’un roman. J’ai pu en lire plusieurs à la suite, avec satisfaction et soulagement, la lecture me semblant un bon indicateur de mon état psychologique. Je savoure.

Clavier @23

Infographie. Un litige avec un service de la Ville de Paris ? Contactez le médiateur.Depuis le deuxième confinement, les permanences que je tiens pour le médiateur de la Ville de Paris se font par téléphone. J’étais au départ dubitative ; même si le téléphone me met à égalité de mes interlocuteurs (ils n’ont pas plus accès à l’image que moi), je craignais que l’échange ne perde en humanité considérant que la représentante bénévole que je suis a vocation à entendre une personne et non simplement à enregistrer administrativement une demande. Se posait également la question des pièces justificatives, impossibles à transmettre par téléphone.
À l’usage, la forme de ces permanences se révèle pertinente ; l’échange ne souffre pas de la distance et une relation se noue, le plus souvent très agréablement. Je me demande même si le format téléphone ne présente pas certains avantages : je laisse dans un premier temps parler mes interlocutrices et interlocuteurs et ceux-ci, qui craignent peut-être de ne tout pouvoir dire, ont tendance à faire d’emblée un récit très complet de leur situation. En vis-à-vis, je devais poser plus de questions, reformuler, reconstruire l’histoire.
Il dure ainsi moins longtemps et les trois quarts d’heure alloués à chaque rendez-vous sont rarement atteints. Cela me permet de finaliser les notes que je prends à la volée et qui sont de meilleure qualité que celles que je prenais en « présentiel ». Cela tient au fait que je suis sur un clavier d’ordinateur plus confortable que celui de la tablette. Je suis sans doute aussi plus concentrée, ne voulant rien rater de ce qui m’est dit. Quant aux justificatifs, je remarque qu’ils ne sont pas si indispensables ; je ne les regardais que d’un œil avant de les scanner, considérant ma difficulté à lire les documents papier, et ne les étudiais que rentrée chez moi. Je remarque enfin que je n’en ai pas besoin pour croire les personnes que j’ai au téléphone : je suis là pour porter leur vérité ; les services du médiateur sont là pour séparer le bon grain de l’ivraie. À chacun sa part.
Ces permanences par téléphone, depuis chez moi, cumulent des avantages sans nuire à la qualité de la « relation usager », comme on dit. Elles sont donc plus confortables côté utilisation de l’outil informatique et accès Internet ; mais aussi parce que je peux me faire chauffer un thé, marcher un peu casque sur les oreilles, faire pipi aisément entre deux rendez-vous… et ne pas porter de masque. Ne pas porter de masque ? Oui, chez moi, il n’y en a pas besoin mais je dois bien avouer qu’au moment où je m’installe devant mon ordinateur, à chaque premier rendez-vous de la matinée, et que je vérifie si j’ai tout ce dont j’ai besoin, je me lève chaque fois en mettre un… et me rassois ; ravie.

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Biodiversité @25

Logo NutrinetLes recommandations nutritionnelles occupent de plus en plus les étiquettes, et mes médecins ! Je ne sais pas si c’est parce que j’entre dans un âge où l’alimentation est très importante ou si c’est dans l’air du temps mais il devient fréquent que l’un ou l’autre de mes médecins me fasse des recommandations. La dernière en date : 1200 mg de calcium par jour. Cela va bien à la lutte contre l’ostéoporose.
Cette recommandation s’est assortie de l’injonction « trois laitages pas jour » ; j’en consomme un ou deux, jamais trois depuis que je tente d’agir sur mon cholestérol via mon alimentation et mon activité physique. De l’eau minérale, alors ? Non, je ne consomme pas d’eau en plastique… Comment faire ? La question est restée en suspens mais j’ai profité de trois jours de « questionnaire alimentaire » de l’étude Nutrinet santé à laquelle je participe depuis plus de dix ans pour récupérer les données correspondant à ces trois jours.
L’avantage est que je dois tout noter de ce que je mange et bois dans une journée. En cherchant le taux de calcium de chaque aliment ou boisson, comme je disposais de la quantité, j’ai pu établir un tableau précis de mes apports en calcium sur une journée. Le verdict a été sans appel : jour 1, 1218 mg ; jour 2, 1248 mg ; jour 3, 1297 mg. Avec juste un ou deux laitages ? La médecin qui avait fait ces recommandations en était baba ; moi aussi, je dois bien l’avouer !
Ce qui me sauve, en plus de la bonne quantité d’eau du robinet que je bois (et qui contient du calcium), ce sont les graines et fruits à coque en plus de certaines épices. Les légumes aussi n’en sont pas exempts et j’en consomme de grandes quantités : pour exemple, 200 g d’épinards vaut largement un yaourt.
J’en conclus qu’une alimentation équilibrée peut se construire de diverses manières et je trouverais intéressant qu’à travers des outils type l’étude Nutrinet santé, il soit possible de l’adapter au goût de chacun. Si, quand je rentre un questionnaire alimentation, je pouvais disposer en retour d’un récapitulatif chiffré de ma consommation en sucre, graisses, fibres, protéines, minéraux, etc., je suis sûre que cela m’aiderait à manger encore mieux pour ma santé.
J’ai réussi à faire cela pour le calcium avec un simple tableur (et un peu de temps, tout de même) ; j’imagine Nutinet Santé que vos calculateurs sont plus performants que les miens. Chiche ?

