Archives par étiquette : Sandwich

Biodiversité @27

Un brocolisJ’ai passé les quinze premiers jours de ce nouveau confinement au bord de l’océan Atlantique dans une ville balnéaire relativement inaccessible en cette saison.
Près de là où je logeais, il y avait un petit marché ouvert toute l’année et tous les jours (sauf le lundi). J’ai pu y trouver quelques légumes bio mais pas exclusivement. Un peu plus loin, à une vingtaine de minutes en passant par la plage, il y avait un plus grand magasin bio. Côté fruits et légumes, pas trop d’écarts de prix par rapport aux pratiques parisiennes mais il n’en a pas été de même sur les autres produits qui indiquaient un prix bien plus élevé qu’à Paris. L’inverse est plus souvent vrai mais faut-il s’en réjouir ?

Biodiversité @25

Logo NutrinetLes recommandations nutritionnelles occupent de plus en plus les étiquettes, et mes médecins ! Je ne sais pas si c’est parce que j’entre dans un âge où l’alimentation est très importante ou si c’est dans l’air du temps mais il devient fréquent que l’un ou l’autre de mes médecins me fasse des recommandations. La dernière en date : 1200 mg de calcium par jour. Cela va bien à la lutte contre l’ostéoporose.
Cette recommandation s’est assortie de l’injonction « trois laitages pas jour » ; j’en consomme un ou deux, jamais trois depuis que je tente d’agir sur mon cholestérol via mon alimentation et mon activité physique. De l’eau minérale, alors ? Non, je ne consomme pas d’eau en plastique… Comment faire ? La question est restée en suspens mais j’ai profité de trois jours de « questionnaire alimentaire » de l’étude Nutrinet santé à laquelle je participe depuis plus de dix ans pour récupérer les données correspondant à ces trois jours.
L’avantage est que je dois tout noter de ce que je mange et bois dans une journée. En cherchant le taux de calcium de chaque aliment ou boisson, comme je disposais de la quantité, j’ai pu établir un tableau précis de mes apports en calcium sur une journée. Le verdict a été sans appel : jour 1, 1218 mg ; jour 2, 1248 mg ; jour 3, 1297 mg. Avec juste un ou deux laitages ? La médecin qui avait fait ces recommandations en était baba ; moi aussi, je dois bien l’avouer !
Ce qui me sauve, en plus de la bonne quantité d’eau du robinet que je bois (et qui contient du calcium), ce sont les graines et fruits à coque en plus de certaines épices. Les légumes aussi n’en sont pas exempts et j’en consomme de grandes quantités : pour exemple, 200 g d’épinards vaut largement un yaourt.
J’en conclus qu’une alimentation équilibrée peut se construire de diverses manières et je trouverais intéressant qu’à travers des outils type l’étude Nutrinet santé, il soit possible de l’adapter au goût de chacun. Si, quand je rentre un questionnaire alimentation, je pouvais disposer en retour d’un récapitulatif chiffré de ma consommation en sucre, graisses, fibres, protéines, minéraux, etc., je suis sûre que cela m’aiderait à manger encore mieux pour ma santé.
J’ai réussi à faire cela pour le calcium avec un simple tableur (et un peu de temps, tout de même) ; j’imagine Nutinet Santé que vos calculateurs sont plus performants que les miens. Chiche ?

Gamine @31

J’ai découvert sur un réseau social local un nouveau « service » de restauration à domicile. Le concept est simple : une personne fait à manger chez elle, vous avez faim, vous commandez sur l’appli et vous venez chercher votre plat. N’est-ce pas une bonne idée ? Quand je dois faire deux litres de soupe parce qu’il y a urgence à cuire des invendus et que mon congélateur est plein, ce serait pratique, non ? Et elle est si bonne ma soupe !
— Vrai de vrai !
Merci Caddie. Mais tu sais, parfois, les idées simples sont particulièrement délétères. Pour celle-ci, j’y vois d’emblée de nombreux biais.
* Une communication sexiste et âgiste. Bah oui, c’est une femme qui fait à manger, on la nomme « mamy » alors même que dans la vidéo elle est plus quadragénaire (c’est quand même plus sexy !), il s’agit de valoriser vos talents de « cuisinière » (et non de cuisinier) et la personne qui vient chercher à manger est un homme, bien sûr. Regardez au passage les quatre « mamy » proposés : deux hommes, deux femmes ; la parité ? De façade, car quoi qu’on en dise, qui n’aurait pas choisi spontanément « mamy Juliette », pardon, son bœuf bourguignon ?
* Une « rémunération » sous forme de « récompense ». Voilà la version moderne de Elle est bonne ta poule, ma poule ; une bonne claque sur les fesses et un pincer (une pincée ?) de nichon et « mamy Juliette » est contente d’avoir régalé Édouard. Une petite pipe pour le dessert ? C’est une autre qui s’en charge au vu de la promiscuité de la femme qui apparaît déjeuner avec Édouard, qui garde sa posture dominante devant l’ordinateur… J’exagère, bien sûr, mais comme il n’est nulle part fait mention de la forme fiscale de cette « rémunération » et que le verbe « récompenser » n’est pas neutre, on peut imaginer que les pires systèmes d’exploitation sont au menu.
Voilà exactement le genre de concept que les confinements et autres couvre-feux sont en train de produire, un mélange de high-tech, de retour aux sources et de déréglementation tous azimuts sous couvert de nécessité économique. On est mal barrés, c’est sûr !

