Archives par étiquette : Urnes

Changement @30

Helgant en pension fait connaissance d'autres chiens.

Étant présidente de bureau de vote pour les élections régionales, je savais devoir passer deux dimanches très occupés hors de chez moi. Cela me semblait long pour Helgant. Après avoir réfléchi à différentes options, j’ai retenu une pension canine à la campagne.
Je l’ai d’abord déposé pour deux jours. Il est beaucoup resté dans son coin, à l’écart de la trentaine de chiens présents sur place.
Pour la période suivante, j’ai demandé son avis à la vétérinaire comportementaliste qui avait vu Helgant il y a quelques mois, car pour m’organiser, il était question que je l’y laisse une semaine. Pour elle, cela serait positif pour sa sociabilité en général. Donc, suite à ses conseils, c’est l’option que j’ai retenue. Pendant ce laps de temps, j’ai reçu des vidéos de Helgant. J’ai appris qu’il se mêlait plus aux autres chiens et commençait à jouer avec eux.
Ces expériences ont été compliquées pour moi en raison d’erreurs ou incompréhensions avec les responsables de la pension. En tous les cas, elles ont été positives pour Helgant. Je trouve que ça se passe un peu mieux dehors, mais on reste à quelques mètres de la maison. En revanche, chez la vétérinaire, c’était notable : il a même sauté de lui-même sur la table en attrapant une friandise et il salivait bien moins d’anxiété. En vacances, il partage un grand terrain avec deux vieux chiens recueillis de la SPA après des maltraitantes et ils s’entendent bien.
Je pense que ça n’a pas toujours était facile, mais plutôt agréable pour lui. En tous les cas, ça a été long pour moi. On est bien tous les deux dans la pension de Petit Mouton.

Tonton @18

Profession de fois de BayouAprès le premier tour des élections régionales, les listes de Audrey Pulvar, Clémentine Autain et Julien Bayou ont fusionné, déclenchant les foudres de la droite réactionnaire qui nous a ressorti des arguments dignes des exécrations de 1981 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir avec le soutien des communistes. Même si Julien Bayou est loin de m’inspirer confiance, j’étais résolue à voter pour cette union, d’abord parce que son projet politique est le mien, aussi parce que Clémentine Autain et Audrey Pulvar sont des femmes dont la vie politique a besoin.
J’étais un peu taquet pour récupérer des informations pour faire un appel au vote sur mon site (celui en lien plus haut) et surveillait les réseaux sociaux, les sites… J’ai fini par voir arriver des microbillets Twitter annonçant l’union avec comme seule source d’information des fac-similés de la profession de foi commune, en jpg, sans description ni lien externe pour espérer en lire la version texte.
J’ai eu l’idée d’écrire à Julien Bayou.

« Bonjour monsieur, je vais devoir voter pour vous dimanche. Je le ferai quoi que j’en pense. Par contre, je serais ravie de le faire de manière éclairée mais votre profession de foi n’est pas accessible basse vision. Je ne peux donc pas la lire. Ça commence mal, entre nous ; vous ne trouvez pas ? Il est bien beau de parler d’accessibilité quand on ne s’y soumet pas soi-même. Je gage que vous saurez pallier cela d’ici dimanche. Bonne semaine, bien chargée, j’imagine. »

La réponse n’a pas tardé, à peine quelques heures :

« merci à vous
« bonjour, voici »

N’est-ce pas extraordinaire ? J’arrive ainsi sur une page du ministère de l’Intérieur qui reprend les professions de foi. J’ignorais que cela existât. Et là, miracle de la réponse trop rapide : les deux versions pour les « personnes non voyantes » « n’ont pas été fournies » par cette liste… Ma réponse n’a pas tardé, assortie d’une copie d’écran où j’ai entouré en rouge la mention m’intéressant :Copie d'écran de la page en lien.

« Merci, c’est parfait ! [émoticône mort de rire à s’en rouler par terre]
« Rassurez-vous, j’ai un bon lecteur d’écran et un zoom puissant.
« Et je tiens toujours mes engagements.
« Bonne fin de soirée. »

Julien Bayou (ou la personne qui gère son compte Twitter) n’a pas jugé bon de me répondre. Mais pourquoi je m’en étonne ?

Paris @66

Une corbeille de rue, grise sur pavé grisJe m’essaie de temps à autre à faire des propositions lors de consultations citoyennes en ligne organisées par la Ville de Paris. Je trouve le système un peu hermétique ; je ne sais jamais trop si ces propositions sont lues par les services concernés de la Ville, consultées par d’autres citoyens de Paris, utiles à quelque chose, en somme. J’en doute d’autant qu’il n’est pas si aisé d’avancer des arguments face à des administrations qui ont une maîtrise technique que je n’ai pas, et pas forcément envie (ou le temps) de prendre en compte des propositions qui ont l’air de rien mais qui demeurent essentielles.
Une consultation sur l’espace public et l’esthétique de Paris m’a donné envie de relancer le sujet « corbeille de rue » que j’avais évoqué en 2015 ; ma démarche auprès de l’élu en charge du handicap était restée lettre morte et c’est finalement par l’intermédiaire de Sylvie Lekin, élue de mon arrondissement, que j’avais eu un court échange avec le service concerné qui avait entendu le souci mais n’avait, à l’évidence, pas trouvé de solution.
Voici ma contribution de ce mois de mars 2021.

