Archives par étiquette : Intégrité

Aïe ! @35

Le magnifique chien Helgant se frotte le dos dans l'herbe.Grâce à notre voiture, même avec la limite de 10 km, Helgant et moi pouvons aller marcher dans un parc, à défaut de forêt, plus lointaine. Ce dimanche de Pâques, j’y étais avec une amie. Je lui explique que je vais mettre la longe à Helgant. On peut la lâcher par terre et si besoin marcher dessus pour l’arrêter. Je le fais en forêt, car cela permet de lui laisser de la marge sans le laisser libre. Je crains qu’il n’ait peur et ne coure trop loin.
Bref, au moment où je mets la longe, passe un lapin. Helgant file avant que je n’ai pu faire quoique ce soit. Il n’a pas chopé le lapin qui n’était pas un lapereau de trois jours donc a vu arriver le chien pas bien habitué à courir.
Je rappelle Helgant. Il revient, mais repart avant que je n’aie pu l’arrêter voir un autre chien. Heureusement, ce n’était que pour le saluer gentiment. J’ai donc pris la poignée de la longe, l’autre solution pour arrêter toute fuite en avant. Celle qui a été mise en œuvre quand il a vu d’autres lapins.
Merci Helgant pour ma crédibilité ! Les Mouton en rigolent encore.

Chouette ! @43

Cela fait plusieurs années que je fréquente le moins possible Facebook et sa messagerie Messenger. Tous les deux ou trois mois, je me rappelle que ce réseau social existe et je vais voir s’il s’y passe des choses intéressantes (rien à signaler depuis des mois) ou si j’ai reçu un message. Bien m’en a pris ce samedi car quatre messages m’annonçaient le meilleur pour ce week-end dans une gradation de promesses inattendues.
Le premier message était d’une certaine Rina Adalgisa. Juste un lien vers une page Facebook que je ne suis pas allé visiter et une photo de profil sans ambiguïté à base de bikini et de piscine bleue. Simple et efficace.
Le deuxième message était lui envoyé par Ebony Arellano. Le mystère est total car pas de photo de profil. La déclaration laconique et directe constituant l’unique message en est d’autant plus percutante : « Je veux sortir avec toi. Contactez-moi ici. », émoji téléphone, émoji doigt qui pointe vers un lien Facebook.
Le troisième message a franchi un nouveau cap. Toujours pas de photo de profil mais le style direct de Bruce Douglas y était tout à fait adapté au propos : « Site de rencontre, salope coquine. », émoji bikini, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
La quatrième message envoyé par Jeremy Tapia cachait bien son jeu puisque sans photo de profil mais avec un message à la syntaxe non équivoque : « Je suis excitée et j’ai besoin de toi. Tu veux me baiser ? Chambre privée. Cliquez ici. », émoji bikini, émoji aubergine, émoji interdit aux moins de 18 ans, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
J’avoue avoir attendu avec un brin de curiosité un cinquième message qui n’est jamais arrivé. Quelle déception. Emoji qui pleure d’un oeil mais le sourire en coin.

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Va chez l’gynéco @45

Plaque indiquant le nom du service.Lors de ma dernière consultation en gynécologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, je me suis présentée à l’accueil, comme d’habitude. Après le cafouillage d’usage (« Vous pouvez remplir le papier. »-« Non. »-« Pourquoi ? »-« Ma canne blanche indique que je suis déficiente visuelle »« Ah ! oui pardon… mais vous pouvez lire le panneau ? »-« Toujours pas. »…), mon interlocutrice s’est révélée particulièrement dévouée. Elle a commencé les formalités administratives pour moi et a découvert que l’endroit habituel n’était pas le bon.
J’avais remarqué sur ma convocation la mention « cs handi », que j’ai traduite, sans comprendre, en « consultation handicapé » et cela se passait au 1er étage. Nous prenons l’ascenseur ; une dame peu charmante nous envoie « au fond à gauche », puis une autre « tout au fond » où il y avait deux portes, fermées. Mon accompagnatrice toque, timide mais volontaire ; pas de réponse. Elle retourne voir les infirmières, revient, toque encore… une dame sort du bureau. Elle lui indique que je viens consulter la docteure Xxx en tendant ma convocation. La dame alors me pose la main sur l’épaule et me parle (c’est déjà beaucoup, j’en conviens) comme si j’avais 5 ans avec une pathologie réduisant mes facultés cognitives.
Elle indique à l’accompagnatrice de m’installer dans la salle d’attente, « là » ; ce que elle. Je la remercie chaleureusement et elle s’en va. Je suis assise dans la salle d’attente du service « Explorations gynécologiques. Explorations thyroïdiennes et endocrines. » J’attends, dubitative. Ma médecin vient me chercher et me précède jusqu’à son nouveau cabinet de consultation, aménagé avec un lit d’hôpital, un siège de consultation gynéco plus bas que la moyenne (pas besoin de marche pour y grimper) ; il n’y a pas de bureau entre elle et moi, ce qui me permet de me mettre dos à la fenêtre et de ne pas l’avoir à contre-jour ; cela n’a l’air de rien mais ne pas être ébloui quand on parle avec quelqu’un, c’est vraiment confort.
Je l’interroge ; où suis-je ? Dans le service « Accueil spécifique pour les personnes présentant un handicap » de la Pitié-Salpêtrière, une consultation dédiée pour les personnes handicapées. C’est incroyable, non ? Autant que le parcours du combattant pour arriver jusque là mais ma médecin l’a promis, le fléchage ad hoc est en cours. Ouf !

