Archives par étiquette : Nouille

Brosse @48

Je suis à genou derrière mon partnaire de judo assi et fais un étranglement, okuri-eri-jimeJe reviens sur mon billet où je faisais le récit de mon arrivée à un cours de judo avec un agent d’accueil (de la Ville de Paris) qui pensait que les blondes ne pouvaient pas être professeures de judo. Cette histoire a une suite.
Quand nous sommes repartis à la fin du cours, j’ai rendu les clés des vestiaires et l’agent d’accueil, gentil, me remercie.
— Merci mademoiselle !
— Non, madame.
— Ah ! Excusez-moi [sur un ton genre « Je ne veux pas avoir de soucis avec votre mari. »]
— Non, c’est une dénomination sexiste.
— Je voulais être aimable…
— Eh bien, vous ne l’êtes pas ! Bonne soirée !
Je n’ai pas entendu ce qu’il a dit après, je lui avais déjà tourné le dos pour filer. Le judoka qui est sorti après moi m’a dit qu’il râlait contre ces femmes qui ne savent plus apprécier les compliments.
Je n’ai pas besoin d’expliquer sur ce blogue en quoi ces propos sont sexistes. Ce qui m’embête le plus, c’est que cet homme n’a sans doute pas compris ma réponse et en a certainement été blessé. J’aurais pu prendre le temps de lui expliquer… N’est-ce pas plutôt à la Ville de Paris de le faire ? Elle le fait, je le sais mais il y aura toujours des couillons qui échapperont aux formations et autres actions de sensibilisation. Je n’ai plus qu’à espérer qu’il racontera l’incident à des collègues qui sauront lui expliquer.
Hadaka jime ?
Jamais hors du tatami Caddie, jamais.

Note. Sur la photo (2017), Okuri-eri-jime.

 

À table @83

L'affiche telle que je la décrit dans le billet.J’ai croisé dans le métro une publicité que j’ai eu du mal à comprendre plus qu’à lire « Fruits et légumes, c’est jamais trop ». On y voit, dans des carrés en mosaïque, des fruits ou des légumes en gros plan, barrés de la mention « Jamais trop + un adjectif » : l’adjectif est souvent un peu « coquin », ou connoté « attribut physique ou psychique plus ou moins sympa ». Au centre de l’affiche, une case de la mosaïque « Les fruits et légumes frais, c’est jamais trop ».
Je n’ai pas bien compris le concept, qui info prise, se décline en plusieurs affiches avec un spot vidéo que chacun appréciera : les images vont trop vite pour que je les décrive aux déficients visuels mais grosso modo, quand on dit « jamais trop mûre », l’affiche montre des figues, le spot vidéo une vieille dame qui danse… Pour « jamais trop ronde », on a une pastèque sur l’affiche, et une modèle gironde dans un atelier d’artiste. Le corps qui se mange, le corps que l’on exhibe à fins publicitaires… Je vous laisse regarder ; c’est peu visible pour moi et ça m’arrange.
Si une affiche m’a arrêtée dans le métro (affiche où il n’y a que des fruits donc, les corps de gens, c’est pour la vidéo), ce sont des problèmes d’orthographe ! C’est une motivation comme une autre.
Je passe sur les adjectifs épicènes et « nature » adjectif qui est invariable. « Jamais trop velu » pour le kiwi ou « délicat » pour le physalis, au masculin les deux, logique. « Jamais trop nue » : une orange, féminin donc. Comme « brillante » pour l’aubergine, « précieuse » pour la fraise, « charnue » pour la poire, « puissante » pour la grenade, « pâle » pour la pèche, « plate » pour une autre pèche… mais alors, pourquoi, plusieurs pommes sont « jamais trop colorée » (féminin singulier) et des fruits rouges « gourmand » (masculin singulier) ? Sur d’autres affiches sur le Net, je vois deux haricots verts « jamais trop fin » (masculin singulier), des figues qui échappent aussi au pluriel… Plus étrange encore, les carottes râpées sont « jamais trop roux » ; pas rousses ? Ça doit être un truc de bonnes sœurs (vous ne connaissez pas la blague ? non ? je ne la ferai pas !)