« Bonjour
« La tendance est au mobilier urbain qui se fond dans le décor. C’est peut-être très joli… je n’en sais rien ; je ne le vois pas. C’est dommage de ne pas voir une corbeille de rue, une fontaine, un banc, un Abribus ; surtout quand on a soif, que l’on est fatigué, que l’on a un papier à jeter ou un bus à prendre. Je suggère donc que le mobilier urbain soit visible par l’utilisation de couleurs contrastées par rapport à l’environnement où il se trouve. Les personnes déficientes visuelles et les Parisiens étourdis peuvent ici faire cause commune.
« Merci. »

Je ne suis pas très optimiste sur le devenir d’une telle proposition, surtout si c’est l’esthétique qui est l’argument tant celle-ci se base sur des canons qui n’interrogent pas le beau en termes d’accessibilité (de visibilité, mais aussi d’usage). J’ai d’ailleurs souvent remarqué que le beau est opposé à l’accessible, par exemple en matière d’objets numériques (site, application, etc.) Cela touche à un ressort fort de l’exclusion, celui qui tend à considérer que le beau n’a rien à faire de l’usage. Pour la Joconde, je ne dis pas ; mais pour une corbeille de rue…

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Aïe ! @34

Suite à un ennui de santé résolu depuis, j’ai dû me rendre nuitamment aux urgences en dépit du couvre-feu. Après avoir appelé un taxi et avant de sortir, je prépare donc mon attestation. Le taxi arrive et me voici en route dans les rues désertes de Paris. À l’approche de l’hôpital, nous remarquons deux véhicules de police en stationnement. Je me demande un instant s’ils font des contrôles mais pas du tout. Nous sommes quelques jours après le triste anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et les forces de l’ordre surveillent la plaque commémorative placée devant les Petit Cambodge et le Carillon… car oui, nous sommes à une époque où il faut surveiller certains lieux de souvenirs semble-t-il…
Sinon côté santé, le verdict est bien moins grave que le premier diagnostic gracieusement offert par ma chauffeuse de taxi. En lui parlant de ma douleur au bras, elle m’avait indiqué avoir eu la même chose et qu’il s’agissait d’un début d’AVC… Bref, de quoi vous couper le souffle.

Pauvres chéris @13

Depuis que j’ai un compte Twitter, j’ai remarqué qu’interpeller publiquement ou en messages privés, des élus, des institutions, des commerçants, permet parfois de résoudre des problèmes rapidement : des arbres arrachés par le vent dans un square, le défaut d’accessibilité d’une manifestation, une coupure de gaz, un achat qui mérite réclamation… D’autres fois, cela ne fonctionne pas. Cela dépend de la manière dont les uns et les autres gèrent leur compte Twitter.
J’ai ainsi interpellé deux élus de mon arrondissement en août, un sur l’arrosage d’un square en alerte sécheresse, le second sur le port du masque pendant d’autres activités sportives extérieures que la course à pied. Aucun des deux ne m’a répondu. Je les ai croisés à la commémoration de la libération de Paris, le 25 août ; je leur en ai parlé. Leur réponse a été catégorique (sur un ton que j’ai trouvé agressif) : jamais ils ne répondront à une interpellation sur Twitter, ils ont « trop de notifications » ; l’un me conseille le mail, l’autre le téléphone.
Mais pourquoi avoir un compte Twitter alors, ce d’autant qu’il est évident qu’ils ne répondraient pas plus sur d’autres canaux ? Je connais des élus qui n’en ont pas, d’autres qui ont un compte privé. Je connais surtout des élus intéressés par les infos qu’on peut leur transmettre même si on le fait en râlant ; d’autres qui n’ont que faire de leurs électeurs et ont déjà oublié, à deux mois de leur élection, à qui ils doivent de se la péter en écharpe tricolore.
J’ai trop de sujets en cours pour perdre mon temps avec ceux-là. Tant pis pour eux : qu’ils barbotent dans leur suffisance ; j’ai quelques atouts pour les contourner et ne me priverai pas de les habiller pour l’hiver. Je ne voudrais pas qu’en plus ils attrapent froid !