Gamine @31

J’ai découvert sur un réseau social local un nouveau « service » de restauration à domicile. Le concept est simple : une personne fait à manger chez elle, vous avez faim, vous commandez sur l’appli et vous venez chercher votre plat. N’est-ce pas une bonne idée ? Quand je dois faire deux litres de soupe parce qu’il y a urgence à cuire des invendus et que mon congélateur est plein, ce serait pratique, non ? Et elle est si bonne ma soupe !
— Vrai de vrai !
Merci Caddie. Mais tu sais, parfois, les idées simples sont particulièrement délétères. Pour celle-ci, j’y vois d’emblée de nombreux biais.
* Une communication sexiste et âgiste. Bah oui, c’est une femme qui fait à manger, on la nomme « mamy » alors même que dans la vidéo elle est plus quadragénaire (c’est quand même plus sexy !), il s’agit de valoriser vos talents de « cuisinière » (et non de cuisinier) et la personne qui vient chercher à manger est un homme, bien sûr. Regardez au passage les quatre « mamy » proposés : deux hommes, deux femmes ; la parité ? De façade, car quoi qu’on en dise, qui n’aurait pas choisi spontanément « mamy Juliette », pardon, son bœuf bourguignon ?
* Une « rémunération » sous forme de « récompense ». Voilà la version moderne de Elle est bonne ta poule, ma poule ; une bonne claque sur les fesses et un pincer (une pincée ?) de nichon et « mamy Juliette » est contente d’avoir régalé Édouard. Une petite pipe pour le dessert ? C’est une autre qui s’en charge au vu de la promiscuité de la femme qui apparaît déjeuner avec Édouard, qui garde sa posture dominante devant l’ordinateur… J’exagère, bien sûr, mais comme il n’est nulle part fait mention de la forme fiscale de cette « rémunération » et que le verbe « récompenser » n’est pas neutre, on peut imaginer que les pires systèmes d’exploitation sont au menu.
Voilà exactement le genre de concept que les confinements et autres couvre-feux sont en train de produire, un mélange de high-tech, de retour aux sources et de déréglementation tous azimuts sous couvert de nécessité économique. On est mal barrés, c’est sûr !

Indignés @14

Je regardais lundi 15 février 2021 un documentaire sur LCP consacré aux « petites phrases » qui ont fait tache dans l’image publique de François Hollande et d’Emmanuel Macron, avec plus de dégâts pour le premier que pour le second. Il a ainsi été question des « sans-dents ». Aux commentaires faits par les personnes sollicitées dans le documentaire (dont une remarquable Marylise Lebranchu), j’ai compris qu’il s’agissait pour l’ancien président de la République de faire référence aux personnes qui n’avaient effectivement plus de dents, faute de moyens de les faire remplacer.
Ce n’est pas ce que j’avais jusqu’alors compris. Je pensais qu’il faisait référence à des personnes qui n’auraient pas le courage d’entreprendre, pas de niaque, qui ne mordraient pas dans la vie et seraient des assistés ; un peu les mêmes que ceux « qui ne sont rien » chers à Emmanuel Macron. Isabelle m’a confirmé qu’elle avait bien vu des personnes physiquement édentées et que l’image était terrible. J’imagine… mais ne visualise pas ; parce que je ne l’ai jamais vu, ou jamais remarqué ; ma déficience visuelle ne fait pas forcément la différence au sens où c’est le genre de détail que je ne vais pas « aller chercher » trop occupée par ailleurs à voir l’essentiel.
Cela ne change finalement pas grand-chose à ma perception du quinquennat de François Hollande, prélude de la politique antisociale d’Emmanuel Macron qui, ne l’oublions pas, lui doit son émergence sur la scène politique. Les chiens ne font pas des chats… Pardon, c’est l’inverse !

NB. Pardon Helgant, toi, t’es pas un chien ; t’es un chouchou d’amour !

