Archives par étiquette : Urnes

Cuisine @39

Affiche électorale de Olivia Polski ; sa photo, et les mentions habituelles (présentation, partenaires, etc.)Mes camarades, mes camaradettes,
Ma grande conscience politique, mon immense sens des responsabilités, ma remarquable finesse d’analyse, mon extraordinaire esprit de clairvoyance, mon incroyable sensibilité, mon exceptionnelle capacité de maîtrise…
— Sûr qu’il l’parle pas d’lui.
— Laaaaa maîtriiiiise de Caddie ?!!!
— C’est exceptionn*eeeeeee*ll*eeeeee*ment ab*eeeee*nte qu’*iiiii*l veut dire.
— Aaaaaah ! Lààààà, ouiiii !
— C’qu’est sûr qu’pour l’modestie, c’est bien d’mon Caddinounet qu’il l’parle.
Mais, je n’ai pas fini !
— On a bien capté l’début.
Bon, bien, donc, je voulais dire qu’après d’intenses réflexions, j’ai pris une décision sage mais déchirante, proportionnée mais difficile, juste mais…
— Bien capté c’point là aussi.
Le blogue va être un temps suspendu.
— C’est duuuuuuuuur
— Sn*iiiiiiii*ff…
— On va r’venir, pour sûr l’Mouton !
Nous devons soutenir les engagements militants politiques de ma ménagère albinos et soutenir la Principalate du repos dont elle a encore besoin… surtout qu’elle soutient ma ménagère, ce qui n’est pas toujours de tout repos. Je suis indispensable et accepte ce sacrifice qui n’en est pas un, tant est fort mon amour pour ma ménagère et la Principalate. Enfin, moi et vous, bien sûr.
— L’est attachée hors classe, mais c’t vrai qu’Classette, c’est pas l’classe.
— Ouiiiiiii, on soutiiiiient !!! On les aiiiiiime !
— C’t’l’engagement de toute l’bande ! Tout l’monde derrière l’cheffes d’bande qu’on a*iiiii*me.
— Ouafoui ! Ouafengagement ! Ouafrepos ! Ouafamour !
— Et du f*ooooo*t !
— Exact, ç’va ensemble.
Le blogue reprendra après cette période de réserve électorale, réserve énergétique, pour que la bande puisse pendant ce temps-là dépenser sans compter en amour, foooot et tasse de thé.
— On vous les aime l’Hétéronautes. Ç’va pas durer bien longtemps.
— A trèèèèèèès bientôôôôt !
— Ouiiiii bient*ôôôô*t !
— Ouafbisous !

Agit-prop’ @44

Caddie pose devant son drapeau anarchiste. Il porte un bonnet noir, des solaires, un masque fabriqué pendant le premier confinement, un bandana et une pancarte où on lit "Debout citoyens, le libéralisme est mort, tuons-le"— Chers amis, chers camarades ! À vos masques, prêts…
Qu’est-ce qu’il se passe, Caddie ? Tu es drôlement habillé !
— C’est toi qui demandes ? T’as oublié que c’est le 1er mai et qu’on va à la manif ?
Non, mais tu vas nous attirer des ennuis avec ton drapeau et ton look de vieil anar !
— Les keufs ? Je les attends ! J’ai la télescopique dans la manche, tu sais celle que…
Caddie ! On a passé l’âge de se faire casser la tête !
— On a toujours celui qu’on nous casse les roulettes !
Tu as raison, mais ce sont des méthodes de voyous.
— À voyou, voyous ennemis !
Tu n’en démordras pas ?
— T’as vu ce que ça fait quand on lâche la bride au Grand Capital allié des forces répressives de la gent épicière ? Moi, c’est fini ; je cogne.
Mais tu as toujours cogné, Caddie…
— Ah ? Oui. Je continue alors.
Allez, remballe ta quincaillerie et viens mettre du muguet à la boutonnière.
— Et si on se prend des gaz ?
On court Caddie, on court.
— Avec ton genou et mes roulettes qui grincent ?
Tu as raison, Caddie ; on s’assoit.
— Et on tient le pavé.
Ça oui, on le tient. Promis !

