J’ai eu l’occasion d’entendre deux élues ayant particulièrement œuvré à la transformation de Paris ces vingt-cinq dernières années pour m’interroger sur mon ressenti à l’approche des municipales sur le bilan. Je suis très critique. Pourtant, à l’évidence, Paris s’est transformée dans un sens qui me convient : il y a moins de bruit, moins de circulation, plus d’espaces verts et espaces dédiés à la promenade…
Pour le reste, je ne saurais pas trop dire. Je n’ai pas d’enfants et ne sais donc pas grand-chose des actions de la Ville à leur égard. En matière de solidarité, je bénéficie d’un certain nombre d’aides mais je ne sais pas trop ce qui relève de l’aide légale et de la décision politique. En matière de logement, des efforts ont été faits mais la gestion par les bailleurs reste opaque. Pour ce qui est de la démocratie locale, les concertations existent mais pour qui ? On arrive là au douloureux problème de la communication municipale.
J’arrive ainsi très vite à l’idée que, dans ce bilan, même si l’on considérait que tout était positif, il y a un énorme trou noir, un raté absolu : l’accessibilité. Cela ne se résume pas à la voirie ou aux bâtiments : des avancées ont lieu mais essentiellement à destination des usagers de fauteuil roulant. Pour le reste, j’ai l’image d’un trou noir, un véritable impensé : l’accessibilité demeure un petit sujet dont on va saupoudrer les projets sans vision globale.
Je reprends la question des concertations : j’en reçois l’information par des mails (quid de toutes les personnes qui ne les reçoivent pas ?) formatés n’importe comment et que je peine à lire. Il y a aussi des annonces sur le site de la Ville, non conforme au RGAA. La ségrégation a donc lieu au niveau même du recrutement : les participants n’ont pas de problème de lecture à un titre ou un autre et s’informent de manière institutionnelle.
J’en ai mené des actions, notamment ces dix dernières années pour sensibiliser à l’accessibilité les élus, les services… Verdict ? Mon action est un échec. Il ne me reste donc plus qu’un outil : mon bulletin de vote. Il ne validera pas les artisans et les héritiers de ce trou noir. Il ne portera aucun de ces projets qui perpétuent cet impensé. Je ne porte qu’une seule voix. Ce n’est pas grand-chose. C’est tout ce que j’ai.