Note. Je précise que j’ai dû demander de l’aide à Isabelle pour le litchi, les carottes râpées et le physalis.

Brosse @47

Je suis à genou derrière mon partnaire de judo assi et fais un étranglement, okuri-eri-jimeJe croyais (à tort) vous avoir raconté ce cours de judo adultes où j’ai remplacé mon professeur et où la nouvelle a été accueillie par un « Ah ! bon ? » d’un nouveau judoka au club, « Ah ! bon ? » d’un ton si estomaqué que l’agente d’accueil du gymnase a dégainé plus vite que moi un « Ça vous gêne que le prof soit une femme ? » qui a mis l’ambiance. Le gars ne l’a pas emporté au paradis durant le cours ; vous imaginez bien ; le judo est un sport qui permet des petites compensations antisexistes dont je sais me régaler.
Hadaka jime !
Mon spécial, Caddie, en effet.
Je ne vous avais donc pas raconté cet épisode dont une nouvelle version s’est jouée juste avant les vacances. Je remplaçais de nouveau mon professeur. Quand j’arrive au gymnase, deux judokas sont là. L’agent d’accueil, un remplaçant qui ne me connaît pas, me demande si je viens pour l’aïkido, discipline où l’on trouve beaucoup plus de femmes qu’au judo. Un de mes camarades de club, rigolard, lui répond que non, je suis judoka. Sitôt, l’agent d’accueil me lance :
— Le prof n’est pas arrivé !
Sous-entendu, on attend dans le hall tant qu’il n’est pas là.
— Si justement, il est arrivé.
Il se décale pour regarder dehors.
— Non.
— Je vous assure que si, c’est moi.
Que du bonheur (qui ressemble fort à celui que j’exprime dans cet autre billet) !

Note. Sur la photo (2017), Okuri-eri-jime.

Paris @72

Facsimile non lisible du courrier reçuIl y a quelques semaines, j’ai reçu un courrier personnalisé de mon bailleur et de celui de l’immeuble d’en face me proposant d’héberger des réfugiés ukrainiens en précisant les conditions légales de cet hébergement (accompagnement par le Centre d’action sociale, occupation à titre gratuit, etc.). Mon bailleur insiste sur sa « mobilisation » depuis « le début de la guerre ». C’est-y pas gentil ? Et généreux ?
Ma première réaction a été de me dire « Tiens, ils veulent vérifier les déclarations faites dans les enquêtes logements », considérant que ces déclarations bisannuelles permettent d’établir l’occupation du logement, les revenus des locataires, donc de mener des calculs savants sur le montant du loyer et le maintien (ou non) du droit au bail. Cette réaction témoigne de la confiance que j’accorde d’emblée à mon bailleur.
J’ai pensé ensuite à tous ces locataires qui réclament à mon bailleur (ou à un autre) qu’il fasse des travaux dans leur logement parfois insalubre, mal chauffé, mal isolé, infesté de nuisibles… Ce n’est pas bien de penser cela ; les réfugiés ukrainiens ont des problèmes autrement plus compliqués que les nôtres et les souris qui se promènent dans un logement ne sont rien face au vécu dans le métro de Kiev ; quant à ces locataires qui vivent dans des appartements parsemés de gouttières… cela leur rappellera les caves de Kharkiv.
Je sais, je ne devrais pas faire de l’humour noir avec un sujet si difficile ; il y a bien sûr des locataires dont les logements sont confortables (le mien, par exemple) dans des immeubles en bon état (le mien, si je fais exception de l’ascenseur, de ma cave ouverte quatre fois en six mois, des soirées deal et conso tous les soirs dans les parkings…). Il y a donc des locataires qui peuvent héberger des réfugiés ukrainiens et j’imagine que beaucoup n’ont pas attendu que notre bailleur le suggère pour le faire.
Ce qui achève de me porter à l’ironie pourtant c’est que, de mémoire (vous me dites si je me trompe), mon bailleur ne m’a jamais suggéré d’héberger des réfugiés syriens, libyens, somaliens… ; pourquoi donc ? Vous dites ? Ils sont noirs et pas très chrétiens ? Je ne peux imaginer que c’est la raison, le « racisme institutionnel » étant une vue de l’esprit gauchiste. Non ?
— Gauchiste !
Caddie !

