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Aïe ! @38

Je finis le premier semestre de l’année 2021 sur les rotules, pas tout à fait au figuré, car le genou participe comme il peut à mon état de petite forme. Après des travaux dentaires, j’ai eu mi-avril une infection dentaire, dont la douleur a duré une semaine. Une semaine à attendre de pouvoir prendre le prochain médicament qui me soulagera. Je notais toutes les prises pour éviter le surdosage et parfois, j’ai attendu avec de la glace sur la joue, montre en main, de pouvoir alléger la souffrance.
On dit que les douleurs dentaires sont parmi les pires. Je suis assez d’accord. On dit aussi que la souffrance fatigue. Encore d’accord.
Mi-juin, quand j’ai eu ma seconde injection de vaccin anti-covid, j’avais un peu récupéré, mais j’étais encore faible, d’autres éléments de mon contexte quotidien me pesant. Quelques jours après, des effets indésirables du vaccin se font fait sentir, dont une douleur que j’ai découvert : celle d’un zona, installé le long d’un nerf intercostal. Une douleur permanente plus ou moins forte et la nuit tellement intense à me réveiller, avec à la clé près d’une heure pour arriver à calmer la douleur à coup de codéine.
J’évite cette fois autant que possible de prendre des médicaments, la douleur étant plus supportable que la précédente. Je me reconnais une certaine endurance, tant à la souffrance qu’à la fatigue. Mais cela ne peut pas durer beaucoup plus longtemps. Heureusement, les vacances prévues sont sous le signe du repos. Je n’aspire qu’à dormir, me poser, me reposer, avec Helgant à mes côtés. Helgant, le symbole d’un bonheur costal pour contrer la douleur intercostale.

Changement @29

Je suis en fauteuil avec un chapeau, une veste et un pantalon de pluis, le pied emballé dans un sac poubelle.J’ai suffisamment de proximité avec le monde des handicapés (un monde mis à part par le validisme ordinaire), par mon handicap visuel, bien sûr, mais aussi pour avoir fréquenté des handicapés physiques, pour savoir combien la vie en fauteuil roulant nécessite d’adaptations voire de renoncements. Couplé au handicap visuel, c’est un pur bonheur… c’est tout du moins ainsi que j’ai envie de le vivre durant ces six semaines de plâtre ; et le mois ou deux de marche compliquée à suivre.
J’ai un gros atout dans ma manche : je sais m’adapter. Je ne le mesure pas toujours vis-à-vis de ma déficience visuelle mais les trois confinements sont venus me le rappeler. La rupture a été plus brutale cette fois : je partais prendre un train ; en une fraction de seconde, j’ai perdu cette mobilité de proximité qui fait ma fierté et une bonne part de ma qualité de vie. J’ai tout de suite réclamé un fauteuil plutôt que les cannes qui m’étaient proposées : descendre d’un cran ne me pose pas de problème d’ego (l’image de soi, vous savez) et c’était le gage de pouvoir utiliser à fond ce qui me reste : deux bras, une jambe, un genou… et un cerveau au taquet.
Dès mon lit d’hôpital, j’ai commencé à faire des abdos dans mon lit, des pompes verticales sur le déambulateur, profitant de la moindre occasion pour adapter ma musculature de judoka. Rentrée chez moi, l’objectif a été d’aller chez le kiné en fauteuil : 500 mètres en faux plat montant sur la moitié. Il m’a fallu dix jours pour trouver le bon trajet, vaincre mes appréhensions. Aujourd’hui, ma position sur le fauteuil de location a changé. Mes abdos poussent les roues en même temps que mes bras ; et je fais le plus difficile en marche arrière avec la jambe valide en propulseur. Je ne vois pas où je vais, certes ; mais en fait, cela ne me change guère !
Je me prépare désormais à la reprise de la marche ; multipliant les exercices pour ne pas (trop) perdre de musculation dans la jambe immobilisée tout en ménageant mon genou. En même temps, j’ai pris soin de me garantir une alimentation riche en fibres, calcium et vitamines en dépit de l’insistance des repas livrés à me faire manger du trop gras trop salé. Je limite ma consommation de sucres ajoutés. J’espère ne pas avoir pris de poids et ce régime me garantit un transit que l’immobilité et le riz servi à gogo menacent.
Mon moral, forcément, suit le mouvement. J’ai des bons et mauvais jours, comme tout un chacun. Je crains la reprise de la marche. Être active physiquement et intellectuellement me dope ; mes amis et mes voisins me font un bien fou ! Je peux ainsi prendre prétexte de chaque chose pour mener une nouvelle expérience, qu’il s’agisse de faire ses courses en ligne, de vaincre un trottoir trop incliné latéralement, ou d’observer le monde à hauteur et vitesse de fauteuil. Je sors parfois uniquement pour cela tant cette observation est passionnante, tant les personnes sont des mines d’humanité dont je me délecte, que celle-ci me réjouisse ou me révolte.
Il est encore un peu tôt pour en faire le bilan mais je sais déjà que ma vision, déjà assez optimiste de la vie, vire au ravissement, dans mes joies comme dans mes colères. Mon écriture, forcément, s’en ressentira. Ma relation aux autres, aussi. Je ferai sans doute encore moins de cadeaux mais suis désormais en capacité d’accepter la moindre offrande avec l’idée de prendre le temps d’être à l’autre et l’aimer. N’y voyez aucun altruisme de ma part ; c’est juste que je mesure combien le moindre souffle d’air est une joie à qui sait s’en ouvrir les poumons.

