La Princesse de Clèves

La biographie d’une quinzaine de femmes célèbre du XVIIe siècle m’a donné envie de lire La Princesse de Clèves. J’ai failli craquer dès la première partie, tant la généalogie de la cour à laquelle elle est consacrée m’était incompréhensible. Mais, après avoir lu cette biographie, j’étais tout de même un peu aguerrie à l’exercice. J’ai tenu bon. Je m’en réjouis alors que je suis sur le point de terminer ce roman de Madame de Lafayette dont j’avais entendu parler sans trop savoir de quoi il s’agissait.
Au fil des pages, je me suis attachée à cette princesse de Clèves dont les tourments peuvent être considérés comme puérils mais me semblent tout à fait ordinaires. Si l’on retire du roman la langue du XVIIe et le décor royal, les tourments de cette jeune femme correspondent en tous points aux sirènes de l’amour bourgeois tel que nous le pratiquons sans forcément en faire la moindre analyse. Cela, finalement, n’est pas surprenant, puisque notre conception de l’amour est un pur produit de l’histoire littéraire et de l’histoire tout court.
Je me suis attachée à cette princesse au point d’être pressée de savoir comment l’histoire va se terminer, même si un résumé me l’a déjà dit ; l’intrigue est telle que la quatrième partie vire au polar. Quant aux tractations et manigances politico-amoureuses que le roman relate, si l’on enlève l’amoureux, notre actualité politique n’a rien de nouveau et l’histoire de la lettre perdue doit nous rappeler que ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont inventé les fake !
Une chose, néanmoins, me chagrine : chaque fois que j’évoque autour de moi cette lecture, j’ai au mieux des réponses surprises au pire des commentaires dégoûtés. J’ai compris que ce texte est au programme des collèges et lycées et c’est la raison pour laquelle chacun peut en avoir une vision dégradée. Le roman n’y est pour rien, la manière de l’enseigner est sans doute plus en cause. Si l’on me propose, par exemple, de lire Le Grand Meaulnes ou Vipère au point, je risque d’avoir une mine de dégoût. Dommage ?

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