À table ! @82

Un sandwich wrap dans son emballage dans ma main.J’ai vécu il y a quelques jours une expérience commerciale surprenante. Je rentrais du judo, faisant un bout à pied pour me détendre. J’avais à la maison de quoi dîner mais il m’arrive parfois d’avoir envie de manger quelque chose d’industriel trop-gras-trop-salé-trop-sucré (pléonasme), le tout en marchant. Je ne sais pas à quoi cela correspond à part rompre avec l’habitude de ma soupe maison et mes assiettes de crudités. Cela me permet aussi de me dire que je préfère ce que je fabrique moi-même et de lever l’illusion du bon-tout-prêt cher, calorique et contraires à mes idéaux.
Sur ma route, il y avait un Monoprix ouvert jusqu’à 22 heures… il était 20 h 55, une heure où d’ordinaire je me refuse à mettre les pieds dans un commerce… sauf pour manger. Ouf ! ma conscience syndicale était sauve. J’entre dans le supermarché et ma première surprise est de constater qu’il n’y a pas un client (au moins dans mon champ de vision, réduit, il est vrai). Je tombe directement sur le rayon des sandwichs. Après un long examen (je prends, je regarde de quoi il s’agit avec le zoom du téléphone, je cherche la DLC et le prix, je repose, prends le suivant…), je me décide pour un wrap. J’adore ! Ça ressemble à du carton sucré ; exactement ce qu’il me fallait.
Je cherche une caisse, les fais toutes : fermées et pas une caissière en vue (basse) ! Je m’inquiète et sors ma canne blanche (ça aide à se sentir moins égarée). Un chaland me double et fonce vers les caisses automatiques. Je le suis. Il a déjà payé le temps que je me gratte la tête. Que faire ? Partir sans payer ? Renoncer à mon sandwich ? Je vais à l’accueil et y trouve un humain en la personne du vigile. Il m’explique qu’il faut utiliser les caisses automatiques.
— Je ne peux pas, elles ne sont pas accessibles.
Je n’en sais en fait rien mais le suppose. Le vigile m’accompagne.
— C’est simple, vous scannez le code-barre.
Je pose mon sandwich sur le plateau devant le scanner. Le vigile insiste.
— Il faut scanner !
— Scanner quoi monsieur ? Avec quoi ?
Il soupire, prend mon sandwich et le tourne dans tous les sens pour trouver le code-barre caché sous la couture du plastique (le coquin !) Il scanne, une fois, deux fois… cinq fois ; ça ne passe pas. « Simple » as-tu dit mon gars ? Je rigole sous mon masque en taisant toute remarque. Le vigile attrape l’espèce de pistolet qui permet de scanner ; il tente ; en vain. Il se met alors à saisir le numéro sur la machine ; perdu. Il active enfin un moteur de recherche où il recopie consciencieusement le nom du produit.
— 4,39 euros ! [de mémoire]
Pour 180 g de carton… Je lui tends un billet de 10 euros. Il commence une phrase…
— Il faut mettre le…
Il s’arrête net, prend mon billet, paie et me rend la monnaie. On se dit au revoir et je m’en vais manger mon wrap en marchant, troublée par cette expérience d’un magasin sans caissières. C’est ça le progrès dans la grande distribution ? La prochaine fois, je testerai la nouvelle sandwicherie à quelques pas ; c’est compliqué car je ne vois pas ce qu’ils proposent mais qui sait, peut-être auront-ils l’amabilité de tout me décrire ?