NB (le PS est mort, il va nous manquer) : rendez-vous à 14 heures 30 à Paris, place de la République.

Agit-prop’ @43

Copie d'écran de la journaliste russe qui brandit en plein JT une pancarte pour appeler à la paix et dénonçant la manipulation de l'information. J'ai ajouté ce texte : Parce que la démocratie a du sens, je vote les 10 & 24 avril 2022.J’évoquais avec une amie l’après-présidentielle et l’implication que l’on pourrait avoir dans l’indispensable reconstruction de la gauche. Où s’investir ? Sur quel projet ? De quelle manière ? Nous avons évoqué chacune nos pistes de réflexion, elle me proposant un projet politique qui me semblait fort peu fiable. Elle me répond « J’avoue que je ne le sens pas trop non plus, mais j’ai comme un besoin de croire en ce moment. »
Sitôt, j’ai pensé que « croire » ne m’intéresse pas, surtout pas en politique. S’il s’agit de « croire » au sens « d’avoir confiance », bien sûr, mais ce n’était pas son propos car il est bien difficile de croire en un projet politique que « l’on ne sent pas ». J’ai plutôt interprété son « croire » au sens « d’avoir la foi », ce qui mène directement à l’espoir, cette amie n’étant pas plus que moi adepte des dogmes et des pratiques encadrées.
Sa réflexion m’a ainsi ramenée à un constat douloureux : je suis en manque d’espoir du côté des projets politiques et de l’action collective tant j’ai le sentiment que l’omnipotence des médias (tous les médias) contraint la pensée et l’intelligence ; elles sont par nature libératrices ; elles sont désormais tellement bordées, sujettes à tant de compromis pour la sauvegarde de l’ordre établi (entendre l’enrichissement des plus nantis dans l’illusion que les plus pauvres peuvent les rejoindre), qu’elles en deviennent un puissant moyen d’oppression, une sorte d’autocensure que l’on s’inflige pour ne pas être exclus du champ social. Je comprends ainsi que mon retrait des « affaires militantes » est ces dernières années le moyen que j’ai trouvé de sauvegarder ma propre liberté, restreignant ma « zone d’échange » à des sphères où penser n’est altéré par aucune pression économique et sociale (culturelle, c’est plus difficile).
C’est un grand privilège que j’ai là ; en même temps une souffrance car ma liberté devient synonyme d’exclusion pour les raisons que je viens d’évoquer. Je m’en étais déjà ouverte dans mes Fragments d’un discours politique (en ligne jusqu’à début mai) sans en mesurer la portée : dans la spirale de l’exclusion, je me retrouve tellement hors du jeu que je n’apporte plus grand-chose à mes propres engagements, en l’espèce porter la gauche au sommet de l’État. Je n’ai rien fait pour que la présidentielle ne soit pas pliée d’avance, me préparant juste à voter blanc au second tour, comme en 2017, en regardant le premier tour d’un air dubitatif.
Et pour après… Je vous renvoie à l’événement Facebook que j’ai créé pour inviter chacun à prendre ses responsabilités, moi compris, et à la citation de Beauvoir qui l’introduit. Je ne peux plus me contenter de protéger ma liberté de penser dans une posture d’intellectuelle menant une action politique du quotidien sans replonger dans l’arène pour ouvrir des perspectives par l’action et la réflexion collectives. Je ne peux plus.

