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Brosse @48

Je suis à genou derrière mon partnaire de judo assi et fais un étranglement, okuri-eri-jimeJe reviens sur mon billet où je faisais le récit de mon arrivée à un cours de judo avec un agent d’accueil (de la Ville de Paris) qui pensait que les blondes ne pouvaient pas être professeures de judo. Cette histoire a une suite.
Quand nous sommes repartis à la fin du cours, j’ai rendu les clés des vestiaires et l’agent d’accueil, gentil, me remercie.
— Merci mademoiselle !
— Non, madame.
— Ah ! Excusez-moi [sur un ton genre « Je ne veux pas avoir de soucis avec votre mari. »]
— Non, c’est une dénomination sexiste.
— Je voulais être aimable…
— Eh bien, vous ne l’êtes pas ! Bonne soirée !
Je n’ai pas entendu ce qu’il a dit après, je lui avais déjà tourné le dos pour filer. Le judoka qui est sorti après moi m’a dit qu’il râlait contre ces femmes qui ne savent plus apprécier les compliments.
Je n’ai pas besoin d’expliquer sur ce blogue en quoi ces propos sont sexistes. Ce qui m’embête le plus, c’est que cet homme n’a sans doute pas compris ma réponse et en a certainement été blessé. J’aurais pu prendre le temps de lui expliquer… N’est-ce pas plutôt à la Ville de Paris de le faire ? Elle le fait, je le sais mais il y aura toujours des couillons qui échapperont aux formations et autres actions de sensibilisation. Je n’ai plus qu’à espérer qu’il racontera l’incident à des collègues qui sauront lui expliquer.
Hadaka jime ?
Jamais hors du tatami Caddie, jamais.

Note. Sur la photo (2017), Okuri-eri-jime.

 

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

Objectivement @55

J’ai déjà parlé des spams dans les boites mails (le lien vers le billet) comme une source fiable de sujet de billet mais je n’ai pas encore, et c’est une grande erreur de ma part, évoqué les affiches dans les entrées d’immeubles. Il est grand temps d’y remédier.
Pour rappel, mon immeuble est en plein ravalement de façade avec renouvellement des fenêtres, volets et réparation des balcons. Régulièrement, l’entreprise en charge de la coordination nous tient informés par voie d’un affichage un peu sauvage juste à côté de l’ascenseur. Moi par exemple qui ne prends jamais l’ascenseur chez moi, j’ai déjà loupé la moitié des communications avant de comprendre qu’il y avait des choses à lire à cet emplacement.
Bref, régulièrement, des habitants de l’immeuble viennent apporter leur avis, remarques et conseils parce que, vous comprenez, ça manquerait sans. Je passe rapidement sur celles ou ceux qui corrigent les fautes d’orthographe en entourant de trois ou quatre cercles ladite faute d’autant que personne n’a rien écrit dans l’exemple qui nous concerne.
Première information donc : elle est émise par le canal officiel et elle nous rappelle de bien débarrasser nos balcons pour la réalisation des travaux. Ce week-end, une personne habitant l’immeuble a ajouté un commentaire : « Pendant vos travaux, merci de porter vos masques. » « Masques » est souligné trois fois pour qu’ils entendent bien j’imagine.
Ce matin, nouveau commentaire d’une autre écriture et en deux temps : premier temps, « Le virus ne saute pas par les balcons de toute façon… » et comme si ça ne suffisait pas, la personne a complété : « … et de toute façon, il (le masque) ne protège pas du virus. Renseignez-vous. » Diantre !
Dans cette dernière sentence, le « renseignez-vous » est souligné deux fois mais les traits étant très rapprochés, cela forme presque un seul trait épais. Du coup, la seule question qui vaille dans ce long exposé, est : à l’écrit, se fait-on plus entendre si on souligne par trois traits bien distincts ou par deux traits presque collés ? Là est la question.