Galère @11

Une roue de CaddieN’hésitez pas à lire au préalable, l’épisode 1, l’épisode 2 et l’épisode 3.

Épilogue.
L’homme est donc allé au commissariat déclarer la perte de ses papiers, j’imagine. Comment est-il arrivé là ? Spontanément ? Guidé par l’homme avec qui j’ai parlé à la sanisette puis l’agent à la mairie ? Je ne saurai jamais.
Au téléphone, la dame me demande s’il y a bien un passeport dans le sac, me demande le nom du gars. Je lui dis combien je suis rassurée ; que j’ai laissé plusieurs messages sur le répondeur. Elle a l’air aussi ravie que moi de ce dénouement et me demande si je peux fixer un rendez-vous à ce monsieur.
— S’il peut attendre, dans 25 minutes devant le commissariat ?
L’idée m’est venue spontanément, c’était l’endroit le plus sécure !
Elle me décrit le monsieur ; je lui explique que je suis déficiente visuelle et que j’aurai une canne blanche à la main. Elle me dit « Très bien ! Il ne pourra pas vous manquer. » Je laisse Caddie dans la cuisine, pas mécontent de se poser un peu, et repars. L’homme me repère, en effet. Je l’observe ; il a l’air fatigué. Je lui donne le sac ; il le met tout de suite dans son dos. Il m’explique qu’il sortait de l’hôpital et qu’il est allé aux toilettes, qu’il a accroché son sac car il a été greffé d’un rein et cela lui faisait mal de le laisser sur son dos. Tout ça en deux phrases.
Je me souviens alors que l’allocation demandée est accordée aux personnes handicapées. Je lui suggère de garder ses papiers à la maison ; il me répond qu’il a peur de les y laisser. Je n’insiste pas. J’ai fait ma part pour aujourd’hui, et 15614 pas. Je ne sais pas si j’ai pris les bonnes décisions à chaque étape de cette aventure et l’écrire me permet de mesurer combien les choix que j’ai fait ont évolué en fonction des informations dont je disposais. L’issue est heureuse. C’est à l’instant l’essentiel ce d’autant que cette histoire me donne la satisfaction d’avoir pu aider mon prochain en dépit de pas mal d’obstacles. Vous avez dit « handicap » ?
— T’es belle comme une jument de course !
Caddie !

Galère @10

Une roue de CaddieLe premier épisode de ce feuilleton est sur ce lien et le second sur celui-là.

