Archives par étiquette : Ma ville

Biodiversité @27

Un brocolisJ’ai passé les quinze premiers jours de ce nouveau confinement au bord de l’océan Atlantique dans une ville balnéaire relativement inaccessible en cette saison.
Près de là où je logeais, il y avait un petit marché ouvert toute l’année et tous les jours (sauf le lundi). J’ai pu y trouver quelques légumes bio mais pas exclusivement. Un peu plus loin, à une vingtaine de minutes en passant par la plage, il y avait un plus grand magasin bio. Côté fruits et légumes, pas trop d’écarts de prix par rapport aux pratiques parisiennes mais il n’en a pas été de même sur les autres produits qui indiquaient un prix bien plus élevé qu’à Paris. L’inverse est plus souvent vrai mais faut-il s’en réjouir ?

Biodiversité @26

Depuis le début de l’année, la Ville de Paris propose aux Parisiens d’être Volontaire de Paris dans la continuité des différentes missions de Volontaire qui ont trouvé tout leur sens pendant le premier confinement. J’étais déjà Volontaire du climat sans avoir l’impression de faire quelque chose. Là, des formations en ligne sont proposées et l’aspirant Volontaire doit en suivre plusieurs et mener des missions pour être reconnu tel.
J’ai, dans ce cadre, suivi une formation Ecorcair : il s’agit de collecter des écorces de platane au début du printemps pour qu’elles soient analysées et établir une carte de la pollution parisienne. Le détail est sur ce site.
Les débuts ont été difficiles, la Ville de Paris peinant à considérer que ses citoyens handicapés sont des citoyens : formation et documents non accessibles, manque d’information pour me permettre de participer. Les chercheurs (des chercheuses en l’espèce) de l’Institut physique du globe ne s’en sont pas effrayé à partir du moment où je leur ai indiqué ma présence, cherchant volontiers avec moi le moyen que je participe. Mon interlocutrice a accepté que je procède autrement qu’avec le formulaire papier et m’a fourni les outils pour que je repère les arbres (un lien direct sur l’open data plutôt qu’une carte de localisation des arbres).
J’ai sollicité une jeune amie, chercheuse également, et habituée des prélèvements, pour un première collecte afin d’être sûre de maîtriser l’exercice et de pouvoir le reproduire dans un endroit que je connais bien, l’avenue du général Leclerc. Je dois avouer que c’était compliqué ; j’ai fait un gros travail préparatoire pour localiser mes arbres cible, ai pris des photos pour aider la localisation et assurer que je ne m’étais pas trompée d’arbre, mesurer le tronc, trouver la localisation dans mon téléphone, prélever l’écorce dans les règles, dicter mes notes, les retranscrire, expliciter les photos… On sent bien que je m’ennuie un peu !
Au final, j’ai pu ramener dix-sept échantillons pour deux collectes, avec un échange surréaliste avec un SDF, un autre plus citoyen avec une vieille dame et un contact très agréable avec une chercheuse de l’IGP. Elle n’a pas eu l’air de considérer ma contribution comme dérisoire et m’a permis tout simplement d’assurer une part de l’action citoyenne, à ma mesure. Elle ne m’a jamais donné l’impression que je lui prenais indûment du temps. En résumé, elle m’a fait confiance, déficience visuelle comprise. Que du bonheur !
Merci.

Paris @66

Une corbeille de rue, grise sur pavé grisJe m’essaie de temps à autre à faire des propositions lors de consultations citoyennes en ligne organisées par la Ville de Paris. Je trouve le système un peu hermétique ; je ne sais jamais trop si ces propositions sont lues par les services concernés de la Ville, consultées par d’autres citoyens de Paris, utiles à quelque chose, en somme. J’en doute d’autant qu’il n’est pas si aisé d’avancer des arguments face à des administrations qui ont une maîtrise technique que je n’ai pas, et pas forcément envie (ou le temps) de prendre en compte des propositions qui ont l’air de rien mais qui demeurent essentielles.
Une consultation sur l’espace public et l’esthétique de Paris m’a donné envie de relancer le sujet « corbeille de rue » que j’avais évoqué en 2015 ; ma démarche auprès de l’élu en charge du handicap était restée lettre morte et c’est finalement par l’intermédiaire de Sylvie Lekin, élue de mon arrondissement, que j’avais eu un court échange avec le service concerné qui avait entendu le souci mais n’avait, à l’évidence, pas trouvé de solution.
Voici ma contribution de ce mois de mars 2021.

