Archives par étiquette : Misère

Galère @18

Copie d'écran d'un mail. Liste de produits absent de ma commande, leur prix est barré et remplacé par 0Quand je me suis cassé la cheville, j’ai eu besoin de me faire livrer mes courses. J’avais opté pour Carrefour, je vous renvoie sur ce billet. À l’usage, c’est aussi pratique que compliqué.
* L’appli est totalement inutilisable pour moi ; le site n’est pas facile à utiliser ; il me faut un grand écran. Faire mes commandes me prend donc du temps, ce d’autant que je cherche les meilleurs prix, les promos, et que je mange plus de fruits et légumes que de produits transformés.
* Il faut jongler avec les produits indisponibles, qui sont légion. Et en fin de compte, il y a plein de choses que je ne trouve pas, ou qui n’existent pas à des prix acceptables (les fruits et légumes notamment).
* Je dois avoir un minimum de commande de 50 euros. Ce n’est rien, 50 euros ; pour moi, c’est beaucoup en une seule fois même avec les produits pour la maison, la toilette, un peu d’épicerie. Heureusement ma voisine consomme des sodas et de l’eau en plastique. Ça m’aide (qu’est-ce que ça coûte cher ces choses-là !)
* Quand je « gagne » un bon d’achat (c’est arrivé deux fois), c’est la croix et la bannière pour en récupérer le code (appel au service conso, multiplication des mails…) et pas simple à entrer sur le site.
* Une fois la commande passée et le créneau de livraison trouvé (pas si facile pour éviter de faire bosser des gars en dehors d’horaires civilisés, soit du lundi au vendredi de 8 heures à 18 heures dans la conception que j’en ai), les choses s’arrangent. La livraison est le plus souvent dans le créneau demandé, et en cas de souci (produits manquants, abîmés, moyennement frais, etc.) le remboursement, sur déclaration simple, est rapide.
J’en suis donc globalement satisfaite (j’aime bien les laitages Carrefour, très bons et pas chers… quand ils sont disponibles, bien sûr) ; mais les contraintes restent fortes ; surtout en cas de gros bogue, comme ce mardi 10 mai : un texto m’informe à 7 heures qu’une partie de ma livraison est indisponible : tout le frais, soit des laitages, des fruits et des légumes ; elle est annoncée en retard (alors que bien sûr, j’ai un rendez-vous ce jour-là).
J’ai donc appelé le service commercial et suis tombée sur un homme : charmant, gentil, clair dans ses explications (il est désolé pour le frais et si je ne suis pas là hors du créneau, ma commande me sera remboursée). Ses réponses ne m’arrangent pas ; mais que peut-il répondre d’autre ? Il n’est pas possible dans ce genre de cas de décaler la livraison pour avoir le frais et un créneau plus sûr. Dommage. Je lui en fais la suggestion. Il promet de transmettre.
Ceci étant, je remarque à l’usage que les femmes sont plus empathiques quand je fais état de problèmes d’accessibilité, de contraintes liées à ma déficience visuelle, d’embarras de ne pas disposer des produits commandés (de première nécessité, pour moi) et de devoir activer un plan B. J’y vois là l’expression de la vision genrée des tâches : elles savent en quoi faire ses commissions pèse sur le quotidien et les conséquences d’un défaut d’approvisionnement. Les hommes, eux, ils s’en tapent, leur femme s’en occupe.
Quant au handicap, il est évident que cela leur passe au-dessus de la tête ! Mes interlocutrices, quand je leur parle de ce que ça implique me posent des questions, font des suggestions parfois… Eux, que dalle. Ce n’est pas grand-chose l’empathie ; mais ça fait toujours plaisir quand on est en galère. Est-ce que ça s’apprend à l’école du service commercial ? En apparence, sans doute ; mais le « petit quelque chose » qui fait la différence n’y est pas.