Épisode 3. De la mairie à chez moi.
On marche à petits pas avec Caddie vers le commissariat, bien embêtés de devoir livrer des papiers tunisiens sans savoir si l’homme est en situation régulière même si la présence de documents du centre d’action sociale pourrait avérer trois ans de résidence à Paris puisque c’est une condition pour bénéficier d’aides. Faut-il être en situation régulière ? Je l’ignore. Il n’en est pas besoin pour payer des impôts, alors…
Arrivée rue Boulard, je décide de me poser sur un accroche vélos et mieux étudier les papiers contenus dans la pochette en plastique. Je passe les feuilles d’impôts, le bail et retombe sur un document du bureau d’aide sociale. En gros, en haut « Demande d’attribution »… J’en ai rempli un il n’y a pas longtemps et on m’y demandait mon téléphone. Bingo ! Je sors Cousin Smarty, je lance Seeing all qui me lit le document… avec un numéro de téléphone ! Je le repère sur la page, fais une photo, zoome et le recopie dans Note (bah oui, les procédures de bigleux, c’est toujours un peu complexe).
Je mets mon téléphone en numéro masqué (sait-on jamais…) et appelle. À la cinquième sonnerie, répondeur. Je laisse un message, indiquant à ce monsieur que j’ai son sac avec tous ses papiers et que je le rappelle dans cinq minutes pour que nous fixions un rendez-vous. J’attends. Je rappelle. Répondeur. Avec Caddie (qui commence à trouver le Vrac un peu lourd), on décide de rentrer à la maison ; ce monsieur va bien finir par décrocher ! Quand j’y arrive, vingt minutes plus tard, j’ai appelé cinq fois, sans succès.
N’aurais-je pas dû aller au commissariat ? Je me pose de plus en plus la question. Je sors le document sur lequel j’ai trouvé le numéro de téléphone. Je vérifie sur le site de la Ville les conditions d’attribution de l’allocation visée : il faut bien être en situation régulière pour en bénéficier. Le temps de rentrer, je me suis demandé où je pourrais donner rendez-vous à cet homme sans risque pour ma propre sécurité. Dans le sac, j’ai trouvé un briquet sans cigarettes et du Lexomyl… L’heure du couvre-feu approche. Je dois prendre une décision, pestant un peu contre l’esprit de chevalerie de Caddie.
Je pense à mon voisin qui pourra m’aider mais qui part en week-end demain tôt. Je dois régler cette affaire ce soir. Je décide d’appeler une dernière fois et si personne ne décroche, je laisserai un message en indiquant que je déposerai le sac le lendemain au commissariat du 14e. À la troisième sonnerie, un homme décroche ; je me présente ; il me dit quelque chose que je ne comprends pas et j’entends alors la voix d’une femme :
— Bonjour, madame, c’est le commissariat du 14e…

Galère @9

Une roue de CaddieLe premier épisode de ce feuilleton est sur ce lien.

