Archives par étiquette : Urnes

Adieux @44

Facsimilé de la page décrite à la fin du billet.Chacun sait mon intérêt pour la chose politique, notamment au niveau local. Je viens pourtant d’apprendre le nom de ma députée, neuf mois après sa prise de fonction, le 14 janvier 2021. Il n’y a pourtant pas eu d’élections législatives en janvier ? Wikipédia me rappelle fort à propos que, par contre, celle que je pensais ma députée, Marielle de Sarnez, est décédée. J’en conclus que Maud Gatel était sa suppléante et que, prise par l’émotion, le troisième confinement et l’encombrement des terrasses, elle se présente enfin à ses électeurs dans un document de huit pages que j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres.
Il ne s’agit bien sûr pas d’un document électoral car je crois bien que l’utilisation du bleu blanc rouge est interdite dans les documents électoraux (en liseré sur les pages intérieures du document) mais j’imagine que la perspective de nouvelles législatives en mai 2022 pousse néanmoins madame Gatel à se faire connaître de ses électeurs avant que ses dépenses de campagnes ne soient prises en compte. C’est légitime mais je trouve que cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe (à moins que je n’aie raté un précédent tract, bien sûr).
Peut-être est-ce parce que je n’ai d’emblée visuellement pas accès au contenu de son huit pages, particulièrement illisible (petites polices, titres en grisé tout majuscule sans contraste) ? Je dégaine mon scan et regarde un peu en quoi madame Gatel peut proclamer en page de garde être « Avec vous » (donc moi). Un édito, la défense de l’Europe, la sécurité… ah ! c’est bien, ça, la sécurité, avec deux photos de commissariat (la circonscription couvre deux arrondissements), ça va plaire à mes voisins… Un point sur les associations puis une page « À votre rencontre », qui se décline en « Soutenir nos entreprises » et « Faire vivre la mémoire », photos de monuments aux morts à l’appui ; chapeau bas ; capitaliste ou mort, quel choix !
Et ce n’est pas la seule allusion à la mort. Marielle de Sarnez ? Je n’y vois aucune référence ; par contre, le point « Notre circonscription » est illustré par la tour de la Charité sise au milieu… du cimetière du Montparnasse ! Il fallait oser. Craindrait-elle que la fonction fût létale ? Rassurez-vous, madame, même si la mort nous est inévitable, la fonction de député n’y mène pas forcément directement sauf si vous enchaînez trop de mandats, bien sûr ! Je me dois donc de vous faire une promesse, pour vous éviter cela : pour vous, je ne voterai pas. Rassurée ?

Agit-prop’ @39

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !— Diiiiis, Petit Koala ; t’aaaaaas des nouveeeelles de Caddie ?
— Pas plu’qu’ça, Petit Mouton. Pourquoi ?
— On est inquiiiiets !
— Tr*èèèèèè*s inqu*iiii*ets !
— Ben qu’ça pourquoi ?!
— À cauuuuse des souuus-mariiins ! C’est ta paaatrie qui a faiiiit le couuuup.
— Moi, j’ai tro*uuuu*vé ça rig*oooo*lo !
— Et c’est ouafsympa de partager son ouafos !
— Petit Mouton, ma patrie, c’est qu’d’l’amour ! Caddie l’sait !
— On parle de moi sa Seigneurerie Caddie ?
— V’là qu’tu tombes bien mon Caddinounet ! Les Mouton s’inquiètent…
— De ma campagne ?
— Non, ça, c’fichu ! Q’tu sois fâché à cause d’sous-marins.
— Je ne suis jamais fâché quand le Grand Capital se prend une roulette dans les commissions ! Vive l’internationale des banettes chaudes !
— C’est fooot !
— F*oooo*t ! Mais pourqu*oooo*i tu p*aaaa*rles des boul*aaaa*ngers ?
— C’pas lié au pain, c’t’une expression pour dire qu’l’marins partagent leur lit. Enfin, pour pioncer à tour d’rôle, pas en même temps.
— Comme moi le ouafcanapé ?
— Pareil !
— C’est un bon thème de campagne, ça ! Électeurs de tous les pays, alitez-vous !
— Caddie ! Présiiiiident ! Caddie ! Prisédeeeent !

Changement @30

Helgant en pension fait connaissance d'autres chiens.