« Bonjour
« La tendance est au mobilier urbain qui se fond dans le décor. C’est peut-être très joli… je n’en sais rien ; je ne le vois pas. C’est dommage de ne pas voir une corbeille de rue, une fontaine, un banc, un Abribus ; surtout quand on a soif, que l’on est fatigué, que l’on a un papier à jeter ou un bus à prendre. Je suggère donc que le mobilier urbain soit visible par l’utilisation de couleurs contrastées par rapport à l’environnement où il se trouve. Les personnes déficientes visuelles et les Parisiens étourdis peuvent ici faire cause commune.
« Merci. »

Je ne suis pas très optimiste sur le devenir d’une telle proposition, surtout si c’est l’esthétique qui est l’argument tant celle-ci se base sur des canons qui n’interrogent pas le beau en termes d’accessibilité (de visibilité, mais aussi d’usage). J’ai d’ailleurs souvent remarqué que le beau est opposé à l’accessible, par exemple en matière d’objets numériques (site, application, etc.) Cela touche à un ressort fort de l’exclusion, celui qui tend à considérer que le beau n’a rien à faire de l’usage. Pour la Joconde, je ne dis pas ; mais pour une corbeille de rue…

Clavier @23

Infographie. Un litige avec un service de la Ville de Paris ? Contactez le médiateur.Depuis le deuxième confinement, les permanences que je tiens pour le médiateur de la Ville de Paris se font par téléphone. J’étais au départ dubitative ; même si le téléphone me met à égalité de mes interlocuteurs (ils n’ont pas plus accès à l’image que moi), je craignais que l’échange ne perde en humanité considérant que la représentante bénévole que je suis a vocation à entendre une personne et non simplement à enregistrer administrativement une demande. Se posait également la question des pièces justificatives, impossibles à transmettre par téléphone.
À l’usage, la forme de ces permanences se révèle pertinente ; l’échange ne souffre pas de la distance et une relation se noue, le plus souvent très agréablement. Je me demande même si le format téléphone ne présente pas certains avantages : je laisse dans un premier temps parler mes interlocutrices et interlocuteurs et ceux-ci, qui craignent peut-être de ne tout pouvoir dire, ont tendance à faire d’emblée un récit très complet de leur situation. En vis-à-vis, je devais poser plus de questions, reformuler, reconstruire l’histoire.
Il dure ainsi moins longtemps et les trois quarts d’heure alloués à chaque rendez-vous sont rarement atteints. Cela me permet de finaliser les notes que je prends à la volée et qui sont de meilleure qualité que celles que je prenais en « présentiel ». Cela tient au fait que je suis sur un clavier d’ordinateur plus confortable que celui de la tablette. Je suis sans doute aussi plus concentrée, ne voulant rien rater de ce qui m’est dit. Quant aux justificatifs, je remarque qu’ils ne sont pas si indispensables ; je ne les regardais que d’un œil avant de les scanner, considérant ma difficulté à lire les documents papier, et ne les étudiais que rentrée chez moi. Je remarque enfin que je n’en ai pas besoin pour croire les personnes que j’ai au téléphone : je suis là pour porter leur vérité ; les services du médiateur sont là pour séparer le bon grain de l’ivraie. À chacun sa part.
Ces permanences par téléphone, depuis chez moi, cumulent des avantages sans nuire à la qualité de la « relation usager », comme on dit. Elles sont donc plus confortables côté utilisation de l’outil informatique et accès Internet ; mais aussi parce que je peux me faire chauffer un thé, marcher un peu casque sur les oreilles, faire pipi aisément entre deux rendez-vous… et ne pas porter de masque. Ne pas porter de masque ? Oui, chez moi, il n’y en a pas besoin mais je dois bien avouer qu’au moment où je m’installe devant mon ordinateur, à chaque premier rendez-vous de la matinée, et que je vérifie si j’ai tout ce dont j’ai besoin, je me lève chaque fois en mettre un… et me rassois ; ravie.