Bigleuse @129

Un lundi, j’avais rendez-vous avec un médecin de l’hôpital Saint-Joseph. Je me présente à l’accueil, canne en main : je connais bien l’hôpital (et peux donc m’y orienter) mais sais que si j’arrive non accompagnée dans un service de consultation, les écrans vidéo d’appel seront aussi inaccessibles que les guichets. Je me présente à l’accueil et demande un accompagnement. La dame appelle sa collègue qui aide les usagers à utiliser les bornes numériques installées à cinq mètres de là et lui demande de s’occuper de moi.
— Vous voulez quoi ?
— J’ai un rendez-vous…
— Il faut vous enregistrer sur les bornes.
Le temps que j’ouvre la bouche, elle a déjà le dos tourné.
— Madame ! Je ne peux pas les lire. Pouvez-vous m’aider ?
Elle se dirige sans un mot vers une borne. Je décide de la suivre. Elle me demande les trois premières lettres de mon nom puis me tend un ticket. Je le prends. Elle est déjà partie vers une autre borne. Je l’interpelle encore.
— Je vais où ?
Elle revient, me prend le ticket des mains.
— Porte 1. Vous prenez l’ascenseur qui est là.
— Non, je…
— L’escalier qui est là.
— Là ?
— Vous voulez qu’on vous accompagne ?
— Ce serait gentil…
Elle disparaît dans un couloir, en ressort deux minutes plus tard.
— Vous avez une pièce d’identité ?
— Pour être accompagnée ?
— Pour votre nom.
Je lui donne ma carte vitale. Elle revient deux minutes plus tard.
— On vient vous chercher dans vingt minutes.
Je ne comprends pas. D’habitude, une personne de l’accueil m’accompagne jusqu’au guichet suivant, ça prend trois minutes et c’est plié. Je lui demande pourquoi vingt minutes, précise que mon rendez-vous est dans dix ; elle ne dit rien… Elle part, revient…
— Dix minutes alors. Vous attendez là. Quelqu’un va venir.
— Je ne comprends pas. Qui doit venir ?
— Vous ne pouvez pas prendre l’ascenseur ni l’escalier ; il faut quelqu’un.
Je suppose alors qu’elle a compris que je ne pouvais utiliser l‘un et l’autre et a, au vu des délais, mandé un brancardier. Je proteste, expliquant que je suis debout, que je marche, que je suis malvoyante, que «  » n’est pas une information pertinente, que j’ai juste besoin que l’on m’oriente. C’est son tour de protester.
— Vous m’avez dit non pour l’ascenseur.
— J’ai dit non pour dire que je ne sais pas où il est.
— Je vous l’ai dit, il est là [très exactement dans mon dos, je ne vois même pas si elle a fait un geste pour le désigner].
— Mais je ne sais pas où est là. Cela ne veut rien dire, là.
Je vous passe les quelques phrases dignes de Devos sur le « où est là » ; je réclame qu’elle me dise où est la porte 1 à partir de l’escalier, que je vais me débrouiller.
— Vous prenez l’escalier là [dans son dos] ; vous montez, vous allez en face…
— Vers l’église ?
— Oui, non, d’abord vous allez à droite puis tout droit. Mais l’assistance ?
Je la remercie, lui souhaite une bonne journée et rejoins l’escalier ; la porte 1 est en haut tout de suite à gauche, et non à droite ni près de l’église. Je tombe sur deux soignantes qui fument une cigarette. Je leur demande confirmation. Elles confirment en chœur. Une me dit de regarder mon numéro sur l’écran. L’autre lui fait remarquer que je suis malvoyante. La première rit.
— Avec le bonnet, j’ai cru un bâton de marche !
On m’avait déjà fait le coup chez Décathlon, mais dans un hôpital ? Au moins, elle rigole. On rit ensemble. Elle donne sa clope à sa collègue et m’accompagne à l’intérieur jusqu’à un guichet. Ouf !

Note. J’ai clairement manqué de pédagogie, dans ma réaction sur son « » à propos de l’ascenseur ; j’en ai ri sous mon masque mais à cet instant, j’aurais d’emblée dû demander à être accompagnée plutôt que de chercher à ce qu’elle comprenne que « » n’était pas signifiant. Cela aurait-il changé quelque chose ? Je ne sais pas.

Pour la blague (pas si blague), je vous fais la suite.
J’attends dans la salle d’attente ; le médecin appelle.
— Madame Jung ?
Je me lève, le rejoins, toujours canne en main.
— Madame Jung ?
— Oui.
— Madame ? [sur un ton de mise en doute de ma propre affirmation]
— Il y a un problème ?
— C’est que… avec le bonnet…
Décidément !

Pucer @50

On se plaint beaucoup du complotisme dans les parages alors qu’on y trouve de nombreux avantages.
La preuve : je me suis fait dépister à la Covid-19 avant de rejoindre mes parents pour Noël. Un long coton-tige dans le nez, un œil qui pleure un peu mais surtout je capte désormais très bien la 5G.
Joyeuse année 2021.