Brosse @46

Détournement de l'affiche grève féministe, qui devient rève féministe, pour construire la paix, prenons le pouvoir.La guerre et les crises majeures ne sont pas propices à sortir de l’urgence politique (et militaire) pour défendre des valeurs autres que la paix et la solidarité au service de l’ordre bourgeois, hétérosexiste, raciste et validiste ; les trois vont si bien ensemble. Serais-je en train de galvauder la mobilisation des uns et des autres pour la sauvegarde de nos démocraties ? Non point, mais forcément, je prends le risque que l’on m’en fasse le procès.
Je crains peu cela, je n’ai pas d’attache suffisante avec mes « amis politiques » pour que le regret de les perdre (c’est finalement déjà fait) me fasse renoncer. Je crains plus une récupération politique de mes adversaires (que je perds moins facilement que mes amis, c’est bon signe) ; c’est pour cette raison que je me suis tue jusqu’au vote de la loi sur le mariage pour tous, que j’ai cédé à l’urgence sanitaire ou que je m’exprime peu sur la campagne présidentielle.
Il reste néanmoins difficile de toujours faire semblant de n’avoir rien vu (j’y suis experte, forcément !), par exemple sur la question de la place des femmes dans cette guerre. J’ai bien conscience que cette question apparaîtra comme secondaire face à l’urgence militaire (militariste) ; et pourtant ! La guerre (qui la mène et pourquoi) n’est-elle pas l’acmé de la domination masculine ? J’en suis convaincue.

« Une guerre d’hommes, chefs d’État, ministres, ambassadeurs (31/40 sur la photo), militaires, marchands d’armes… Mais rangez donc vos petits fusils messieurs et leurs extensions explosives (car les originaux…) et construisez la #paix ! »

Je ne pense pas que les femmes soient plus que les hommes antimilitaristes ou pacifiste ; je n’ai par exemple vu aucune de mes camarades militantes féministes remarquer (et dénoncer ?) le fait que la mobilisation générale en Ukraine ne touche que « les hommes entre 18 ans et 60 ans », avalisant là l’idée machiste selon laquelle seuls les hommes ont vocation à se battre pour défendre leur pays ou conquérir celui du voisin. J’imagine volontiers que certaines se sont dit que l’urgence n’était pas à dénoncer cela ; j’en soupçonne la majorité de ne même pas s’en être fait la remarque (ce qui dit tout du poids de la « culture dominante » sur notre pensée).
Et pourtant… Il me semble démontré que cette guerre (et toutes les autres, militaires, économiques, culturelles, etc.), ont en commun la défense de l’ordre établi, si établi que plus grand-monde n’ose le remettre en cause : on sauve les dominants d’abord, on s’occupera de changer de modèle après. Combien de fois s’est joué ce scénario dans l’histoire ? Je suggère donc, en ce 8 mars, une mobilisation générale de toutes les femmes ukrainiennes et russes afin que les soldats retournent dans leurs foyers s’occuper de la marmaille tout en occupant les emplois de première nécessité à horaires décalés et salaires de misère, que les généraux, les ambassadeurs et les chefs d’État en fassent de même et que les femmes de l’Occident prennent également le pouvoir dans tous les endroits où cette guerre se joue (gouvernements, parlements, ambassades, direction des groupes pétroliers, militaro-industriels et agroalimentaires, etc.).
Les femmes seraient-elles capables de faire la paix et changer le monde ? Cela reste bien sûr à démontrer mais comme les hommes ont fait la démonstration qu’ils ne sont pas capables de faire autre chose que la guerre et renforcer les systèmes d’oppression, on ne risque pas grand-chose à tenter l’expérience. Hardies ! Pour construire la paix, ce n’est pas la grève que nous devons ; c’est le pouvoir qu’il faut prendre.