Épisode 2. De la sanisette à la mairie
Je suis assise sur ce banc devant la sanisette avenue René Coty, le sac avec la vie d’un monsieur au chaud dans Caddie posé sur mon Vrac, et je cherche une solution pour trouver son numéro de téléphone. Je demande d’abord à Siri, qui ne le trouve pas dans l’annuaire. Je songe alors que j’ai vu des documents de la mairie et du centre d’action sociale. Il doit être possible de le retrouver par cette voie ?
Il est 16 h 35. La mairie est à dix minutes et l’accueil ferme à 17 heures ; j’espère y trouver de l’aide pour mieux lire ces documents et peut-être y dénicher un numéro de téléphone. Je me lève, attrape Caddie et remarque un monsieur à la porte de la sanisette. Mon gars ? Je m’approche.
— Bonjour, monsieur, vous n’auriez pas perdu un sac ?
— Oui !
Il s’agit à l’évidence d’un homme vivant dans la rue ; j’ai vu un bail dans les documents ; ça ne colle pas. Je lui demande son nom. Il me donne un prénom qui n’est pas le bon. Il n’insiste pas. Je lui explique que j’ai trouvé le sac dans la sanisette. Il me suggère d’aller le porter au commissariat. Je lui réponds, sans réfléchir que je ne préfère pas ; il y a un passeport et ne sais pas si l’homme a des papiers, que je veux juste lui rendre son sac, pas qu’il se retrouve en centre de rétention administrative. Je pars en lui indiquant que je vais à la mairie, qu’il le dise s’il croise un homme qui cherche son sac.
Je sprinte avec Caddie. On arrive à moins dix à la mairie. J’ai sorti ma canne blanche pour m’éviter trop d’explications sur pourquoi j’ai besoin d’aide pour trouver un numéro de téléphone dans les documents. Un agent de surveillance barre la porte. Je lui explique la situation. Il me répond que l’accueil a fermé plus tôt, nous sommes veille d’Ascension… et me dit d’aller au commissariat qui est… « par là ».
Il tend le bras en conséquence, ce qui ne m’aide guère. Pour corser l’histoire, il faut que je précise que le commissariat du 14e est en travaux et qu’il a déménagé de l’avenue du Maine à ? « Par là, tout droit, vous ne pouvez pas vous tromper. »* J’explique à cet agent que ce bras tendu dans le vide n’est pas un bon indicateur, qu’il me donne une adresse ; il ne sait pas ; à côté de La Poste, avenue du général Leclerc.
Ça m’embête toujours d’aller au commissariat… mais j’y vais. Avec ce passeport dans le sac, je n’ai guère le choix.

Un extrait de plan du 14e arrondissement* Je vous mets ci-contre le plan du quartier avec indication de où se trouvait cet agent par rapport au commissariat afin que vous appréciiez la qualité de ses indications.

Galère @8

Une roue de CaddieJ’ai le grand privilège (que je me suis moi-même accordé) d’être disponible à ce qui survient. Cela me permet de vivre des aventures sans même sortir de mon arrondissement. Voici celle qui m’est arrivée mercredi 12 mai, et que je vous raconte en plusieurs épisodes.

Épisode 1. Du Vrac à la sanisette.
J’ai rendez-vous à 15 heures à l’épicerie associative Vrac, porte de Vanves. J’avais prévu de faire l’aller-retour puis de retrouver Sarah, comme chaque mercredi, à l’Ehpad. En milieu de matinée, Sarah s’invite à déjeuner et c’est donc avec elle, et Caddie, que je vais chercher mon vrac avec l’idée de l’accompagner jusqu’au tram porte d’Orléans puis de rentrer en faisant le détour nécessaire pour avoir mes dix mille pas quotidiens. Caddie n’est pas si lourd et tellement heureux de se balader avec moi !
Nous marchons finalement jusqu’à l’arrêt Montsouris et je reprends la direction de chez moi, à l’autre bout de l’arrondissement, via l’avenue René Coty. Arrivée au niveau de la rue Dareau, une sanisette me tend les bras pour une salvatrice pause pipi. J’y entre, toujours avec Caddie. Il me tourne le dos, pudique, et me désigne un sac suspendu au porte-manteau. C’est un petit sac en toile avec une longue ficelle que l’on peut porter en sac à dos. Je n’ose pas trop y toucher, pensant que personne n’y mettrait des choses précieuses.
Je sors des toilettes et m’interroge le temps du cycle de nettoyage. Peut-être devrais-je vérifier qu’il n’y a rien d’important dedans ? J’entre de nouveau dans la sanisette et mets la main sous le sac pour le soupeser. Un bruit de clés fait écho à mon geste. Je prends alors le sac, le fourre dans Caddie et vais m’asseoir sur le banc à proximité. J’ai besoin de réfléchir et peut-être que la personne qui a oublié ses clés dans ce sac va vite revenir.
J’attends un peu. Personne ne vient. Je me résous à jeter un œil dans le sac. J’y vois une pochette transparente contenant des documents administratifs et des enveloppes contenant d’autres documents. Je ne vois pas les clés mais les entends. Je plonge la main et les trouve dans un sac en plastique sans qu’elles ne soient reliées entre elles par un anneau. Étrange. Je sors le gros paquet de documents : il y a des feuilles d’impôt, des courriers à en-tête Ville de Paris, d’autres de l’hôpital Cochin qui n’est pas loin.
Je commence à me dire que tout cela est très précieux, que le propriétaire n’aura pas ses clés et que tous ces documents vont lui manquer. Je songe que je pourrais lui poster le tout… Je fouille encore un peu, sans savoir ce que je cherche et trouve un passeport tunisien, ainsi qu’un permis de conduire international. L’affaire se corse. Je ne peux pas simplement réexpédier ces documents à cet homme ; il faut que je le retrouve lui. Je refais un petit inventaire du contenu de la pochette plastique. Aucun document ne me semble pouvoir contenir son numéro de téléphone.
J’ai besoin d’aide pour mieux lire. Que faire ? À qui demander ?