À table @81

Un terrain de tennisOn apprend plein de choses sur Twitter (si on choisit bien qui l’on suit), par exemple qu’il va s’ouvrir un « food court géant à Paris ». D’accord, ce n’est en soit pas très intéressant ne serait-ce que parce que le terme de « food court » fleure d’emblée la branchouille commerciale. Mais cela m’a quand même intéressée car la chose se passe à 500 mètres de chez moi.
De quoi s’agit-il ? Je me suis amusée à aller chercher sur France termes la traduction de cet anglicisme aux allures de terrain de tennis (j’avais lu au départ « fond de court »). Le mot y est bien référencé, preuve s’il en est que je ne suis pas « up to date » en matière de vocabulaire commercial… ni de mode de consommation d’ailleurs (les deux vont si bien ensemble).
J’apprends donc que va s’ouvrir au « cœur du 14e » (pas moins), sur « 3 500 m2, 15 restaurants, deux bars… » ; j’ignore ce que représentent les points de suspension ; un point de distribution des Restos du cœur ? un comptoir de récupération des invendus ? une cuisine collective pour les résidents du foyer Vercingétorix qui perdent la leur sous prétexte de rénovation immobilière ? des aires de pique-nique pour les sans domicile ? des ateliers-cuisine pour apprendre à récupérer du pouvoir d’achat sur le dos de l’industrie agroalimentaire ?
Ce serait sans doute plus utile que des restaurants dont le quartier regorge déjà. Le libéralisme s’en moque, ce n’est pas une surprise. Par contre, ce qui m’étonne vraiment, c’est que ce projet ne semble pas tirer de leçons de la pandémie, enfermant des milliers de clients dans un vaste espace clos avec un risque majeur de fermetures pour cause de virus émergeant.
— C’est que le Covid n’a pas tant coûté aux restaurateurs… Peut-être même qu’ils en ont tiré profit !
Caddie ! Ne dis pas des horreurs !

Exposer @25

Vue sur "Le confident", casque audio de visite.Rectificatif !

Ce n’est pas le Musée de la marine que je suis allée visiter avec Sarah mais l’Hôtel de la marine ! Je me dois donc de présenter mes excuses au Musée ; et de modifier mon billet initial… ou presque. Je remplace la mention « Musée » par « Hôtel ». Et l’adresse du site Web. Par contre, les notions de grand et petit tour sont les mêmes, ainsi que les tarifs. Je mets à part mon couplet sur le défaut d’accessibilité du site qui s’appliquait au Musée. Celui de l’Hôtel est en effet facile d’usage, comme me l’avait indiqué Sarah.

Version corrigée (28 mars 2022)

Je suis allée visiter l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, avec une amie, le « petit tour » m’a-t-elle annoncé et je n’ai, comment dire, rien vu… Oui, c’est à peu près ça ; et pourtant. Pourtant ?
À l’arrivée, on nous distribue un casque audio en précisant à Sarah (moi, évidemment, on ne me parle pas, la canne blanche, ça ressemble tant à une arme létale) qu’il n’y a aucun texte dans le musée. Chouette non ? Le casque est inconfortable ; ce n’est pas grave la visite a duré vingt minutes. Je n’arrive pas à le manipuler ; les touches sont pourtant en relief ; je ne suis d’ordinaire pas manchote sur le relief… Je n’y arrive pas. Le son est trop fort, je baisse, et me retrouve avec deux messages en stéréo ; celui du casque et celui de Sarah qui me guide, avec une des deux oreilles sur la joue pour l’entendre elle ; compliqué.
Mais pourquoi elle me guide puisqu’il y a de l’audio partout ? Comment expliquer aux concepteurs de cette innovation s’ils ne l’ont pas déjà compris ? J’essaie. Dans le casque, on me raconte l’histoire du musée et de la marine, avec des voix de mauvais comédiens (un métier !) ; mais on ne me dit rien de ce que je vois (boiseries, œuvres, agencement, décors, etc.). Il faut donc bien que Sarah me le dise. Et quand je lui demande « C’est quoi ce tableau ? », elle n’en sait rien, le casque ne le dit pas et aucun cartouche n’est disponible (on nous avait prévenues !)
On se promène donc dans de jolis salons, avec vue imprenable sur la place de la Concorde. On passe dans une salle avec une table vidéo, grande, ronde, qui nous transforme en explorateurs autour d’un planisphère occidocentré… Sarah n’a pas réussi à faire circuler un bateau à partir de l’une des tablettes tactiles incrustées dans la table. Elle sait pourtant lire, écrire, dispose de plusieurs diplômes d’enseignement supérieur et de toutes ses facultés intellectuelles et sensorielles… Elle ne sera jamais marine de la conquête coloniale. Ouf !
Vingt minutes, donc ; et j’ai déjà trouvé ça long. Sarah veut retourner faire « le grand tour », misère ! Je regarde sur le site pour ce billet et m’y préparer, site qu’elle a qualifié de « très bien fait » ; il est facile d’usage pour moi mais sans déclaration de conformité RGAA ce qui augure mal de son accessibilité réelle. J’y découvre que le casque a un petit nom « Le Confident, casque connecté et véritable compagnon de visite, recourt à une technologie en son binaural permettant de redonner vie aux espaces et aux personnages qui ont habité ces lieux. Une expérience de médiation immersive et novatrice pour vivre une plongée au cœur de l’histoire du monument. » Il ne s’agit donc pas de rendre la visite accessible aux déficients visuels car on les immerge sans se demander s’ils savent nager (c’est une métaphore ; je précise, au cas où…).
Je conclus ma réécriture en invitant les concepteurs de cette merveilleuse innovation validiste à se plonger dans un milieu sans information visuelle sur ledit milieu. Noyade garantie… dispensable fonc (surtout si vous devez vous acquitter des 13 euros de la visite) !