À table ! @70

Il m’est impossible de mesurer l’impact réel de ma consommation sur le monde ; il est infinitésimal, j’imagine, mais en partageant, notamment via le blogue, mon expérience, j’espère l’effet boule de neige. Je vous raconte régulièrement la manière dont je réduis ma consommation d’énergie et d’eau ; je vous parle aussi de mes démarches antigaspi : paniers d’invendus, produits soldés chez le primeur (lots à 1 euro) ou au supermarché, magasin antigaspi, partages et dons mutuels.
Certains trouveront ce mode de consommation contraignant surtout en matière alimentaire : il faut cuisiner, multiplier les sources d’approvisionnement, et ne pas toujours choisir ce que l’on mange. Je le prends comme un jeu et fais de ces contraintes un mode de vie : j’ai toujours aimé cuisiner, avec une prédilection pour l’invention (heureuse ou malheureuse) ; j’ai besoin de marcher et faire le tour de mes fournisseurs est une balade comme une autre ; manger des choses que je n’aurais spontanément pas choisies est un moyen de lutter la routine des confinements et couvre-feu.
« Faire quelque chose de ce qui arrive », c’était mes vœux pour 2021 ; je suis en plein dedans et vous propose une assiette en adéquation avec ces choix.
* Duo de quinoa d’un magasin antigaspi.
* Purée marrons pommes de terre soldée fin de date (supermarché).
* Haricots verts d’un panier cuisiné avec les tomates, champignons et oignons de lots à 1 euro ; l’ail et les condiments sont achetés, à l’exception du laurier du jardin d’une voisine. Coriandre fraîche donnée par Isabelle.
* Aiguillettes de poulet d’un panier de supermarché, épices données par Isabelle.
* Purée de céleri rave à prix raisonnable d’un primeur bio.
J’utilise du sel que m’a donné une voisine qui déménageait. En dessert, j’ai mangé une crème dessert maison fabriquée avec des produits achetés au supermarché (cacao, sucre, Maïzena, lait) et une pomme déclassée prise chez le primeur bio accompagnée de noix données par un voisin. Avec mon café (en grains) acheté chez Ikea (très bon rapport qualité prix), j’ai croqué deux carrés d’un délicieux chocolat offert par Isabelle.
Et en boisson ? De l’eau de Paris, pardi !