Étant présidente de bureau de vote pour les élections régionales, je savais devoir passer deux dimanches très occupés hors de chez moi. Cela me semblait long pour Helgant. Après avoir réfléchi à différentes options, j’ai retenu une pension canine à la campagne.
Je l’ai d’abord déposé pour deux jours. Il est beaucoup resté dans son coin, à l’écart de la trentaine de chiens présents sur place.
Pour la période suivante, j’ai demandé son avis à la vétérinaire comportementaliste qui avait vu Helgant il y a quelques mois, car pour m’organiser, il était question que je l’y laisse une semaine. Pour elle, cela serait positif pour sa sociabilité en général. Donc, suite à ses conseils, c’est l’option que j’ai retenue. Pendant ce laps de temps, j’ai reçu des vidéos de Helgant. J’ai appris qu’il se mêlait plus aux autres chiens et commençait à jouer avec eux.
Ces expériences ont été compliquées pour moi en raison d’erreurs ou incompréhensions avec les responsables de la pension. En tous les cas, elles ont été positives pour Helgant. Je trouve que ça se passe un peu mieux dehors, mais on reste à quelques mètres de la maison. En revanche, chez la vétérinaire, c’était notable : il a même sauté de lui-même sur la table en attrapant une friandise et il salivait bien moins d’anxiété. En vacances, il partage un grand terrain avec deux vieux chiens recueillis de la SPA après des maltraitantes et ils s’entendent bien.
Je pense que ça n’a pas toujours était facile, mais plutôt agréable pour lui. En tous les cas, ça a été long pour moi. On est bien tous les deux dans la pension de Petit Mouton.

Tonton @18

Profession de fois de BayouAprès le premier tour des élections régionales, les listes de Audrey Pulvar, Clémentine Autain et Julien Bayou ont fusionné, déclenchant les foudres de la droite réactionnaire qui nous a ressorti des arguments dignes des exécrations de 1981 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir avec le soutien des communistes. Même si Julien Bayou est loin de m’inspirer confiance, j’étais résolue à voter pour cette union, d’abord parce que son projet politique est le mien, aussi parce que Clémentine Autain et Audrey Pulvar sont des femmes dont la vie politique a besoin.
J’étais un peu taquet pour récupérer des informations pour faire un appel au vote sur mon site (celui en lien plus haut) et surveillait les réseaux sociaux, les sites… J’ai fini par voir arriver des microbillets Twitter annonçant l’union avec comme seule source d’information des fac-similés de la profession de foi commune, en jpg, sans description ni lien externe pour espérer en lire la version texte.
J’ai eu l’idée d’écrire à Julien Bayou.

« Bonjour monsieur, je vais devoir voter pour vous dimanche. Je le ferai quoi que j’en pense. Par contre, je serais ravie de le faire de manière éclairée mais votre profession de foi n’est pas accessible basse vision. Je ne peux donc pas la lire. Ça commence mal, entre nous ; vous ne trouvez pas ? Il est bien beau de parler d’accessibilité quand on ne s’y soumet pas soi-même. Je gage que vous saurez pallier cela d’ici dimanche. Bonne semaine, bien chargée, j’imagine. »

La réponse n’a pas tardé, à peine quelques heures :

« merci à vous
« bonjour, voici »

N’est-ce pas extraordinaire ? J’arrive ainsi sur une page du ministère de l’Intérieur qui reprend les professions de foi. J’ignorais que cela existât. Et là, miracle de la réponse trop rapide : les deux versions pour les « personnes non voyantes » « n’ont pas été fournies » par cette liste… Ma réponse n’a pas tardé, assortie d’une copie d’écran où j’ai entouré en rouge la mention m’intéressant :Copie d'écran de la page en lien.

« Merci, c’est parfait ! [émoticône mort de rire à s’en rouler par terre]
« Rassurez-vous, j’ai un bon lecteur d’écran et un zoom puissant.
« Et je tiens toujours mes engagements.
« Bonne fin de soirée. »

Julien Bayou (ou la personne qui gère son compte Twitter) n’a pas jugé bon de me répondre. Mais pourquoi je m’en étonne ?

Paris @66

Une corbeille de rue, grise sur pavé grisJe m’essaie de temps à autre à faire des propositions lors de consultations citoyennes en ligne organisées par la Ville de Paris. Je trouve le système un peu hermétique ; je ne sais jamais trop si ces propositions sont lues par les services concernés de la Ville, consultées par d’autres citoyens de Paris, utiles à quelque chose, en somme. J’en doute d’autant qu’il n’est pas si aisé d’avancer des arguments face à des administrations qui ont une maîtrise technique que je n’ai pas, et pas forcément envie (ou le temps) de prendre en compte des propositions qui ont l’air de rien mais qui demeurent essentielles.
Une consultation sur l’espace public et l’esthétique de Paris m’a donné envie de relancer le sujet « corbeille de rue » que j’avais évoqué en 2015 ; ma démarche auprès de l’élu en charge du handicap était restée lettre morte et c’est finalement par l’intermédiaire de Sylvie Lekin, élue de mon arrondissement, que j’avais eu un court échange avec le service concerné qui avait entendu le souci mais n’avait, à l’évidence, pas trouvé de solution.
Voici ma contribution de ce mois de mars 2021.

