Avec mes amitiés mutualistes

Je reviens sur le différend qui m’oppose à ma mutuelle où je suis « bénéficiaire enfant ».
Jusqu’en juillet dernier, je bénéficiais d’un espace personnel pour consulter mes remboursements et d’une carte de mutuelle personnelle. Depuis cette date, mon espace personnel a fusionné avec celui de ma maman et nous avons une carte commune. Je considère que ces deux éléments sont une atteinte à nos vies privées respectives au titre de l’article 9 du Code civil, ce d’autant que je dois passer par sa boîte mail quand je veux me connecter à cet espace partagé.
J’ai fait un courrier au directeur général de la mutuelle en août dernier. Je n’ai eu aucune réponse. Maman s’est rendue à une permanence. La personne qui l’a reçue n’avait pas de réponse à lui apporter et a accepté de prendre le courrier que j’avais fait en août.
Ce 17 février, j’ai eu un appel d’une dame qui voulait m’expliquer que cette situation était tout à fait normale, que cela se pratiquait partout et que, si je voulais avoir mon propre espace, le seul moyen était de prendre un contrat personnel. Après lui avoir fait remarquer que cela multipliait par quatre ou cinq ma cotisation, j’ai tenté d’argumenter. En vain.
Cette dame ne me servait que des arguments d’autorité, me précisant au passage que c’était la même chose pour les conjoints. Je m’en suis émue, prenant l’exemple d’une personne qui pourrait avoir besoin de consulter un médecin sans que son conjoint ne le sache. La réponse a été : elle peut prendre un contrat personnel.
De plus en plus agacée, je lui ai proposé une simulation en prenant l’accent d’Avignon que je connais bien :

« Je m’appelle Gisèle Pelicot. Un matin, je me réveille en me disant ‘Ouh là là, c’est bizarre, il s’est passé quelque chose cette nuit. Il faut que j’aille voir un médecin mais je ne veux pas que Dominique le sache car il pourrait s’en émouvoir !’ J’attrape donc mon téléphone pour appeler ce médecin et là, je me dis ‘Oh ! non Gisèle, avant d’appeler le médecin, il faut changer ton contrat de mutuelle.’ »

J’ai senti que mon interlocutrice commençait à être un peu déstabilisée. J’ai souhaité à la mutuelle qu’elle représente de ne jamais connaître de cas de violences conjugales en lui précisant que ça concernait une femme sur dix, ce qui rendait mon souhait statistiquement peu réaliste.
Son dernier argument a été : « Mais notre mutuelle n’est pas contre vous ! » Mon sang n’a fait qu’un tour. Je lui ai répondu que je ne suis pas contre ma mutuelle, puisque j’aurais déjà pu mener une action en atteinte à la vie privée, avec une requête sur le respect du RGPD ; et continuer avec une action auprès de la DGCCRF pour faire constater le défaut d’accessibilité et de conformité au RGAA du site…
— Le RJ a quoi ?
J’avais porté l’estocade.
La dame m’a semblé particulièrement déstabilisée. Je lui dis en quelques mots de quoi il s’agit, l’invitant à faire des recherches sur Internet. Notre conversation s’est arrêtée après qu’elle m’ait dit qu’elle allait transmettre. Je suis allée vérifier sur le site qu’il était bien non conforme ; j’avais peu de chance de me tromper et il affiche en effet un taux de conformité à 69 %.
J’ignore exactement ce qu’elle a pu transmettre mais le lendemain, j’ai reçu un mail m’indiquant que ma réclamation avait été enregistrée avec un numéro, le délai de réponse et que faire si ce délai n’était pas respecté. Suspense !