Extravagance parisienne @63

Depuis cet été, je m’emploie à maîtriser les fonctions vocales de Petit 7 et utilise beaucoup le casque que j’ai eu tant de mal à trouver. Je dicte ainsi de plus en plus mes messages texte, notamment quand je suis dans la rue.
Une pression longue sur le bouton principal du casque.
— Dis Siri ; peux-tu envoyer un message à Petit Mouton, s’il te plaît ?
— Que souhaitez-vous dire ?
— Coucou [virgule] je suis avec Caddie [point] On va chez Tang [point] Il fait un froid de canard [point d’exclamation] Veux-tu des citrons s’ils sont pas chers [point d’interrogation]
Vous l’aurez compris, je dicte la ponctuation au même titre que le texte. Cela fonctionne très bien, mieux souvent que le texte lui-même mais interpréter Siri est toujours amusant.
Avant-hier, j’avais un rendez-vous téléphonique avec une personne qui souhaitait avoir recours au médiateur. J’appelle en numéro masqué. Beaucoup de personnes rechignent à répondre. Je laisse donc un message vocal, indiquant que je rappelle dans cinq minutes…
— Bonjour madame Martin [virgule] je suis la représentante du médiateur [point] Vous avez pris rendez-vous avec moi ce matin [point] Je vous…
Et là, j’ai bafouillé, me rendant compte que j’étais sur un répondeur vocal et non en train de dicter un message texte à Siri. J’ai eu du mal à garder mon sérieux sur la fin du message. J’ai rappelé. La dame m’a répondu sans remarque particulière. Ouf !

Dixit @15

Fin août, je me suis rendu nuitamment aux Invalides pour un spectacle en son et en lumière sur l’histoire du lieu au travers les âges.
Je n’insiste pas sur la beauté formelle de ce spectacle, elle était indéniable. Le fond du propos m’a semblé lui plus problématique, c’est le moins que l’on puisse dire.
Déjà, rapprocher graphiquement sur une même façade la fleur de lys de la monarchie (Louis XIV ayant fait bâtir les premiers bâtiments), l’aigle impérial de Napoléon et la croix de Lorraine de de Gaulle était audacieux quoi que l’on pense des uns et des autres mais entendre des propos comme : « Lorsque l’on entre en ces lieux (comprendre « pour visiter le tombeau de Napoléon »), on oublie toutes les controverses pour entrer dans une méditation profonde… », c’est un peu fort de café comme auraient pu dire les esclavagistes !

Gamine @30

Il n’est pas un scoop que la presse peine à reconnaître les féminicides comme des crimes à part entière. La page Facebook « Féminicides par compagnons ou ex » vous en donnera de nombreux exemples. J’en suis souvent choquée, sans m’en indigner publiquement. L’un de ces titres pourtant m’a sidérée le 17 juillet dernier, ce d’autant qu’il émane de France bleu, le service public, donc. Je lis « Une femme meurt après des coups de feu dans la caserne de gendarmerie de Bailleul » N’y aurait-il donc aucun rapport ou un rapport indéterminé entre ces tirs et la mort de cette femme ? C’est tout de même bien étrange…
Elle a pu avoir peur, faire une crise cardiaque, qui sait être l’auteure de ces tirs ! Que sais-je… ? Je lis l’article. Il est question de coups de feu d’un gendarme, le concubin de cette femme, qui aurait ensuite « retourné l’arme contre lui ». Pour lui, on comprend donc bien que son tir le visait ; mais elle ? Le court article, en trois paragraphes, répète toujours la même chose : des coups de feu « ont été tirés » ; et cette femme est morte.
À aucun moment il n’est indiqué qu’elle était la cible de ces coups de feu, et qu’elle est donc la victime directe. « C’est évident ! » me direz-vous ; eh bien, je ne trouve pas ; je trouve même assez invraisemblable qu’une journaliste soit capable de dissocier ainsi les tirs de la personne qu’ils visaient, même si les faits ne sont pas encore bien établis. Ne peut-elle se résoudre à ce qu’un gendarme tue délibérément sa femme ? Elle se résout bien à ce que le gendarme se suicide…
C’est vrai qu’un gendarme, ça fait désordre… Le lendemain, c’était un pompier. Ces deux femmes sont respectivement les cinquante-deuxième et cinquante-troisième victimes de féminicide depuis le 1er janvier. Ne les oublions pas.

