Capitalisme éthique

N’est-ce pas un oxymore ?
Un groupe français à implantation mondiale revendique ses « expertises techniques en cloud, data, intelligence artificielle, connectivité, logiciels, ingénierie digitale et plateformes ». Dans ce cadre, une de ses filiales américaines a été mise en cause dans un partenariat technique avec la police de l’immigration des États-Unis. Les syndicats sont émus et l’affaire a fait grand bruit. Au nom de l’éthique, cette entreprise a décidé de céder cette filiale américaine et se dit prête à accepter que ses salariés refusent de travailler sur des projets pour des raisons de « valeurs ».
Au vu des larges compétences de cette entreprise, cela peut prêter à sourire : comment imaginer qu’aucun de ses contrats ne vienne flirter avec ce qui vient immédiatement à l’esprit : l’armement, les droits de l’homme, les atteintes à l’environnement… ? Et comment imaginer que les groupes internationaux qui alimentent l’ultralibéralisme ne bafouent pas au quotidien des règles éthiques ? Quelles règles d’ailleurs ? Ne pas exploiter les richesses d’un pays sans que la population locale n’en tire un quelconque bénéfice ? Ne pas employer des populations dans des conditions de vie et de salaire proches de l’esclavage ? Ne pas raser des forêts ? Ne pas appauvrir les sols ? Ne pas soutenir des dictateurs ni des guerres ? Ne pas polluer des nappes phréatiques ? Ne pas ajouter des toxiques à des produits alimentaires ? Ne pas…
Je m’arrête là en pensant à tous ces nourrissons qui ingèrent un lait maternel enrichi avec une huile véhiculant une toxine avec cette question : a-t-on vu les syndicats se mobiliser contre tout ce qui nuit à la santé physique et mentale des personnes, à l’exploitation des peuples et des richesses, aux droits humains et aux libertés ? Il est vrai que dans le contexte actuel cela ferait beaucoup de chômeurs ! Mais peut-être est-ce une voie pour une implosion de ce système ultralibéral qui nous opprime sans que nous ne boycottons ses produits, ses emplois, ses bénéfices, ses… ?
Si seulement je croyais ou grand soir… Mais je n’y crois pas.

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