Le conseil de Paris s’est réuni le dimanche 29 mars 2026 pour élire notre nouveau maire, Emmanuel Grégoire, ainsi que son équipe, c’est-à-dire trente-six adjoints. Après avoir voté par procuration pour exprimer mon désaveu de vingt-quatre ans de gestion municipale à fort relent validiste, je dois bien avouer que cette équipe ne m’inspire guère. Je connais un certain nombre des adjoints et ai, envers ceux-là, une certaine défiance, notamment parce qu’ils ont été directement impliqués dans l’inaction passée. Il y a par ailleurs ceux que je ne connais pas comme la nouvelle adjointe en charge du handicap [tiens donc, l’accessibilité, dans son titre, n’est plus universelle…]. L’honnêteté m’oblige à ne pas préjuger de son action ni de son engagement contre le validisme.
Je ne préjuge donc pas mais je dois bien avouer qu’une chose a profondément changé pour moi en même temps que la personne du maire. Au fil des ans, j’avais noué avec certains élus et certains membres du secrétariat général une relation de confiance, de respect et de reconnaissance mutuelle. J’avais également un attachement particulier à Anne Hidalgo.
L’un dans l’autre, je m’étais imposé une certaine réserve dans mes prises de position publique parce que je ne souhaitais pas que ma voix se mêle à des oppositions stériles. Ma capacité de nuisance est insignifiante ; mais, en ces temps où l’insignifiant peut faire le buzz, j’ai fait attention. Je continuerai à faire attention mais, comme je n’ai plus aucun attachement avec la nouvelle équipe, ni politique ni affectif, ma critique risque d’être un peu plus mordante, même si je souhaite toujours la rendre constructive.
À l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore totalement comment les choses vont s’organiser. Je sais juste que mon engagement dans le combat contre le validisme se radicalise. Ces dernières années, j’ai espéré que la majorité qui gouvernait ma ville épouse ce combat. Je sais aujourd’hui que j’ai fort peu de chances que cela arrive avec ses successeurs. Je vais donc réfléchir afin de trouver des formes d’action qui me procure de la joie à défaut de changer le monde.
De la joie ? Oui, car c’est à peu près la seule chose sur laquelle mon pouvoir d’agir est réel. Mon objectif est clair : l’antivalidisme en tant que démarche révolutionnaire. Mon moyen l’est tout autant : me faire plaisir.