Vroum @27

Avec l’arrivée de Helgant, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Les Hétéronautes le savent bien. Pour pouvoir partir en vacances ou se promener dans la forêt, Lamoto était partante, mais ce n’était pas très raisonnable pour Helgant de voyager poils au vent.
Après réflexion, j’ai acheté une voiture puis j’ai permis à Lamoto de trouver un propriétaire pouvant rouler plus souvent. Acheter une voiture… je ne pensais pas faire cela un jour. Et je n’aurais jamais pensé que cela soit aussi pertinent. La voiture ne sort que pour des sorties qui ne me sont pas possibles avec un autre moyen de transport. Avec Helgant, nous pouvons partir facilement en forêt pour de bonnes promenades, qui nous font du bien à lui et moi.
Reste à savoir si le confinement nous bloquera. En tous les cas, Helgant et moi sommes prêts pour ces petites aventures en forêt francilienne, allez vrouuuum !

À table ! @71

Un flacon en forme de gourde de compote.Je lis toujours l’article « produits au rappel » dans Que Choisir ; non que je pense avoir acheté l’un d’eux, mais parce que le motif du rappel est souvent édifiant sur les dérives de la société de consommation. Ce gel nettoyant pour les mains en est un bel exemple.
D’abord, je ne sais pas trop ce qu’est un « gel nettoyant » ; pour se laver les mains, je connais le savon et le savon liquide. Il y a aussi le gel hydroalcoolique dont la fonction est de désinfecter, pas de laver. La fiche produit a disparu puisque le produit a été rappelé. L’image sur le site de Que Choisir est de mauvaise qualité ; je comprends néanmoins qu’il doit s’agir d’un gel pour se laver les mains sans eau.
En ce temps de pandémie, il me semble que la confusion avec du gel hydroalcoolique peut exister, mais ce n’est pas la cause du rappel : « L’emballage de ce gel nettoyant pour les mains peut prêter à confusion. Les consommateurs (notamment les enfants ou les personnes malvoyantes) pourraient penser que le produit peut être mangé comme une compote. » Le gel se présente en effet exactement comme une gourde de compote, mais il est bleu layette et non aux couleurs pétantes d’une fiole de compote.
Les deux peuvent-ils être confondus ? J’ignore tout des mœurs alimentaires des enfants et je veux bien croire qu’ils peuvent faire la confusion, ne serait-ce que parce qu’aucun ne tique quand on lui donne à manger des « fruits » inodores et insipides dans une gourde en plastique alors que cela frise la tromperie, un peu comme le poisson carré. La société de consommation prend les enfants pour des abrutis sans odorat ni goût ; ou plutôt forme nos enfants à être des abrutis sans odorat ni goût. Je laisse les parents assumer cette responsabilité-là.
Et j’en reviens au motif de confusion, pour « les personnes malvoyantes » cette fois ; donc moi. Il est très très rare que nous fassions l’objet d’attention de la part de Que Choisir : jamais rien sur les modes d’emploi et notices de montage illisibles ou non disponibles en format numérique accessible ; jamais rien sur les écrans des appareils ni sur les fonctions tactiles ; jamais rien sur l’étiquetage en LED, l’absence de braille, etc. Et là ! Enfin… on nous protège en nous prenant pour des abrutis sans odorat ni goût (des enfants, donc).
J’exagère ? Je vous invite à faire le test : prenez plusieurs déficients visuels, toutes catégories confondues ; mettez-les au milieu d’un verger de gourdes en plastique, certains contenants de la compote, d’autres du gel nettoyant ; et vous comprendrez peut-être que nous ne sommes pas des enfants… pardon, que nous sommes pas des abrutis sans odorat ni goût, les enfants n’en étant pas, bien sûr.