Note. J’ai écrit ce billet alors que la commande n’était pas livrée. Elle l’a été avec 45 minutes de retard et les produits frais y étaient ! Je dois donc à Carrefour 12 euros (moins les bananes qui étaient abîmées). J’ai appelé. Le service compétent devrait m’envoyer un complément de facture. Suspens !

Incyclicité @41

Présentation d'un sas vélo avec ses deux lignes (une pour les véhicules motorisés, l'autre pour les vélos et autres engins à propulsion humaine)Je suis en vélo. M’arrêtant au feu rouge, je constate que la voiture à côté de moi est arrêtée sur le sas à vélo. C’est une voiture auto-école.
La jeune femme au volant, la stagiaire, est concentrée et attentive, l’air un peu triste et crispé. La femme sur le siège passager, la monitrice, est au téléphone, regardant par la fenêtre sans se préoccuper une seconde se son élève. À aucun moment, il est question de l’infraction qui est commise, et à laquelle il pourrait être mis fin en reculant puisqu’il n’y a personne derrière. En redémarrant, la monitrice ne fait même pas semblant de prêter attention à la jeune femme. Compassion.

Crédo @18

Bâche en plastique "40 jours pour revenir à Dieu" avec l'indication "Carême 2022" et les dates du Carême cette année.Le site de l’Église catholique en France indique que « Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. » A voir des bâches plastiques imprimées spécialement pour le « Carême 2022 », je me dis que la priorité du développement durable par l’utilisation, par exemple, de bâches non datées n’est pas inscrite à l’agenda catholique.
« Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu. » Ah ! s’il pouvait glisser un mot à ses ouailles sur les enjeux écologiques.

Pauvres enfants ! @39

Plusieurs nouveaux risques d’intoxication ont été soulevés récemment dans l’industrie agroalimentaire suite à des manquements aux conditions sanitaires de production. Les victimes sont essentiellement des enfants.
Des pizzas infectées par une bactérie ont été pointées. Quelle ne fut pas ma surprise à lire l’âge des enfants touchés. Par exemple, un enfant de 4 ans a été malade après avoir mangé de la pizza surgelée 4 fromages. Outre le scandale qu’une très grande marque qui ne vend pas au rabais puisse laisser sortir des produits ainsi suspects, je suis encore stupéfaite que l’on puisse donner de la pizza 4 fromages à un gamin. Cela n’a pas l’air d’être un problème dans les articles que j’ai lus. La malbouffe a donc de toutes les façons de beaux jours devant elle.

M’sieur, M’dame @19

L'image est le logo de la société immobilière Century 21.Le samedi 19 février, il m’est arrivé une mésaventure très désagréable dont je garde encore un goût amer, car il m’a choqué. J’ai écrit à la société dont se présentait l’homme qui en est à l’origine. Voici le message transmis via leur plateforme de contact le jour même :