Agit’prop @42

Copie d'écran du Twitt en lien dans le billet.J’ai toujours cultivé une certaine liberté à l’égard des mouvements politiques que je fréquente, des personnalités ou intellectuels dont je peux apprécier la pensée (parce que j’y adhère ou parce que cela enrichit ma propre réflexion). J’essaie, au moins publiquement, de ne pas faire étalage de mes opinions notamment sur des sujets auxquels je ne comprends pas grand-chose. J’observe. Je réfléchis avec les outils que m’a donnés l’université, croisant mon savoir, mon expérience, d’autres réflexions et les faits. Je me méfie comme de la peste des informations en continu, de certains médias, des partages des internautes et des commentaires des éditocrates. Je considère, par principe, que ce que je pense n’est pas parole d’Évangile ; j’essaie d’être sincère et de construire mon action dans un mélange parfois compliqué de défense de quelques principes et implication dans le réel.
Dans ce contexte, il n’est pas rare que je me sente très seule et désemparée, toujours en conflit entre mes idéaux et une réalité dont une grande partie m’échappe. Parfois, je craque, par urgence à dire, et peux exprimer ce doute dans un propos forcément difficile à comprendre puisque mes interrogations portent toujours au paradoxe. C’est dans mon écriture romanesque, bien sûr, que je suis le plus à l’aise ; mes romans sont le seul monde qui accepte mes débats intérieurs jusqu’à s’en nourrir sans grand dommage pour le reste de l’humanité. C’est mon luxe. Je m’en régale mais dois bien constater que mon travail ne rencontre pas l’écho que j’escompte, peut-être parce que le décalage que je cultive est trop grand. De plus en plus grand. C’est ainsi.
Et vient une guerre, une après tant d’autres, en même temps que tant d’autres. La Russie envahit l’Ukraine. La synchronicité a voulu que je vive cette montée en guerre en même temps que je lisais La force de l’âge où Simone de Beauvoir décrit son indifférence d’abord, son incrédulité ensuite, de la montée du nazisme à l’arrivée des troupes allemandes à Paris. L’histoire n’est pas la même ; elle fait néanmoins écho, notamment dans les réactions des uns et des autres face à la guerre d’aujourd’hui. J’adhère à fort peu de propos tenus tant j’ai l’impression que la plupart de mes contemporains sont dans une posture « Bambi découvre la neige » emprunte d’un mélange de peurs et de dénis qui m’afflige. Mais, qui sait, c’est peut-être moi qui me trompe ? Je ne l’exclus pas.
C’est dans ces moments-là que je rêve d’avoir à portée d’esprit un leader politique solidement ancré dans une philosophie et une doctrine capable de bousculer les idées reçues, de produire un discours (donc une action) qui me permette de considérer que je ne suis pas, dans ce que je pense de ces événements dramatiques, complètement folle et hors du monde. Je n’ai pas. Et si je me lance moi-même dans l’aventure de la déconstruction de l’aliénation de nos sociétés occidentales à la consommation, au profit, à l’exploitation pour la relier à cette guerre et au moyen non militaire d’agir pour la paix, cela ne fera pas avancer les choses. Je cherche. Je dois me rallier à une pensée, trouver pour cette fois quelqu’un qui dise ce que je veux dire, envisage comme moi des solutions qui sortent, pour l’heure, de l’entendement commun. Un candidat à l’élection présidentielle ? L’élu sera chef des armées. Tout est dit.
Et voilà. J’ai trouvé.
Merci Ariane Mnouchkine. Merci.

Note. Mes Fragments d’un discours politique sont encore en ligne jusqu’à début mai. Profitez-en.

Solitude @7

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Il est de moins en moins probable que je mouille la chemise dans cette présidentielle, si tant est que je ne la mouille pas chaque jour dans un activisme permanent, que ce soit dans mon écriture, dans mes engagements, ou dans mes cours de judo. Mais la question qui se pose est ici : pour qui vais-je voter (sous-entendu « au premier tour ») ?
J’ai décidé il y a quelques semaines de me concentrer sur les programmes plutôt que sur les personnes tant mes griefs sont grands à l’égard des uns et des autres. Cela reste assez compliqué de faire le distinguo. Il y a des manières de dire, de faire, des parcours politiques qui peuvent me rendre l’un impossible, d’autres plus acceptables. En un mot, c’est compliqué.
J’ai publié ce microbillet Twitter :

« À 66 jours du 1er tour, mon idéal politique est à la croisée des programmes de @Anne_Hidalgo, @Fabien_Roussel & @yjadot. Si je me place du point de vue de l’#accessibilite, je vote blanc ; … de la fidélité, Anne Hidalgo ; … de la révolte, Fabien Roussel ; …. de… non, pas lui. »