PS. Elles sont où les toilettes ?

Copie d'écran du site du musée de la marine, un tel fatras que je suis incapable de vous le décrire.Version originale du dernier paragraphe consacré à l’accessibilité du site du Musée de la marine.
(…) Je regarde sur le site pour ce billet et m’y préparer, site qu’elle a qualifié de « très bien fait » ; c’est dire si elle est fortiche car moi, je ne comprends pas comment y naviguer (ah ! la marine ; je n’ai décidément aucun goût pour le pompon) au milieu de ce grand bazar. Je clique un peu au hasard (ça rime avec bazar) et arrive sur une page « Un grand musée maritime pour le XXIe siècle »… dispensable (surtout si vous devez vous acquitter des 13 euros de la visite) !

Décroissance @79

Deux rayson de produit dans un supermarchée, de loin, les paquets sont tous identiques.Je fais mes courses dans une supérette qui vend des invendus de toute sorte ; ce ne sont pas toujours des « affaires » car si les produits de marque y sont soldés, leurs prix d’origine font qu’ils restent chers (pour moi). J’y prends mes œufs, recalés car trop petits, mon vrac de graines, parfois des fruits et légumes, et ce que je trouve quand j’y passe.
J’aime bien y aller mais ce n’est pas très facile pour moi. Dans un supermarché, les rayons sont standardisés, et ma base de données personnelle me permet de trouver facilement (ou presque) ce que je cherche en me fiant aux packagings, à la localisation dans le magasin, etc. Je sors souvent mon téléphone pour lire de près ou de loin, notamment le prix, la DLC et la composition.
Dans cette supérette, il y a des « constantes » côté rangement mais elles fluctuent selon les arrivages. Je suis obligée de tout observer de près, les invendus étant souvent de marques bio ou branchouille que je ne connais pas. Les étiquettes de prix et désignation des produits sont illisibles. Pour le vrac, je me fais servir ; impossible de faire autrement. Les employés sont globalement serviables et, comme je suis gentille, j’y vais en dehors des heures de pointe.
La seule chose qui me peine, c’est que je suis obligée de beaucoup me baisser (pas de pitié pour mes genoux de judoka !) et que le concept aux atours écolo et responsable où censément « tout le monde est gagnant même la planète » m’exclut. Mais pourquoi donc ? Parce que ces gentils commerçants n’ont pas compris que les déficients visuels (1,6 million de consommateurs) ont aussi droit de vouloir modifier leurs comportements de consommation… si on le leur permet (« permettre d’acheter » n’est-il pas au cœur du métier de commerçant ?)
Exemple : que puis-je savoir ce qui est là, en effet, devant les rayons sur la photo ? Je ne connais pas la marque, les paquets en kraft (doublé de plastique, forcément) se confondent avec des écritures tout en majuscules ou jaunes sur marron fort peu lisibles, les étiquettes du commerçant ne m’aident pas… et ses propres paquets de café (en bas à gauche) sont à l’avenant. J’ai regardé deux paquets de cette inconnue marchandise et ai passé mon chemin non sans avoir fait une photo pour ce billet, photo qui me permet, sur le grand écran de mon ordi, de savoir de quoi il s’agit.
250 g de raisins secs pour 2,99 €… Je profite du site pour regarder la composition du « mélange épicurien » à 16,95 € le kilo ; 46 % de raisins secs et les noix de cajou en premier fruit à coque… Le « mélange rando » à 5,50 € les 200 g avec en un des abricots secs, en second des canneberges resucrées et huilées au tournesol (?)… Je m’arrête là. Je comprends pourquoi la supérette me cache les prix et les compositions ; c’est indécent ! Cela ne règle évidemment pas la question de l’accessibilité globale du magasin qui pourrait pallier par un étiquetage adapté les difficultés d’identification des produits eux-mêmes (je suis sûre qu’il n’est pas besoin d’être bigleux pour cela), dont j’ai parlé quelques fois avec les employés, sans succès.
Et toujours cette question : comme se prétendre écolo quand on ne priorise pas l’inclusion ? Je l’ignore.

