J’entends un reportage sur Solly, une application qui permet de faire des dons aux personnes sans domicile qui font la manche sans avoir de monnaie dans sa poche. L’argent (entre 2€ et 100€) est versé sur un compte et 91% sont rétrocédés à la personne (frais divers obligent ; cela se négocie les frais, non ?)
La personne bénéficiaire peut alors utiliser l’argent via une carte, sans pouvoir le récupérer en liquide. Cette utilisation est limitée : pas de tabac, pas d’alcool, pas de drogue.
J’ignore comment cela est contrôlé mais qu’importe ! Restreindre ainsi l’utilisation du don, n’est-ce pas une atteinte à la liberté de la personne ? Pire encore, à mon sens, n’est-ce pas faire porter sur la personne des addictions dont la rue est largement responsable ?
Beaucoup de quidams ont de tout temps préféré donner à manger plutôt que de l’argent pour « ne pas encourager l’alcoolisme » ; cette restriction n’a donc rien de nouveau. Sa mise en avant de la part des initiateurs d’un projet visant à aider les personnes à la rue avalise ce lieu commun en stigmatisant celles et ceux qu’ils prétendent aider, comme si faciliter un don « moral » allait régler la question.
Pourquoi des personnes sont-elles sans domicile ? Pourquoi notre société produit des pauvres, et des plus pauvres que pauvres pendant que des plus riches que riches s’enrichissent encore ? Pourquoi traite-t-on la misère par des cataplasmes sur jambes de bois ? Pourquoi ?
Si vous êtes habitué de ce blogue, vous connaissez ma réponse.