Extravagance parisienne @64

Un blo de blender, avec de la poudre de noisette et, au milieu, une noisette entière.Je fais régulièrement des sablés aux noisettes et farine d’épeautre ; les deux se marient à merveille. Je n’utilise ni poudre de noisette ni noisettes achetées décortiquées (j’ai remarqué qu’elles sont souvent rances). La première étape de ma recette est donc de casser des noisettes (une cinquantaine) ; puis de les broyer avec le blender ; ni trop ni trop peu ; quand il reste des petits morceaux, cela ajoute au caractère goûteux de ces biscuits.
Dans le blender, il se passe un phénomène (physique ?) assez surprenant : quels que soient la vitesse que j’utilise, et le temps (aléatoire mais toujours moins d’une minute), il reste toujours une noisette entière, fière comme Artaban au milieu des autres réduites en quasi-poudre. Je m’en amuse à chaque fois, et la croque. Est-ce la part de la cuisinière qui résiste ainsi ? Si vous une explication technique compréhensible pour la néophyte des lois physiques que je suis, je prends !

Décroissance @75

Un panneau solaire portatif est suspendu à l'interieur de ma fenêtre au dessus d'une plante d'intérieur; Le soleil brille.J’avais mis sur un réseau social l’annonce suivante.

« Bonjour, Je suis à la recherche de solutions énergie solaire sur appuis de fenêtres. Il ne s’agit pas de faire des économies, juste de ne pas gaspiller l’énergie solaire et ne pas utiliser inutilement le courant à la prise. »

Après plusieurs semaines, j’ai eu cette réponse.

« Il n’y a pas – pour l’heure – de solutions technologiques qui soient « écologiquement correct » et surtout efficaces ! J’en ai en test plusieurs « made in china » à la maison … Mettez plutôt des balconnières avec des plantes mellifères. »

Je ne sais trop pourquoi mais la dernière phrase me met mal à l’aise. Me conseiller des « balconnières de fleurs mellifères », je trouve que ça fait un peu « montrez vos nichons fertiles, madame, plutôt que de vous mêler technologie »… Il faut dire que la personne qui me répond est un homme ; serais-je trop sensible à la suffisance machiste ? En tout cas, il semble que son message ait déclenché une réaction riche en testostérone. Un homme lui répond.

« là encore, foin des imprécations; définissez ce qu’est une solution technologique écologiquement correcte. Définissez d’abord ce qu’est une solution technologique? la charrue inventée il y a plusieurs millénaires ? »

Et hop ! Sitôt mon premier interlocuteur est piqué (par l’abeille ?)

« Quelles « imprécations » ???
« Auriez-vous un problème avec le français (La langue hein ? pas « l’gars » :-)) )
« Concernant l’étymologie vous confondez Technique & Technologie !(modifié) »

Si d’aucuns doutaient du caractère brûlant de l’écologie au quotidien… Quoi qu’il en soit, il me fallait faire une réponse. La voici.