Quelques jours plus tard, celui-là :

« Je lis beaucoup sur Twitter qu’il faut répondre à « l’urgence démocratique » sans qu’un mot ne soit dit sur l’#accessibilité aux programmes électoraux donc au débat démocratique ; 20 % des électeurs… Ça devrait faire bouger la suffisance #validiste, non ? »

Jamais je n’aurais imaginé que l’accessibilité pût guider mes choix politiques ; c’est sans doute grâce à la prise de conscience qu’étendue à la question plus large de l’inclusion, elle touche tant de personnes que les pauvres-petits-gn’handicapés que nous sommes forment aujourd’hui une avant-garde qui détient la clé du changement sociétal auquel nous sommes nombreux à aspirer.
Quid de la révolution écologique en laquelle j’avais beaucoup espéré après le renoncement de Lionel Jospin à un projet socialiste ? Quid ? en effet tant elle fait l’impasse sur ces questions ce qui ne devrait ontologiquement pas le cas. Autrement dit, que Anne Hidalgo ou Fabien Roussel confondent PMR, situation de handicap et personnes handicapées (je fais court) ne me surprend pas ; que les Verts fassent de même, c’est beaucoup moins acceptable ; leur programme est certes plus complet que les autres ; mais comme la question n’est pas considérée comme transversale et que le document n’est disponible qu’en pdf, cela dit tout de leur implication réelle (ce que leur pratique politique à Paris confirme). Quant à l’idée censément saugrenue de pouvoir voter pour le PCF… Vous voulez que je vous dise ?
Allez, en un mot : entre la GPA et le nucléaire, je choisis le nucléaire ! Et entre un « LGBTQIA » branchouille qui ne connaît pas les mots « lesbienne », « homosexuel », « homosexualité » et réduit les femmes à des poules pondeuses, je préfère un rien avec en mémoire les combats, en France, des communistes pour les libertés (et pour la culture aussi, grande oubliée de cette campagne).

Note. J’ajoute que je dois au PCF le « y » à mon prénom ; ce n’est pas rien !

Résistance @18

Caddie est une passoire sur la tête, un blouson noir, des gants plein de peinture et des chaussures de rando.Je suis dans le 62, assise à l’avant. Il est 18 heures 30 ; il y a un peu de monde. Des éclats de voix arrivent du fond du bus et me font couper la musique dans le casque afin d’espérer comprendre ce qui se passe. Le ton monte. Deux hommes s’invectivent en arabe. Des voyageurs appellent au calme. Une voix de femme fuse…
— Faites ça chez vous !
Que comprendre ? Un long murmure monte ; les réprobations et les soutiens s’y affrontent. Le bus arrive fort à propos à son arrêt ; le va-et-vient des voyageurs calme le jeu. Je remets la musique dans mon casque. La scène a duré moins de trois minutes. Sale ambiance ! Et au vu des prochaines échéances politiques dans un contexte social tendu, cela ne va pas aller en s’arrangeant.

Année @16

Docteur Mouton masqué pique Copain Mouton.— Beeeeen, il y a encooooore des piqûûûûres à doooonner ?
— Tu crois que ce sont des cadeaux ?
— Qu’ça non, mais avec l’Doc’Mouton, c’st un plaisir de s’faire piquer.
— Pour ma candidature, je propose que tout le monde puisse se faire piquer par l’exceptionnel docteur Mouton.
— Mon Caddinounet, ç’va pas ? Tu vas nous l’épuiser !
— C’est ouaftrop !
— Ah ! oui, surtout avec les rappels de vaccin tous les trois jours !
— Euh, j’crois qu’t’a encore mélangé tes fiches…
— Tu crois ? Bon, ce n’est pas l’essentiel. L’enjeu, c’est d’instaurer un nouveau rapport de confiance entre chaque Français et l’autorité présidentielle, que j’incarne naturellement, avec un charisme indiscutable, une force indéniable,… Oh ! vous êtes où ?
— Ils se préparent au ouafoooot de nouvelle ouafannée !
— Et ma campagne ? Et mes vœux numériques ? On était d’accord pourtant ! Bon, j’assume donc seul, roc indestructible face à l’adversité : chères compatriolettes, chers électeurs, et éventuellement les autres, très heureuse année 2022 ! Celle de mon élection, celle de la bonne tournure de la roue de la fortune, celle de ma roulette dans la gueule de ceux… ça y est, je m’emballe encore, j’ai la roulette qui s’échauffe avec toute cette pression.
— Allez, on ouafcourt rejoindre la ouafbande et fêter la ouafamitié ?!
— Oui, pour 2022, première résolution : revenons à l’essentiel. Et que le reste roule.