Pauvres chéris @15

L’été indien de ce mois de février et le ras-le-bol du masque en extérieur m’ont portée à retourner faire du sport au square. J’ai pu ainsi savourer la caresse du soleil et la douceur de l’air sur la peau de mes joues ; un tel bonheur que je me suis retenue de ne pas finir en maillot de bain ! Blague à part, il a bien fallu un nouveau malotru pour venir gâcher mon plaisir et nourrir ma réflexion sur les effets délétères de la testostérone sur le genre humain.
Après une bonne demi-heure sur les différents appareils de muscu, je suis allée dans mon coin préféré, l’aire de jeux où trône une pyramide en corde parfaite pour accrocher ceinture de judo et élastique et simuler des uchi komi. Je n’y étais pas depuis plus de dix morote qu’un gars que j’avais repéré courir en boucle dans le square W se radine. Il me tourne un peu autour puis s’installe de manière à être dans mon axe de vision (le pauvre, s’il savait !), lance la musique sur son téléphone portable et entame une série de pompes verticales.
L’exercice est difficile ; il en fait cinq, s’arrête, se trémousse un peu sur la musique, et recommence. D’emblée, on s’en doute, sa musique a eu le don de m’exaspérer, une espèce de daube très rythmée. Le vent m’a aidée à ne pas trop l’entendre. Merci. En rentrant, j’ai demandé à Johnny pourquoi les gars qui ont un quart de biscotos à exhiber mettent de la musique dont le son est d’autant plus pourri qu’il est émis par des appareils qui ne sont pas faits pour les concerts en extérieur. Est-ce pour attirer l’attention ?
Johnny rigole : sans doute que oui. En tout cas, les corneilles étaient bien d’accord avec moi que sa musique avait aussi peu d’intérêt que sa paonaison (sic) ; elles se sont mêlées au vent pour faire taire les BPM. Les bienheureuses ! Et, si une autre hypothèse est que cela les encourage à pomper en rythme, force est de constater qu’ils n’ont pas grand-chose à mettre dans le piston !

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

Agit-prop’ @32

Début novembre, j’ai lancé ma première pétition en ligne. J’en suis surprise moi-même ; j’en signe beaucoup, le droit de pétition me semblant une liberté fondamentale mais c’était la première fois que j’en lançais une moi-même. J’étais convaincue, forcément, que ça allait faire un tabac, ce d’autant que je l’avais partagée sur Facebook et Twitter. Eh bien, comment dire…
— T’as fait un bide !
C’est ça Caddie, pire même, un bide total ! J’avais pourtant mis une belle image, un texte soigné, revendicatif mais pas agressif, mais seules sept personnes l’ont signé avec moi.
— T’as vu que j’ai signé, moi !
Oui. Caddie, merci.
— Remarque, c’était compliqué ! Frédo a dû s’y reprendre à trois fois…
Tu crois que c’est pour ça qu’il y a eu si peu de signataires ?
— Forcément, oui !

Route @18

Le lendemain de l’épisode dit « de la banane » (retrouvez ledit billet en cliquant sur ce lien), je repars à l’assaut de La Défense sans encombre cette fois-ci.
Arrive le moment du retour. S’il a plu dans l’après-midi, le ciel semble plus clément pour reprendre la route. Le début du trajet est toujours agréable : ce qui était à l’aller une côte un peu pénible à monter en fin de parcours devient une descente bienvenue au retour.
La piste cyclable est protégée mais je reste prudent tout de même car il y a deux croisements avec les véhicules motorisés et les conducteurs de voitures ayant tendance à penser qu’ils sont non seulement les seuls usagers de la route mais aussi qu’ils ont toujours tous les droits et toutes les priorités, c’est potentiellement dangereux. Le premier de ces croisements est la sortie de la station-service où j’avais trouvé la veille la fameuse clé à molette. Je ralentis donc à son approche et j’aperçois un véhicule qui s’avance de la sortie. Il marque l’arrêt au « Stop » juste devant la piste donc je continue. Mais au moment où je passe, il avance brusquement et vient heurter mon vélo sur la roue avant. Je ne peux alors rien faire d’autre que d’essayer d’accompagner la chute. Je viens heurter le capot du véhicule, tombe puis glisse sur la route. Le feu en face est rouge donc, ouf, aucun véhicule ne vient vers moi. Avant de comprendre ce qu’il s’est passé, je me relève, récupère mon, vélo et me mets sur le trottoir. Le chauffeur de taxi (oui, c’était un taxi) sort de son véhicule et une personne qui était à la station vient vers moi. Tous deux me demandent si tout va bien, si ma tête a heurté le véhicule, si j’ai mal ailleurs. Ma tête n’a rien heurté, j’ai un peu mal à la jambe, pas celle que le véhicule a touché mais l’autre, celle qui a d’un côté heurté la route et, de l’autre, reçu le vélo. Rien de grave apparemment mais je suis un peu sonné, un peu groggy. J’engueule le chauffeur et là, j’ai droit à une série d’explications de sa part qui, si je l’avais eue avec moi, aurait donnée à la clé à molette une utilité toute pratique. Attention, c’est un festival :
– « Je savais ce matin que je n’aurais pas du prendre la route car je ne le sentais pas. »
– « D’ailleurs, je voulais rentrer chez moi car rien ne va depuis tout à l’heure. »
– « J’étais justement en train d’en parler au téléphone avec un ami lorsque je vous ai heurté. » (je n’en croyais pas mes oreilles alors je lui ai fait répéter plusieurs fois et à plusieurs moment !)
– « J’ai appris aujourd’hui un décès dans ma famille. »
Je lui ai demandé en quoi ça l’autorisait à venir me couper la route et à être un danger public… J’attends toujours la réponse.
Au final, plus de peur que de mal (quelques beaux hématomes). Le chauffard de taxi a payé la réparation du vélo (la roue avant était morte) et m’a ramené chez moi dans son taxi. Pour la petite histoire, on a mis bien plus de temps dans son véhicule que je n’en mets à vélo pour faire le même trajet. Pour la grande histoire, la prochaine fois (j’espère qu’il n’y en aura pas), j’appelle les flics.