« Votre allusion à mon balcon fécond est surprenante… Je ne souhaitais pas déclencher des échanges si… électriques ? Avec les conseils d’un ami électricien, je suis désormais autosuffisante pour l’éclairage et la recharge téléphone et tablette. C’est sans doute dérisoire au vu de l’investissement mais ça me va. Je cherche désormais des solutions pour les appareils en 12V ; je trouverai. »

Encore merci à Vincent, Hétéronaute, pour ses conseils si avisés que j’espère bien encore faire diminuer ma consommation électrique (qui a perdu en douze mois 300 kWh après changement de mon frigo, de mon congélo et un éclairage solaire permanent). Vincent m’a conseillée dans l’achat de deux nouveaux panneaux. Ils sont en phase de test. Je vous en dis plus aux confins de l’été.

Intox @13

Je suis allée en consultation pour un bilan orthoptique à l’hôpital Necker et j’avoue avoir été choquée par les conditions de travail du service d’ophtalmologie installé dans des préfabriqués trop petits depuis un certain temps (voire un temps certain). Alors que nous devons tous faire attention à respecter deux mètres de distance sans nous rassembler à plus de six dans un espace clos, soignants, personnels administratifs et patients sont entassés les uns sur les autres : vingt-cinq personnes dans la salle d’attente dont la moitié d’enfants, jusqu’à huit personnes dans les salles d’examen de quelques mètres carrés que j’ai visitées (j’en ai fait quatre différentes en deux heures), des salles d’attente improvisées dans les couloirs déjà étroits, etc.
J’ai eu l’impression que tout le monde portait bien son masque et la désinfection des appareils était permanente. Je ne me suis pourtant pas sentie en sécurité face au covid même si je suis vaccinée ; je n’y ai passé que deux heures mais les personnels, eux, y passent leurs journées. J’avais entendu d’une oreille que le covid était devenu la première maladie nosocomiale ; ma seconde oreille a vérifié l’info qui semble fausse ; c’est rassurant ; ou presque. Je dois retourner voir l’ophtalmo à Necker. Je ferai bien attention.

Va chez l’gynéco @44

Le suicide d’un étudiant homosexuel de vingt ans victime d’agressions sexuelles de la part de proches a été l’occasion de nombreux messages de prévention. Au vu des neuf mille personnes qui se donnent la mort chaque année en France, et de toutes celles qui tentent de le faire, ces messages sont indispensables, et pas uniquement quand un fait particulier nous y invite. Sur Twitter, l’un d’eux a attiré mon attention.

« Si vous avez des idées noires, des pensées suicidaires, n’hésitez surtout pas à appeler la ligne Suicide Ecoute disponible 24h/24 7/j7 : 01 45 39 40 00 »

Je n’ai pu me retenir de répondre dans la foulée.

« Si vous avez le moindre doute devant la souffrance d’une personne, ne passez pas votre chemin. Si vous ne trouvez pas les mots pour lui parler, ou si c’est difficile pour vous de le faire, Suicide écoute peut aussi vous aider. En cas d’urgence, composez le 112 ! »

Je suis en effet toujours contrariée quand on fait porter la charge de la prévention sur les personnes qui sont dans une souffrance telle que le suicide leur apparaît comme la seule solution. Bien sûr qu’il faut leur dire que des numéros d’appel existent mais si l’on veut faire de la prévention, c’est en amont qu’il faut agir et prendre chacun notre part. J’ajoute que même en étant attentifs, on ne peut pas toujours prévenir le suicide d’un proche, loin de là tant la souffrance sait être camouflée !
La véritable prévention ne serait-elle pas alors de nous interroger sur les causes profondes des douleurs psychiques qui se trouvent, à mon sens, dans cette violence ordinaire qui régit notre monde à tous ses échelons en répercussion directe de celle qui régit nos modes de production ? Changer le monde vers moins de souffrances individuelles et collectives ? Je ne vois que ça.