Indignés @16

Copie d'écran du site de la SNC illustrant mon propos sans informations supplémentaires que celles contenues dans le texte.Validisme à la SNCF – Épisode 2
Caddie trépigne depuis l’épisode 1 ; c’est un impatient, surtout quand des engins roulants ne sont pas à la hauteur de l’accessibilité. Ici, la SNCF. Je vous renvoie au premier épisode pour comprendre l’enjeu. Et, plutôt que vous raconter, voici mon échange avec le compte Twitter de SNCF-Connect à qui je signale des défauts majeurs d’accessibilité de sa « nouvelle appli »*. Un petit bijou !

SNCF-Connect
« Bonjour, je vous rassure, je remonte cette suggestion auprès de notre service dédié afin de nous améliorer. Je vous remercie de votre bienveillance. Bonne journée. »
Moi
« C’est très gentil de « faire remonter » mais en attendant, comment je fais pour prendre le train ? Je n’ai pas réussi à acheter un billet et j’ai dû demander de l’aide pour l’activer sur l’appli. #valisdisme »
SNCF-Connect
« Je suis désolée pour les difficultés rencontrées. Pouvez-vous me préciser si vous avez rencontré un message d’erreur lors de votre réservation s’il vous plaît ? A bientôt. »
Moi
« Non, pas de message d’erreur. Le défaut d’#accessibilité de votre appli a tout simplement fait que je n’ai pas trouvé comment réserver un billet. J’ai donc appelé une amie qui l’a fait pour moi = j’ai dû lui donner mes codes + ma CB J’ai de la chance, mes amis sont honnêtes. »
« Tant que je vous tiens, je n’ai jamais trouvé le formulaire pour modifier ma date de naissance mal saisie par vos agents sur ma carte Avantage. Une dame me l’a fait en gare, mon passeport à l’appui. Résultat : la mauvaise date est désormais sur mon compte. »
SNCF-Connect
« Afin de pouvoir modifier vos données personnelles de votre compte client, je vous invite à vous connecter sur le site mon identifiant sncf accessible en cliquant ici => http://alc.cx/5gdt2. Restant à votre écoute, bonne soirée. »
Moi
« Nous sommes d’accord, et c’est bien à partir de ce site qui n’est pas accessible mais que j’utilise quand même que je n’ai pas trouvé le fameux formulaire. Quand je vais sur mon compte, on me dit d’aller dans l’aide et dans le menu Besoin d’aide que je ne trouve pas. »
[Je joins les deux copies d’écran en illustration de ce billet.]
SNCF-Connect
« Oui je confirme qu’il s’agit bien de ce site. Une fois connecté, en haut de la page vous avez la rubrique « besoin d’aide ? / Nous contacter / Formulaire Mail. Vous pourrez préciser le sujet de votre demande : Gestion de mon compte client et le tour est joué. (1/2) »
« Vous êtes sur une version mobile ? depuis l’application ou une page internet ? A bientôt et bonne soirée. (2/2) »
Moi
« « Le tour est joué » ? Vous avez idée de ce que c’est qu’être déficient visuel ? Votre réponse est insultante et croyez bien que je vais trouver le formulaire pour le signaler à la SNCF. J’arrête là cette conversation (…). »