« Bonjour,
« je vous écris pour ma plaindre d’un agent de Century 21, je ne sais pas de quelle agence. J’habite au […] Ce samedi 19, en milieu de matinée, j’étais rentrée avec mon chien et attendais l’ascenseur dans le hall, quand un homme visiblement pressé s’est arrêté sur le trottoir avec sa trottinette, puis m’a fait signe de lui ouvrir en pointant son blouson Century 21 dont il avait aussi la sacoche. J’ai pensé que c’était une personne pour distribuer des prospectus que nous avons encore trop souvent. Je ne lui ai pas ouvert, lui faisant signe et disant « Non, nous ne voulions pas de prospectus ». Montrant son agacement, il a laissé tomber lourdement sa trottinette contre la vitre de l’immeuble en sortant un classeur où il avait le code. Il a ouvert et m’a répété de façon agressive et très désagréable « Merci madame ». Je lui ai même dit que je me demandais pourquoi il avait le code. Il venait pour la vente d’un appartement. Puis l’ascenseur arrivant a continué à être agressif et désagréable, me disant ainsi « Prenez l’ascenseur, je le prends après », « Bonne journée » sur un ton des plus méprisants. Et il a continué à râler et à se répandre sur moi auprès du postier qui venait d’entrer.
« Je trouve scandaleux le comportement de cet agent. Depuis quand avoir un blouson Century 21 donne le droit d’entrer dans n’importe quel immeuble ? Depuis quand un agent immobilier considère qu’un habitant ne peut pas ne pas ouvrir la porte à quelqu’un qu’il ne connait pas ?
« Pouvez-vous faire le nécessaire pour que cet agent soit repris sur son comportement. Peut-être lui expliquer qu’un code est un système de sécurité et que le civisme n’inclut pas de laisser qui le demande rentrer dans un immeuble mais inclut de respecter les habitants d’un immeuble ? Peut-être lui expliquer qu’être agent immobilier, qu’avoir une trottinette et ne pas vouloir se donner la peine de sortir un classeur ne donnent aucun droit à reproche, agressivité, mépris ? Peut-être lui dire qu’il lui revient d’organiser son travail et ne pas faire subir aux autres ses problèmes de retard ou de flemme à faire correctement son travail en sortant un code d’immeuble ? Peut-être lui dire qu’une femme n’a pas à être invectivée par un homme quand elle protège l’accès à son immeuble ? Devrais-je laisser entrer quelqu’un pouvant faire des repères pour des cambriolages sous prétexte qu’il a un blouson Century 21 ? Lui rappeler que même la police doit être autorisée par la copropriété à entrer hors urgence dans des parties privatives…. ?
« Mon nom et mon numéro de téléphone n’importent pas. En revanche, je vous prie de me tenir informée des suites données à mon signalement de ce comportement inacceptable d’un agent de votre société, peu importe la notion de franchise, c’est votre logo qui est arboré et mis en avant comme passe-droit par cet homme.
« Merci,
« Cordialement »

L’insistance de cet homme à m’appeler « Madame » d’un ton appuyé m’a donné la très vive impression qu’il ne supportait pas cet affront de la part d’une femme et qu’il n’aurait pas eu le même comportement avec un homme.
Le lundi suivant, j’ai reçu un courriel :

« Chère Madame,
« Votre message, dans lequel vous décrivez le comportement d’un conseiller s’étant rendu en votre immeuble, est parvenu au service client de Century 21 France.
« Votre témoignage a retenu toute notre attention.
« Nous regrettons l’expérience que vous décrivez au contact d’un conseiller représentant la marque CENTURY 21.
« Nous attachons, en effet, une haute importance à chaque retour d’expérience et à l’image véhiculée par les membres de notre réseau.
« Plusieurs agences partenaires étant présentes sur le secteur que vous indiquez, nous ne pouvons identifier celle concernée par votre contact.
« Nous vous assurons, toutefois, de la considération portée à votre témoignage et vous remercions d’avoir contacté Century 21 France.
« Recevez, Chère Madame, nos cordiales salutations. »

J’étais un peu abasourdie : qu’avais-je à faire de la considération si la société ne pouvait pas tout simplement rechercher parmi les agences du secteur qui avait dans son portefeuille de vente un appartement à l’adresse indiquée (qui est une petite copropriété) ? Ne pouvait-elle pas s’engager à un rappel à l’ordre d’une civilité minimum et, peut-être, faire savoir à cet homme combien son comportement était inacceptable ? Non, le choix a été de laisser sans suite autre que ces quelques lignes un homme continuer à penser que sa toute-puissance est une évidence, surtout vis-à-vis d’une femme. Quel manque de courage et de considération justement ! Mais, comme l’indique mon interlocuteur, l’essentiel, c’est « l’image ». Elle est particulièrement minable et pathétique.