Croissance @10

En 2017, j’avais décidé de calculer mon « prix de journée » sur quatre mois de commissions avec de savants calculs pour retirer les repas que je ne prenais pas chez moi. J’étais arrivée à 6 euros par jour, estimant alors que je pouvais tirer ce prix.
Ces trois dernières années, par ce motif et aussi par souci de manger toujours mieux en réduisant mon empreinte carbone, j’ai infléchi mon comportement : je ne mange plus aucun plat préparé et fabrique le plus possible, j’achète des invendus à prix soldés sur plusieurs « filières », finis les casseroles de ma voisine (qui est ravie de moins jeter), et fais mes courses au jour le jour sans stocker. J’ai aussi décidé de manger un peu moins, de toute façon moins sucré et moins animal.
C’est dans ces conditions que j’ai refait cette année l’opération « calcul du prix de journée » entre juillet et octobre 2020. Je pensais sincèrement qu’il aurait baissé au vu de mes nouvelles pratiques (notamment l’achat d’invendus soldés) mais j’arrive à 7,06 euros, soit une augmentation de 17 %. C’est énorme, bien loin du taux d’inflation calculé par l’INSEE.
Attention ! Ces taux ne sont évidemment pas comparables, leur base de calcul n’étant pas le même, le mien ne prenant en compte que les dépenses courantes (alimentation et entretien du corps et de la maison). Selon l’enquête Budget des familles 2017, une personne seule dépense annuellement en moyenne pour ses « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » 4429 euros par an. J’étais, sur ma base 6 euros/jours, à 2190 euros en incluant l’entretien du corps et de la maison (qui ne me coûtent vraiment pas cher). Je suis donc à moins de 50 % de la dépense moyenne.
Cela me confirme que je consomme peu, beaucoup par choix. Cela ne me dit rien sur l’augmentation de 17 % que je constate. Je peine à trouver des chiffres pertinents. Un article des Échos indique une hausse des produits alimentaires de 1,8 % entre 2017 et 2018, et de 2,9 % entre 2018 et 2019. Je trouve une autre référence parlant elle de « produits frais », qui correspond plus à ce que j’achète (au moins 80 % de mon alimentation, dont la majorité en fruits et légumes). Il est question d’une hausse de 18 % de ceux-ci après le premier confinement de 2020 ce que confirmerait une étude de Que Choisir qui conclut à une augmentation de 6 % à 12 % des fruits et légumes en avril 2020.
Je n’ose imaginer, dans ces conditions, ce que serait mon budget si je consommais des produits frais bio et achetais hors circuit invendus, promos et fort discompte ! Je ne choisis pas toujours ce que je mange mais au moins, je n’ai pas le sentiment de me faire arnaquer à chaque sortie commission. Arnaquer ? Je vous invite à comparer les prix dans les commerces autour de chez vous et on en reparle.

Question @8

L’un des multiples reportages sur le port du masque au travail la semaine dernière montrait l’interview d’un menuisier dans une fabrique de meubles en bois. Couvert de sciure, l’artisan était questionné sur la difficulté du port du masque dans son activité professionnelle. Évidemment, comme pour tout le monde, porter le masque est une contrainte et n’est pas agréable. Mais il ajoute un argument propre à sa profession : avec un masque, toutes les sciures et micro sciures viennent s’accumuler sur le masque qui devient alors totalement hermétique et donc étouffant bien avant les quatre heures consécutives de port recommandées.
Je comprends tout à fait la difficulté bien spécifique de la chose mais j’ai quand même du mal à comprendre en quoi le fait de ne pas avoir de masque et donc d’inspirer toutes ces sciures est finalement bien plus agréable et surtout moins dangereux. Évidemment, personne n’a relevé le sujet dans le reportage tant il ne fallait pas sortir de la question du jour.

Agit-prop’ @30

Bonjour, c’est Caddie, avec Petit Koala qui fait la technique.
Vous avez remarqué ? C’est la chienlit ! On nous confine et, en même temps, on s’apprête à spolier les travailleurs sans rien faire pour sauver la planète ! Parce que bon, entre nous, ce coronaminus, c’est pas un truc de Chinois ; si c’était le cas, pensez bien qu’ils l’auraient vite fait mené à la baguette et qu’il ne serait pas arrivé jusqu’à nous ! Forcément, z’ont trop d’inutile en plastoc à nous vendre pour nous faire rester chez nous à regarder les usines s’arrêter de tourner.
Non, ce machin qui nous prive de câlins, c’est un truc de la casse sociale de la biodiversité, du réchauffement climatique et de la surexploitation des richesses de la nature. Y a qu’à regarder Paris ! On a une si belle nature à la mairie, si bien préservée, qu’on s’en tire super bien et que la Paltoquet, il a dû remballer sa rombière dans une surblouse percée pendant que nous, on a su montrer nos pec’ à l’adversité et nous serrer à fond les coudes. Coudre coude au corps, c’est pas si facile mais bon ; on sait quel chas enfiler ; c’est l’essentiel.
Bon, je parle trop ; c’était pour vous dire qu’aujourd’hui, c’est le 1er Mai, fête des Travailleurs ! Avec ma ménagère albinos, on va sortir le drapeau rouge et noir à la fenêtre (ici). Elle veut chanter Le temps des cerises, moi je préfère l’Internationale anti-points que j’ai écrite récemment. Je vous remets les paroles :

« Debout, les damnés de Vulcain,
« Debout, les forçats de la retraite à points,
« Les semestres pleurent la nouvelle misère,
« C’est la marche de l’injustice et des galères.
« Du point faisons table rase,
« Foule de copaiiins, debout, debout,
« La retraite va changer de base,
« Le Paltoquet n’est rien, soyons tout.
« C’est la lutte sociale,
« Groupons-nous et demain,
« La retraite à points, Sera mise au coin ! »

Super, non ?
Allez Camarades ! On lève le poing contre le point ! Et que pète le libéralisme mondial !