Je n’ai pas eu de réponse. En plus de ces deux billets, je vais me fendre d’un courrier postal à la SNCF. On verra bien si cela à une suite…

* Pour rappel, le RGAA rend obligatoire l’accessibilité des applis sous peine de sanction depuis le 1er juin 2022. c’est pour cela que vous voyez fleurir des « nouvelles applis »

Indigné @15

Copie d'écran du site de la SNC illustrant mon propos sans informations supplémentaires que celles contenues dans le texte.Validisme à la SNCF – Épisode 1
J’avais évoqué dans un billet du 19 octobre 2021 une réclamation en cours avec la SNCF suite à une expérience difficile au téléphone. Ce problème a été réglé et les 48 euros « offerts » pour l’achat d’une carte Avantage m’ont finalement été remboursés. J’ai reçu cette carte par la poste ; y figure ma date de naissance, 1/01/1971.
— Mais tu as rajeuni !
En effet Caddie, de plus de 8 ans. J’ai donc cherché à modifier en ligne. On m’indiquait de remplir le formulaire ad hoc… que je n’ai jamais trouvé. Je suis allée à la gare Montparnasse, ai fait la queue au guichet, pardon, à l’« espace de vente » qui ne comporte pas plus d’une dizaine de guichets et ai rencontré une agente qui m’a fort gentiment indiqué que ce n’était pas dans ses attributions.
Face à mon désarroi, elle s’est connectée via mon téléphone, a téléchargé avec difficulté mon passeport en justificatif (le wifi fonctionnait mal) et a fait la démarche en m’indiquant que c’était en effet compliqué de trouver. Je devais recevoir un mail de confirmation. Je n’ai rien reçu. J’ai lâché l’affaire jusqu’à fin décembre où j’ai eu besoin d’acheter un billet de train.
Sur mon compte client, j’ai alors remarqué que ma date de naissance n’avait pas été modifiée sur la carte… mais sur l’identité de mon compte.
— C’est donc officiel ? Tu rajeunis !
Il semble Caddie mais mes courbatures du matin n’en disent rien.
— Tu n’as qu’à prendre plus souvent le train, la grande vitesse, ça masse !
Tu crois ? En attendant, j’ai fouillé un peu mon compte et trouvé que ma réclamation de novembre avait été traitée ; mal donc. J’ai tenté de trouver comment faire la modif. Au bout d’une demi-heure, j’ai lâché l’affaire, espérant que ma carte d’invalidité amadouerait les contrôleurs (ce qui n’est jamais gagné).
Et voilà-t-y pas…
— Quel suspens !
Caddie ! Laisse-moi raconter. Voilà t’y pas que je tombe sur un microbillet Twitter qui se plaint de la nouvelle version de l’appli de la SNCF qui mènerait vers « Remises et réductions », une entreprise commerciale douteuse. J’avais utilisé cette appli la semaine précédente avec beaucoup de difficultés et Sarah, qui était avec moi, n’a pas fait mieux et s’est rabattue sur son ordi. J’ai donc écrit :

« Bonjour, et la mauvaise gestion des polices dynamiques par l’appli, le blanc sur noir non paramétrable, les formulaires de log microscopiques, la survivance de certaines pages à petites polices… c’est votre conception de l’#accessibilite #RGAA ? @GroupeSNCF = hors la loi ! »

— Et ils t’ont répondu quoi ?
Suspense, Caddie, suspense.