Paris @60

Les nuits des 13 et 14 juillet ont été le théâtre de feux d’artifice assortis d’incendies de deux roues et de face-à-face avec les forces de l’ordre. Un policier et un pompier ont été blessés par des « jets de mortier » ; pour ce qui est des incendies, j’ai compris qu’ils étaient plus la conséquence des feux d’artifice que volontaires, « la belle bleue » montant souvent au-dessus des toits.
Tout cela a fait du bruit surtout entre 1 heure et 4 heures du matin. Cela a pu aussi faire peur. Les chiens ont aboyé dans les appartements. La fumée a pu obliger les riverains à fermer leurs fenêtres (cela a été mon cas). Je comprends l’indignation générale mais force est de dire que je ne la partage pas. J’ai fait remarquer à mes voisins que d’ordinaire ils se plaignent du bruit des scooters, pourquoi se plaindre aujourd’hui qu’ils brûlent ? Cela a fait rire, et vite désamorcé les propos de comptoir comme si finalement, tout cela (hormis le fait que deux personnes ont été blessées ce dont aucun « riverain excédé », comme on dit, n’a d’ailleurs parlé) ne casse pas trois pattes à un canard.
La maire du 14e, Carine Petit a organisé des rencontres de rue dans trois quartiers de l’arrondissement afin d’entendre les fameux riverains. Je suis allée à celle près de chez moi. J’en suis ressortie en colère, quelques crieurs ayant monopolisé la parole au nom de comités poujadistes et autres « paroles des habitants » qui devraient être poursuivis pour incitation à la haine et diffamation (notamment à l’égard des élus et de la Ville). Mais la police, présente, est déjà bien occupée à courir après de très jeunes gens (14 ou 15 ans) qui fêtent à leur manière le 14 juillet faute de trouver leur place dans la « nation » si chère à ces femmes blanches venues en découdre avec la représentation municipale.
Des femmes blanches en effet (pas plus de 10 % d’hommes) qui « ne sont pas racistes », bien sûr, mais qui considèrent que les « bronzés » (je croyais le mot passé de mode) ne devraient plus être admis dans nos immeubles. J’avoue avoir été surprise par ce constat sociologique. Il m’interroge. J’en ai d’ailleurs croisé une autre en rentrant du sport ce matin (19 juillet). Elle prenait en photo une épave calcinée de patinette, les épaves de scooter ayant été enlevées. Je l’interpelle en riant, la prenant pour une photographe de passage.
— Bonjour madame, vous voulez la date d’incinération pour votre album photo ?
Et paf ! elle part au quart de tour, sur un ton très agressif et dans un français qui n’a rien à envier à celui de quelques-uns de mes voisins « bronzés » de la première génération, m’indiquant qu’elle va faire un tweet pour que la mairie de Paris voie ce qu’est devenu Paris…
— Je crois qu’elle le sait… Ce n’est qu’une patinette…
Elle monte d’un ton, et part cette fois en vrille sur Paris qui n’est plus Paris avant de m’inviter à « passer mon chemin ». J’ai vu aussi sur les réseaux sociaux locaux le terme d’« émeute », quelques femmes, toujours, indiquant qu’elles allaient partir.
— Eh bien, cassez-vous !
Caddie ! Tais-toi.
Notre quartier a toujours été en proie à des faits de délinquances parfois graves (entendre relevant des assises) liés à des trafics qui, en l’espèce, vont vite faire cesser les amusements de ces jeunes gens qui aiment les feux d’artifice (qui ne sont pas bons pour le petit commerce). N’est-ce pas paradoxal ? Cela l’est autant que j’aime vivre dans ce coin de 14e pas toujours fréquentable même si cette nuit, deux olibrius ont discuté sous ma fenêtre jusqu’à 3 heures du matin.
Discuter n’est pas un délit, même si ça contraint mon sommeil. J’aime à ne jamais l’oublier.

Pauvres chéris @12

Dans la semaine, je vois passer ce titre : « Ecologie : Interdire la rue de Rivoli aux VTC, une défaite du bon sens ? ». Le chapô précise clairement qu’il s’agit d’une tribune rédigée par Yanis Kiansky, cofondateur et président de la société de VTC Allocab (ici).
« Quoi, m’exclamais-je, le fondateur et président d’une société de VTC s’opposerait à la limitation de circulation des VTC ?! Mais quelle surprise ! »
Immédiatement me revient en mémoire un article tout aussi récent d’associations de motards qui s’opposent à la limitation de la vitesse des motards à Paris. Un peu plus ancien, vous trouverez facilement le président du lobby des bouchers opposé à la réduction de la consommation de viande. Bref, tout les enfonceurs de portes ouvertes vont venir se plaindre de ce qu’on décide de désormais fermer les portes ! Outre le niveau zéro côté surprise, je n’ai toujours pas trouvé d’intérêt à ce type de prise de parole alors que le silence aurait au moins une vertu, celui de ne pas être ridicule.