Solitude @7

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Il est de moins en moins probable que je mouille la chemise dans cette présidentielle, si tant est que je ne la mouille pas chaque jour dans un activisme permanent, que ce soit dans mon écriture, dans mes engagements, ou dans mes cours de judo. Mais la question qui se pose est ici : pour qui vais-je voter (sous-entendu « au premier tour ») ?
J’ai décidé il y a quelques semaines de me concentrer sur les programmes plutôt que sur les personnes tant mes griefs sont grands à l’égard des uns et des autres. Cela reste assez compliqué de faire le distinguo. Il y a des manières de dire, de faire, des parcours politiques qui peuvent me rendre l’un impossible, d’autres plus acceptables. En un mot, c’est compliqué.
J’ai publié ce microbillet Twitter :

« À 66 jours du 1er tour, mon idéal politique est à la croisée des programmes de @Anne_Hidalgo, @Fabien_Roussel & @yjadot. Si je me place du point de vue de l’#accessibilite, je vote blanc ; … de la fidélité, Anne Hidalgo ; … de la révolte, Fabien Roussel ; …. de… non, pas lui. »

Quelques jours plus tard, celui-là :

« Je lis beaucoup sur Twitter qu’il faut répondre à « l’urgence démocratique » sans qu’un mot ne soit dit sur l’#accessibilité aux programmes électoraux donc au débat démocratique ; 20 % des électeurs… Ça devrait faire bouger la suffisance #validiste, non ? »

Jamais je n’aurais imaginé que l’accessibilité pût guider mes choix politiques ; c’est sans doute grâce à la prise de conscience qu’étendue à la question plus large de l’inclusion, elle touche tant de personnes que les pauvres-petits-gn’handicapés que nous sommes forment aujourd’hui une avant-garde qui détient la clé du changement sociétal auquel nous sommes nombreux à aspirer.
Quid de la révolution écologique en laquelle j’avais beaucoup espéré après le renoncement de Lionel Jospin à un projet socialiste ? Quid ? en effet tant elle fait l’impasse sur ces questions ce qui ne devrait ontologiquement pas le cas. Autrement dit, que Anne Hidalgo ou Fabien Roussel confondent PMR, situation de handicap et personnes handicapées (je fais court) ne me surprend pas ; que les Verts fassent de même, c’est beaucoup moins acceptable ; leur programme est certes plus complet que les autres ; mais comme la question n’est pas considérée comme transversale et que le document n’est disponible qu’en pdf, cela dit tout de leur implication réelle (ce que leur pratique politique à Paris confirme). Quant à l’idée censément saugrenue de pouvoir voter pour le PCF… Vous voulez que je vous dise ?
Allez, en un mot : entre la GPA et le nucléaire, je choisis le nucléaire ! Et entre un « LGBTQIA » branchouille qui ne connaît pas les mots « lesbienne », « homosexuel », « homosexualité » et réduit les femmes à des poules pondeuses, je préfère un rien avec en mémoire les combats, en France, des communistes pour les libertés (et pour la culture aussi, grande oubliée de cette campagne).

Note. J’ajoute que je dois au PCF le « y » à mon prénom ; ce n’est pas rien !

À table ! @80

Une une de catalogue publictaire avec deux filet mignons trop cuit, le prix, et l'enseigne (Auchan)Je reçois, comme tout le monde, des dépliants publicitaires dans ma boîte aux lettres, essentiellement pour les supermarchés alentour. En général, je les feuillette, non avec l’idée de courir profiter des promotions mais parce que cela me donne des idées de cuisine. Je me concentre sur les produits ultratransformés que je vais pouvoir reproduire dans une version digeste ; tiens ! un risoto au poulet et cèpes ? Cela me rappelle que je dois faire un quinoto au chorizo et poivron ; et une mousse au chocolat me renvoie à une crème dessert peu sucrée où je renforcerai le chocolat d’une cuiller de café soluble.
Je me réfère là à un catalogue de début février dont la « une » m’a laissée pantoise ; filet mignon (trop cuit sur la photo) à 9,50 euros le kilo ! Je venais d’entendre une info sur la rémunération juste des agriculteurs, c’est mal barré ! Quant à modifier nos habitudes alimentaires et manger moins de protéines animales et produits ultratransformés… Sur soixante-quatorze produits d’alimentation présentés, je ne vois qu’un légume et deux fruits frais (avocat, mandarines et pommes), une compote de pomme (à 3,48 euros le kilo, quand même !), deux soupes en brique (sur une offre la troisième soi-disant gratuite), deux jus de fruits et un pot de miel.
Le reste est composé majoritairement de viande, de poisson, de fromages, de quelques laitages pleins de sucre (hormis un fromage blanc nature), de viennoiseries et biscuits, de plats à base de viande ou de fromage, d’eau en plastique et d’alcool, bien sûr. Je remarque au passage que cette enseigne était, il y a encore quelques années, une bonne adresse pour les fruits et légumes. Je n’y vais plus guère ; vous savez maintenant pourquoi.