« Bonjour
« La tendance est au mobilier urbain qui se fond dans le décor. C’est peut-être très joli… je n’en sais rien ; je ne le vois pas. C’est dommage de ne pas voir une corbeille de rue, une fontaine, un banc, un Abribus ; surtout quand on a soif, que l’on est fatigué, que l’on a un papier à jeter ou un bus à prendre. Je suggère donc que le mobilier urbain soit visible par l’utilisation de couleurs contrastées par rapport à l’environnement où il se trouve. Les personnes déficientes visuelles et les Parisiens étourdis peuvent ici faire cause commune.
« Merci. »

Je ne suis pas très optimiste sur le devenir d’une telle proposition, surtout si c’est l’esthétique qui est l’argument tant celle-ci se base sur des canons qui n’interrogent pas le beau en termes d’accessibilité (de visibilité, mais aussi d’usage). J’ai d’ailleurs souvent remarqué que le beau est opposé à l’accessible, par exemple en matière d’objets numériques (site, application, etc.) Cela touche à un ressort fort de l’exclusion, celui qui tend à considérer que le beau n’a rien à faire de l’usage. Pour la Joconde, je ne dis pas ; mais pour une corbeille de rue…

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Aïe ! @34

Suite à un ennui de santé résolu depuis, j’ai dû me rendre nuitamment aux urgences en dépit du couvre-feu. Après avoir appelé un taxi et avant de sortir, je prépare donc mon attestation. Le taxi arrive et me voici en route dans les rues désertes de Paris. À l’approche de l’hôpital, nous remarquons deux véhicules de police en stationnement. Je me demande un instant s’ils font des contrôles mais pas du tout. Nous sommes quelques jours après le triste anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et les forces de l’ordre surveillent la plaque commémorative placée devant les Petit Cambodge et le Carillon… car oui, nous sommes à une époque où il faut surveiller certains lieux de souvenirs semble-t-il…
Sinon côté santé, le verdict est bien moins grave que le premier diagnostic gracieusement offert par ma chauffeuse de taxi. En lui parlant de ma douleur au bras, elle m’avait indiqué avoir eu la même chose et qu’il s’agissait d’un début d’AVC… Bref, de quoi vous couper le souffle.

Pauvres chéris @13

Depuis que j’ai un compte Twitter, j’ai remarqué qu’interpeller publiquement ou en messages privés, des élus, des institutions, des commerçants, permet parfois de résoudre des problèmes rapidement : des arbres arrachés par le vent dans un square, le défaut d’accessibilité d’une manifestation, une coupure de gaz, un achat qui mérite réclamation… D’autres fois, cela ne fonctionne pas. Cela dépend de la manière dont les uns et les autres gèrent leur compte Twitter.
J’ai ainsi interpellé deux élus de mon arrondissement en août, un sur l’arrosage d’un square en alerte sécheresse, le second sur le port du masque pendant d’autres activités sportives extérieures que la course à pied. Aucun des deux ne m’a répondu. Je les ai croisés à la commémoration de la libération de Paris, le 25 août ; je leur en ai parlé. Leur réponse a été catégorique (sur un ton que j’ai trouvé agressif) : jamais ils ne répondront à une interpellation sur Twitter, ils ont « trop de notifications » ; l’un me conseille le mail, l’autre le téléphone.
Mais pourquoi avoir un compte Twitter alors, ce d’autant qu’il est évident qu’ils ne répondraient pas plus sur d’autres canaux ? Je connais des élus qui n’en ont pas, d’autres qui ont un compte privé. Je connais surtout des élus intéressés par les infos qu’on peut leur transmettre même si on le fait en râlant ; d’autres qui n’ont que faire de leurs électeurs et ont déjà oublié, à deux mois de leur élection, à qui ils doivent de se la péter en écharpe tricolore.
J’ai trop de sujets en cours pour perdre mon temps avec ceux-là. Tant pis pour eux : qu’ils barbotent dans leur suffisance ; j’ai quelques atouts pour les contourner et ne me priverai pas de les habiller pour l’hiver. Je ne voudrais pas qu’en plus ils attrapent froid !