Soldes @15

Cette semaine, je suis passé à la pharmacie.
C’est une pharmacienne récemment arrivée dans l’officine qui me sert. J’ai déjà eu affaire à elle une fois, pas suffisamment évidemment pour qu’elle se souvienne de moi à la différence de la pharmacienne qui s’occupe de mon cas habituellement (ici).
Après m’avoir remis ce que je venais chercher, elle me demande si j’ai besoin d’autre chose. A tout hasard, je lui demande si elle a du gel hydroalcoolique. Silence de quelques secondes et elle finit par répondre que non. Le délai de réponse m’a paru étrange parce qu’il était facile de me dire : « Non monsieur, nous n’en avons pas ».
Elle ajoute sans expression : « L’État nous a tout volé. » Je la regarde d’un œil interrogateur et elle me redit la même chose. Je lui demande donc pourquoi l’État lui aurait « volé » les gels hydroalcooliques et elle me précise que c’est pour les donner aux hôpitaux. Je la reprends donc : « Ah vous voulez dire que l’État a réquisitionné votre gel hydroalcoolique pour le donner aux hôpitaux. Très bien. » Elle a eu l’air surprise de ma réaction.
C’est vrai que si maintenant les pouvoirs publics priment sur les forces marchandes, alors où va le monde !

Entendu @33

A l’occasion d’un sujet sur les déserts médicaux en France, différentes propositions de solutions sont énumérées. La première d’entre elles est l’instauration d’une obligation pour les médecins de s’installer dans les déserts médicaux pour une durée déterminée. En commentaire de cette proposition, la journaliste précise : « Les principaux concernés sont opposés à cette mesure ». J’attends une fraction de seconde les arguments de ces « principaux concernés » ne comprenant pas très bien pourquoi ils seraient opposés à cette mesure mais je comprends que par « principaux concernés » la journaliste entend « les médecins ».
Désolé mais de mon point de vue et en matière de santé publique, les premiers concernés sont les populations de ces déserts médicaux, pas les médecins.
Bises à Hippocrate.

Aïe ! @31

Mi-novembre, j’ai reçu un mail de la Caisse d’allocations familiales m’indiquant que mes droits avaient changé. Je devais aller voir sur le site de quoi il s’agissait. Ce genre de mail est toujours inquiétant ; la Caf n’a pas son pareil pour réévaluer une situation (souvent à la baisse) avec application immédiate sans que l’allocataire que je suis ne sache trop pourquoi. Même après trente-six ans de relations intensives avec cet organisme, je ne m’habitue pas, ce d’autant moins que ma situation économique en dépend.
Comme de bien entendu, je reçois toujours ce genre de mail quand je ne suis pas chez moi quelques jours, et n’ai pas mes codes d’accès. Là, j’étais en exil chez Isabelle pour cause de travaux. J’ai donc dû attendre quarante-huit heures pour savoir à quelle sauce j’allais cette fois être mangée.

« Mon dernier paiement
« le 25/11/2019
« 1 €
« > Voir le détail
« Paiement à un tiers »

Au vu de la date de paiement, je comprends sitôt qu’il s’agit de l’APL, ce que la mention « paiement à un tiers » (mon bailleur) confirme. Mon sang ne fait qu’un tour. 1 euro ? Ce n’est pas lourd, à peine 0,0036 % de ce que je touche d’ordinaire. J’ai encore la ressource de cliquer sur « Voir le détail » et là, je lis que ce 1 euro est le « montant versé pour le mois d’Octobre (sic) 2019 », ni plus ni moins. C’est plus pire que les 5 euros retirés par le gouvernement l’année dernière.
Je reste calme tout en sentant la sueur monter et m’en vais télécharger mon attestation de droits, ne serait-ce que pour vérifier que mon AAH n’est pas touchée par cette casse sociale. Et là, miracle !
Le 1 euro correspond à la première ligne qui ici précise « rappel sur la période… » « Rappel », le mot magique ! Ne pouvait-il pas apparaître sur le site, à l’endroit de la notification ? Cela m’aurait épargné un coup de sang et une petite suée.
Quant aux personnes qui, tout en ayant un accès Internet, ne sont pas familières de la navigation sur ces sites administratifs et des différentes façons dont les informations sont disponibles… les personnes ? Pardon, les « allocataires » ; c’est déjà moins respectable que des personnes ces gens-là, des profiteurs qui ne travaillent pas, des fraudeurs en puissance, des pauvres qui préfèrent se gratter les punaises de lit plutôt que de servir l’intérêt général, des… 1 euro. Ça suffit bien.