Galère @15

Copie d'écran de l'appli de la banque poste, mode d'emploi. Je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dessus, je ne lis pas.LBP – Épisode 1
Depuis quelque temps, mon banquier affiche à chaque connexion sur mon compte en banque que je dois souscrire à « Certicode+ », un système de protection de mes transactions financières (paiement CB, virements, etc.) supérieur à celui déjà activé, « Certicode ». Jusqu’à présent, je recevais à chaque transaction (ou presque) un SMS avec un code unique ; le « + » consiste à utiliser l’appli téléphone ou tablette pour saisir un code unique sur un pavé numérique aléatoire (les chiffres changent de place à chaque connexion).
Mon petit doigt me disant que l’appli ne serait pas accessible (pavé aléatoire + taille de police), surtout sur le téléphone que je devais forcément privilégier (un seul appareil peut être associé et je ne me trimballe pas avec ma tablette), je résistais, agacée par ces avertissements sur mon compte et les quelques messages reçus. Et puis, est venu ce message…
Son titre : « Activez Certicode Plus pour accéder à vos comptes »
Je m’inquiète sitôt, le ton a changé ; il semble que si je ne le fais pas, je ne pourrai plus accéder à mon compte en ligne (ce pour quoi je paie cher pourtant) ni payer en ligne. Je lis avec attention le message.

« Pour plus de sécurité, la Directive européenne relative aux Services de Paiements (DSP2) impose une nouvelle étape d’authentification forte pour accéder à vos comptes et réaliser vos paiements en ligne.
« Cette authentification forte deviendra obligatoire dès 2022 et l’accès à votre Application mobile ou votre Espace Client Internet vous sera refusé si vous ne disposez pas d’une solution d’authentification forte.
« La Banque Postale met à votre disposition des solutions que vous devez activer au préalable pour continuer à accéder à vos services en ligne.
« N’attendez plus et équipez-vous gratuitement dès maintenant ! »

« Gratuitement » ? À ce stade de ma lecture, je comprends que la Banque postale va m’offrir de quoi faire une « authentification forte »… non, je ne crois pas au Père Noël et la suite ne me surprend pas.

« Vous avez un smartphone ou une tablette ?
« Téléchargez l’application mobile La Banque Postale puis Activez Certicode Plus. En savoir plus.
« Vous avez un téléphone mobile (hors smartphone) ?
« Rendez-vous en bureau de poste pour Enregistrez votre Numéro de téléphone sécurisé auprès de votre conseiller. En savoir plus.
« La Banque Postale vous remercie de votre confiance. »

Je comprends que si je n’ai pas de smartphone, cela fonctionnera quand même avec peut-être le système dont je dispose déjà. Mais quand je cherche des infos sur mon compte en ligne (elles ne sont pas en lien dans le message, ce serait trop simple), je ne trouve que des infos sur « Certicode+ »… Je demande à Isabelle qui m’indique le pratiquer sans souci. Cela m’inquiète toujours ; pure expression de ma résistance au changement ? J’invite toute personne qui souhaite avancer cet argument à s’adapter au quotidien à ce monde conçu par des valides pour des valides et on en reparle.
Oui, on en reparle ; ce billet est déjà long. Je passe en mode feuilleton…

