La rage au cœur

À l’annonce d’une maladie grave, la formule consacrée est d’inviter au courage. Cela me hérisse toujours le poil (ils ont repoussé) ; j’y avais consacré un billet suite au décès de Jane Birkin. J’ai récemment croisé moult fois cette invitation lors de l’annonce de son cancer par une personnalité du monde lesbien sur FB. C’est ce qui m’amène à ce billet, avec en tête une amie qui vient d’apprendre qu’elle a un cancer du sein et à qui je n’ai pas souhaité de courage.
Elle en a, j’en suis sûre ! Ce dont elle a besoin, c’est d’amour, de soutien, de tendresse, d’écoute. Pour le reste, c’est-à-dire pour ce qui relève de soi à soi, plus j’y pense, plus je me dis que la seule chose indispensable est la rage. Oui, la rage ! Les deux dernières syllabes de courage… Aucun rapport étymologique, « age » étant un simple suffixe latin là où « cour » renvoie au cœur. À ne pas négliger, en effet.
— De la rage au cœur ?
Parfait Caddie ! La rage de vivre.
J’ai lu il y a au moins quarante ans Le Cœur conscient, de Bruno Bettelheim. J’en garde un souvenir impérissable. Je vous y invite.