Question @7

J’avais prévu, avant le confinement, de faire un billet sur les « codes du monde du travail » ; il s‘agissait d’évoquer ce que je découvre des us et coutumes qui façonnent les pratiques professionnelles des agents (en l’occurrence de la Ville de Paris ; mais ce pourrait être d’autres) des services que je rencontre dans le cadre de mes activités nouvelles de représentante bénévole du médiateur de la Ville de Paris : ce que l’on dit (ou non) dans un mail ; quand répondre ou pas ; qu’attendre de tel ou tel ; comment formuler une demande ; etc.
Ces situations sont nouvelles pour moi. D’ordinaire, je suis « usager » de ces services, en même temps que mon peu de relations professionnelles se résume à mes relations avec mes éditeurs. Cette fonction d’accueil et d’écoute dans un cadre institutionnel que je remplis depuis novembre me place dans une posture qui ne me pose pas de souci vis-à-vis des personnes que je reçois. Par contre, les agents publics et les fonctionnements internes me sont totalement étrangers et leur apprentissage m’est un régal, ce d’autant que je reçois l’aide précieuse de Isabelle qui connaît tout cela si bien !
Je voulais prendre quelques exemples mais le covid-19 m’a éloignée de mon sujet en me privant de ces permanences, et je n’avais noté que le sujet principal. Je fais néanmoins ce court billet pour dire mon impatience d’y retourner, même si le confinement me va bien, ne serait-ce que pour donner matière à un autre billet !

Écrivaine @47

Je dois bien avouer que je peine, ces derniers jours, à écrire des billets. Je ne manque pas de sujets mais je sens que je manque d’écriture. Qu’est-ce à dire « manquer d’écriture » ? Que ma concentration fait défaut et que ma sidération face au covid-19 est telle que je peine à m’y retrouver. Je n’ai jamais bien réussi à faire abstraction du monde (je ne l’ai jamais voulu) et mon écriture en est imprégnée. Je mets à « distance » bien sûr, sinon, je ne ferais pas œuvre de création ; en l’espèce, c’est bien cela que je peine à faire : mettre à distance.
Je ne suis pas particulièrement angoissée ; je suis plus inquiète devant le nombre de morts qui croît et les atteintes aux libertés, dubitative face aux données scientifiques disponibles, et curieuse de l’après-virus. Je ne m’ennuie pas. Mes proches vont à ce jour (25 mars 2020) bien. Je fais quotidiennement une à deux heures de sport en salon, les commissions deux fois par semaine pour une voisine et moi et reçois beaucoup d’appels, de messages, de mails, de livraisons de thé et de couscous. Je n’ai jamais autant parlé que depuis que je suis « confinée » chez moi hormis les deux premiers jours, quand le confinement n’était pas officiel car, même si je ne suis pas convaincue de son efficacité prophylactique, je m’y conforme depuis le samedi 14, avec pour seuls contacts le fait d’aller voter et des balades solitaires que j’ai arrêtées dès le mardi 17.
Si j’y réfléchis bien, le rythme de mes journées n’est pas si perturbé par le virus : sport le matin, travail, ménage ou cuisine ou commissions, détente… et activités sociales extérieures. Celles-ci sont remplacées par tout ce qui permet de communiquer à distance avec pour différence majeure que ce n’est pas concentré dans le temps comme peut l’être une activité judo, ou une rencontre amicale ou associative. Je pourrais bien sûr couper le téléphone, ne pas lire mes textos et mails mais tout cela me fait tant plaisir, tant de bien ! Et ne pas répondre, c’est aussi inquiéter les autres.
J’ai donc besoin de ce contact continu et, même si parfois j’en râle un peu (pour le plaisir de râler), je ne crois pas qu’il soit véritablement en cause dans mon manque de concentration. Je faisais d’emblée référence à la sidération au début de ce billet. Je crois vraiment qu’il s’agit de cela, de cette sidération en tant que « traumatisme psychique » qui rend impuissante à réagir la victime d’un viol ou d’une agression. Il y a l’incompréhension et la violence du phénomène, bien sûr, la force de ses conséquences individuelles et collectives, et l’impossibilité à agir. Je dois écrire, je le sais, sur ce virus, sur le monde, être écrivaine, pour en sortir. Je considère que la conscience de mon « manque d‘écriture » en est le premier stade. Je ne suis pas inquiète, je vais écrire ; j’entends déjà Duras me dire de retourner au désir. La vie.
Tu dis Caddie ?
Oh ! zut, le riz pour Danielle va être trop cuit.