Exposer @23

Une brochette de valide qui enttourrent deux fauteil roulants (vide)J’ai découvert sur Twitter l’information selon laquelle un musée de Colmar s’est vu offrir deux fauteuils roulants par le Rotary Club, « une aide précieuse destinée à faciliter les visites des personnes handicapées, visuelles ou physiques ». Pour la directrice de l’établissement « ce don permet de poursuivre les efforts entrepris par le musée pour l’accueil des personnes à mobilité réduite sans impacter le budget consacré à l’achat d’œuvres d’art ». Je suis tellement interloquée que j’ai du mal à argumenter. Je vais essayer au cas où le caractère indécent et tendancieux de l’affaire vous échappe.
En moins de 30 secondes, j’ai trouvé sur le Net un fauteuil à 135 euros, livraison gratuite. Ce n’est pas un modèle de compète mais comme il s’agit de véhiculer des personnes à l’intérieur d’un musée sur une courte durée, il est parfait. Les deux sur la photo de l’article des DNA d’ailleurs lui ressemblent. Cela fait donc 270 euros pour deux fauteuils. On remarque le montant exorbitant de la chose… dont l’achat pourrait grever l’achat d’œuvre d’art ?
Au-delà de l’absurdité flagrante de cet argument au vu du montant cité, je remarque que madame la directrice de musée considère qu’il y aurait une concurrence budgétaire entre l’achat d’œuvres et leur accessibilité. Mais ma p’tite dame, si vous achetez des œuvres pour les laisser dans leur caisse — car ça coûte la muséographie et l’entretien des œuvres afin d’y donner accès —, cela sert à quoi d’acheter des œuvres ? On le sent bien, c’est le fait que les visiteurs soient handicapés qui chiffonne cette dame ; car oui, exposer une œuvre pour un coût habituel d’exposition, c’est normal ; mais exposer une œuvre de manière à ce que les PMR y aient accès, alors là ! Il y en a 3500 exposées au musée Unterlinden ; le coût supplémentaire pour l’accueil des PMR avec l’achat de deux fauteuils est donc de 0,0771 euro ; la gabegie (même sans amortissement sur cinq ans) !
Ceci établi, je m’interroge également sur l’utilité de ces fauteuils pour faciliter la visite des déficients visuels. Je suis sûre que Sarah serait ravie de me coller dans un fauteuil quand nous allons au musée pour pouvoir jouer aux autotamponneuses et piquer des sprints sur les parquets ; mais je ne suis pas certaine que faire plaisir à Sarah soit la motivation première de la directrice de ce musée. Quelle est-elle alors ? Éviter qu’ils soient autonomes, les contraindre de regarder les œuvres assis alors qu’elles sont exposées pour être vues debout (bah oui, ma p’tite dame, 80 % des handicapés visuels voient quelque chose !), les empêcher de se déplacer comme bon leur semble ? Il est vrai qu’un handicapé en liberté, c’est terrible !
Je m’arrête là, je vais devenir vulgaire alors même que c’est votre validisme, madame la directrice, qui l’est : vulgaire donc indigne de votre mission de diffusion de l’art.

 

Aïe ! @40

L'image montre la confection des charcutiers dans l'église.En promenade dans le quartier des Halles en bonne compagnie, je rentre dans l’église Saint-Eustache. Dans une des niches proches de l’entrée, un étrange objet attire notre attention. Il s’agit d’un montage constitué de « pièces décoratives en pâte sèche et pastillage ». Au sommet se trouve un cochon, sur les plateaux inférieurs, on voit des tranches de pâté en croûte, des saucissons et autres charcuteries. Une indication évoque une messe des charcutiers. Une affichette précise qu’il s’agit d’une réalisation de l’école nationale supérieure de la charcuterie qui l’a offerte à la paroisse à l’occasion d’une messe.
Quel kitsch ! Et cette croix en fond. C’est sûr qu’il s’agit bien de cochons sacrifiés : ils ont donné leur vie pour les hommes, mais eux ne l’ont pas choisi par amour. Saint-Porcelet, martyr.