Paris @65

Mon bailleur, celui-là même qui met plusieurs années à changer nos fenêtres, passe des marchés avec des chauffagistes indélicats, communique de manière illisible, et autres (la liste est longue), adore les « concertations locatives ». Il s’agit, lors d’une opération de travaux par exemple, de demander leur avis aux locataires ; préfèrent-ils les fenêtres avec empiècement ou les autres ? Celles avec empiècement ? Très bien ; l’architecte préfère les autres. Donc, les autres.
En dépit de ce genre d’aventures, je me plie volontiers à ce type de concertation ; c’est surtout l’occasion de nouer des liens avec les gestionnaires de nos logements et de ces travaux, liens qui sont utiles en des circonstances plus concrètes. J’ai ainsi participé il y a quelques mois à une concertation locative sur un projet de réhabilitation de nos halls (ils en ont bien besoin). Ce projet est co-financé par la Ville. La concertation fait partie des conditions de cette aide.
Cette rencontre a duré plus de deux heures : les deux gardiens étaient présents, notre gérante, son supérieur, la personne en charge de mener ces travaux, la présidente de l’amicale de locataires et moi. Au fil de notre visite des cinq halls concernés, nous avons croisé des locataires, en avons appelé d’autres sur des points très spécifiques (comme l’accessibilité). Les gardiens ont partagé leur expertise, la gérante itou. J’ai aussi gentiment séquestré la responsable des travaux dix minutes dans nos escaliers pour qu’elle convienne qu’ils ne pouvaient être exclus du chantier (l’odeur est redoutable !)
Cette dame a tout noté avec patience et intérêt. Elle m’a recontactée il y a quelques semaines pour un nouveau tour des halls. Au départ, il s’agissait de formaliser une procédure de concertation plus large, procédure contrainte par le covid. Cela s’est transformé en nouvelle visite des cinq halls avec les mêmes personnes, plus l’agence en charge de coordonner les travaux. Pour quoi faire ?
— Ils veulent prendre le pouls des locataires…
— Une mesure sanitaire, en somme.
Elle a ri (merci madame !) et a fini par convenir que cela faisait beaucoup de temps de travail (donc d’argent) pour dire des choses déjà dites. Je lui ai précisé que j’avais une confiance absolue en son expertise, sa capacité d’avoir fait le compte rendu le plus juste, et l’ai renvoyée au professionnalisme des gardiens (surtout le mien) et de la gérance si des détails manquaient. Je lui ai proposé de réinvestir l’argent économisé sur cette concertation inutile dans le renouvellement de nos baignoires…
Cette réunion a quand même eu lieu, sans moi. J’ai croisé cette joyeuse bande dans mon hall ; ils étaient neuf ; je sais que cela a duré encore deux heures, plus le temps de transport, plus… Quelle dépense superflue ! Je me suis promis de raconter cette histoire à la maire de notre arrondissement, le bailleur arguant du partenariat avec la mairie pour multiplier ces « concertations » sans objet. Je n’en ai pas eu l’opportunité ; je lui enverrai ce billet.

Extravagance parisienne @61

Grâce à Helgant, on se promène dans le quartier. Et j’en découvre quelques endroits et quelques bizarreries. Ainsi, au coin de la rue, ce magnifique passage temporaire non effacé devant lequel des barrières ont été installées.
Caddie a adoré la photo. Il dit que c’est un passage protégé… des piétons. Il l’a immédiatement dédicacé à sa ménagère, avec une pensée particulière pour des super potes qu’il a décidé d’appeler anonymement CD. Si on a des private joke sur ce blog maintenant, où allons-nous !