Agit-prop’ @41

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Mes chers compatriolettes !
L’heure est grave : je dois prendre ma part dans l’union ! Mon slogan de campagne sera « Ni noir ni blanc ; soyons tous vaches ! »
— Caddie ! Prés*iiiii*dent ! Caddie ! Priséd*eeee*nt !
— C’pas ça l’union, Copain Mouton !
— C’est quo*iiii* ?
— C’quand on n’garde qu’un candidat.
— Une seule équiiiipe ?
Non, Petit Mouton, un seul joueur.
— C’est pas ouafrigolo !
— Et puis les a*uuuu*tres ? Ils dev*iiii*ennnent quo*iiii* ?
— On leur ouafcroque le ouafos jusqu’à la ouafmœlle !
Non Helgant, je suis pas cannibale ; juste je reste, et les autres me donnent leur voix. Je suis le seul à incarner la France de toutes les couleurs…
— Et s‘rtout l’gouaille nationale !
— Ça se ouafmange ?
— Non, c’est une foooorme d’amooour !
— D’l’amour vache, l’truc qu’rumine à fond et qu’fait d’lait qui caille dès l’sortie du pie.
— Le p*aaaa*pe ?
— Le ouafnichon plutôt !
— T’connais ça Helgant, l’nichon, hein ?!
— C’est quo*iiii* ?
Rien Copain Mouton, on s’égare ; c’est comme un buuuut où les joueurs font cluster dans la surface de réparation. Et c’est pas le sujet ! Vous en pensez quoi de mon slogan ?
— C’t’ressemble à fond !
— Et puiiiis, c’est comme un baloooon de fooot !
Tu crois que ce serait mieux Petit Mouton, « Ni noir ni blanc ; soyons tous ballons ! » ?
— « Ni noiiiiiir ni blaaaaanc ; soyons tous vaaaaachement baaaalloooons ! »
— Hum, y a d’l’idée, mais mon Caddinounet va pas s’faire écraser par les autres qui veulent toujours rebondir, même quand l’sont cuits.
T’as raison, Petit Koala ; je suis un vainqueur !
— Oouep, Caddidounet, t’as vingt cœurs ! Et c’pour ça qu’t’aime !

« Ni noir ni blanc ; avec moi-Caddie, soyons tous vaches ! »

Élections @34

En juin dernier, lors des élections, le soir du premier tour, il faisait bon. Je n’avais alors pas remarqué qu’il me manquait mon coupe-vent que quelqu’un avait dû mettre dans un coin lors du réaménagement des tables pour le dépouillement. J’ai attendu le week-end suivant pour le récupérer, ayant conclu dans la semaine qu’il ne pouvait qu’être resté à l’école.
Retournant dans la grande salle accueillant le bureau de vote, je m’aperçois alors que je n’avais pas fait attention avant aux dizaines de vêtements d’enfants accrochés à des patères ou posés sur des bancs (les photos ne donnent qu’une petite idée de l’ensemble). Heureusement, j’ai facilement pu identifier et récupérer mon bien. Il est resté dans mon sac toute la journée pour ne pas être gentiment remis avec les autres. Et il m’a d’ailleurs servi le soir même.Les images montrent l'intérieur de la salle accueillant le bureau de vote avec des vêtements accrochés à des patères.