Les valeurs de l’olympisme

Mon ami Johnny a reçu le 9 février dernier à la mairie du 13e le « Trophée du jeune dirigeant » décerné par le comité olympique parisien. Il m’avait invité à cette cérémonie et j’en ai été très touchée. Nous avons créé tous les deux le Paris sud judo après les différents confinements avec l’idée que nous avions envie d’avoir un club à proximité en plus de nos clubs respectifs.
Je suis très fière de la manière dont Johnny fait vivre le Paris sud judo. Il y met tout son cœur et toute son intelligence, et ses valeurs aussi que l’on pourrait rapprocher des valeurs de l’olympisme. Le président du comité olympique parisien nous les a rappelées au début de la cérémonie. Très bien. Ceci fait, je me suis retrouvée dans la même situation que quand j’étais volontaire pour les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques. Un beau discours ; et une certaine réalité.
En matière d’accessibilité d’abord, il n’y avait pas de rampe d’accès à la tribune et une des lauréates n’a pas pu monter les marches. Elle s’est vu remettre le prix au pied du podium ; tout un symbole. La mairie du 13e est directement responsable de cela ; mais peut-être que cette cérémonie aurait pu être l’occasion que le comité olympique ou le maire adjoint en charge du sport, également présent, a minima, de s’en indigner. Que nenni.
La cérémonie bien sûr n’était pas sous-titrée en langue des signes ; les lumières étaient spécialement organisées avec une boule à facettes et des projecteurs très blancs pour ravir les yeux des personnes déficientes visuelles. Enfin, histoire de sceller le validisme de cette cérémonie, il était clos par un buffet.
Comme si cela ne suffisait pas, monsieur Loyal, dont j’ignore le nom, a commencé sa présentation par un « Mesdames Mademoiselle Messieurs » d’un archaïsme affligeant. Les trophées étaient quant à eux mixtes, chaque fois décernés en parallèle à un homme et une femme ; par contre, toutes les personnes qui les ont données étaient des mâles blancs, c’est-à-dire la reproduction parfaite des décideurs dans le monde du sport institutionnel.
J’aurai enfin un petit mot pour le trophée qui a été donné à Johnny, un morceau de plastique minable, sans doute fabriqué en Chine, représentant, paraît-il, un mixte entre la Tour Eiffel et la flamme olympique. J’en conclus donc les valeurs de l’olympisme sont le sexisme, le validisime, le racisme et un pont d’or à l’ultralibéralisme. Nous sommes si loin des valeurs du Paris sud judo ! On va donc continuer sans eux.
Tu es d’accord, mon président ?

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